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  • il y a 7 heures
Mobilisation. Dans la foulée des grèves des raffineurs, des milliers de manifestants ont défilé à Paris, Strabourg, Lille pour exiger des hausses de salaires immédiates et dénoncer les atteintes au droit de grève. Cheminots, infirmières, fonctionnaires, étudiants... Tous témoignent des difficultés à joindre les deux bouts. 

Dans le cortège parisien, les cheminots sont venus en nombre. Dépeints en nantis par les éditorialistes des chaînes en continu, la droite et les macronistes. Mais la réalité des travailleurs venus dans le cortège parisien est pourtant toute autre. Chasuble orange de la SNCF sur les épaules, Frédéric ne touche que 2100 euros, « net et avec les primes » après 24 ans d’ancienneté. Alors pour boucler ses fins de mois, cet agent de 47 ans s’est trouvé une autre activité. « Je me lève aussi le week-end pour chiner et vendre sur internet ce que je trouve, glisse ce cheminot des ateliers de Vitry, je le fais avec ma fille de 18 ans, lycéenne et encore à ma charge. » Séparé de son ex-compagne, Frédéric n’a plus de crédit immobilier sur le dos. Pourtant, pour lui aussi l’inflation est du quotidien : « Avant j’essayais de mettre 50 à 100 euros de côté, maintenant… Je suis contraint de regarder mes dépenses au plus près, je ne vais plus au Carrefour ou au Monoprix, mais au Lidl. » Il ajoute : « La viande tous les jours c’est fini, la côte de bœuf je la vois de moins en moins. » Frédéric juge à 200 euros l’augmentation de salaires qu’il lui faudrait pour sortir la tête de l’eau.

Une estimation que partage Pierre, son collègue venu de Versailles. « Même un plein c’est 100 euros, bien que je sois célibataire je n’arrive plus à économiser. Plus encore, je ne voyage plus », mesure cet agent de maintenance de 31 ans, qui ne touche que 1700 euros. Cet été justement, il était sur les rails pour permettre aux Français de partir en vacances. Et à la SNCF d’afficher un bénéfice record de 928 millions d’euros pour le premier semestre 2022. « Les primes d’investissement, ce sont les cadres qui les touchent, nous, nous n’avons que les miettes, poursuit son collègue de brigade Anthony. Le boulot de maintenance de nuit et les week-ends sur le terrain c’est nous qui le faisons. » Pour Emmanuel, qui sans la nationalité française ne peut bénéficier du statut, la situation est plus contraignante encore. Avec 1500 euros par mois, il est obligé de cumuler avec un emploi de coach sportif pour gagner sa vie. « Financièrement je m’en sors, mais j’ai la tête sous l’eau plusieurs jours par semaine », souligne-t-il, souhaitant « un seul métier avec un salaire de base correct ».

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Transcription
00:00Pour l'augmentation des salaires et la défense du droit de grève,
00:02voici le maître mot de cette manifestation interprofessionnelle
00:06à l'initiative de la CGT, FO, la FSU et les organisations de jeunesse.
00:10Nous sommes aujourd'hui à Paris, Place d'Italie,
00:12pour partir à la rencontre des grévistes de la SNCF et recueillir leurs sentiments.
00:16Quel est le sens de ce mouvement qui s'étend désormais à de nouveaux secteurs professionnels ?
00:20Comment se fait-il moteur dans la lutte pour la revalorisation salariale ?
00:24Et quelle continuité donner à ce mouvement ?
00:26Allez, c'est parti !
00:27Il y a vraiment des choses qui ont été très mal reçues à la SNCF.
00:30Au mois de juillet, on nous a proposé une augmentation générale des salaires à la SNCF de 1,4%.
00:37C'est-à-dire 4 fois moins que l'inflation qui est prévue, voire 5 fois moins.
00:40Donc aujourd'hui, il y a un vrai mécontentement sur les salaires à la SNCF.
00:44Et il y a d'autres mécontentements. On est en sous-effectif partout.
00:47Les réformes successives de la SNCF ont amené une vraie case du service public.
00:51Et les cheminots, aujourd'hui, ont un ras-le-bol de la façon dont ça se passe à la SNCF
00:55et sont prêts à défendre ce qu'elle a été avant.
00:57Les raffineurs nous montrent la voie qu'il y a un vrai problème de partage des richesses
01:02et de salaire dans notre pays.
01:04Aujourd'hui, il y a beaucoup de corporations qui sont en grève.
01:06Il y en a qui le seront encore demain avec les raffineurs.
01:09Le gouvernement nous déclare la guerre.
01:11Nous dit « Nous, on est prêts à vous réclissionner.
01:12On est prêts à tout faire pour casser le droit de grève. »
01:15Aujourd'hui, on leur répond que si on veut faire grève, si on veut que ça se voit,
01:18c'est les travailleurs qui décideront.
01:19Aujourd'hui, il y a un vrai problème de partage de richesses dans notre pays.
01:22Même si ce mouvement n'est qu'un début, il aura une suite.
01:25J'espère que les syndicats se réuniront dès demain et qu'il y aura des suites à ce mouvement.
01:29Je pense qu'il y a un certain rapport de force qui est en train de monter en France.
01:33Et même si tout le monde n'est pas syndiqué et si tout le monde ne participe pas aux manifs,
01:38je pense qu'il y a un fort mécontentement de la population française dans son ensemble.
01:41En réalité, les problématiques des revendications des camarades d'industrie pétrolière
01:49sont un peu les mêmes qui peuvent être portées par toutes les catégories de salariés en France.
01:54Face à l'inflation qu'il y a aujourd'hui, il y a une nécessité d'augmenter les salaires.
02:00Il y a des attaques sans précédent sur le pouvoir d'achat.
02:04Moi, j'ai commencé à travailler sous l'époque Giscard, où à chaque fois il y avait des revalorisations.
02:09Aujourd'hui, on va arriver à des taux d'inflation qui sont équivalents à ceux des années 70.
02:15Par contre, il n'y a pas de revalorisation des salaires à la hauteur.
02:19Il y a cette histoire de super profit auquel les salariés n'ont aucune redistribution.
02:26Et je dirais, depuis le premier mandat de Macron,
02:30on assiste à une casse des droits sociaux sans précédent,
02:34remise en cause d'acquis qui datait de la libération, etc.
02:40Et je pense que ça, même si tout le monde n'en a pas conscience,
02:44tout le monde aujourd'hui, dans sa vie quotidienne, se rend compte qu'il a de plus en plus de
02:48difficultés.
02:49À chaque fois qu'il y a un mouvement mobilisateur et impactant,
02:54on prend tout de suite les gens en otage,
02:57qui sont scandaleux, on n'a plus le droit de faire grève.
03:00Et ça, pour nous, c'est inadmissible.
03:03Même si on comprend ce que ça peut engendrer pour la population,
03:08malgré tout, c'est le seul rapport de force qu'on puisse avoir pour faire avancer les choses.
03:14Je pense qu'aujourd'hui, on a tout qui est réuni, effectivement,
03:18pour avoir un mouvement puissant et fort, interprofessionnel.
03:23On voit bien que la question des salaires, du pouvoir d'achat
03:28est la préoccupation principale au niveau de la population nationale.
03:33Et si on arrive à, justement, à fédérer au niveau des entreprises interprofessionnelles
03:42ce mécontentement et cette nécessité, en se mobilisant tous ensemble,
03:47on peut gagner quelque chose de grand.
03:50Gardons espoir et oui, je l'espère fortement,
03:53qu'il y ait une prise de conscience et qu'on aboutisse à un réel mouvement d'ampleur,
04:00y compris avec la problématique des retraites qui se profile à l'horizon.
04:05Alors, le mouvement des raffineurs est très, très fédérateur,
04:09de par le revendication, parce que c'est vraiment un sujet
04:12dont on n'a pas parlé depuis des années, qui est l'augmentation des salaires,
04:16alors que ce soit dans l'entreprise, suite aux marges colossales des actionnaires,
04:24mais aussi l'augmentation générale des salaires sur l'ensemble de la population,
04:29de la France, quoi.
04:31Et puis, les réquisitions, c'est inacceptable, complètement inacceptable.
04:37On parlait de réquisitions à l'époque en fête-guerre,
04:41en fête-guerre, mais aujourd'hui, on parle de réquisitions juste pour aller travailler,
04:45juste pour nourrir le 440.
04:48Donc là, oui, je peux dire complètement que c'est entièrement fédérateur.
04:53C'est parti !
04:55C'est parti !
04:57C'est parti !
05:00C'est parti !

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