00:00Si je vous disais ce soir, il faut réindexer les salaires sur les prix,
00:04alors nous détruirions des centaines de milliers et des millions d'emplois.
00:08Je pense qu'il a changé en pire, pour reprendre son expression.
00:12Il est hors sol, quoi. Enfin, plus que jamais, il est hors sol.
00:16Effectivement, il a refusé, il refuse l'indexation des salaires sur les prix.
00:23Ça ne nous empêche pas, le courrier part aujourd'hui,
00:25de demander à la Première Ministre une réunion qu'elle appellera comme elle veut
00:30sur l'augmentation du SMIC, l'indexation.
00:34Et on y tient aussi l'automaticité du relèvement des minimas de grille quand le SMIC augmente.
00:42Il a parlé de bouclier, mais vous avez noté que même avec le bouclier,
00:47l'énergie augmente de 15%, c'est-à-dire deux fois plus que le SMIC.
00:51Et puis, il ne doit pas aller faire ses courses, souvent,
00:54parce que si on prend les produits de première nécessité,
00:58il y a une enquête de 30 millions de consommateurs.
01:00Vous prenez le prix des pâtes, la farine, la viande, les fruits,
01:04c'est plutôt une augmentation à deux chiffres qu'à un seul chiffre.
01:08Donc, il est complètement hors sol et il a fait de l'autosatisfaction,
01:12comme il avait dit qu'il arrêterait de faire.
01:14Vous allez au marché ou dans les supermarchés, vous voyez bien votre caddie,
01:18que vous en aviez pour une certaine somme.
01:20Aujourd'hui, elle ne fait plus du double.
01:22Les transports en commun avec la hausse que Pécresse au conseil régional
01:26préconise pour l'année prochaine.
01:29Donc, comme le pouvoir d'achat, il n'augmente pas,
01:32tout le monde va être très restreint.
01:33Les enfants dans les écoles, avec le prix des cantines,
01:36parce que si tu sors dans la rue, tu vois bien comment les SDF qu'il y a partout,
01:40les gens qui ne peuvent pas se loger, enfin, voilà.
01:43Donc, il n'est pas du tout au fait de l'actualité de son pays.
01:46Il n'habite pas là.
01:47On ne croirait même pas qu'il habite en France.
01:50Il est ignorant de tout. Donc, c'est incroyable.
01:52Je travaille au centre d'action sociale de la ville de Paris depuis 1991.
01:56Trois quarts de nos employés touchent la prime Ségur.
02:01Moi qui suis cuisinier, je n'ai pas le droit à cette prime,
02:03parce qu'on me dit que je ne fais pas de social.
02:05Là, je suis dégoûté par rapport à mon salaire.
02:07Je ne suis même pas à 2000 euros par mois.
02:08On ne retrouve plus de cuisiniers.
02:11On recrute maintenant les cuisiniers à 1600 euros.
02:14Moi, je ne suis même pas à 2000 balles.
02:15Il n'y a même pas un écart.
02:16En 32 ans de maison, je suis dégoûté.
02:19Voilà. Et maintenant, je vois le kilo des filets de poulet qui a presque doublé.
02:24Le kilo tri qui a augmenté grave.
02:26Chez Géodis, aujourd'hui, il y a un conflit qui dure depuis 7 jours
02:31avec les salariés de la plateforme logistique à Gennevilliers.
02:34Le déclenchement de la colère, ce sont les bulletins de salaire des cadres
02:38qui bénéficient d'une paye à 26 000 euros
02:41avec des montants de primes annuels de plus de 330 000 euros.
02:46Les salariés demandent une augmentation de 150 euros.
02:49La direction refuse de négocier.
02:51Et quand on voit ce genre de bulletin de salaire,
02:54on se demande pourquoi à Géodis, ça fait d'énormes bénéfices
02:57et ne veut toujours pas discuter.
02:59Aujourd'hui, les salariés de Géodis, quel que soit l'établissement,
03:03ce sont des malheureux.
03:04Les gens ne finissent pas les fins de mois.
03:06Ils sont surendettés.
03:08Et il faut, à un moment donné, partager la richesse.
03:10C'est tout ce qu'on demande, nous.
03:12On ne veut pas les mettre sur la paille, ces gars-là.
03:13On veut qu'ils partagent.
03:15C'est normal qu'un patron gagne 26 000 euros.
03:17Mais plus de 300 000 euros de primes, c'est inadmissible.
03:22En assurant l'échelle mobile des salaires,
03:24c'est-à-dire en faisant en sorte que les salaires augmentent automatiquement
03:28en fonction de l'augmentation des prix,
03:31ça pousse les patrons à justement arrêter cette course folle à l'inflation des prix.
03:36Donc c'est plutôt, au contraire, une bonne chose pour fixer les prix.
03:40C'est précisément ce qui s'est passé dans les années 70 jusqu'au début des années 80,
03:44où du coup, à l'époque, on avait arrêté l'échelle mobile des salaires.
03:47Mais Macron, en faisant ça, prouve une seule chose,
03:50c'est qu'il gouverne pour une seule classe,
03:52celle des patrons, celle du capital,
03:55qui se gave de profits, de milliards de profits,
03:58sur la base des richesses créées par notre travail,
04:01et qu'il est absolument opposé à une juste redistribution de ses profits.
04:06Donc il nous montre que nous n'avons rien à attendre.
04:08Il n'y a pas de sauveur suprême, ni notre patron,
04:12et certainement pas ce gouvernement de droite.
04:14Le seul sauveur du peuple, c'est le peuple lui-même.
04:17Donc c'est à nous, par la grève et dans la rue,
04:19qu'il faut aller arracher nos augmentations de salaires.
04:21Aujourd'hui, vu le taux d'inflation que subissent les Français,
04:25que ce soit l'essence, mais surtout les produits alimentaires,
04:30aujourd'hui, c'est plus que vital.
04:33Il n'est pas possible aujourd'hui d'envisager,
04:35avec en plus des patrons aujourd'hui,
04:38qui se permettent de s'augmenter de 52%,
04:40comme le patron de Total,
04:43de refuser aux salariés la moindre augmentation de salaire,
04:46ou des miettes comme ils proposent aujourd'hui.
04:49Ce n'est plus possible.
04:50Il n'y a pas un foyer,
04:52il n'y a pas une personne aujourd'hui
04:54qui, dans une journée, ne parle pas de son pouvoir d'achat.
04:58Aujourd'hui, ce n'est plus vivable.
05:00Ce serait la moindre des choses,
05:01d'indexer les salaires sur les prix,
05:05et sur des prix que les travailleurs mesureraient eux-mêmes.
05:08Parce qu'il n'y a pas de raison que notre pouvoir d'achat, il baisse,
05:10alors qu'on fait tout tourner dans la société.
05:12D'autant plus que, là, dans plein de secteurs,
05:15il y a eu du chômage partiel,
05:17et c'est des centaines d'euros de perdus,
05:19par exemple, pour les salariés de PSA,
05:22qui sont un peu plus devant,
05:23ils ont perdu des centaines d'euros chaque mois.
05:27Et moi, j'espère que tout le monde va suivre l'exemple des raffineries,
05:30et qu'on va s'y mettre tous ensemble.
05:33Et que ces journées, aujourd'hui, ou le 10 novembre,
05:36c'est des occasions de préparer ça,
05:38de discuter entre nous,
05:40et de se mettre en grève.