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  • il y a 7 heures
Plus de 200 rassemblements se sont déroulés en France pour exiger des hausses de salaire et protester contre la réforme des retraites. 40 000 personnes ont défilé dans la capitale, selon la CGT. Nous y étions !

C’est au son de la chanson des Doors, Riders on the Storm, évoquant des hommes coincés dans une tempête, que la manifestation interprofessionnelle à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse, s’est élancée, jeudi, depuis la place Denfert-Rochereau, à Paris. Alors que le gouvernement a annoncé le jour même une parodie de consultation sur la réforme des retraites pour tenter d’apaiser les esprits, ils étaient 40 000 à défiler dans la capitale (selon les organisateurs) pour cette rentrée sociale, mais aussi 4 500 à Nantes, quelques milliers à Marseille ou encore 1 000 à Saint-Denis de La Réunion, bien décidés à ne pas se laisser piéger par cette nouvelle régression.

Avec des salaires faméliques dans le secteur de la sécurité, la fin de carrière n’augure rien de bon pour Djamel Benotmane, délégué syndical CGT chez Fiducial. « Je touche à peine le Smic au bout de quinze ans, j’ai quatre enfants et ma femme ne travaille pas. Avec des horaires de nuit, je ne m’imagine même pas arriver à la retraite ! » tranche-t-il. Avec SUD et la CFDT, la CGT a réussi à faire tomber l’accord de branche qui prévoyait 3,5 % d’augmentation au niveau de la grille. Le patronat a revu sa copie en proposant + 7,5 %. Insuffisant pour le cégétiste : « Au 1er janvier, cette hausse sera déjà obsolète avec l’inflation, dénonce-t-il. Le métier est devenu tellement peu attractif que Gérald Darmanin a annoncé qu’ils allaient recruter des étudiants pour la sécurité des JO ! » C’est aussi ce manque de reconnaissance qui a conduit Solène, 26 ans, à bifurquer. Psychologue contractuelle en centre médico-psychologique, elle enchaînait les CDD et a été remerciée du jour au lendemain : « Je faisais six heures de transport aller-retour pour 1 700 euros net à bac + 5. Quand j’ai décidé de m’installer en libérale, ils m’ont rappelée pour me proposer un contrat… d’un mois. Pendant ce temps-là, les patients attendent parfois six à sept mois pour un rendez-vous. »

Ce conflit avec leur éthique professionnelle a poussé les personnels du Samu social à se mettre en grève, ce jeudi. Pour la première fois depuis trente ans, compte tenu de la mobilisation, la ligne d’urgences pour les sans-abri, le 115, n’a pas pu être assurée. « Les salaires de base sont tellement bas, en dessous du Smic, que certains employés habitent dans les centres d’hébergement temporaire, explique Jordan Bernard, secrétaire adjoint de la CGT. On ne peut pas être enferré dans la précarité pour s’occuper de ceux qui sont dans la grande précarité. La dégradation de nos conditions de travail et de vie rejaillit sur les personnes dont on s’occupe. »

À la Maîtrise de Radio France, les professeurs de musique œuvrant au chœur des enfants sont aussi chauffés à blanc par l’austérité. Et pour cause, leurs

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Transcription
00:00Contestons-nous !
00:02Réalisez-nous !
00:04Tout ce qu'il va, il l'en va aller !
00:08L'histoire de la misère,
00:10l'école de la colère,
00:12misère, chômage,
00:14patron, délégage !
00:15Bon, alors, ça fait des années qu'on parle de manque de moyens matériels,
00:19humains surtout, notamment dans notre département.
00:21On va dire qu'on a un petit peu, malheureusement,
00:22le symbole, la face émergée de l'iceberg dans le 93.
00:26On a, tout simplement, pas d'assistance sociale,
00:29parfois dans certains établissements, c'est le cas dans le mien.
00:31Il y a des établissements qui n'ont pas d'infirmières,
00:32des établissements qui ont manque d'AED,
00:34manque d'AESH, donc il y a beaucoup de personnel
00:36qui manquent.
00:39Et les conséquences concrètes pour les élèves,
00:41c'est parfois tout le pôle médico-social,
00:43par exemple, qui n'est pas présent.
00:44Et au-delà de ça, bon, il y a aussi le fait que
00:46beaucoup de collègues sont dans la rue aujourd'hui,
00:48avec le sentiment de ne pas être respectés par ce gouvernement.
00:50La question des augmentations qui ne passent que par des primes,
00:52c'est quand même un scandale.
00:53Surtout, en même temps qu'on nous parle de la retraite,
00:55on sait très bien que les primes, en plus, ne permettent pas de cotiser.
00:58Ce qui, pour nous, en fait, est juste absolument scandaleux.
01:01Il y a aussi eu, en début, dans cette rentrée scolaire,
01:03beaucoup de postes non pourvus.
01:05Nous, les deux premières semaines, il nous manquait une dizaine de postes,
01:07par exemple, dans mon établissement.
01:09Alors aujourd'hui, ça s'est réglé, mais il y a d'autres établissements
01:10où il manque encore des postes.
01:12Donc on a aujourd'hui, là, des élèves
01:14qui, souvent dans les mêmes quartiers,
01:16dans les mêmes établissements scolaires,
01:18c'est un petit peu toujours pareil.
01:19On se retrouve avec des élèves qui n'ont pas de prof d'allemand,
01:22qui n'ont pas de prof d'anglais, qui n'ont pas de prof d'histoire.
01:24Et on en arrive, on va dire, à des extrémités
01:27qui font que les collègues sont prêts à se mettre en grève
01:30plus d'une journée, à mon avis, d'ailleurs.
01:42Les psychologues ne sont pas reconnus, ni au niveau des salaires,
01:45ni au niveau de leurs compétences.
01:46Les psychologues n'ont pas eu de revalorisation de salaires
01:49depuis une vingtaine d'années.
01:5030 ans ?
01:5130 ans même.
01:52Voilà.
01:52Aujourd'hui, on se retrouve avec des psychologues
01:54qui sont quand même diplômés d'État Bac plus 5
01:57avec des salaires de misère,
02:00et à qui on demande de toujours faire plus,
02:02à moyen constant, comme tout le monde.
02:03Voilà.
02:04Donc oui, les revalorisations salariales
02:06sont parmi nos revendications très, très importantes aujourd'hui.
02:13Nous, ce qu'on subit, c'est les suites de la réforme du bac et du lycée,
02:17qui est en train de renforcer la sélection,
02:19de mettre en concurrence les lycées entre eux.
02:21Et on a à côté de ça une baisse de moyens,
02:23une suppression de postes qui est énorme.
02:25On a subi de plein fouet la crise du Covid,
02:28qui a encore aggravé les choses.
02:30Et sur le côté des conditions de vie,
02:32en tant que lycée, on est aussi des futurs étudiants,
02:34des futurs jeunes dans la société.
02:35On voit bien que nos conditions de vie,
02:37elles sont menacées.
02:39On essaie de se mobiliser parfois en France,
02:40et c'est le début aussi d'un mouvement
02:42qu'on veut faire durer sur le long terme.
02:48C'était important cette journée de mobilisation ?
02:50Oui, c'est important parce qu'il y a des luttes
02:53sur les salaires depuis le début de l'année.
02:56Elles s'amplifient.
02:57On le voit chez Stellantis,
02:58chez Total Energy par exemple.
03:00Et donc il y a besoin d'une journée,
03:02une première journée,
03:03qui permette à tous ceux qui luttent pour les salaires
03:05de se retrouver, d'agir ensemble,
03:07qu'on soit du public ou du privé.
03:09Il y a plus de 200 lieux de manifestation,
03:11mais surtout il y a des centaines de milliers
03:13de salariés qui sont en grève
03:14dans tous les secteurs publics, privés,
03:18et dans des endroits où on n'a pas l'habitude
03:21de faire grève entre guillemets.
03:22Donc oui, la mobilisation est très importante,
03:25et on souhaite qu'elle s'amplifie et qu'elle continue.
03:28Aujourd'hui, c'est la première grande mobilisation
03:31pour les hausses des salaires, pour tout le monde,
03:34face à la vie chère, face à l'augmentation des prix
03:36de l'alimentation, de l'énergie.
03:39C'est super important que ceux du privé comme du public
03:42aujourd'hui fassent entendre leur voix
03:43et exigent des augmentations de salaires, c'est ça.
03:47Et puis quand même, avec cette réforme de retraite qui s'annonce,
03:50c'est la première journée de mobilisation aussi,
03:51pour dire que cette réforme de retraite, on n'en veut pas, tout simplement.
03:55Que ces sociétés là, on n'en veut pas !
03:59C'est la rue, on est à qui ?
04:01On reste à nous !
04:03Ce n'est pas parce qu'on a 15 ans
04:04qu'on ne peut pas commencer à faire changer les choses,
04:06du coup, on s'est mobilisés et on est là,
04:09et on est là pour tout le monde,
04:11on est là pour nos futurs enfants, nos cousins,
04:14nos oncles, nos tantes, nos mères, nos pères,
04:16on est là pour tout le monde en fait.
04:20Moi, je suis enseignant au collège Jean-Lursa à Villejuif.
04:23Là, on présente avec des banquets,
04:25t'as un clip qui a été réalisé avec les élèves
04:26pour protester contre les conditions de travail,
04:29voilà, qu'on invite tous à aller voir
04:30pour pouvoir partager et se faire entendre.
04:42J'enseigne au collège Jean-Moulin-Aubervilliers,
04:45un endroit rap plus, comme il devrait y en avoir beaucoup plus,
04:48et qu'il y a de moins en moins de moyens, comme partout.
04:55Et pourquoi musique alors ?
04:57Parce que ça va bien avoir de la visibilité,
04:59parce que ça va bien être de l'ambiance,
05:01et quand il y a des CRS, il faut avoir moins peur.
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