00:00Contestons-nous !
00:02Réalisez-nous !
00:04Tout ce qu'il va, il l'en va aller !
00:08L'histoire de la misère,
00:10l'école de la colère,
00:12misère, chômage,
00:14patron, délégage !
00:15Bon, alors, ça fait des années qu'on parle de manque de moyens matériels,
00:19humains surtout, notamment dans notre département.
00:21On va dire qu'on a un petit peu, malheureusement,
00:22le symbole, la face émergée de l'iceberg dans le 93.
00:26On a, tout simplement, pas d'assistance sociale,
00:29parfois dans certains établissements, c'est le cas dans le mien.
00:31Il y a des établissements qui n'ont pas d'infirmières,
00:32des établissements qui ont manque d'AED,
00:34manque d'AESH, donc il y a beaucoup de personnel
00:36qui manquent.
00:39Et les conséquences concrètes pour les élèves,
00:41c'est parfois tout le pôle médico-social,
00:43par exemple, qui n'est pas présent.
00:44Et au-delà de ça, bon, il y a aussi le fait que
00:46beaucoup de collègues sont dans la rue aujourd'hui,
00:48avec le sentiment de ne pas être respectés par ce gouvernement.
00:50La question des augmentations qui ne passent que par des primes,
00:52c'est quand même un scandale.
00:53Surtout, en même temps qu'on nous parle de la retraite,
00:55on sait très bien que les primes, en plus, ne permettent pas de cotiser.
00:58Ce qui, pour nous, en fait, est juste absolument scandaleux.
01:01Il y a aussi eu, en début, dans cette rentrée scolaire,
01:03beaucoup de postes non pourvus.
01:05Nous, les deux premières semaines, il nous manquait une dizaine de postes,
01:07par exemple, dans mon établissement.
01:09Alors aujourd'hui, ça s'est réglé, mais il y a d'autres établissements
01:10où il manque encore des postes.
01:12Donc on a aujourd'hui, là, des élèves
01:14qui, souvent dans les mêmes quartiers,
01:16dans les mêmes établissements scolaires,
01:18c'est un petit peu toujours pareil.
01:19On se retrouve avec des élèves qui n'ont pas de prof d'allemand,
01:22qui n'ont pas de prof d'anglais, qui n'ont pas de prof d'histoire.
01:24Et on en arrive, on va dire, à des extrémités
01:27qui font que les collègues sont prêts à se mettre en grève
01:30plus d'une journée, à mon avis, d'ailleurs.
01:42Les psychologues ne sont pas reconnus, ni au niveau des salaires,
01:45ni au niveau de leurs compétences.
01:46Les psychologues n'ont pas eu de revalorisation de salaires
01:49depuis une vingtaine d'années.
01:5030 ans ?
01:5130 ans même.
01:52Voilà.
01:52Aujourd'hui, on se retrouve avec des psychologues
01:54qui sont quand même diplômés d'État Bac plus 5
01:57avec des salaires de misère,
02:00et à qui on demande de toujours faire plus,
02:02à moyen constant, comme tout le monde.
02:03Voilà.
02:04Donc oui, les revalorisations salariales
02:06sont parmi nos revendications très, très importantes aujourd'hui.
02:13Nous, ce qu'on subit, c'est les suites de la réforme du bac et du lycée,
02:17qui est en train de renforcer la sélection,
02:19de mettre en concurrence les lycées entre eux.
02:21Et on a à côté de ça une baisse de moyens,
02:23une suppression de postes qui est énorme.
02:25On a subi de plein fouet la crise du Covid,
02:28qui a encore aggravé les choses.
02:30Et sur le côté des conditions de vie,
02:32en tant que lycée, on est aussi des futurs étudiants,
02:34des futurs jeunes dans la société.
02:35On voit bien que nos conditions de vie,
02:37elles sont menacées.
02:39On essaie de se mobiliser parfois en France,
02:40et c'est le début aussi d'un mouvement
02:42qu'on veut faire durer sur le long terme.
02:48C'était important cette journée de mobilisation ?
02:50Oui, c'est important parce qu'il y a des luttes
02:53sur les salaires depuis le début de l'année.
02:56Elles s'amplifient.
02:57On le voit chez Stellantis,
02:58chez Total Energy par exemple.
03:00Et donc il y a besoin d'une journée,
03:02une première journée,
03:03qui permette à tous ceux qui luttent pour les salaires
03:05de se retrouver, d'agir ensemble,
03:07qu'on soit du public ou du privé.
03:09Il y a plus de 200 lieux de manifestation,
03:11mais surtout il y a des centaines de milliers
03:13de salariés qui sont en grève
03:14dans tous les secteurs publics, privés,
03:18et dans des endroits où on n'a pas l'habitude
03:21de faire grève entre guillemets.
03:22Donc oui, la mobilisation est très importante,
03:25et on souhaite qu'elle s'amplifie et qu'elle continue.
03:28Aujourd'hui, c'est la première grande mobilisation
03:31pour les hausses des salaires, pour tout le monde,
03:34face à la vie chère, face à l'augmentation des prix
03:36de l'alimentation, de l'énergie.
03:39C'est super important que ceux du privé comme du public
03:42aujourd'hui fassent entendre leur voix
03:43et exigent des augmentations de salaires, c'est ça.
03:47Et puis quand même, avec cette réforme de retraite qui s'annonce,
03:50c'est la première journée de mobilisation aussi,
03:51pour dire que cette réforme de retraite, on n'en veut pas, tout simplement.
03:55Que ces sociétés là, on n'en veut pas !
03:59C'est la rue, on est à qui ?
04:01On reste à nous !
04:03Ce n'est pas parce qu'on a 15 ans
04:04qu'on ne peut pas commencer à faire changer les choses,
04:06du coup, on s'est mobilisés et on est là,
04:09et on est là pour tout le monde,
04:11on est là pour nos futurs enfants, nos cousins,
04:14nos oncles, nos tantes, nos mères, nos pères,
04:16on est là pour tout le monde en fait.
04:20Moi, je suis enseignant au collège Jean-Lursa à Villejuif.
04:23Là, on présente avec des banquets,
04:25t'as un clip qui a été réalisé avec les élèves
04:26pour protester contre les conditions de travail,
04:29voilà, qu'on invite tous à aller voir
04:30pour pouvoir partager et se faire entendre.
04:42J'enseigne au collège Jean-Moulin-Aubervilliers,
04:45un endroit rap plus, comme il devrait y en avoir beaucoup plus,
04:48et qu'il y a de moins en moins de moyens, comme partout.
04:55Et pourquoi musique alors ?
04:57Parce que ça va bien avoir de la visibilité,
04:59parce que ça va bien être de l'ambiance,
05:01et quand il y a des CRS, il faut avoir moins peur.
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