00:00Un salaire dans un EHPAD, c'est en général des salaires de base qui sont très proches du SMIC.
00:06Et en fonction de la tête du client, dans des EHPAD à but très lucratif, on va vous rajouter des
00:12petites primes.
00:14Une collègue qui travaille de nuit qui a 1200 euros, à certaines collègues qui ont 15 ans d'ancienneté et
00:20qui sont à 1700 euros.
00:25Nous sommes en grève depuis 25 jours.
00:30Ça fait 25 jours que des soignants, des infirmières, des aides-soignants, des auxiliaires de vie sont devant notre EHPAD
00:36à Neuville-sur-Oise
00:37pour réclamer de meilleures conditions de travail et surtout un meilleur management.
00:43Nous avons décidé de nous mobiliser aujourd'hui pour les salaires, mais pas seulement, aussi pour nos conditions de travail
00:50et pour les EHPAD de manière générale.
00:52En fait, on s'est rendu compte que tous les établissements à but très lucratif avaient la même façon de
00:58faire
00:58et en fait, manager de la même façon pour rationaliser les coûts et en fait, rendre leurs établissements le plus
01:05rentables possible.
01:06En fait, nos difficultés qu'on rencontrait dans notre EHPAD, on s'est rendu compte qu'en fait, c'était
01:10des difficultés nationales.
01:12Dans notre système de santé et de protection sociale.
01:15On a reçu une note dernièrement de Martin Hirsch, qui est le directeur de l'hôpital public à Paris
01:21et qui nous dit que pour favoriser l'emploi, il va favoriser en fait le travail des intérimaires
01:27alors qu'on est déjà en sous-effectif, que ça fait des mois qu'on souffre de ce manque de
01:32personnel.
01:33On n'est plus que trois infirmières sur une équipe de huit avec des astreintes, des jours.
01:38On travaille la journée, la nuit, les jours fériés et il nous dit que les infirmières intérimaires
01:44qui n'ont pas ce travail-là, cette charge de travail, qui ne sont pas investies dans les services comme
01:49nous on l'est
01:49vont être payées 3 000 euros bruts.
01:52Donc c'est beaucoup plus que ce que nous on est payés et qu'elles vont avoir en plus de
01:56ça
01:57une prime de 4 000 euros si elles prennent un CDD de 6 mois et une prime de 7 000
02:03euros
02:03si elles prennent un CDD de 9 mois. Donc c'est aberrant pour nous d'entendre ça
02:09parce que ça fait des mois qu'on nous demande de renoncer à nos vacances,
02:13d'être plus investies, de travailler, de faire plus d'astreintes et sans reconnaissance
02:18et favoriser le travail des intérimaires c'est injuste parce qu'on sait que ces personnes-là
02:23ne resteront pas, ça ne va pas favoriser. En fait ça sera juste une solution provisoire
02:27et que ça ne va rien arranger aux problèmes qu'on a dans les services aujourd'hui.
02:32Ce qu'il faudrait c'est augmenter les salaires dans le public pour les infirmiers
02:37qui sont déjà en poste et rendre attractifs les postes.
02:40Ce n'est pas de faire de la bricole avec des intérimaires.
02:45Moi ça fait 11 ans que je travaille, ça fait 11 ans que le point d'indice n'a jamais
02:48augmenté.
02:49C'est ma deuxième manif en tant qu'infirmier. En 11 ans c'est quand même pas beaucoup
02:53et là je trouve que c'est vraiment la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
02:57Franchement c'est aberrant de faire ce genre de choses.
03:01Moi c'est ma première manifestation et vraiment c'est parce que je pense qu'aujourd'hui
03:05on a atteint un niveau où on se sent plus respecté, où on est lessivé, on est au bout du
03:09rouleau,
03:10on le dit, ils le disent à la télé mais ils ne se rendent pas compte de la vraie charge
03:13de travail.
03:14Et c'est juste en fait nous pousser à la sortie. En fait on se demande si avec ça
03:19ils veulent juste qu'on démissionne et que ce soit à la fin de l'hôpital public
03:22parce que clairement personne ne veut rester là.
03:27Nos salaires, eux, n'ont pas bougé d'un iota.
03:30Quand on sait que le gel du point d'indice, nous on le subit directement également.
03:34Quand on sait que nous, en plus de ça, il y a eu des réformes qui sont propres aux sapeurs
03:38-pompiers,
03:38des réformes de la filière qui nous ont fait perdre de l'argent en fait.
03:42Et donc toutes ces raisons font que de plus en plus de sapeurs-pompiers démissionnent.
03:45Chose qu'on ne connaissait pas nous les sapeurs-pompiers, c'était une vocation.
03:48On a des sapeurs-pompiers qui démissionnent à cause des conditions de travail, à cause des conditions financières et des
03:53conditions de vie qu'ils ont.
03:54Au quotidien, c'est juste plus possible de faire sapeur-pompier, d'être un sapeur-pompier en Seine-et-Marne
03:59et en Ile-de-France.
04:01Et comme exemple, c'est le recrutement. On n'arrive pas à recruter.
04:04On a des postes vacants. On était en position de recruter 42 sapeurs-pompiers professionnels au 1er novembre.
04:11On n'a eu que 6 candidatures. Donc comment on fait demain ?
04:15Donc si nous, aujourd'hui, on n'est pas sur le terrain pour dire qu'il faut revaloriser cette situation
04:19des fonctionnaires,
04:20il faut revaloriser le point d'indice, il faut redonner du pouvoir d'achat aux fonctionnaires, on ne va pas
04:24s'en sortir comme ça en fait.
04:28Il y aurait plus de 53% des gens qui considèrent qu'ils mettent en première priorité la question du
04:35pouvoir d'achat.
04:36Et donc nous, on est là, non pas par solidarité, c'est parce que les retraités, sur les 15 dernières
04:42années,
04:43ont perdu quelque chose comme 20% de pouvoir d'achat sur leur pension et retraite.
04:48Je précise que sur les retraités, 37% d'entre eux, sur les 15 millions de retraités, perçoivent une retraite
04:53à failleur à 1 000 euros net.
04:54Ça veut dire à peu près 6 millions de retraités.
04:57Alors quand on parle augmenter les pensions, revaloriser les pensions, c'est dans l'heure du temps,
05:02parce que beaucoup de retraités viennent en aide à leurs enfants, petits-enfants, qui prouvent des difficultés,
05:07et à baisser le pouvoir d'achat et de retraiter, c'est effectivement à baisser aussi ce qu'on peut
05:10donner aux enfants, petits-enfants.
05:12Et puis l'important, c'est que les salariés comme les retraités soient ensemble pour défendre le pouvoir d'achat,
05:17les conditions de travail et les retraites, parce que ce que les uns subissent, tôt ou tard, les retraités le
05:22subiront.
05:22Et ce qu'on fait aux retraités aujourd'hui, c'est demain, du moins pour les salariés.
05:31On se mobilise pour avoir un vrai statut, un vrai salaire.
05:34Nous sommes sous-payés, nous n'avons aucun statut, aucune reconnaissance.
05:39Je perçois un salaire de 864 euros net par mois pour un contrat de 24 heures hebdomadaire, et j'entame
05:48ma sixième année.
05:49Mon salaire est gelé depuis le début de ma première année, et on n'a aucune augmentation de salaire, aucune
05:56prime,
05:57et avec la vie chère, les prix qui augmentent, on ne vit pas.
06:00On ne vit pas, on survit.
06:03Voilà, si vous n'avez pas de concubin, pas de concubine, vous devenez SDF,
06:08surtout que je suis maman d'un enfant aussi en situation de handicap.
06:13On nous dit aujourd'hui que ça devient une question centrale, une préoccupation, y compris qui infuse ou diffuse la
06:20campagne présidentielle,
06:22mais on oublie que cela fait des semaines, des mois, que nous sommes mobilisés sur la question des salaires.
06:27Le sujet ne s'arrête pas parce qu'il y a campagne présidentielle, et surtout que nous, syndicats, FO en
06:33particulier,
06:34pour ce qui me concerne, on est là comme on l'était là hier sur la question des salaires, et
06:38on sera là demain.
06:39Parce qu'il y a évidemment la réponse immédiate en termes de pouvoir d'achat face à l'inflation,
06:45à l'augmentation de l'énergie, des carburants aujourd'hui, de l'alimentation,
06:49mais il y a plus largement la nécessité de reconsidérer, on a beaucoup parlé de valeur travail, de reconnaissance,
06:57de reconsidérer le travail, sa rémunération.
06:59La valeur travail, sa reconnaissance, elle passe par la rémunération effective du travail accompli,
07:05et faire en sorte que cela permette à tout un chacun de vivre dignement.