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  • il y a 14 heures
A la tribune du Forum européen des Alternatives des 30 et 31 mai à Paris, le Député PS, ancien président de l’Unef, a énuméré les dégâts humains, sociaux et écologiques de cette confiscation de souveraineté dans toute l’Europe. L’organisation de ce Forum est "une initiative heureuse pour nous remettre dans un mouvement commun et nous remettre dans une dynamique commune de reconquête". Réalisation : Abrahim Saravaki.

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Transcription
00:09Merci d'abord pour cette invitation, mais surtout pour l'initiative qui est indispensable
00:15au regard des enjeux que tu as ouverts tout à l'heure et qui vont nous prendre du temps.
00:22Il faut nous le dire dès le début, vont nous prendre le temps de la reconquête, de cette
00:27souveraineté perdue, confisquée, et donc on a vu ces dernières années les dégâts
00:33catastrophiques qu'ils ont provoqués humainement, socialement, écologiquement, dans toute l'Europe.
00:39Cette initiative est donc une initiative heureuse dans l'objectif que nous nous sommes fixés
00:44collectivement en acceptant de venir ici, c'est de nous remettre dans un mouvement commun,
00:52nous remettre dans une dynamique commune de reconquête.
00:56Et je voudrais dire à Zoé, non seulement notre gratitude, notre reconnaissance pour
01:04la force que vous nous donnez, mais je voudrais aussi, ne le prenez surtout pas comme un conseil,
01:10je ne me permettrai pas, mais comme un cri.
01:12Tenez bon, tenez bon parce que nous en 2005, lorsque nous avons gagné, lorsque le peuple
01:20a gagné, et pas simplement en France, aussi aux Pays-Bas, par des voies totalement antidémocratiques,
01:29ce sont les voies des souverainetés elles-mêmes qui se sont éteintes.
01:32Et derrière, on a vu le bilan, l'application de faits accélérer des politiques néolibérales,
01:40ultralibérales, avec leurs conséquences sociales dramatiques et malheureuses.
01:45Et c'est parce que ce mandat du peuple qui avait été confié par le peuple au gouvernement,
01:52en refusant le traité, n'avait pas été respecté que tout ça a été rendu possible,
01:57que ce désastre s'est déroulé sous nos yeux.
02:00Alors oui à nos camarades grecs, oui à nos camarades espagnols, et à toutes celles et
02:05ceux qui dans l'Europe veulent absolument construire une alternative, nous vous le disons
02:11d'expérience, tenez bon, parce qu'il faut que cette digue grecque tienne, que ce soit
02:16sur sa souveraineté, que ce soit sur la question démocratique, ou que ce soit sur le réenchantement
02:21du rêve européen dont vient de parler Emmanuel Ecosse à l'instant.
02:25Je voudrais dire que je viens avec des interrogations ouvertes auprès de vous, que je partage avec
02:36quelques visages amis que je vois dans la salle.
02:38Je vois Marine Noël Hillman qui est là, Gustave Mathias, Jean-Luc Mélenchon et quelques
02:42autres, et des compagnons de route de longue date, parce que nous pouvons longtemps, les
02:50uns les autres, nous mettre d'accord sur ce que nous combattons.
02:56Nous combattons le vol, nous combattons la spoliation, nous combattons ses conséquences,
03:02nous combattons aussi, y compris la façon dont ces décisions sont prises.
03:09Mais ressasser, ressasser, ressasser, c'est toujours l'aveu des défaites permanentes.
03:15Et il faut cesser avec ces défaites qu'on nous inflige.
03:18On pourrait aussi parler longuement de ce qui nous réunit, c'est-à-dire de ce qu'il faut
03:25comme autre modèle de développement.
03:27Et là encore, on pourrait longtemps se mettre autour d'une table, car nous serions dans
03:31ce microcosme militants et citoyens, d'accord je crois, nouveaux modèles de développement,
03:36nouveaux indicateurs de richesse, réappropriation des biens publics, des biens communs, je pense
03:47nous avons les intelligences, nous avons les compétences, et nous sommes dans ce moment
03:50particulier, stupéfiant de l'histoire, pas seulement européenne, où nous avons toutes
03:57ces connaissances à portée de main, et pourtant, et pourtant, elles ne sont pas
04:01mises au service du bien commun.
04:03Donc la question qui nous est posée, en tout cas telle que je veux vous la formuler,
04:08fraternellement, amicalement, c'est comment ensemble, nous mettons en mouvement ce nouvel
04:15imaginaire progressiste, qui doit fonder et refonder les espoirs de demain, qui s'inscrivent
04:21dans les luttes d'aujourd'hui, mais qui doit, au niveau européen, trouver des solutions
04:27et des prolongements politiques.
04:29Et c'est pour ça que cette rencontre est importante, il y en a d'autres, c'est d'essayer
04:39de manière déterminée et résolue, à remettre des responsables politiques, des personnalités
04:46engagées dans la société civile, des lanceurs d'alerte, des consciences citoyennes, dans
04:51cette idée qu'il est possible, dès lors qu'on est sûr de ses convictions, dès lors
04:56que l'on est sûr de sa boussole, de remettre les choses à l'endroit.
05:00Car l'enjeu est simple pour nous, remettre la démocratie à l'endroit, d'abord, et le
05:08bonheur au centre de nos sociétés.
05:10Revenons à l'essentiel.
05:12Et pour cela, nous sommes contraints, heureusement, je le dis, quels que soient nos partis, quels
05:20que soient nos syndicats, quels que soient nos associations, à le faire ensemble.
05:24Moi, j'assume, en tant que socialiste, d'avoir refusé de voter le traité européen en 2012.
05:32Moi, j'assume, y compris, en tant que député socialiste, de n'avoir pas refusé, d'avoir
05:37voté contre la loi renseignement, car les dérives sécuritaires corroborent aussi, et
05:42viennent souvent en complément des sociétés ultra-libérales.
05:46Moi, j'assume, en tant que député socialiste, un certain nombre de mes convictions, je les
05:50s'assume par mes paroles et par mes actes.
05:52Mais je veux dire à toutes et tous qui sont ici, dans cette salle et au-delà, qu'il
06:00n'y a pas d'hermétisme, il n'y a pas de frontières infranchissables.
06:06On peut avancer ensemble.
06:08Et je suis avec vous, à vos côtés, parmi vous, comme vous avez les uns et les autres
06:15militantes et militants engagés, été présents à d'autres réunions, pour continuer
06:20ce combat.
06:21En ce qui concerne, et pour conclure, la question de l'austérité européenne, sur laquelle
06:27je n'aurais pas la prétention d'en dire plus que ce qui a été dit précédemment,
06:35car je voulais poser une question d'objectif et de méthode, notre rassemblement.
06:41je voudrais simplement appeler l'ensemble de celles et ceux qui sont déterminés ici,
06:48aujourd'hui, dans cette salle, à refonder une gauche dynamique, à le faire de façon
06:55ouverte, de façon féconde et en prenant chacun, chacune de nos batailles comme autant
07:03de points d'appui.
07:03Nous n'avons pas d'autre horizon que le bien-être humain.
07:06Nous n'avons jamais eu autant la possibilité de le rendre possible.
07:11Et la grande contradiction, le grand enjeu auquel on est confronté, c'est de réussir
07:17ce pari audacieux de l'histoire, dont les élites ont peur, qui consiste à mettre
07:24ces connaissances technologiques, scientifiques, médicales au service du bien commun.
07:29Car ce qui se passe en Europe ne se passe pas qu'en Europe, notre débat est universel.
07:35Car si les sociétés inégalitaires, si les tentations autoritaires s'affirment, c'est
07:41aussi de l'autre côté de la Méditerranée.
07:45Et qu'est-ce qu'on veut ? Se tendre la main ou se tourner le dos ?
07:48Qu'est-ce qu'on veut ? Construire de nouvelles politiques de coopération ou au contraire
07:54continuer dans des rapports de subordination et de domination ?
07:57Donc il faut fixer absolument cette boussole-là.
08:00Et moi j'attends, et je le dis clairement, de la France, de mon pays, qui pèse encore,
08:07qu'il soit, au mois de juin bien sûr, parce qu'il y a un enjeu, mais au-delà, présent
08:13dans ces batailles progressistes.
08:15Car nous ne sommes pas seuls.
08:16Il y a le réveil des sociétés, les élections espagnoles et grecques l'ont montré, il y a
08:23aussi la capacité des États, à un moment, à taper du poing sur la table et à redire
08:29au nom du peuple qui les représente qu'ils sont là pour défendre l'intérêt général.
08:34C'est cet appel, moi, que je lance à mon pays, au président de la République, pour faire
08:38en sorte, jusqu'au bout, je ne dévirai jamais de cette route, que la feuille de route qui
08:44est la nôtre soit honorée en solidarité avec toutes celles et ceux qui en Europe ont besoin
08:50de notre force. Merci.

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