00:09Merci d'abord pour cette invitation, mais surtout pour l'initiative qui est indispensable
00:15au regard des enjeux que tu as ouverts tout à l'heure et qui vont nous prendre du temps.
00:22Il faut nous le dire dès le début, vont nous prendre le temps de la reconquête, de cette
00:27souveraineté perdue, confisquée, et donc on a vu ces dernières années les dégâts
00:33catastrophiques qu'ils ont provoqués humainement, socialement, écologiquement, dans toute l'Europe.
00:39Cette initiative est donc une initiative heureuse dans l'objectif que nous nous sommes fixés
00:44collectivement en acceptant de venir ici, c'est de nous remettre dans un mouvement commun,
00:52nous remettre dans une dynamique commune de reconquête.
00:56Et je voudrais dire à Zoé, non seulement notre gratitude, notre reconnaissance pour
01:04la force que vous nous donnez, mais je voudrais aussi, ne le prenez surtout pas comme un conseil,
01:10je ne me permettrai pas, mais comme un cri.
01:12Tenez bon, tenez bon parce que nous en 2005, lorsque nous avons gagné, lorsque le peuple
01:20a gagné, et pas simplement en France, aussi aux Pays-Bas, par des voies totalement antidémocratiques,
01:29ce sont les voies des souverainetés elles-mêmes qui se sont éteintes.
01:32Et derrière, on a vu le bilan, l'application de faits accélérer des politiques néolibérales,
01:40ultralibérales, avec leurs conséquences sociales dramatiques et malheureuses.
01:45Et c'est parce que ce mandat du peuple qui avait été confié par le peuple au gouvernement,
01:52en refusant le traité, n'avait pas été respecté que tout ça a été rendu possible,
01:57que ce désastre s'est déroulé sous nos yeux.
02:00Alors oui à nos camarades grecs, oui à nos camarades espagnols, et à toutes celles et
02:05ceux qui dans l'Europe veulent absolument construire une alternative, nous vous le disons
02:11d'expérience, tenez bon, parce qu'il faut que cette digue grecque tienne, que ce soit
02:16sur sa souveraineté, que ce soit sur la question démocratique, ou que ce soit sur le réenchantement
02:21du rêve européen dont vient de parler Emmanuel Ecosse à l'instant.
02:25Je voudrais dire que je viens avec des interrogations ouvertes auprès de vous, que je partage avec
02:36quelques visages amis que je vois dans la salle.
02:38Je vois Marine Noël Hillman qui est là, Gustave Mathias, Jean-Luc Mélenchon et quelques
02:42autres, et des compagnons de route de longue date, parce que nous pouvons longtemps, les
02:50uns les autres, nous mettre d'accord sur ce que nous combattons.
02:56Nous combattons le vol, nous combattons la spoliation, nous combattons ses conséquences,
03:02nous combattons aussi, y compris la façon dont ces décisions sont prises.
03:09Mais ressasser, ressasser, ressasser, c'est toujours l'aveu des défaites permanentes.
03:15Et il faut cesser avec ces défaites qu'on nous inflige.
03:18On pourrait aussi parler longuement de ce qui nous réunit, c'est-à-dire de ce qu'il faut
03:25comme autre modèle de développement.
03:27Et là encore, on pourrait longtemps se mettre autour d'une table, car nous serions dans
03:31ce microcosme militants et citoyens, d'accord je crois, nouveaux modèles de développement,
03:36nouveaux indicateurs de richesse, réappropriation des biens publics, des biens communs, je pense
03:47nous avons les intelligences, nous avons les compétences, et nous sommes dans ce moment
03:50particulier, stupéfiant de l'histoire, pas seulement européenne, où nous avons toutes
03:57ces connaissances à portée de main, et pourtant, et pourtant, elles ne sont pas
04:01mises au service du bien commun.
04:03Donc la question qui nous est posée, en tout cas telle que je veux vous la formuler,
04:08fraternellement, amicalement, c'est comment ensemble, nous mettons en mouvement ce nouvel
04:15imaginaire progressiste, qui doit fonder et refonder les espoirs de demain, qui s'inscrivent
04:21dans les luttes d'aujourd'hui, mais qui doit, au niveau européen, trouver des solutions
04:27et des prolongements politiques.
04:29Et c'est pour ça que cette rencontre est importante, il y en a d'autres, c'est d'essayer
04:39de manière déterminée et résolue, à remettre des responsables politiques, des personnalités
04:46engagées dans la société civile, des lanceurs d'alerte, des consciences citoyennes, dans
04:51cette idée qu'il est possible, dès lors qu'on est sûr de ses convictions, dès lors
04:56que l'on est sûr de sa boussole, de remettre les choses à l'endroit.
05:00Car l'enjeu est simple pour nous, remettre la démocratie à l'endroit, d'abord, et le
05:08bonheur au centre de nos sociétés.
05:10Revenons à l'essentiel.
05:12Et pour cela, nous sommes contraints, heureusement, je le dis, quels que soient nos partis, quels
05:20que soient nos syndicats, quels que soient nos associations, à le faire ensemble.
05:24Moi, j'assume, en tant que socialiste, d'avoir refusé de voter le traité européen en 2012.
05:32Moi, j'assume, y compris, en tant que député socialiste, de n'avoir pas refusé, d'avoir
05:37voté contre la loi renseignement, car les dérives sécuritaires corroborent aussi, et
05:42viennent souvent en complément des sociétés ultra-libérales.
05:46Moi, j'assume, en tant que député socialiste, un certain nombre de mes convictions, je les
05:50s'assume par mes paroles et par mes actes.
05:52Mais je veux dire à toutes et tous qui sont ici, dans cette salle et au-delà, qu'il
06:00n'y a pas d'hermétisme, il n'y a pas de frontières infranchissables.
06:06On peut avancer ensemble.
06:08Et je suis avec vous, à vos côtés, parmi vous, comme vous avez les uns et les autres
06:15militantes et militants engagés, été présents à d'autres réunions, pour continuer
06:20ce combat.
06:21En ce qui concerne, et pour conclure, la question de l'austérité européenne, sur laquelle
06:27je n'aurais pas la prétention d'en dire plus que ce qui a été dit précédemment,
06:35car je voulais poser une question d'objectif et de méthode, notre rassemblement.
06:41je voudrais simplement appeler l'ensemble de celles et ceux qui sont déterminés ici,
06:48aujourd'hui, dans cette salle, à refonder une gauche dynamique, à le faire de façon
06:55ouverte, de façon féconde et en prenant chacun, chacune de nos batailles comme autant
07:03de points d'appui.
07:03Nous n'avons pas d'autre horizon que le bien-être humain.
07:06Nous n'avons jamais eu autant la possibilité de le rendre possible.
07:11Et la grande contradiction, le grand enjeu auquel on est confronté, c'est de réussir
07:17ce pari audacieux de l'histoire, dont les élites ont peur, qui consiste à mettre
07:24ces connaissances technologiques, scientifiques, médicales au service du bien commun.
07:29Car ce qui se passe en Europe ne se passe pas qu'en Europe, notre débat est universel.
07:35Car si les sociétés inégalitaires, si les tentations autoritaires s'affirment, c'est
07:41aussi de l'autre côté de la Méditerranée.
07:45Et qu'est-ce qu'on veut ? Se tendre la main ou se tourner le dos ?
07:48Qu'est-ce qu'on veut ? Construire de nouvelles politiques de coopération ou au contraire
07:54continuer dans des rapports de subordination et de domination ?
07:57Donc il faut fixer absolument cette boussole-là.
08:00Et moi j'attends, et je le dis clairement, de la France, de mon pays, qui pèse encore,
08:07qu'il soit, au mois de juin bien sûr, parce qu'il y a un enjeu, mais au-delà, présent
08:13dans ces batailles progressistes.
08:15Car nous ne sommes pas seuls.
08:16Il y a le réveil des sociétés, les élections espagnoles et grecques l'ont montré, il y a
08:23aussi la capacité des États, à un moment, à taper du poing sur la table et à redire
08:29au nom du peuple qui les représente qu'ils sont là pour défendre l'intérêt général.
08:34C'est cet appel, moi, que je lance à mon pays, au président de la République, pour faire
08:38en sorte, jusqu'au bout, je ne dévirai jamais de cette route, que la feuille de route qui
08:44est la nôtre soit honorée en solidarité avec toutes celles et ceux qui en Europe ont besoin
08:50de notre force. Merci.