00:0111h-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:04Célia, vous étiez en train de nous expliquer que vous êtes choquée outrée de voir des enfants issus de l
00:09'immigration,
00:10vous-même qui êtes une femme, une femme noire, des enfants qui ont fui la misère africaine, vous dites,
00:16et aujourd'hui qui se laissent récupérer par Jean-Luc Mélenchon, et ça, ça vous choque ?
00:20Ah oui, oui, oui, ça me choque.
00:24Oui, ça me choque, et je me pose la question, où sont les parents en fait ?
00:27Les parents, ils disent quoi, concrètement, c'est à ces gamins, ils disent quoi, et est-ce qu'ils me
00:32font peur aussi ?
00:33Demain, ces enfants vont se retrouver dans une vie professionnelle, vous vous rendez compte ?
00:39Moi, je quitte chez moi à 6h30, je prends le train pour aller bosser, et je rentre chez moi, il
00:45est presque 21h.
00:46Quand ils vont être dans la vraie vie, qu'est-ce que ça va donner en fait ?
00:50C'est vrai que c'est la question que je pose, et que les images sont stupéfiantes, oui ?
00:56Et le pire, c'est que le gouvernement laisse complètement les polices, je suis désolée, je pense aux policiers, parce
01:01que c'est des instruments aussi,
01:03ces policiers aussi ont des enfants, ces policiers aussi sont des enfants de quelqu'un, je trouve inadmissible comment ils
01:10sont traités.
01:11On les traite comme si c'est des criminels, c'est de la faute si les enfants brûlent des poubelles,
01:16alors que non.
01:19Vous voyez, ça me fait un cœur en fait.
01:22Merci beaucoup Célia de nous avoir appelé aux standards d'Europe 1, les policiers ne sont pas des criminels,
01:27où sont les parents ?
01:29Crient Célia au micro d'Europe 1.
01:31Géraldine, vous vouliez ajouter un petit point, ensuite Gabriel Cluzel sur les cours en ligne,
01:36et vous c'est sur le profil, comme disait un peu Célia, le profil de ces jeunes, de ces enfants,
01:40qu'est-ce qu'ils vont devenir demain ?
01:41A nous dit Célia, et vous qui étiez enseignante, vous avez un petit éclairage.
01:45Exactement, parce que j'étais en train de réfléchir hier chez moi,
01:48et je me disais que là, les lycéens qu'on est en train de voir à la télé,
01:53alors ça n'excuse pas attention la violence qu'il y a autour,
01:55ce sont les enfants du confinement, des enfants qui n'ont pas connu de vrai collège,
02:01qui ont eu des problèmes, qui ont été enfermés à la maison pour étudier,
02:05où s'est creusée aussi une inégalité selon les niveaux, la fracture numérique,
02:10donc je pense que ça a un peu à voir avec ça.
02:13Très bonne remarque Géraldine, en parlant de fracture numérique,
02:16Gabriel Cluzel voulait rebondir sur les cours en ligne,
02:20qui sont là aussi, saqués on va dire, saccagés,
02:24on l'a entendu tout à l'heure dans le journal d'Emilie Daze.
02:26Ah oui, moi je suis assez outrée, je dois le dire,
02:29de voir que même les lycéens qui ne souhaitent pas participer au blocus,
02:35qui veulent continuer à travailler, je rappelle que pour certains,
02:38il y a des enjeux, il y a des examens à la fin de l'année,
02:40je pense aux élèves d'école préparatoire,
02:42enfin c'est pas rien, ceux-là on les écoute pas,
02:44ils sont en colère aussi, mais cette colère-là, visiblement,
02:47elle intéresse personne puisqu'ils ne cassent rien.
02:49Et bien même ces cours en ligne sont perturbés,
02:52je voyais un message qui avait circulé,
02:54qu'on m'a communiqué dans un lycée des Yvelines,
02:57et qui expliquait que, je cite,
02:59les professeurs ont fait cours,
03:01donc c'est un message reçu par le directeur,
03:02en distanciel,
03:02Malheureusement, de graves incidents se sont déroulés
03:05pendant certains cours d'enseignants,
03:06insultes sexistes, propos outrageants,
03:08menaces de déco-opitation,
03:09vidéos à caractère pornographique envers les enseignants.
03:12Non.
03:12Voilà, voilà ce qu'il en est aujourd'hui dans nos écoles.
03:17D'ailleurs, personnellement, je suis en train d'enquêter sur cette école,
03:19mais je suis scandalisée.
03:22Merci beaucoup, Gabrielle Cluzel, en direct sur un peu.
03:25Merci à tous pour vos appels.
03:27Alors, Nathalie Goulet, c'est intéressant de vous avoir,
03:30Madame la sénatrice, dans le studio d'Europe 1,
03:32dans votre livre, La gangrène,
03:35comment l'argent sale pourrit le monde aux éditions Robert Laffont.
03:40Une question à vous poser,
03:41comment on a perdu le contrôle, Nathalie Goulet ?
03:45Je pense que ça fait des années,
03:48j'écoute ce qui se passe avec la colère lycéenne
03:51et je comprends qu'ils aient besoin de moyens,
03:55mais en même temps, on en a donné beaucoup
03:57et ce n'est pas en caissant qu'on va arriver à quelque chose.
03:59Enfin bon, c'est un autre sujet.
04:01On a beaucoup travaillé récemment sur le narcotrafic.
04:05La question est qu'il n'y a pas que le narcotrafic,
04:07il y a une criminalité organisée qui est vraiment en expansion
04:11et qui concerne des secteurs qu'on sous-estime.
04:16et donc, notamment par exemple, la contrefaçon,
04:19le trafic de migrants qui est aussi une source inépuisable de blanchiment,
04:26le trafic d'œuvres d'art, le trafic de bijoux.
04:29Et donc, c'est autour de ces maillons de criminalité organisée
04:33que nous avons perdu le contrôle.
04:35Alors, votre livre adresse un état des lieux de la criminalité organisée,
04:39des circuits de blanchiment d'argent qui privent l'économie légale
04:43de sommes colossales, environ 50 milliards d'euros par an en France.
04:47C'est quand même un angle qu'on aborde peu
04:49et c'est important de rappeler qu'à l'heure où tout le monde réclame de l'argent
04:54ou à l'heure où le gouvernement veut faire 54 milliards d'économies.
04:57Là, par exemple, 50 milliards d'euros par an en France d'économies
05:04sur ces sommes incroyables.
05:06À travers dix chapitres, vous décortiquez les rouages très variés,
05:10le trafic de drogue, de migrants, la contrefaçon, la corruption,
05:13l'utilisation des crypto-monnaies, les défaillances bancaires,
05:15le marché de l'art ou encore les failles des ports francs.
05:19On a Christian qui nous appelle de Lorne et qui a une question à vous poser.
05:23On prend Christian juste après la pause,
05:26une question précise à poser à madame Nathalie Goulet.
05:28On marque une pause et on revient avec Christian.
05:30Et vous aussi, vous pouvez échanger avec notre invité comme Christian,
05:3301, 80, 20, 39, 21, 12h11.
05:36A tout de suite avec Christine Kelly sur Europe 1.