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  • il y a 15 minutes
Mehdi Ben Barka, 45 ans, principal opposant au roi du Maroc. Enlevé il y a soixante ans en plein jour, en plein Paris. Début d'un lugubre mystère qui mêle policiers français, voyous et haut dignitaires marocains. Un corps jamais été retrouvé. Malgré un procès et une enquête jamais refermée, une ombre persistante flotte toujours sur le dossier. Pourquoi ? Que s'est-il vraiment passé ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:0725 policiers armés fouillent depuis 4 heures la région de Fontenelle-Vicomte en Seine-et-Marne au sud de Paris.
00:13C'est dans cette zone, pensent les policiers parisiens, que l'on aurait détenu et puis peut-être abattu le
00:18leader marocain de l'opposition Mehdi Benbarca.
00:22Bonjour, Mehdi Benbarca, 45 ans, principal opposant au roi du Maroc.
00:27Enlevé il y a 60 ans, en plein jour, en plein Paris.
00:31Début d'un lugubre mystère qui mêle policiers français, voyous et hauts dignitaires marocains.
00:37Un corps jamais retrouvé, une enquête jamais refermée.
00:40Pourquoi ces 60 années de silence ?
00:42Benbarca, dernières heures avant la mort, l'heure du crime.
00:46Votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:57Vendredi 29 octobre 1965, 21h, Abdelkader Benbarca fait les 100 pas devant le théâtre parisien de la gaieté Montparnasse.
01:07A l'affiche, le goûter des généraux, une pièce de Boris Vian.
01:11Abdelkader attend son frère Mehdi pour assister à la représentation, mais celui-ci se fait attendre.
01:18Deux heures plus tard, il n'est toujours pas là.
01:20Abdelkader a soudain un sombre pressentiment.
01:24Depuis des années, son frère est un homme à abattre.
01:28Mehdi Benbarca, 45 ans, ancien président de l'Assemblée consultative marocaine,
01:34exilé en Suisse avec son épouse et leurs quatre enfants, est en effet la bête noire du régime marocain.
01:42Opposant numéro 1 au roi Hassan II.
01:44Au Maroc, il a miraculeusement survécu après avoir été percuté par un chauffard poussé dans un ravin blessé à la
01:52colonne vertébrale.
01:53En Suisse, il a échappé de justesse à une tentative d'assassinat d'un commando marocain.
01:58Mehdi Benbarca est arrivé le matin même à l'aéroport d'Orly.
02:02Peu de monde dans la confidence, il avait rendez-vous avec trois hommes pour un projet de film sur la
02:08décolonisation.
02:09Dans la nuit, la rumeur se répand comme une traînée de poudre chez les opposants marocains à Paris.
02:15Benbarca a été enlevé.
02:20Samedi 30 octobre, fin de matinée, la police judiciaire dit n'avoir aucune information sur une disparition supposée de Mehdi
02:28Benbarca.
02:29De discrètes vérifications sont lancées.
02:32Vers 17h, une réunion confidentielle se tient au ministère de l'Intérieur.
02:36La gêne des autorités françaises est palpable.
02:40Le lendemain, 11h, le frère de Benbarca dépose plainte contre X pour enlèvement et séquestration arbitraire.
02:48Un témoin capital était aux premières loges de l'enlèvement.
02:51C'est un étudiant marocain, Tami Azémouri, un ami de l'opposant.
02:56Le jour du rendez-vous, Benbarca l'avait convié à venir déjeuner avec lui à 12h15 chez Lippe, boulevard Saint
03:04-Germain.
03:04Il voulait le présenter à l'équipe du film.
03:07Le réalisateur du film, Georges Franju, très connu à l'époque, le journaliste Philippe Bernier,
03:13et le producteur Georges Figon qui édite des romans photos.
03:17Azémouri raconte que deux policiers sont arrivés.
03:20L'un a montré sa carte tricolore.
03:22Il a demandé ses papiers à Mehdi Benbarca.
03:25Il était autour de midi 25.
03:27Les flics ont fait monter Benbarca dans un break Peugeot 403 gris.
03:32L'étudiant, tenu à distance, n'a pas eu le temps de noter la plaque.
03:39La brigade criminelle entend les participants au déjeuner de la brasserie Lippe,
03:43où Benbarca était invité à un projet de film.
03:47Seule manque à l'appel Georges Figon.
03:49Il n'a en fait jamais été producteur de cinéma.
03:53C'est lui qui avait convaincu l'opposant de venir à Paris.
03:57Un avis de recherche est diffusé.
03:59Les hommes qui ont contrôlé et embarqué Benbarca sont identifiés.
04:03L'un d'eux n'est pas policier.
04:05Antoine Lopez, chef d'ESCAL à Orly.
04:08Il a longtemps été en poste au Maroc.
04:09Il est surtout un informateur du SDEC.
04:12L'ancêtre de la DGSE, les services de renseignement français.
04:18Et évidemment, affaire d'État, un agent des renseignements français,
04:23quelques policiers français.
04:24On sent tout de suite l'odeur du scandale.
04:26Le voile va se lever sur une opération de vaste envergure.
04:30Des hauts responsables marocains derrière l'enlèvement de Mehdi Benbarca,
04:33qui est l'opposant numéro 1 au roi.
04:36Que lui est-il arrivé à Mehdi Benbarca ?
04:38C'est à suivre dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
04:42C'était il y a 60 ans.
04:44Mehdi Benbarca, opposant, je l'ai dit, réfugié en Suisse.
04:48Bonjour Bachir Benbarca.
04:50Bonjour.
04:50Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette heure du crime.
04:53Bachir Benbarca, vous êtes le fils de Mehdi Benbarca.
04:56Et c'est vous qui, pour votre famille d'ailleurs, et pour la mémoire,
05:00menait ce combat depuis des années.
05:02Votre père, Mehdi Benbarca, était menacé depuis des années.
05:06Il savait qu'on le cherchait et qu'on voulait le tuer.
05:10Déjà, vous avez parlé de l'accident,
05:14de la tentative d'assassinat camouflée au accident qu'il a subi au Maroc.
05:18C'est une voiture de la police qui a fait renverser sa voiture.
05:23Il a aussi été victime d'une tentative d'assassinat à Genève.
05:28On nous a dit aussi que le secret marocain aurait eu l'intention
05:32de déposer une bombe dans notre maison au Caire,
05:34parce que nous étions réfugiés au Caire avec ma mère depuis 1964.
05:39Donc, de par ses activités, d'abord de par son opposition au régime de la scène 2,
05:44mais aussi de par ses activités en tant que militant anticolonialiste,
05:49mais aussi organisateur de la société internationale,
05:52il était, on le savait, qu'il était menacé.
05:57Votre mère vous a dit peut-être par la suite que ce jour-là,
06:00il y avait quelque chose qui s'était mal passé,
06:03qu'il était attendu peut-être quelque part ?
06:05Non, pas du tout. Nous, on était au Caire.
06:07On a su son aimant que le lendemain.
06:12Mais on sait qu'il est venu à Paris pour deux raisons.
06:15Première raison, c'est ce projet de film,
06:17qui était en fait un piège.
06:20Donc, c'était pour l'attirer à Paris.
06:22Deuxième raison, c'est qu'il avait un rendez-vous
06:24avec des proches du général de Gaulle,
06:26à propos de l'article continental,
06:28donc conférence de solidarité des peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine,
06:34qui l'organisait et qui intéressait le général de Gaulle.
06:39D'accord.
06:39Donc, voilà, ce n'était pas un secret, cette visite, finalement.
06:42Il y avait des officiels qui étaient au courant.
06:44Absolument.
06:44Mais le but premier, c'est ce film.
06:46Effectivement, on l'attire à Paris.
06:48Bonjour Patrick Ramaël.
06:49Bonjour.
06:49Merci beaucoup d'être avec nous également dans le studio L'heure du crime.
06:52Vous avez été l'un des juges d'instruction de l'affaire Ben Barca.
06:55Aujourd'hui, vous êtes avocat.
06:56Mais ce dossier Ben Barca, évidemment, vous continuez à le suivre.
06:59Il ne vous lâche pas, j'ai envie de dire.
07:01Alors, il y a, parmi les personnages qui attendent Ben Barca à Paris
07:06pour ce fameux film,
07:07il y en a un qui est un petit peu étonnant.
07:09C'est Georges Figon.
07:10C'est lui qui a attiré Ben Barca à Paris.
07:14Alors, je ne suis pas certain que ce soit Georges Figon lui-même
07:17parce que tout ça est une opération qui a été montée de longue date.
07:21On a un opérationnel du commando qui s'appelle Stouki.
07:25À l'époque, on l'a toujours connu comme ça.
07:27Il y a même eu un monde à l'arrêt contre Stouki.
07:29En réalité, c'est Milou de Tounsi
07:31qui vit des jours heureux avec sa retraite de préfet marocain.
07:36Il est un acteur clé.
07:38et probablement la solution s'il voulait parler.
07:42D'ailleurs, il a failli parler
07:44puisqu'il a failli à un moment
07:47accepter de quitter son pays
07:50pour faire des révélations.
07:51Puis, il a changé d'avis.
07:53Donc, lui, c'est un acteur clé et vivant.
07:56Le fait est, c'est qu'on a attiré.
07:58Ça, vous pouvez confirmer.
07:59On a attiré Ben Barca à Paris.
08:01Au prétexte de faire un film sur la décolonisation.
08:05Et, évidemment, tout ça a été mené
08:08par un personnage important qui est Lopez.
08:12Voilà.
08:12Antoine Lopez, il est là aux premières heures,
08:14au premier rang,
08:15puisqu'il est là lors de l'enlèvement de Ben Barca à Paris.
08:18Mais Bachir Ben Barca,
08:20un mot là-dessus.
08:21Il y a ce commando
08:23qui enlève en quelque sorte
08:24votre père en plein Paris.
08:26C'est un petit peu bizarre,
08:27cette bande de personnes.
08:30Il y a des policiers.
08:31Puis, il y a cet homme.
08:32Effectivement, Lopez est un agent de renseignement français.
08:35Ce sont les ingrédients,
08:37vous avez parlé de crimes d'État,
08:39ce sont les ingrédients du scandale d'État
08:40qui va suivre.
08:42Antoine Lopez,
08:43bien sûr, il était présent à l'enlèvement,
08:46mais aussi, il est présent
08:48pendant les préparatifs de l'enlèvement.
08:50L'enlèvement s'est préparé dès le mois de mai
08:52par les services sécuritaires marocains.
08:56Et Antoine Lopez, en tant qu'agent du SDEC,
08:59a rendu compte de tous ces préparatifs,
09:02aussi bien dans un rapport au mois de mai
09:04que dans un rapport au mois de septembre
09:06que dans un rapport au mois d'octobre.
09:07C'est-à-dire que les services secrets français
09:09étaient au courant des préparatifs
09:10de l'enlèvement de mon père.
09:13Vous êtes d'accord avec ça ?
09:14Exactement.
09:15C'est chronique.
09:16La France savait qu'on allait enlever cet opposant ?
09:18C'est important quand même.
09:20C'est une question grave.
09:21La France, évidemment,
09:21mais c'est chronique d'un enlèvement annoncé.
09:24Donc, il y a des gens qui savaient.
09:25Mais je reste persuadé,
09:27comme le général de Gaulle l'a dit
09:29lors de sa conférence de presse,
09:30que tout ce qui s'est passé
09:31n'a rien eu que de vulgaire et subalterne.
09:34C'est-à-dire qu'il y a eu des gens
09:37qui se sont autorisés à faire des choses
09:39sans être prévus que ce soit comme ça.
09:42Le général de Gaulle était au courant ou pas ?
09:44Il n'était pas au courant.
09:46Manifestement, quand on voit la manière
09:48dont il a réagi,
09:49j'ai retrouvé les procès verbeaux
09:51du Conseil des ministres,
09:53une expression très militaire
09:55pour dire
09:55qu'est-ce que c'est que cette connerie ?
09:57Il faut faire la vérité.
09:58Il faut faire la clarté.
09:59C'est ce qu'il va dire.
10:00Une séquestration violente
10:02dans une discrète villa.
10:04Ben Barca,
10:05dernières heures avant la mort.
10:06Le général a pris un petit poignard.
10:08Il a porté des coups
10:09à la poitrine et au cou.
10:11L'enquête de l'heure du crime.
10:12On se retrouve dans un instant
10:13sur RTL.
10:16RTL
10:20Faites ses 60 ans.
10:22L'heure du crime
10:23Présentée par Jean-Alphonse Richard
10:25sur RTL
10:26L'heure du crime
10:28consacrée à l'affaire Mehdi Ben Barca.
10:30Il y a 60 ans,
10:31l'opposant numéro 1
10:32au roi du Maroc
10:33est enlevé en plein Paris.
10:35Plusieurs individus
10:36rapidement identifiés,
10:37policiers et voyous,
10:38mais aussi de haut
10:39responsables marocains.
10:41Premières interpellations
10:42en vue.
10:46Mercredi 3 novembre 1965,
10:49la brigade criminelle
10:50entend les policiers
10:51qui ont participé
10:52à l'enlèvement
10:53de Mehdi Ben Barca.
10:54Ils disent avoir agi
10:56à la demande
10:56du fameux Antoine Lopez,
10:58l'homme des services secrets.
11:00Un des policiers affirme
11:01qu'il ne savait même pas
11:03qui était Ben Barca.
11:04Il pensait qu'on arrêtait
11:05un gros trafiquant de cannabis.
11:07À 14h30,
11:09Antoine Lopez,
11:10qui se sait rechercher,
11:11se présente à la crime.
11:12L'interrogatoire
11:13dure toute la nuit.
11:15Lopez raconte
11:16qu'il a organisé
11:16la fausse interpellation
11:18de Ben Barca.
11:19Il s'agit d'un service
11:20rendu à ses amis marocains.
11:22Il fallait conduire
11:23l'opposant devant
11:24l'un des hommes forts
11:25du Maroc,
11:26le général Mohamed Oufkir,
11:27en personne,
11:28ministre de l'Intérieur.
11:30L'opposant a donc été conduit
11:32jusqu'à une villa
11:32à Fontenay-aux-Comtes,
11:34à Fontenay-aux-Comtes,
11:34dans l'Essonne,
11:35la propriété
11:36d'un gros truand
11:37et ancien gestapiste,
11:39Georges Bouches-Sèche.
11:41La maison était gardée
11:42par ses hommes.
11:43Après ses convidences,
11:45les enquêteurs filent
11:46tout de suite
11:46au numéro 35
11:47de la Grand-Rue,
11:49à Fontenay.
11:50Mais la maison est vide.
11:51Vérification faite,
11:53le puissant général Oufkir
11:54était bien à Paris
11:55au moment de l'enlèvement.
11:56Tout comme le commandant
11:58Ahmed Limi,
11:59directeur de la Sûreté.
12:01Toute la crème
12:02de la sécurité marocaine
12:04était donc,
12:05ce jour-là,
12:07dans la capitale française.
12:10Lundi 10 janvier 1966,
12:13deux mois après le rapte
12:14de Mehdi Ben Barka
12:15et alors que l'opposant
12:16n'a plus donné
12:16aucun signe de vie,
12:18l'Express publie
12:20un témoignage retentissant.
12:22Celui de Georges Figon,
12:24le faux producteur de cinéma
12:26qui a attiré la victime
12:27à Paris.
12:28Le titre de l'article
12:29est spectaculaire.
12:31J'ai vu tuer Ben Barka.
12:33Figon raconte
12:35s'être rendu
12:35peu après l'enlèvement
12:37à la villa
12:37de Fontenay-aux-Comtes.
12:39Il a téléphoné
12:40au général Oufkir
12:41et au patron de la Sûreté,
12:42Ahmed Limi,
12:43pour les prévenir
12:44que le colis
12:45était arrivé.
12:47Ben Barka
12:47avait été drogué.
12:49Limi a tout de suite
12:50fait savoir
12:50qu'il allait être liquidé.
12:52Mehdi Ben Barka
12:53aurait commencé
12:54à être tabassé
12:55par les truands
12:56qui le surveillait.
12:57Le général Oufkir,
12:58coiffé d'un chapeau noir,
13:00est arrivé
13:00quelques heures plus tard.
13:02Figon raconte
13:03que Oufkir
13:03a pris un petit poignard
13:04avec lequel il a porté
13:06des coups à la poitrine
13:07et au coup de Ben Barka,
13:09ce dernier,
13:09toujours vivant,
13:11aurait été transporté
13:12dans une autre villa,
13:14celle de Lopez.
13:15Il ignore
13:15ce qu'il est advenu
13:16du malheureux.
13:17Une semaine plus tard,
13:19le bavard
13:20Georges Figon
13:21est retrouvé mort
13:23dans un studio
13:23du 17e arrondissement.
13:25Il se serait donné
13:26la mort.
13:27Curieux décès.
13:28Un journal-titre
13:30suicidé
13:31de trois balles
13:32dans la tête.
13:35Samedi 22 janvier 1966,
13:38le juge d'instruction
13:39parisien
13:39Louis Olinger
13:40délivre
13:41trois mandats
13:42d'arrêt internationaux
13:44contre le général
13:45Mohamed Oufkir,
13:46le commandant de Limi
13:48et un dénommé
13:49Larbi Stouki,
13:50commissaire spécial
13:51de la sûreté.
13:52Le juge n'a pas pu identifier
13:54d'autres policiers
13:55marocains impliqués.
13:56Le président de la République,
13:59le général de Gaulle,
14:00demande que l'on suive
14:01les demandes du juge.
14:03Il faut aller jusqu'au bout
14:04de la vérité,
14:05dit-il.
14:05Après seulement
14:06cinq mois d'instruction,
14:07le juge renvoie
14:0814 personnes
14:10devant la cour d'assises,
14:11parmi lesquelles
14:12les dignitaires
14:12du Royaume du Maroc,
14:14considérés comme étant
14:15en fuite.
14:17Renvoi express,
14:18le juge Olinger
14:19estime avoir
14:20sous la main
14:21les protagonistes
14:22de l'affaire Ben Barka.
14:23Ce sera
14:24le procès
14:25de cette année
14:261966,
14:27il y a 60 ans,
14:28avec l'espoir
14:29que les langues
14:29continuent à se délier
14:31et qu'enfin
14:32la vérité
14:32apparaisse.
14:33Audience,
14:34vous allez le voir,
14:34qui va être marqué
14:35par un coup de théâtre,
14:36mais tout ça,
14:36on va en parler
14:37dans la suite
14:38de l'émission.
14:40Alors,
14:40il faut revenir
14:41sur les investigations.
14:44Revenons à un point
14:45sur Antoine Lopez,
14:46c'est un homme central
14:47dans ce dossier,
14:47c'est lui qui était là
14:48quand Ben Barka
14:49a été enlevé,
14:50c'est lui qui emmène
14:51Ben Barka
14:52jusqu'à la fameuse villa
14:54où,
14:54effectivement,
14:55l'opposant
14:55aurait été
14:57assassiné.
14:57Patrick Ramel,
14:59vous êtes l'un des juges
15:00de l'affaire Ben Barka,
15:01ce dossier,
15:01vous le connaissez
15:02vraiment sur le bout
15:02des doigts.
15:05Lopez,
15:05il n'a quand même pas
15:07sa langue dans la poche,
15:08il raconte des choses
15:09et il dit,
15:10moi j'ai agi
15:11pour les Marocains.
15:13Les Marocains,
15:14ils étaient là,
15:15ils étaient dans cette villa
15:16et moi j'ai emmené
15:17ce qu'ils m'ont demandé
15:18finalement,
15:18c'est ce qu'il dit.
15:19Oui,
15:19alors Lopez,
15:20c'est surnommé
15:21la savonnette,
15:22c'est vraiment
15:22un surnom qui lui va bien,
15:24tout glisse sur lui,
15:27c'est vraiment
15:27quelqu'un de particulier
15:28donc il a raconté
15:29tout et n'importe quoi
15:32et probablement
15:32dans tout
15:33il y a peut-être
15:34la vérité
15:34ou une partie
15:35de la vérité.
15:36Ce qui est sûr
15:37c'est qu'il convoitait
15:39le poste de directeur
15:40de Royal Air Maroc
15:41et qu'on lui a fait valoir
15:42que s'il rendait...
15:44Service rendu,
15:46service rendu
15:46mais le fait est
15:48c'est qu'il se mouille
15:49Patrick Ramel
15:49et il dit,
15:50non mais attendez quand même,
15:51il dit,
15:52on l'a enlevé,
15:53on l'a pris
15:54dans la voiture
15:54et puis on l'a emmené
15:56il ne s'est pas présenté
15:57tout de suite
15:58et quand il a été entendu
16:00il a commencé par mentir
16:01il a fini par dire
16:02moi je veux bien
16:03mais je suis un informateur
16:04du SDEC
16:05donc garantissez-moi
16:06l'anonymat
16:07et puis il y a eu
16:08cette nuit
16:09où il a fini par avouer
16:10qu'il avait participé.
16:12Ce qui était quand même
16:13extraordinaire
16:13c'est que vous imaginez
16:14à l'époque c'est le 36
16:15qui est des Orphèves
16:16le vrai si je puis dire
16:17celui près de la Seine
16:18et la brigade mondaine
16:20à laquelle appartient
16:21les deux policiers
16:22qui ont été condamnés
16:24enfin l'un a été condamné
16:26ils sont dans un étage
16:28à l'étage au-dessus
16:28il y a monsieur Bouvier
16:30qui est le patron
16:30de la brigade criminelle
16:31qui fait l'enquête
16:32sachant qu'à l'étage d'en dessous
16:34il y avait quelqu'un
16:35policier
16:36qui a participé
16:36c'est spécial
16:37le directeur de la police
16:39ce quelqu'un
16:40qui s'appelle Souchon
16:41on finit par aller le voir
16:42en disant
16:43chef je crois que j'ai fait une bêtise
16:45il met un certain temps
16:47à aller se dénoncer
16:48entre guillemets
16:49il se dénonce au directeur
16:50qui ne va pas tout de suite
16:51prévenir
16:51le patron de la brigade criminelle
16:53pour dire
16:54mais j'ai dans mon bureau
16:56alors à la fin
16:56il va lui dire
16:57vous allez vous constituer
16:58mais juste en mots
16:59parce que c'est trop sensible
17:00c'est ça
17:00et que personne
17:01n'ose vraiment raconter
17:02ce qui s'est passé
17:03je pense que
17:03à l'époque
17:05comme toujours
17:05enfin quand un
17:06des gens
17:06concernés par
17:09c'est gênant
17:10de reconnaître
17:11c'est une super
17:13un super dysfonctionnement
17:15oui puis
17:15c'est une affaire
17:16qui n'est pas banale
17:17c'est une affaire d'état
17:18Bachir Banbarca
17:19vous êtes avec nous
17:20fils de Mehdi Banbarca
17:21moi je pense que
17:22Lopez
17:23comme il dit
17:24s'est mouillé
17:24parce qu'il pensait
17:26qu'il était couvert
17:26il avait tout le temps
17:28informé ses supérieurs
17:29au SDEC
17:30c'est ça
17:30donc lui
17:31il risquait rien
17:32il pense qu'il était couvert
17:33et puis
17:33et puis
17:35Lopez a attendu quand même
17:364 jours ou 5 jours
17:37avant
17:37avant de
17:38donc avant de
17:39donc avant d'aller se rendre
17:41oui c'est ça
17:41parce que
17:42parce que
17:42au SDEC
17:44on a dit
17:45le SDEC a décidé
17:46qu'il ne fallait rien faire
17:46oui c'est ça
17:47donc le SDEC lui était au courant
17:48de l'enlèvement
17:50il était au courant de l'application
17:51des officiels marocains
17:52du ministre d'intérêt marocain
17:53et du chef de la sûreté marocaine
17:55qui était présent à Paris
17:56et il a ordonné
17:58à Lopez
17:59de ne rien faire
17:59donc là aussi
18:00on est dans une affaire
18:02d'enlèvement
18:02dans les affaires d'enlèvement
18:05donc les heures
18:06les plus cruciales
18:06sont les premières heures
18:07oui et là effectivement
18:08là
18:08les services secrets
18:09étaient au courant
18:10la préfecture de police
18:11était au courant
18:12le commissaire
18:14des renseignements généraux
18:15Jean Caille
18:15dès le 2 novembre
18:16savait quasiment
18:18tout ce qui s'était passé
18:19il en a informé
18:20Papon
18:21prévu de police
18:22il en a informé
18:22Roger Frey
18:23ministre de l'Intérieur
18:24et rien n'a été fait
18:25et pourtant on met le chapeau dessus
18:26absolument
18:26on met le couvercle
18:28les services secrets
18:29se protègent
18:32et le ministère de l'Intérieur
18:33protège
18:34le ministre de l'Intérieur
18:36marocain
18:36qui lui
18:36est totalement impliqué
18:37vous savez
18:38il y a une chose
18:38qui est très intéressante
18:39c'est de voir
18:40qu'on a
18:41une réforme de l'Etat
18:43tout de suite après
18:44en 1966
18:45rattachement du SDEC
18:46au ministère des armées
18:48pour remettre en cause
18:49pour visser un peu les boulons
18:50pour visser avec Mesmer
18:51et création de la police nationale
18:53la police nationale
18:54que nous avons maintenant
18:55elle est le fruit
18:56de l'affaire Benbarca
18:57on a fusionné
18:58la sûreté nationale
18:59et la préfecture de police
19:00Patrick Ramel
19:01vous avez pris la parole
19:01et je vous la redonne tout de suite
19:02il y a le récit
19:04de Georges Figon
19:06Figon c'est lui
19:06qui a un peu piégé
19:08effectivement Benbarca
19:09pour le faire venir à Paris
19:11dans l'Express
19:12où il dit voilà
19:12il raconte tout lui
19:13moi j'ai vu tuer Benbarca
19:15c'est le titre de l'Express
19:16qu'est-ce qu'il faut penser
19:16de ces déclarations ?
19:18je pense que
19:20Figon n'a jamais dit ça
19:21et c'est une
19:23c'est bidon
19:23c'est bidon
19:25on appelait ça de l'enfumage
19:26oui
19:27c'est-à-dire même
19:29Jean-François Kahn
19:30et De Rogi
19:31ont voulu interviewer Figon
19:33les journalistes
19:34ils n'ont pas vu directement
19:35ils ont demandé à quelqu'un d'autre
19:37d'aller l'interviewer
19:40malheureusement
19:40enfin malheureusement
19:42la cassette
19:43n'a jamais fonctionné
19:44ce qui veut dire
19:45que
19:45Jean-François Kahn
19:47et De Rogi
19:47ont eu
19:48le soi-disant récifiguant
19:50par une deuxième main
19:51et nous ce qu'on sait
19:53par exemple
19:53que le titre
19:54le titre d'Utubé de Barca
19:55a été imposé
19:57aux journalistes
19:58par Jean-Jacques
19:58Chevron Chévert
19:59directeur
20:00on fait un titre
20:02comme peuvent faire
20:03les journaux
20:03mais le fait est
20:04c'est qu'effectivement
20:05vous confirmez
20:06que ce témoignage
20:06il n'existe pas
20:07et qu'il n'a pas fait du tout
20:09avancer les investigations
20:10c'est important
20:11parce que là
20:11on avait une piste sérieuse
20:13on était presque
20:14dans cette villa
20:15et voir comment
20:17Mehdi Ben Barca
20:18aurait été assassinat
20:19il fait partie
20:20des enfumages
20:21qu'on a eu
20:21depuis 60 ans
20:22pour nous envoyer
20:24vers de fausses pistes
20:25moins d'un an après
20:27plus tard
20:28le procès
20:30Ben Barca
20:31dernières heures
20:32avant la mort
20:33je jure
20:34que je le retrouverai
20:35dans un an
20:36ou dans dix ans
20:36l'enquête de l'heure du crime
20:38qui est devenue
20:38l'opposant numéro un
20:40qui est ce suspect
20:41en fuite
20:41qui va réapparaître
20:43lors du procès
20:43à suivre
20:44dans un court instant
20:45sur RTL
20:47Contactez RTL
20:48par SMS
20:49au 74 900
20:5099 centimes
20:52par SMS
20:53Carrefour
20:54L'heure du crime
20:55présentée par
20:56Jean-Alphonse Richard
20:57sur RTL
20:58Nous abordons le procès
20:59avec l'espoir
21:00que la cour
21:01fera en sorte
21:02que toute la vérité
21:03soit faite
21:04quant au sort
21:05de mon frère
21:05et aux responsabilités
21:07marocaines et françaises
21:08à quelques niveaux
21:09qu'elles se situent
21:12Retour
21:12dans l'heure du crime
21:13sur l'affaire Ben Barca
21:14il y a 60 ans
21:15l'opposant numéro 1
21:16au roi du Maroc
21:17disparaissait à Paris
21:18enlevé en plein jour
21:20son corps jamais retrouvé
21:21les officiels du royaume
21:22pointaient du doigt
21:2311 mois après les faits
21:2513 personnes comparaissent
21:267 sont en fuite
21:31Lundi 5 septembre 1966
21:33le procès de l'affaire Ben Barca
21:36s'ouvre devant la cour d'assises
21:37de la Seine
21:38au palais de justice de Paris
21:39la salle est comble
21:40l'ambiance électrique
21:42après 4 jours d'audience
21:44Antoine Lopez
21:44un formateur des services français
21:46est interrogé
21:47sur l'enlèvement
21:48pour ne pas être reconnu
21:50il portait ce jour-là
21:51une fausse moustache
21:52et des lunettes
21:53c'est l'arbi-touki
21:55dit-il
21:56de la sécurité marocaine
21:58qui lui avait donné
21:59la marche à suivre
22:00il fallait emmener Ben Barca
22:01dans une ville
22:02à Fontenay-le-Vicomte
22:04les policiers
22:05qui l'accompagnaient
22:06ont demandé
22:07à Mehdi Ben Barca
22:07s'il était à Paris
22:08pour des raisons politiques
22:10réponse
22:11non
22:11je ne viens pas faire
22:13de la politique
22:14dans un pays ami
22:15Ben Barca n'a rien dit
22:17quand on l'a informé
22:18qu'on devait le conduire
22:19auprès de personnalités
22:20Antoine Lopez
22:22confirme la présence
22:23à la villa
22:24d'officiels marocains
22:25dont le général Oufkir
22:30mercredi 19 octobre 1966
22:33coup de théâtre
22:34alors que le procès
22:35s'enlise
22:36dans les silences
22:37et les explications
22:38filandreuses
22:39le commandant
22:40Ahmed Limi
22:41directeur de la
22:43sûreté marocaine
22:44recherché par la France
22:45fait son entrée
22:47dans la salle d'assises
22:48il vient se constituer
22:50prisonnier
22:50le procès est ajourné
22:52six mois plus tard
22:53les débats reprennent
22:54Ahmed Limi
22:55affirme être innocent
22:56je retrouverai Ben Barca
22:58dans un an
22:59ou dans dix ans
23:00jure-t-il
23:00il nie connaître
23:02le mystérieux
23:03Larbi Stouki
23:04pourtant sous ses ordres
23:06le verdict tombe
23:07deux mois plus tard
23:09huit ans de prison
23:10pour Lopez
23:11six ans pour un policier
23:12perpétuité
23:13pour tous les absents
23:14dont le général
23:15Oufkir
23:16et le commissaire Stouki
23:17Limi
23:18est acquitté
23:22Bachir Ben Barca
23:23vous êtes avec nous
23:23dans cette heure du crime
23:24fils de Mehdi
23:25Ben Barca
23:26évidemment vous connaissez
23:27tout ce dossier
23:28vous le suivez
23:28vous espérez peut-être
23:29que la vérité
23:30éclatera un jour
23:31le dossier est toujours ouvert
23:32je le précise
23:32c'est très important
23:34procès
23:34pour le moins compliqué
23:36parce que finalement
23:37on n'avance pas
23:38dans les débats
23:38on ne sait toujours rien
23:39de ce qui s'est passé
23:41exactement
23:42donc
23:43l'instruction du juin
23:45a été sous surveillance
23:46le procès a été aussi
23:47sous surveillance
23:48la partie civile
23:50a eu beau demander
23:51par exemple
23:51des explications
23:52au gouvernement
23:53au ministre de la Défense
23:55du Premier Ministre
23:55ne serait-ce que
23:56sur l'enquête interne
23:57sur les rapports internes
23:58des secrets français
23:59rien
24:00rien
24:00donc le secret défense
24:02même le président
24:03le président du tribunal
24:05le président Pérez
24:07a plusieurs fois
24:08interrompu
24:09la partie civile
24:11chaque fois
24:11qu'elle posait
24:12des questions gênantes
24:12aussi bien
24:13aux accusés
24:14qu'aux témoins
24:15qui venaient
24:17à la barre
24:18donc c'est très frustrant
24:19effectivement
24:20ces débats
24:20ils ne donnent pas grand chose
24:21ils sont assez stériles
24:23Patrick Ramahel
24:24vous êtes l'un des juges
24:25d'instruction
24:25de l'affaire Ben Barca
24:27il y a un coup de théâtre
24:28quand même dans ce procès
24:30Ahmed Limi
24:32responsable
24:32de la sécurité
24:34du Maroc
24:35qui était recherché
24:36par la France
24:37hop
24:37il surgit
24:38là
24:38dans la salle d'audi
24:39c'est assez rare
24:40quand même
24:40on se croirait
24:40au théâtre ce soir
24:41ah oui c'est rare
24:42et c'est bien préparé
24:44parce que l'endroit
24:45était totalement sécurisé
24:46par la police
24:48il y avait même
24:48des tas d'écoutes
24:49je suis allé retrouver
24:51les écoutes
24:52à l'époque
24:53ils n'étaient pas autorisés
24:55il y avait des écoutes
24:55de tout le monde
24:56y compris des avocats
24:57j'ai trouvé les écoutes
24:57de Roland Dumas
24:58qui était à l'époque avocat
25:01donc tout le palais
25:02est sous surveillance
25:04et un gars va arriver
25:05un avocat
25:06avec une voiture
25:07et dans le coffre
25:08de la voiture
25:09il y a de limites
25:09dans le coffre
25:11parce que quand
25:11j'ai interrogé cet avocat
25:13il m'a dit
25:13je n'ai pas le droit
25:13de vous parler
25:14des secrets professionnels
25:15mais quand même
25:17je peux vous dire ça
25:19c'est moi
25:19qui l'ai fait venir
25:20il est arrivé
25:22discrètement
25:23et comme il y avait
25:24des barrages
25:24etc
25:25je l'ai mis dans le coffre
25:26de ma voiture
25:26comme je suis avocat
25:27je suis rentré
25:28dans la cour du palais
25:29la cour du maire
25:30qui est la grande cour
25:31de l'ancien palais de justice
25:34tribunal
25:34puisque maintenant
25:34c'est que la cour d'appel
25:35est la cour de cassation
25:36et il l'a fait sortir
25:38comme le diable
25:39c'est étonnant
25:40étonnant
25:41et donc en faisant ça
25:42c'était la fin du procès
25:45il y avait maître Florio
25:46qui allait plaider
25:47c'est en dernier
25:48et le président Pérez
25:50forcément
25:51comme tout président
25:52de cour d'assises
25:52quelqu'un se constitue
25:54à la barre
25:54en disant
25:55je me constitue
25:56le procès va être envoyé
25:58évident
25:58donc là c'est un coup d'éclat
26:00et un coup de théâtre
26:03Bachir Ben Barka
26:04c'est important
26:05perpétuité
26:06pour les absents
26:07c'est normal
26:07ils sont jugés
26:08en leur absence
26:09bon perpétuité
26:10c'est la peine
26:10qui s'applique à l'époque
26:11en tout cas
26:13perpétuité
26:13pour le général
26:14Oufkir
26:14et le fameux commissaire
26:16Stouki
26:16qui ne sera jamais rattrapé
26:18le roi Hassan II
26:19à l'époque
26:20il va refuser
26:21d'extrader
26:21les condamnés
26:22absolument
26:22il va même
26:23les recevoir
26:25recevoir
26:26je dirais
26:27royalement
26:28verser ces thèmes
26:29des truands
26:30des truands
26:31chez qui mon père
26:32a été amené
26:33qui ont trouvé refuge
26:34au Maroc
26:35et qui ont continué
26:36au Maroc
26:36leur trafic
26:37dans des bordels
26:39dans des trafics
26:40de tous genres
26:41protégés
26:42par la police marocaine
26:43jusqu'à ce qu'eux-mêmes
26:44subissent
26:45les foudres du régime
26:46et soient enlevés
26:48séquestrés
26:49et assassinés
26:50en 1972-73
26:52ça c'est une autre histoire
26:53toujours-ci
26:54que le procès
26:56est interrompu
26:57par l'arrivée
26:57de Dlimi
26:58la partie civile
27:00a eu beau demander
27:00un supplément
27:02un supplément
27:03d'enquête
27:04la partie civile
27:05a été touchée
27:07par la mort
27:07successive
27:08de trois
27:08de ses avocats
27:09et n'a jamais pu
27:11obtenir
27:11un report
27:12ou un prolongement
27:15d'enquête
27:16ce qui fait que
27:16le procès a eu lieu
27:18et le verdict
27:19est tombé
27:20le 6 juin 1967
27:21à savoir le jour
27:22du début
27:23de la guerre
27:23des six jours
27:24et les jurés
27:26étaient sous pression
27:28ce qui fait
27:29que le verdict
27:31a été très
27:31très
27:32très faible
27:34par rapport à ce qu'on attendait
27:36donc effectivement
27:36et puis la vérité
27:38n'a pas jailli
27:39la justice
27:40ne va pas lâcher
27:41une enquête
27:41qui va durer
27:42encore 40 ans
27:43Ben Barca
27:44dernières heures
27:45avant la mort
27:45j'ai retrouvé
27:46une écoute
27:47sur la préparation
27:48de l'enlèvement
27:48il était clair
27:49que les autorités
27:50ne pouvaient pas
27:51ignorer
27:52ce qui se tramait
27:53on se retrouve
27:54dans un instant
27:54sur RTL
27:57RTL
27:5860 ans
27:59ensemble
28:01écoutez
28:03c'était en 1968
28:05RTL information
28:06édition de la mi-journée
28:08qui vous est présentée
28:09aujourd'hui
28:09par Jean-Pierre Farkas
28:1112 000 étudiants
28:12en congé forcé
28:14pour la première fois
28:15dans l'histoire
28:15de l'université
28:16la faculté de Nanterre
28:17est fermée
28:18jusqu'à nouvel ordre
28:19par le recteur
28:19Pierre Grappin
28:20il y a eu hier
28:21de nouvelles violences
28:22un professeur
28:23expulsé de son amphithéâtre
28:25et comme de réaction
28:25en réaction
28:26les extrémistes
28:27du mouvement occident
28:28veulent en découdre
28:30avec les enragés
28:31de Daniel Cohn-Bendit
28:33comme par ailleurs
28:34c'est le trimestre
28:34des examens
28:35le recteur donc
28:35a préféré
28:36fermer la faculté
28:37jusqu'à nouvel ordre
28:39RTL à 60 ans
28:4060 heures de souvenirs
28:4260 heures de surprises
28:45L'heure du crime
28:47présentée par Jean-Alphonse Richard
28:48sur RTL
28:49Au programme de l'heure du crime
28:52l'affaire Ben Barca
28:53il y a 60 ans
28:54le principal opposant
28:55au roi du Maroc
28:56disparaissait en plein Paris
28:57un rapte
28:58une quinzaine de personnes
28:59interpellées
29:00un procès
29:01des officiels marocains
29:02condamnés
29:03mais ils sont en fuite
29:04dossier judiciaire
29:06laissé ouvert
29:0929 octobre 1975
29:1110 ans après la disparition
29:13et la mort de son père
29:14Bachir Ben Barca
29:16dépose une nouvelle plainte
29:17pour assassinat
29:18et complicité
29:19il faut éviter
29:20la prescription
29:211982
29:22les services du premier ministre
29:24ordonnent de communiquer
29:25à la justice
29:26les documents
29:27des services secrets
29:28français
29:29sur l'affaire Ben Barca
29:30mais le dossier
29:31reste classé
29:33secret défense
29:34placé sous scellé
29:35au palais de justice
29:36hors d'atteinte
29:37des magistrats
29:3810 juges d'instruction
29:40vont se succéder
29:41à la tête de l'affaire
29:42fin 2005
29:4340 ans
29:44après l'enlèvement
29:45le juge Patrick Ramahel
29:47se rend une troisième fois
29:48au Maroc
29:49les autorités
29:50ne coopèrent toujours pas
29:51le juge Ramahel
29:53s'entête
29:53il délivre
29:544 mandats d'arrêt internationaux
29:56contre des responsables sécuritaires
29:58l'un d'eux vise
30:00le mystérieux
30:01Larbiche Touki
30:02suspect de la première heure
30:03de son véritable nom
30:05Miloud Tounsi
30:10lundi 28 octobre 2024
30:12Bachir Ben Barca
30:13écrit une lettre conjointe
30:14à Mohamed VI
30:15et à Emmanuel Macron
30:17il leur demande
30:18de faire les gestes
30:19qui s'imposent
30:20de prendre les décisions
30:21nécessaires
30:21pour que cette affaire
30:22sorte de l'impasse
30:23quelques années plus tôt
30:25l'ex-commissaire
30:26de l'anti-gang
30:26Lucien Aimé Blanc
30:28avait révélé
30:29l'existence
30:30d'une écoute
30:30dans le dossier
30:31Ben Barca
30:32une retranscription
30:33faite un mois
30:34avant le rapte
30:35preuve que la police
30:37était au courant
30:37de ce qui se tramait
30:39j'ai été stupéfait
30:40de découvrir
30:41sur cette écoute
30:41tous les protagonistes
30:43de l'affaire
30:44il préparait
30:45l'enlèvement
30:45de Mehdi Ben Barca
30:46il était clair
30:47que les autorités
30:48ne pouvaient pas
30:49l'ignorer
30:50conclura
30:51l'ex-commissaire
30:54Et voilà donc
30:55un dossier
30:56qui est toujours ouvert
30:57en France
30:57en ce moment
30:58c'est le plus ancien
31:00dossier judiciaire
31:01ouvert en France
31:02dossier immobile
31:03en apparence
31:04peut-être
31:04évidemment
31:05se réveillera-t-il
31:07un jour
31:07pour l'instant
31:07on n'a pas
31:08la clé
31:09de cette histoire
31:10Patrick Ramel
31:11vous faites partie
31:11des juges d'instruction
31:12qui ont enquêté
31:13beaucoup
31:14sur cette affaire
31:15alors un mot avec vous
31:17sur le secret défense
31:18parce que
31:19je résume
31:21les services
31:21du Premier ministre
31:22qui ont autorité
31:23sur le secret défense
31:24communiquent
31:25à la justice
31:25les pièces
31:26le dossier
31:27le fameux dossier
31:28Ben Barca
31:29des services secrets français
31:30mais vous ne pouvez pas
31:31y accéder
31:32c'est bien ça ?
31:33c'est que c'est complètement
31:34ubuesque ?
31:35moi je suis allé saisir
31:36dans les locaux
31:37de la DGSE
31:38donc le successeur
31:39du SDEC
31:40je suis allé saisir
31:41de façon totalement juridique
31:43avec le président
31:44de la CCSDN
31:45parce qu'on a mis en place
31:46une loi
31:46pour protéger
31:47le secret défense
31:48alors le secret défense
31:49tout le monde est d'accord
31:49quand il s'agit
31:50de procéder
31:51les codes nucléaires
31:52ou bien sûr
31:54mais le secret défense
31:56il sert surtout
31:56à cacher
31:58des mauvaises actions
31:59de l'Etat
31:59et là donc
32:01je suis allé
32:01j'ai saisi
32:02l'équivalent
32:03d'une ramette de papier
32:04et quelques temps
32:06après
32:06on me dit
32:08150 pages
32:09sont déclassifiées
32:10donc j'en suis fort heureux
32:11et quand je vois arriver
32:12les 150 pages
32:13je vois des aides
32:14comme Zorro
32:15pour marquer
32:16pour masquer
32:17c'est pas pour masquer
32:18pour mettre des feuilles blanches
32:20en disant
32:20il n'y a rien
32:21mais la feuille
32:21elle est blanche
32:22on a fait un Z
32:23un grand Z
32:24on a quand même déclassifié
32:25le discours
32:26la conférence de presse
32:27du général de Gaulle
32:28donc elle n'était pas forcément
32:29un article
32:32de François
32:33qui à l'époque
32:33tirait un million d'exemplaires
32:34donc c'est
32:35ce secret défense
32:36donc on n'a pas
32:37à déclassifier
32:38attendez juste un mot
32:38là-dessus
32:39c'est complètement hypocrite
32:40c'est-à-dire qu'on dit
32:41on vous donne tout
32:42mais en fait
32:42on ne vous donne rien
32:43non
32:44mais vous savez
32:45les Etats sont capables
32:46d'hypocrisie
32:47bien sûr
32:47on est d'accord
32:49mais enfin là
32:50c'est quand même
32:50assez marquant
32:53Bachir Ben Barka
32:54question pour vous
32:54vous êtes le fils
32:55de Mehdi Ben Barka
32:56est-ce que la vérité
32:58est dans ce dossier
32:59secret défense ?
33:00une partie de la vérité
33:01sûrement
33:02sûrement
33:03donc
33:03les secrets français
33:04ont suivi
33:05l'affaire depuis le début
33:07il y a eu une enquête
33:08interne
33:09qui a été déjantée
33:10par le général de Gaulle
33:11on n'a jamais su
33:12des résultats
33:13de cette enquête
33:15interne
33:15donc il est certain
33:16que les dossiers
33:17toujours en possession
33:19du SDEC
33:19toujours couverts
33:20par la DGSE
33:2260 ans après
33:2360 ans après
33:24et ce qui est terrible
33:25c'est que
33:25c'est le ministre
33:26de la Défense
33:27qui est le ministre
33:28de tutelle
33:28qui décide
33:29s'il faut ou pas
33:31déclassifier
33:31donc là on est
33:32la DGSE
33:33et le ministère
33:35de la Défense
33:35sont jugés partis
33:36dans une affaire criminelle
33:37donc sûrement
33:39une partie de la vérité
33:40se trouve
33:40dans ces documents
33:41de même
33:42se trouve dans les documents
33:43qu'on demande
33:44à déclassifier
33:44de la CIA
33:45de même dans les documents
33:47qu'on demande
33:47à déclassifier
33:48du Moustan Israël
33:49c'est vrai
33:49parce qu'il y a les autres
33:49services internationaux
33:50qui se sont intéressés
33:51à la faire
33:52mais une partie
33:54une grosse partie
33:56proviendrait
33:57du Maroc
33:57parce que
33:58c'est quand même
34:00ça ne faut pas l'oublier
34:00c'est le régime marocain
34:01qui a décidé
34:02de la disparition de mon père
34:04et qui a trouvé des complicités
34:05en France et ailleurs
34:06mais
34:06le Maroc refuse également
34:08donc il y a l'immobilisme
34:10de transmettre
34:10évidemment
34:11tous ces dossiers
34:12justement Patrick Ramael
34:13le Maroc
34:13vous connaissez bien
34:14vous y êtes allé
34:14trois ou quatre fois
34:16alors j'y suis allé
34:16une seule fois
34:17dans ce dossier
34:18j'ai eu du mal
34:19à y aller
34:20on a annulé ma visite
34:21la veille de mon départ
34:23donc j'ai fait semblant
34:24de ne pas avoir reçu
34:25le coup de téléphone
34:25parce que vous gêniez
34:26c'est ça ?
34:27oui je gênie
34:28et puis quand je suis arrivé
34:28là-bas
34:29je leur ai dit
34:29je voudrais aller au PF3
34:30et le juge d'instruction
34:32marocain
34:33m'a dit
34:33je ne sais pas
34:34oui le PF3
34:35je vous accompagne
34:35le PF3 c'est quoi ?
34:36c'est la prison secrète
34:37la PF3
34:39c'est une prison secrète
34:40qui a été découverte
34:41par un journaliste
34:41de François
34:42qui s'appelle Joseph Turel
34:43qui a fait des images
34:44donc après son passage
34:46ils ont d'ailleurs
34:47rehaussé
34:47pour qu'on puisse plus
34:48faire d'images
34:48et donc le PF3
34:50c'est un lieu de détention
34:51où ont été détenus
34:52les trois
34:53des quatre truands
34:54qui ont été tués
34:55et enterrés là
34:56et où se trouve probablement
34:58la tête de Mehdi Benbarcar
34:59alors ça on va en parler
35:00à un moment donné
35:01parce que ça fait partie
35:01des hypothèses
35:02où est Mehdi Benbarcar
35:0460 ans après
35:05une famille sans réponse
35:07Benbarcar
35:08dernières heures
35:09avant la mort
35:09la vérité
35:10quelle qu'elle soit
35:11seul moyen
35:12de tourner dignement
35:13la page
35:14l'enquête de l'heure du crime
35:15je vous retrouve tout de suite
35:16sur RTL
35:30dans l'heure du crime
35:32l'affaire Benbarcar
35:33il y a 60 ans
35:34l'opposant numéro 1
35:35au roi du Maroc
35:36était enlevé
35:37au coeur de Paris
35:37une opération obscure
35:39associée en service secret
35:40marocain
35:41voyou
35:42la lumière
35:43n'a jamais été faite
35:44le corps
35:45jamais retrouvé
35:49jeudi 3 février 2000
35:50l'hebdomadaire Paris Match
35:52publie la dernière interview
35:53d'Antoine Lopez
35:54l'un des condamnés
35:55dans l'affaire Benbarcar
35:56selon lui
35:57la dépouille de Mehdi Benbarcar
35:59serait enterrée
36:00sous la mosquée d'Evry
36:01construite avec l'aide du Maroc
36:03les hypothèses
36:04n'ont jamais cessé
36:05de circuler
36:05sur le sujet
36:06le corps aurait été
36:07ramené au Maroc
36:08enseveli dans la cour
36:10d'une ancienne prison
36:11ou encore dissimulé
36:12dans la maison
36:13de l'Essonne
36:14où l'opposant
36:14avait été séquestré
36:16l'affaire Benbarcar
36:19est la plus longue
36:20enquête judiciaire
36:21jamais menée en France
36:22Bachir Benbarcar
36:23fils du disparu
36:25et porte-parole
36:25de la famille
36:26n'a jamais cessé
36:27de demander la vérité
36:28seul moyen
36:30selon lui
36:30de parvenir
36:31à tourner
36:32dignement
36:33la page
36:34dans l'affaire Benbarcar
36:36il y a un trou
36:37un trou dans le temps
36:38et dans les consciences
36:40il manque une nuit
36:41une nuit
36:42durant laquelle
36:43il s'est passé
36:43beaucoup d'événements
36:44une nuit quelque part
36:46entre Fontenay
36:47et Ormois
36:47que s'est-il donc passé
36:49en cette nuit
36:49du 29 octobre
36:50seuls les hommes
36:52en fuite le savent
36:53et même
36:54s'ils étaient arrêtés
36:55pourraient-ils parler ?
36:57La très belle voix
36:58et la très belle écriture
36:59aussi de Michel Leblanc
37:01journaliste sur RTL
37:02c'était le 8 septembre 66
37:05lors du procès
37:06Patrick Ramail
37:07vous êtes avec nous
37:08dans cette heure du crime
37:09vous avez été l'un des juges
37:10d'instruction
37:11de l'affaire Benbarcar
37:13c'est vrai que
37:14cette nuit
37:15c'est une espèce
37:15de trou noir
37:17la nuit de l'enlèvement
37:18de Benbarcar
37:19c'est un peu
37:20le triangle des Bermudes
37:21d'ailleurs
37:21on ne sait pas exactement
37:22ce qui s'est passé
37:23vous nous disiez tout à l'heure
37:24à propos du corps
37:25de Mehdi Benbarcar
37:27vous vous êtes persuadé
37:28qu'il est là-bas au Maroc
37:30qu'on a ramené
37:31en tout cas sa tête au Maroc
37:32c'est un peu
37:32comme ça
37:33sordide ce que je dis
37:34mais c'est peut-être la vérité
37:35On a des témoignages
37:38notamment d'un médecin
37:40un médecin personnel du roi
37:42qui donne à penser
37:43qu'effectivement
37:44dans la plus pure tradition
37:46à ramener la tête
37:47de son ennemi
37:48on a ramené la tête
37:49puis une tête
37:50ça voyage plus facilement
37:50qu'un corps quand même
37:53la tête est revenue
37:55au Maroc
37:55et serait enterré
37:56au PF3
37:57c'est-à-dire la prison
37:58masque prison
37:59secrète
38:00où étaient enterrés
38:01étaient détenus
38:02puis exécutés
38:03les opposants
38:03et où les trois truands
38:05parce que le quatrième
38:06est mort à l'hôpital
38:07les trois truands
38:08dont bouche sèche
38:09le nid du bail
38:10ont été
38:11d'abord détenus
38:13puis tués
38:14sont enterrés
38:15alors c'est un peu
38:17une ironie
38:18d'histoire
38:19si vraiment
38:20la tête se retrouve
38:21à côté de ceux
38:22qui l'ont tué
38:22voilà une réunion
38:25particulière
38:26Bachir Ben Barka
38:27vous êtes avec nous
38:28dans cette heure du crime
38:29le fils de Mehdi Ben Barka
38:30et encore merci
38:30d'avoir accepté
38:32notre invitation
38:33vous en famille
38:34je suppose que vous en avez
38:35longtemps parlé
38:36de ce qui a pu arriver
38:38à votre père
38:39vous avez vous une idée
38:41de
38:42où il pourrait être
38:43aujourd'hui
38:44est-ce que vous partagez
38:45ce que dit
38:45Patrick Ramaël
38:46oui en partie
38:47en grande partie
38:48oui c'est vrai
38:48que nous pendant longtemps
38:49on n'a jamais voulu
38:50se fixer
38:50sur une hypothèse
38:52il y a eu tellement
38:52d'hypothèses
38:53aussi horribles
38:54les autres
38:57mais
38:58il y a eu
38:59l'hypothèse
38:59qui est la plus plausible
39:02c'est que
39:03il y a eu
39:05mort
39:06assassinat
39:06quelques heures
39:07après l'enlèvement
39:08c'est pour ça
39:09qu'il y a eu panique
39:10qu'il y a eu
39:10panique
39:10qu'il y a eu
39:11appel
39:13à
39:13qui est venu
39:15qui ne devait pas
39:15venir en France
39:16etc etc
39:17et qu'une partie du corps
39:19que la tête
39:19aurait été ramenée au Maroc
39:20pour être montrée au roi
39:22et qu'elle serait enterrée
39:23au PF3
39:24c'est vrai qu'il y a
39:24des témoignages
39:25des témoignages
39:26je dirais
39:27indirects
39:28du fait
39:29que les trois truands
39:31étaient au PF3
39:32qu'ils ont été exécutés
39:33et enterrés
39:33et que c'est que eux
39:35qui auraient dit
39:35à ces témoins
39:36que la tête de Mehdi
39:37serait aussi
39:38alors
39:39ce qui
39:40ce qui nous confirme
39:42dans cette hypothèse
39:43c'est que
39:44malgré toutes les demandes
39:45qu'on a faites
39:46aussi bien
39:46à travers
39:47des juges
39:48à travers
39:48des commissions
39:49obligatoires
39:49qu'à travers
39:50des commissions
39:51vérités au Maroc
39:52aucune fouille
39:53n'a été faite
39:54au PF3
39:55donc les autorités
39:56marocaines refusent
39:56c'est secret
39:57ça a toujours été refusé
39:58voilà c'est secret
39:59les lieux sont sanctuarisés
40:00c'est à dire
40:01absolument
40:01c'est un îlot de verdure
40:03dans un endroit
40:04extrêmement construit
40:04qui est une espèce de
40:05neuilly
40:05de rabat
40:07et l'état
40:08est propriétaire
40:09de ce terrain
40:09s'est gardé
40:10on ne sait pas pourquoi
40:11il garde une prison
40:11pendant longtemps
40:12c'était une prison
40:12qui n'existait pas
40:13officiellement
40:14c'est une prison
40:15extrajudiciaire
40:16voilà
40:16seulement
40:18le fond du problème
40:19le fond du problème
40:20c'est qu'il y a
40:21beaucoup d'hypothèses
40:22il y a la justice
40:23qui suit toujours
40:25son cours
40:25seulement il y a
40:26blocage
40:26blocage
40:27au nom de la raison
40:27d'état
40:28il y a toujours
40:29ce blocage
40:2960 ans après
40:30aussi bien au Maroc
40:31qu'en France
40:32et c'est uniquement
40:33par cette volonté politique
40:35aussi bien en France
40:36qu'au Maroc
40:37par un déblocage politique
40:38qu'on pourra peut-être
40:39arriver un jour
40:40à connaître la vérité
40:41et qu'on puisse nous
40:42en tant que famille
40:43puisse faire
40:44notre deuil
40:45enfin votre deuil
40:47Patrick Ramel
40:48je termine avec vous
40:49cette émission
40:49il faut que le dossier
40:50reste ouvert
40:51que la justice continue
40:52d'avancer
40:52même si on est
40:5360 ans après
40:54bien sûr
40:55parce que
40:55par exemple
40:56Tounsi
40:57qui est celui
40:59qui a été condamné
40:59sous l'identité
41:00de l'arbi
41:03il est vivant
41:05et c'est le chef
41:06du commande opérationnel
41:07il est capable
41:07de raconter
41:07ce qu'il a fait
41:08donc effectivement
41:09c'est important
41:10qu'il y ait encore
41:11cette continuation
41:12de l'enquête
41:12et effectivement
41:13que la justice française
41:15continue à enquêter
41:15sur cette affaire
41:17merci beaucoup
41:17Patrick Ramel
41:18et Bachir Benbarca
41:20d'avoir été les invités
41:21de l'heure du crime
41:21merci à l'équipe
41:23de l'émission
41:23rédactrice en chef
41:24Justine Vignot
41:25préparation
41:25Marie Bossard
41:26Lili L'Abbaye
41:26réalisation en direct
41:28Jonathan Griveaux
41:29Merci à mes Tipeurs

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