00:007h45, notre invité Simon ce matin, c'est le patron du parti socialiste des Pyrénées-Orientales, il est aussi conseiller
00:06régional.
00:06Bonjour Julien Barayé, on va parler dans un instant des lycées, on parlera aussi de la primaire socialiste et démocratique.
00:12Mais d'abord, le prix du gasoil. Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce hier soir une baisse du prix du
00:17gasoil,
00:18moins 12 à moins 18 centimes par litre d'ici la fin du mois.
00:21Le gouvernement va pour ça piocher dans les réserves stratégiques, c'est une bonne idée ?
00:25Je dirais enfin, enfin on fait quelque chose, ça fait des mois et des mois que les Français souffrent et
00:30se retrouvent à payer le gasoil extrêmement cher.
00:32Déjà avec des difficultés de pouvoir d'achat déjà antérieures, on les aggrave.
00:36Et là enfin, tout d'un coup ça bouge.
00:39Alors vous allez peut-être y voir un peu de malice, mais c'est quand même bizarre que tout d
00:42'un coup il y ait quelque chose qui bouge
00:43au moment où il y a une crise lycéenne qui s'est créée depuis quelques jours.
00:48C'est-à-dire qu'on calme un temps, en tout cas on essaie de calmer la crise du pouvoir
00:51d'achat pour les carburants, pour éviter une convergence des luttes, c'est ça ?
00:55Oui, on essaie de détourner le regard, mais dans tout ça, moi je trouve ce qui est scandaleux dans cette
00:59histoire, c'est surtout le manque d'anticipation.
01:01Gouverner, c'est anticiper, c'est trouver des solutions.
01:04On voit qu'il y a des crises un petit peu partout.
01:06On joue la montre, on estime que parce qu'il y a une élection présidentielle l'année prochaine, il faut
01:11attendre les 6-7 mois pour trouver des solutions.
01:13Sauf que les gens aujourd'hui souffrent.
01:15Il faut trouver des vraies solutions.
01:16Mais ici on a, les caisses sont vides, les caisses de l'État, elles sont vides, le gouvernement le répète.
01:21Ah mais alors, si elles sont vides aujourd'hui, elles seront vides aussi dans 7 mois, ça veut dire qu
01:24'on explique à la population qu'il n'y a aucune solution.
01:26Or, il y a des solutions.
01:28Simplement, il y a un moment donné, il faut sortir du dogme.
01:30Pour sortir du dogme, il faut trouver des nouveaux moyens.
01:32Trouver des moyens, c'est-à-dire aller chercher quelque part des moyens là où ils sont.
01:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des multinationales qui font des super profits, il faut aller chercher
01:41de l'argent là.
01:42Il y a des niches fiscales aussi à aller raboter.
01:44Il faut trouver tout un tas de solutions, en tout cas pour aller chercher de l'argent,
01:47pour faire en sorte de pouvoir trouver des solutions pour augmenter les salaires.
01:51Et franchement, ce qui est scandaleux dans ce budget, c'est surtout quand même,
01:54on explique que ce n'est pas possible d'aller chercher de l'argent chez les personnes qui en ont.
01:58Mais par contre, aller racler 20-30 euros auprès des retraités qui touchent 1 200 euros par mois, ça ne
02:03pose aucun problème.
02:04Donc franchement, je crois qu'on n'est pas au niveau.
02:07Concernant le mouvement des lycées, le Premier ministre a expliqué hier que plusieurs chantiers étaient ouverts,
02:11que notamment sur les absences des profs n'ont remplacé, sur l'état des bâtiments, est-ce qu'il vous
02:15a convaincu ?
02:16Non, non il ne m'a pas convaincu.
02:17Et puis je crois que c'est un sujet où il faut peut-être aller un petit peu plus loin.
02:21Quand on parle de l'absence des profs, l'absence des profs, on revient un petit peu en arrière, en
02:252005.
02:26Vous êtes vous-même enseignant, prof au collège de Tuir, donc c'est peut-être un sujet qui vous tient
02:29à cœur.
02:29Tout à fait.
02:302005, la loi d'orientation de l'avenir de l'école.
02:32D'ailleurs, on voit où est-ce qu'elle nous a mené, la loi Fillon.
02:34À ce moment-là, c'est le moment où on estime que les rectorats n'ont plus à s'occuper
02:39des absences de moins de 15 jours des enseignants.
02:42Ce qui veut dire qu'à partir de ce moment-là, on demande aux établissements de se débrouiller tout seul,
02:46avec les enseignants présents dans les établissements, qui ont eux-mêmes des emplois du temps,
02:50et qui ne peuvent forcément pas être disponibles tout le temps pour pouvoir remplacer.
02:53Or ça, véritablement, je pense que c'est le début des problèmes.
02:57Et aujourd'hui, on arrive au bout.
02:58Et arriver au bout, quand on parle de 15 jours, ça veut dire quoi ?
03:01Ça veut dire que quand un enseignant est absent 15 jours, il a un arrêt maladie de 15 jours,
03:04on le remplace pas.
03:06S'il veut avoir son médecin et qu'il a un prolongement, parce que finalement, sa maladie dure,
03:10on le remplace pas de nouveau.
03:12Et c'est ce qui explique qu'aujourd'hui, on peut avoir des professeurs qui ne sont pas remplacés pendant
03:15plusieurs mois.
03:16Pour être clair ce matin, vous dites à tous les lycéens, tous les étudiants de Perpignan,
03:20continuez à les manifester, ne lâchez rien.
03:22Moi, je pense qu'il faut continuer à manifester.
03:24Alors bien sûr, sans violence, pour faire en sorte que le mouvement puisse avoir une émergence à la fin d
03:31'une solution,
03:31il faut que vraiment les choses soient faites correctement.
03:34Mais je crois que oui, il y a un vrai sujet, il y a un vrai sujet sur l'en
03:37-sens des professeurs,
03:38qu'il faut arriver à trouver...
03:40Un autre sujet, c'est l'état des lycées, justement, les bâtiments.
03:43Et ça, c'est de la responsabilité de la région.
03:45On l'a dit, vous êtes élu à la région Occitanie.
03:48Est-ce que ça veut dire que vous avez mal travaillé ?
03:50Non, absolument pas.
03:53Sur la région, on est une des régions qui a investi le plus au niveau des lycées sur la restauration
04:01de certains lycées,
04:02ou la construction de nouveaux lycées.
04:04Maintenant, aujourd'hui, on fait face à ce qu'on appelle le réchauffement climatique.
04:08On s'en est aperçu, ça fait des années qu'on l'explique,
04:10mais tout d'un coup, l'État découvre que quand il y a des canicules,
04:14ça devient totalement impossible pour travailler dans les lycées.
04:16Et la région aussi le découvre, parce qu'il n'y a pas grand-chose de fait dans les lycées
04:18?
04:18Alors, la région ne le découvre pas.
04:20La région a isolé tout un tas d'établissements,
04:22a fait en sorte de mettre tout un tas de choses en route.
04:25Simplement, le problème aujourd'hui, il est simple.
04:27C'est que si on veut pouvoir faire en sorte que les établissements,
04:30que ce soit d'ailleurs les lycées, les collèges ou les écoles,
04:33soient prêts pour l'année prochaine pour de nouvelles canicules,
04:36il n'y a pas d'autre solution que l'État donne des dotations supplémentaires
04:40aux régions et aux collectivités, plutôt que les raboter.
04:43Et c'est là où il y a quelque chose qui ne va pas.
04:45C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on devrait avoir un grand plan au niveau national
04:48pour faire en sorte d'isoler les bâtiments qui ne le sont pas,
04:51ou de mettre en place des systèmes de rafraîchissement en fonction.
04:54Mais en tout cas, il faut trouver des solutions.
04:56Pour la région, aujourd'hui, avec les moyens qu'a la région,
04:59ce que nous avons mis en place, c'est ce qu'on a en fait demandé
05:03à l'ensemble des chefs d'établissement des lycées,
05:06de nous répertorier les urgences pour faire en sorte que la région,
05:10dans les semaines et les mois à venir, intervienne sur les établissements
05:13où il y a le plus de difficultés.
05:14Julien Barrier, il nous reste deux minutes pour parler de la primaire
05:16de la gauche socialiste et démocratique.
05:17C'est pour désigner votre candidat à l'élection présidentielle.
05:20Premier tour, demain et samedi, cinq candidats.
05:23Ségolène Royal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Gage, Emmanuel Morel.
05:27Vous, premier secrétaire du PS dans les PO, vous allez voter pour qui ?
05:30Alors moi, je soutiens Raphaël Glucksmann pour une raison très très simple,
05:33c'est que j'estime que sur l'offre qu'on a aujourd'hui à la primaire,
05:37finalement, il y a un choix qui se fait entre soit on a une ligne claire
05:41qui est une ligne séparée de celle de Jean-Luc Mélenchon, ou pas.
05:44Moi, personnellement, j'estime qu'on doit offrir aux Français
05:47une autre ligne possible à gauche que celle de Jean-Luc Mélenchon.
05:50La gauche peut gagner sans Jean-Luc Mélenchon ?
05:52Je pense qu'elle peut gagner, bien sûr qu'elle peut gagner.
05:55Simplement, c'est un choix politique, c'est un choix des Français.
05:57Et à un moment donné, il me semble qu'il faut absolument, en tout cas,
06:01mettre en place quelque chose pour avoir des solutions pour les Français.
06:04Et l'espoir, il peut venir de cette gauche et pas forcément de celle de Mélenchon.
06:08Pour voter à cette primaire, il faut être inscrit, il faut avoir payé aussi 15 euros.
06:12C'est quand même pas donné une primaire des gens de gauche aisés seulement.
06:16Vous allez vous couper, peut-être avec ces 15 euros, la base de l'électorat populaire, non ?
06:21Une fois de plus ?
06:22Vous savez, je crois que je ne vais apprendre rien à personne
06:25en disant que je n'ai jamais été trop en accord avec la direction nationale du parti au niveau national.
06:29C'est pour ça que vous ne votez pas pour Olivier Faure demain ?
06:31Tout à fait. Et je crois qu'effectivement, la mise en place, en tout cas, de ces 15 euros,
06:36peut-être on aurait pu essayer de trouver une solution.
06:37Combien de votants dans les Pyrénées-Orientales ? Combien d'inscrits ?
06:39Alors, on n'a pas, en fait, parce que l'organisation mise en place par Olivier Faure ne le permet
06:43pas.
06:43On sait simplement qu'on a plus de 140 000 votants.
06:46Au niveau national.
06:46C'est demain et c'est samedi le premier tour.
06:49Merci beaucoup Julien Barayé, responsable du parti socialiste dans les Pyrénées-Orientales.
06:54Merci d'être passé par ici.