00:00Notre nouvelle invitée, mon cher Simon Colbock, elle est sénatrice, membre du parti Les Républicains
00:06et elle est aussi nouvelle conseillère municipale d'opposition à Perpignan.
00:09Bonjour Lauriane Josande.
00:10Bonjour.
00:11Dans le département, c'est la droite qui dirige toujours le plus de communes,
00:14mais la droite, paradoxalement, apparaît comme la perdante d'hier soir.
00:18Prades, la ville de Jean Castex bascule à gauche, Rivezalt tombe aux mains du Rassemblement National.
00:23Ça a été une mauvaise soirée pour la droite dans les PO ?
00:25Non, pas du tout. D'abord, ce sont des résultats qu'il faut cumuler avec ceux du premier tour
00:28et de manière générale, nous maintenons quand même nos positions.
00:32Ça suffit à votre bonheur ?
00:34Il y a des déceptions. Je ne vais pas vous dire que tout va bien et qu'on nous sommes
00:38ravis de ces résultats.
00:40Mais nous ne pouvons pas dire aujourd'hui que nous sommes en situation de défaite.
00:46À Rivezalt, Julien Potel, le candidat RN, l'emporte donc assez facilement hier soir.
00:50Le RN qui était soutenu par le maire sortant André Bascou, 42 ans de mandat,
00:54ancien membre du RPR, de l'UMP, une figure de la droite dans le pays catalan.
00:59Qu'est-ce qui lui a pris à André Bascou de soutenir le candidat du Rassemblement National ?
01:04Vous savez, le résultat de ces élections municipales, comme dans d'autres départements,
01:09c'est aussi la résultante d'histoires personnelles, de conflits.
01:15Et aujourd'hui, malheureusement, la discipline de parti n'est plus aussi rigoureuse et solide qu'elle l'était.
01:27Et donc, quand des gens, selon les colistiers ou la composition de la liste ouvrent...
01:35C'était juste une histoire de personne ?
01:36Pour beaucoup, oui. Vous parlez de Rivezalt, il y a d'autres exemples, mais oui.
01:42Vous passez pour quelqu'un qui dit les choses, Lauriane Jovande.
01:45Il a déconné, André Bascou ?
01:48André Bascou s'est trouvé dans la situation où il a souhaité empêcher une certaine liste
01:57et certains colistiers de cette liste...
01:59Ses anciens adjoints de devenu...
02:00Tout à fait, d'être élu. Voilà. C'est comme ça.
02:02Mais vous répondez pas à ma question ?
02:04La politique, c'est de l'humain, essentiellement.
02:06C'était une erreur ou pas ?
02:07De sa part ?
02:08Oui.
02:09Je pense que c'était malvenu.
02:11Le prochain vote, évidemment, ce sont ceux dans les communautés de communes.
02:14A Perpignan, Louis Alliot revendique l'agglo.
02:16Il l'a encore redit il y a une heure sur ICI Roussillon.
02:19Il faut la lui laisser, l'agglo. Il l'a mérité.
02:22Écoutez, l'intercommunalité, c'est autre chose.
02:25On est sur une élection qui est beaucoup moins politique.
02:28Les comptes vont se faire.
02:31À l'heure actuelle, je crois que Robert Villa est toujours candidat à sa réélection.
02:37Donc, nous allons voir. Les discussions vont commencer.
02:39Vous voterez pour Robert Villa, vous aussi qui êtes élu au conseil d'agglo, dans l'opposition municipale à Perpignan.
02:45Vous soutiendrez Robert Villa ?
02:47Moi, je soutiendrai Robert Villa, s'il est candidat, bien sûr.
02:49Parce qu'il y a un de vos mentors, notamment François Calvé, ancien député, ancien sénateur, avant vous, ancien maire
02:56du Soleil,
02:57qui, la semaine dernière, se disait, ici même, dans ce studio, ouvert à la discussion avec Louis Alliot.
03:02Il expliquait que le maire de Perpignan était maintenant en position de force, élu dès le premier tour,
03:06victoire du RN à Canoës et Rivezalte, et qu'il fallait entendre aussi l'appel de ses électeurs.
03:09Qu'est-ce que vous dites à François Calvé ? Qu'il se trompe, là aussi ?
03:12Je dis à François Calvé qu'il a une analyse qui, de toute façon, est très pragmatique,
03:18à savoir que, puisqu'à l'heure actuelle, encore une fois, nous ne savons pas ce qu'il en est,
03:23si tout le monde se met d'accord pour un pacte de gouvernance, qu'est-ce que vous allez faire
03:29?
03:29Jouer les euros, les vats en guerre contre Louis Alliot, si les choses sont actées,
03:34comme elles ont pu l'être dans le passé à Béziers, à ce moment-là, il faudra construire quelque chose,
03:38et essayer de compter, et essayer surtout de défendre une logique économique
03:43qui sera différente de celle, peut-être, que nous aurions défendue en d'autres termes.
03:50Vous parlez de logique, ce ne serait pas logique que le maire de la ville-centre
03:52soit aussi le président de l'agglomération ? Ce n'est pas aussi simple que ça, finalement ?
03:56C'est évidemment dans la logique territoriale,
04:01et on ne peut pas dire que, de toute façon, la ville-centre n'a pas sa place,
04:06c'est le vaisseau amiral Perpignan.
04:07Donc, la ville de Perpignan a toute sa place dans la communauté urbaine.
04:09Ce n'est pas logique, forcément, politiquement et électoralement,
04:13puisqu'on l'a vu en 2020, il peut se passer autre chose.
04:16Et donc, nous verrons.
04:19Louis Alliot, qui était officiellement réélu maire, c'était vendredi,
04:22il y a trois jours, premier conseil municipal après élection.
04:26Dans la majorité de Louis Alliot, on le sait, il y a d'anciens membres
04:28de votre famille politique, les anciens adjoints de Jean-Marc Pujol,
04:31le maire précédent.
04:33Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous les avez vus ?
04:35Les Chantal Brusy, les Pierre Parra, tout sourire aux côtés de Louis Alliot,
04:38à l'hôtel de ville, vendredi.
04:41Sincèrement, concernant Pierre Parra et Chantal Brusy,
04:43c'était tout sauf une surprise.
04:45On savait déjà, depuis 2020 et les élections précédentes,
04:49qu'il serait très certainement de la prochaine majorité
04:55ou du groupe de la liste présenté par Louis Alliot.
04:58Donc, ce n'a été qu'une confirmation.
05:01C'est une clarification, c'est tout.
05:02Mais ce n'est pas une clarification.
05:04Les LR s'unissent avec l'RN.
05:06Je vous rappelle quand même qu'il n'y a pas d'union des appareils.
05:10Il n'y a pas eu d'accord d'appareil.
05:11Il y a des transfuges, il y a des personnes qui souhaitent être élues
05:15et qui rejoignent une liste.
05:17Dans la plupart des communes, les listes sont plurielles.
05:19Il y a des gens de gauche qui se mettent avec des gens de droite.
05:21Il y a des gens du RN qui se mettent avec des gens des LR, etc.
05:24Donc, pour parler franchement, ils ont été à la gamelle, c'est ça en fait ?
05:27Vous voulez me faire dire ça ?
05:28Je ne veux rien vous faire dire, je vous pose des questions.
05:32Je vous dis, ce sont des personnes qui souhaitaient être élues.
05:36Certains peut-être considèrent que c'est pour les indemnités.
05:39D'autres considèrent que c'est pour le mandat
05:40et la possibilité d'exercer un mandat et de continuer à servir une collectivité.
05:43Très rapidement, vous, votre rôle à la mairie de Perpignan,
05:45vous êtes donc conseillère municipale d'opposition.
05:47En plus de votre mandat de sénatrice,
05:51vous serez dans l'opposition, vous serez présente à Perpignan.
05:54Moi, je serai présente à Perpignan.
05:55Je vais siéger dans un groupe, si nous arrivons à constituer un groupe,
05:58puisque nous ne sommes que quatre.
06:00Notre existence, c'est une existence propre.
06:03À côté de nous, nous n'avons dans l'opposition
06:06que des élus de gauche et d'une certaine gauche
06:09avec laquelle nous ne pouvons pas nous unir.
06:15Moi, je suis clairement de droite.
06:16Ça n'a échappé à personne.
06:18Et donc, je continuerai de défendre cette ligne de droite,
06:21y compris à Perpignan, dans l'opposition,
06:22puisque le Rassemblement National a choisi,
06:26enfin, Louis Alliot, de faire une liste plurielle.
06:28Nous, nous avons défendu notre ligne.
06:30Dernière chose, on entend beaucoup depuis hier soir
06:32les membres du Rassemblement National tirés à boulet rouge
06:35sur le Parti des Républicains,
06:37notamment avec le maintien du candidat de droite à Nîmes
06:41qui a permis l'élection d'un candidat communiste
06:43dans la ville de Nîmes.
06:45Les membres du ARN expliquent que LR ne sait plus où ils habitent.
06:51C'est compliqué aujourd'hui d'être LR, on a le sentiment.
06:54Quand votre propre président de parti, Bruno Rotaillot,
06:56ne fait pas le choix, à Nice par exemple,
06:59entre Christian Estrosi et Éric Ciotti,
07:01on a du mal vraiment à comprendre où sont les LR ce matin.
07:04Est-ce que vous pouvez nous éclairer ?
07:05Écoutez, très sincèrement, la situation est compliquée.
07:09Notre espace se réduit.
07:11Nous avons aujourd'hui une ligne à défendre
07:17qui est essentiellement une ligne d'un point de vue économique
07:20très différente du Rassemblement National.
07:23Et donc, c'est ça qu'il faut marteler
07:24parce que sur le régalien, sur la sécurité,
07:26sur les sujets, y compris des valeurs sociétales...
07:30Mais ce message, il passe sur l'économie ?
07:32Sur l'économie, ce message...
07:34Vous dites qu'il faut le marteler, mais...
07:35Parce que nous étions sur des élections locales.
07:38Et ce n'est pas qu'il n'y a pas d'économie dans les élections locales.
07:41C'est d'ailleurs pour ça que je défendrai,
07:43je soutiendrai le candidat qui aura une vraie vision
07:45pour l'économie de ce territoire à la communauté urbaine.
07:48Mais, quoi qu'il en soit, au niveau national,
07:51le match va démarrer.
07:53C'est-à-dire que c'est maintenant que ça va commencer.
07:55Il va y avoir 2027 et la prochaine échéance électorale.
07:59Et là, on va parler d'économie.
08:00Il le faut, c'est nécessaire,
08:01parce que les Français l'ont oublié.
08:02Ils nous reprochent d'avoir eu une séquence budgétaire dramatique.
08:06Et en même temps, on oublie de parler d'économie.
08:09Donc, il va falloir impérativement remettre ce sujet
08:11au centre des préoccupations et du débat électoral.
08:13Merci beaucoup, Lauriane Josande,
08:14sénatrice LR des Pyrénées-Orientales
08:16et conseillère municipale d'opposition à Perpignan.
08:18Bonne journée à vous.
08:19Merci à vous.
08:19Et on va continuer le débat.
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