00:00Le dancehall, c'est vulgaire.
00:02Ce jugement aussi a une histoire.
00:04Direction la Jamaïque dans les quartiers populaires de Kingston.
00:08Dans les années 1950, les sound systems font vivre une culture de fête.
00:13On parle de sonos, on parle de disques, on parle de rassemblements où l'on danse.
00:18A la fin des années 70, le dancehall se développe comme genre musical
00:22dans un pays traversé par de fortes tensions politiques.
00:25Et cette histoire se construit aussi avec les danseurs.
00:28Ils inventent des pas, les partages, font des soirées, des lieux de création.
00:33Bogle, par exemple, de son vrai nom, Gerald Levy, devient l'une des figures majeures de cette culture.
00:37Derrière les mouvements qu'on copie, il y a des personnes, des quartiers, il y a même aussi des savoir
00:42-faire.
00:42Alors pourquoi les réduire à une étiquette de vulgarité?
00:46Une Jamaïcaine chercheuse appelée Caroline Cooper a étudié ce dénigrement des expressions populaires.
00:51Ses travaux montrent comment, notamment, les jugements sur la langue, les corps ou la sexualité
00:56sont liés à des rapports de classe, de genre et de racisme.
00:59Il nous invite à poser une question.
01:02Qui a le pouvoir de décider de ce qui est respectable?
01:05Quand on résume, le dancehall a quelques mouvements de pieds, de bassins.
01:09On efface toute une histoire.
01:10Celle des artistes qui créent, de communautés qui se retrouvent et d'une ville qui s'exprime aussi par la
01:15danse.
01:16S'intéresser au geste, c'est donc aussi s'intéresser aux personnes qui la transmettent, vous comprenez?
01:20Ou plutôt, qui les transmettent?
01:21Du 28 au 31 octobre 2026, donc dans quelques jours, le festival Thier Danse le Monde propose justement des cours
01:28de dancehall pour adultes au palais omnisport de Thier.
01:31Les informations sont en légende.
01:32Et pour vous, qu'est-ce qui rend une danse respectable?