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  • il y a 11 heures
À tout seigneur tout honneur, comme dit le dicton. Et le seigneur du jour, ce mardi, c’était notre champion du monde en titre, Joan-Benjamin Gaba. Malgré sa blessure de juin, il avait tenu à être là ce mardi matin, honorant son dossard rouge, pour faire face malgré une préparation plus que tronquée. Son parcours, comme ceux de Sarah-Léonie Cysique et de Dayyan Boulemtafes, les deux autres représentants tricolores du jour, sont à revivre dans ce troisième épisode des Dessous de Bakou, la nouvelle série du podcast Hajime de L’Esprit du Judo.

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Sport
Transcription
00:09A tout seigneur, tout honneur, comme dit le dicton et le seigneur du jour ce mardi,
00:13c'était notre champion du monde en titre. Johan Benjamin Gabba, l'homme qui avait dû
00:18faire ses preuves fin 2023 au championnat de France, concluait en 2025 la plus belle période
00:23de sa vie, deux médailles continentales, deux finales olympiques dont une gagnée par équipe,
00:28par un titre mondial grandiose. Mal classé au grand je-tème de Paris 2026, puis battu
00:33pour le bronze du championnat d'Europe par son camarade de club Diane Boulême-Tafès,
00:38un garçon dont il faudra reparler, et enfin blessé. Il faut parfois payer le prix des réussites
00:43trop brillantes. Mais il était là ce mardi matin, honorant son dossard rouge pour faire face
00:48et malheureusement d'entrer à un adversaire qui semblait taillé pour révéler les fragilités
00:53cachées. Le bulgare Victor Skerleff, 20 ans et 20ème mondial, encore capable de tirer
00:58sur la corde, de perdre tout le poids nécessaire pour faire entrer ses deux bonnes têtes de
01:02plus dans la catégorie visage long et muscle sec. Et Johan Benjamin les révéla bien vite
01:08ses fragilités, sans impact et sans jus, vite essoré par l'épreuve, un peu perdu dans les
01:14grands bras de ce bulgare aux grandes jambes, mais qui n'arrivait pas non plus à conclure. Il ne put
01:18assuré que sur le plan du courage, son socle de base. Et sur ce plan-là, il est inépuisable.
01:24Il durait donc ce combat, impossible à gagner, mais que notre français ne voulait pas perdre,
01:28devant la cohorte des supporters présents, qui ne pouvaient pas faire autrement que d'espérer.
01:32À 11 minutes de calvaire, il tâchait encore une fois de s'enrouler en séoinagué, en mode
01:37automatique, et le bulgare étouffant l'entravait, arrêtait le mouvement à mi-chemin, plaquant vaguement
01:42le champion du monde au sol. Rien de clair, sinon pour le corps arbitral qui voyait un
01:46luco dans ce fouillis. Il fallait que ça cesse. Johan Benjamin Gabba n'avait pas vraiment
01:51pu préparer son championnat, mais les quelques mots qu'il avait à dire à la presse, au
01:54public, il les avait bien en tête. Ils sont sortis tout seuls, sans même qu'une question
01:59lui soit posée.
02:00Je vais reprendre des paroles d'une vidéo que j'ai vue ce matin, de Dembélé. Il lui a
02:06posé la question, qu'est-ce qui a changé depuis que tes ballons d'or ? Il a répondu
02:08rien, à part que je suis plus critiqué. Je vais dire la même chose aujourd'hui. Et je tiens
02:14à rappeler que je suis un humain. Il y a des hauts, il y a des bas. J'ai fait
02:19championne
02:19du monde l'année dernière. Et je sais qu'on attend de moi que je sois présent sur tous
02:24les événements. Mais je suis un humain. Aujourd'hui, les 6 combats pour gagner le titre,
02:29je ne les avais pas. Je ne les avais pas dans le coffre. Je reviens de blessure. Une longue
02:33convalescence de 3 mois sans judo. Je ne me trouve pas d'excuses. Aujourd'hui, je suis arrivé,
02:39je n'avais pas la forme qu'il fallait. Ça n'empêche que je me suis entraîné comme un malade.
02:43Mais il n'y a rien qui remplace le judo, les stages à l'étranger, l'intensité
02:49qu'on met. Cette intensité, je n'ai pas pu la mettre à cause de la blessure. Ce n'est
02:53pas une excuse. Aujourd'hui, je dois donner plus. Je peux gagner le combat, même en l'arranchant
02:59de manière dégueulasse, on va dire. Je peux le gagner, je pense, dans d'autres plans de
03:06match, etc. Il y a des choses que j'ai mal faites sur le plan de match, sur le judo.
03:11Maintenant,
03:12moi, j'étais venu pour gagner les championnats du monde. Les championnats du monde au titre
03:16et quand sur le premier match, je me rends compte à mon état de forme que ça va être compliqué
03:20d'aller chercher le titre. Je laisse imaginer aux gens qui peuvent se mettre à ma place
03:26que c'est compliqué d'aller chercher la détermination que j'ai d'habitude sur le combat. Sachant
03:31que je m'imagine que si le combat, je ne les ai pas dans le ventre.
03:35On m'avait des conseils de faire, mais ils m'ont accompagné. J'ai fait le choix de venir
03:40quand même, de défendre mon titre. Ce que je leur ai dit, c'est que si je ne suis pas
03:45là, c'est sûr que je perdrai mon titre. Mais si je m'aligne, au moins, il y a des
03:49chances
03:50que je le garde. Tant que je suis là, c'est possible. C'est ce que j'ai dit. Aujourd
03:53'hui,
03:53j'étais là. Ça n'a pas été possible. C'est la vie. Il y a pire dans la vie.
03:57C'est
03:57du sport. Il y a des défaites. Il y a des victoires. Les victoires, elles sont belles.
04:02Elles sont belles parce que les défaites, elles font mal. Aujourd'hui, ça fait mal. Mais
04:06comme mon coach a dit, il vient de me dire, tant que tu n'es pas mort, tu es vivant.
04:12Je suis vivant, c'est le principal. Je peux toujours me relever et revenir. Et quand je
04:17reviendrai fort, on aura tous oublié cette mauvaise phase.
04:20Ludovic Delacote n'avait rien de plus à dire, sinon qu'il était au soutien.
04:23Dans cette tentative, comme tous les judocats français.
04:26À partir du moment où il tranchait, on se devait de l'accompagner. Et parce qu'on
04:29a une confiance absolue en lui et en les athlètes que l'on sélectionne. Donc il n'était
04:34aucunement question qu'il ne fasse pas. Maintenant, on a vu les limites du jour.
04:40Il est champion du monde. Ça, on ne lui retirera pas. Le dossard rouge, oui. Mais le cadre,
04:44non. Il est champion du monde. Il reste deux championnats du monde et des Jeux Olympiques.
04:50Alors il faudra se qualifier. Il faudra être le meilleur français. Et puis il faudra
04:53aller rechercher des titres. Voilà. C'est tout simplement. Après, ce qui est nécessaire,
04:57c'est d'analyser le pourquoi du comment. Est-ce que c'est uniquement la période de
05:03non-activité judo ? Je parle bien de non-activité judo parce qu'il y a eu un excellent travail
05:07de fait par le médical et en préparation physique et en accompagnement individuel.
05:11parce qu'une partie est partie au Kazakhstan. Stéphane Fremont est resté avec lui à l'INSEP. On a vraiment
05:18essayé de cibler au plus près et de façon la plus pertinente possible par rapport à l'échéance et surtout
05:27les
05:27problématiques de chacun. Donc voilà, on en arrive sur un championnat quelque peu compliqué, certes. Et puis surtout,
05:34une journée pour Johan, pas à la hauteur de ses espérances, quand bien même c'est un garçon intelligent.
05:39J'imagine que vous n'en doutez pas et qu'il s'est très rapidement rendu compte que c'était
05:46pas le Johan de d'habitude.
05:47Il y avait une stratégie initialement qui était posée, qui était effectivement d'annihiler tout ce côté droit.
05:52Donc ça partait du bras, mais aussi du travail d'action sur jambe droite. Vous avez remarqué qu'il a
05:58jamais travaillé sur le bras et qu'il a quasiment pas utilisé sa jambe gauche.
06:03Partant de là, il se mettait en difficulté parce qu'il se présentait en gaucher, main revers, alors qu'il
06:09aurait dû plutôt être en droitier avec revers opposé pour prendre manche.
06:12Pour ensuite venir travailler sur cette jambe et créer des espaces justement pour éventuellement se serrer. Pourquoi pas ?
06:18Voilà, je pense que rapidement, il a commencé à gamberger là-haut, à perdre un peu de lucidité. Et puis,
06:26vous savez ce que c'est, quand on commence à plonger,
06:29au fur et à mesure, la lucidité, elle s'éloigne de plus en plus. Et puis, je pense qu'à
06:33un moment, il a dû voir un voile blanc, tout simplement.
06:36La journée était décidément au drame. On l'attendait comme l'une de nos plus sûres chances de médaille et
06:41Sarah Leonisizik se montrait au rendez-vous en moins de 57 kg.
06:45Une solide finlandaise pour débuter qu'elle contrait habilement pour un oisari qu'elle complétait d'un sassaillé désinvolte à
06:51la dernière seconde du combat à sa façon.
06:53Un test beaucoup plus sérieux ensuite avec la très envahissante et puissante Turkmen Meisa Bardayeva.
06:59Le prototype du combat piège, une combattante de 21 ans encore loin du top 10 mondial, mais invaincue contre les
07:06meilleures sur toute l'année 2026,
07:08hormis la japonaise Omori et la championne du monde Hippartigliani, les références de la catégorie.
07:12Mais Sarah Leonis fait partie de cette élite. Elle se protégeait bien du bras fort Turkmen et restait vigilante à
07:19ses vifs Seohinagi en contre de chaque attaque adverse.
07:22Sur l'un d'eux, la française se décalait et poussait tranquillement par Dajeva sur le dos.
07:26La montée en gamme se poursuivait par un quart anxiogène contre une combattante du top 10 qu'elle connaît bien
07:31pour l'avoir affrontée à 9 reprises,
07:33souvent battue, notamment en quart du championnat du monde 2025 et pour le bronze des derniers championnats d'Europe,
07:39mais qui l'avait aussi déjà écartée de deux championnats d'Europe et contre laquelle il lui faut souvent batailler
07:44très durement, la serbe Marika Peridzic.
07:46Rien de tel cette fois. Bien posée et calme, elle fixait la rebelle bien comme il faut et la missifiait
07:52sur un aérien arégoshi avec une belle préparation en contact de la première jambe.
07:56Du grand art. Elle était en demi-finale de son cinquième championnat du monde senior et pour la seconde fois
08:01seulement.
08:02C'était l'année dernière et déjà contre une japonaise.
08:05Les choses vraiment sérieuses débutaient là. Momo Tamaoki était parvenu en 2025 à la repousser vers la petite finale.
08:12Cette fois, ce n'était pas elle, mais celle qui l'avait battue en quart, Akari Omori, la seconde qualifiée
08:17pour le Japon, la fille qui monte et qui inquiète.
08:20Cette finaliste du championnat du monde junior 2022 avait su s'exfiltrer de la nasse des potentiels,
08:26derrière Haruka Funakubo, médaillée olympique, et Momo Tamaoki, vice-championne du monde 2025, en gagnant notamment le grand chelem de
08:34Tokyo en décembre.
08:35Une seule défaite en 2026 contre Sarah Leonisizik en finale du grand chelem de Paris.
08:40Elle avait été sélectionnée dans le sillage de la trentenaire Tamaoki pour une explication directe,
08:45comme le Japon aime en organiser sur les championnats du monde intermédiaires.
08:48C'est l'aîné qui avait allumé la première mèche en Tani Otoshi avant de se faire reprendre par la
08:53cadette exactement sur le même geste.
08:55Wazahari contre Yuko, Akari, Omori étaient passés et sur la bonne voie.
09:00Le choc avec la française allait être court, terrible et décisif.
09:04C'est la première séquence. Elle va durer 19 secondes et se terminer par un hippon sur Haragoshi,
09:10si brutal que la victime finira sa journée à l'hôpital pour examen complémentaire.
09:15Un Haragoshi subtil mais délétère comme un sortilège maléfique et violent.
09:19Bras droit tendu au revers, Omori bloque l'épaule gauche du côté du bras fort de Sizik,
09:24qui est parvenu de son côté à prendre la manche gauche qu'elle veut contrôler.
09:27La japonaise recule pas à pas comme sous la pression du kumikata qui s'installe.
09:32Elle tire son coude vers elle sans tenir la manche comme pour résister à la saisie.
09:36Sur sa saisie à elle, Sizik avance sans méfiance, bras tendus pour garder la manche en main.
09:41Sur la chaise, la coach Jane Bridge voit les signes, ouvre la bouche pour prévenir du piège mais c'est
09:46déjà trop tard.
09:47Du pied droit, Omori simule un Kosotogari de prestidigitateurs
09:51tout en refermant soudain sa main sur le bras de la française qu'elle plaque contre son flanc.
09:56Elle a tourné les hanches et placé parfaitement la jambe de fauchage.
10:00Sarah Léonie Sizik s'élève dans les airs, retombe sur la tête, la nuque en porte à faux tellement le
10:05mouvement était haut et puissant.
10:07Elle se cabre au sol, ne bouge plus, sera évacuée.
10:10Plus de peur que de vrai mal finalement sinon 48 heures d'observation tout de même.
10:14Le judo, même quand c'est très beau, ça peut faire mal.
10:16Du drame, on vous dit.
10:19Forfait en sortant en civière de cette demi-finale guerrière, Sarah Léonie Sizik ne pouvait défendre ses chances pour le
10:24bronze.
10:25Ce n'est pas faire injure à la croate Anna Victoria Pulgiz qui se retrouvait là à l'attendre
10:29et qu'elle avait facilement dominé en tour de chauve des championnats du monde 2025
10:33que de considérer que la médaille était à portée de main de la française.
10:36Même battue par cette japonaise, Sarah Léonie aurait dû ramener de ce championnat 2026 sa deuxième médaille mondiale en deux
10:44ans.
10:44Ironie du destin, qui aime parfois enfoncer le clou, Marika Peridzic, si facilement dominée au tour précédent par Sizik,
10:51allait se frayer, elle aussi, un chemin vers l'autre médaille de bronze.
10:55La plus déçue peut-être, Jane Bridge, coach impuissante sur la chaise pendant l'action fatidique.
11:00L'échauffement, je la trouvais un peu lourde, pas très précise, un peu précipitée, surtout au début d'échauffement ce
11:11matin.
11:12Vers la fin, c'était mieux. Donc, elle prend la finlandaise en premier combat.
11:20C'est une gauchière qui est physique, qui essaie de combler la distance.
11:25Donc, il n'y avait pas vraiment de difficultés bien gérées, bien profité pour gagner le combat sans difficulté.
11:39Par la suite, c'était un combat que je me disais, ça allait être compliqué, par Daïeva, la Tokmenistan.
11:46C'est une jeune qui monte, elle vient de gagner un grand slam récemment.
11:52Elle fait beaucoup de choses à droite, à gauche, c'est un peu, ça peut être un profil assez difficile,
11:57mais en fait, Sarah l'a vraiment bien gérée et pas du tout en difficulté, en fait.
12:09Et donc, ça a monté en pression avec la suite Perisic, qu'elle a déjà perdue une ou deux fois.
12:16Donc, on sait, c'est une fille qui fait bien le judo.
12:25Donc, mais encore une fois, Sarah, juste au début, elle est un peu trop ouverte.
12:34Elle peut travailler une main à taquer, mais très vite, elle maîtrise le kumikata.
12:39Et puis, elle fait une magnifique taquante de temps pour marquer le pont.
12:44Donc, on était vraiment très bien lancés.
12:48Elle montait de plus en plus en confiance.
12:50Et puis, la suite, c'est Omori.
12:52Bon, on a regardé Omori-Tamahoki.
12:55C'est Tamahoki qui menait jusqu'à presque la fin.
12:58On se dit, c'est Tamahoki.
12:59Et vers la fin, Omori qui marque, elle est quand même très forte.
13:03Ben, Sarah l'avait prise en finale à Paris.
13:08Elle avait bien maîtrisé, marqué Ouazari, il me semble.
13:12Et ensuite, bien géré.
13:13Ensuite, Omori prend la revanche finale de Mongolie.
13:19Donc, on s'est dit, bon, ok, certaines choses.
13:23Reste bien dans ta posture.
13:25Et en fait, presque, je pense, deuxième séquence, peut-être.
13:30Ou même première séquence.
13:33Ben, Sarah, elle est un peu trop ouverte.
13:37Elle a la manche, mais elle laisse Omori tourner, s'enclencher.
13:44Dans une très bonne attaque, d'ailleurs, avec une petite feinte.
13:48Et malheureusement, Sarah, elle prend et prend.
13:51Et en même temps, elle cogne assez fortement la tête.
13:55Donc, malheureusement, c'est pas seulement en finale.
14:01Et aussi, elle ne peut pas faire la place de trois.
14:03Donc, c'est les championnats qui sont finis pour elle.
14:06Elle avait gagné Paris pour la première fois.
14:09Et elle fait deux finales par la suite.
14:13Et tout ça, c'était pour prendre des informations.
14:15En fait, c'est ce qu'on disait.
14:16C'est des préparations.
14:17Et préparation pour ces championnats.
14:20Que malheureusement, elle finit même pas sur le podium.
14:23Donc, oui, c'est quand même une grosse déception.
14:25Du drame, donc, mais du Rembrandt.
14:27Car dans cette journée aux fortes zones d'ombre,
14:29il y avait aussi de miraculeux traits de lumière.
14:31On ne le voyait pourtant pas aller loin.
14:33Le second engagé français, Diane Boulême-Tafès,
14:35après son premier combat remporté aux pénalités
14:38et au bout d'un long travail sans relief
14:39contre un Kazakh anonyme au-delà de la 50ème place mondiale
14:43et qui s'était cantonné à s'accrocher à ses revers
14:45avant de se jeter en sous-témis.
14:47Mais la pente ne montait que doucement
14:49avec un duel à suivre
14:50contre un Australien à peine plus vieux que lui,
14:53Kozei Toyoshima,
14:54qui subissait son haut chigari
14:56et un renversement au sol malin.
14:58Le 29ème au classement mondial
14:59avait prouvé qu'il était à sa place.
15:01Il fallait maintenant aborder les grands duels
15:03avec un exploit requis à chaque tour.
15:06C'était la tête de série numéro 4
15:08qui se présentait en obstacle,
15:09premier boss de ce quart de tableau,
15:11le champion d'Europe 2025 russe,
15:13Danil Lavrantev,
15:15vainqueur du Grand Chelem d'Astana en mai,
15:17finaliste de celui de Lausanne en août.
15:19Un boa constrictor,
15:21mais aux anneaux peut-être un peu ramollis
15:22par un premier tour extrêmement difficile
15:24contre un ancien compatriote devenu Emirati,
15:27qu'il n'était parvenu à vaincre qu'à la dernière seconde,
15:31alors qu'il était mené d'un wasahari et de deux yukos.
15:33C'était la chance du jeune médaillé européen de 20 ans
15:36qu'il affrontait plutôt que de le subir,
15:38troublant son sévère adversaire par son style inhabituel,
15:41son approche paradoxale,
15:43à la fois en souplesse et en densité,
15:45relâché et dominant, difficile à décrypter.
15:48Malgré toute la détermination du Russe
15:50qui ne voulait pas laisser partir ce combat qui lui échappait,
15:53c'est le champion de France Junior 2025
15:55qui le clouait sur Ouranage.
15:56Diane Boulentafès venait de sortir un favori du championnat
16:00et pouvait lâcher un premier rugissement.
16:03C'est surtout mental en vrai, c'est surtout à l'instinct.
16:05Au bout d'un moment, voilà, il faut faire tomber.
16:07J'étais un peu en retard peut-être sur les pénalités aussi,
16:10donc tenter ça, c'était une bonne prise de risque.
16:15Si je perdais, c'était fini la journée
16:16et c'est vraiment un jeu de cas que j'appréhendais beaucoup,
16:20parce qu'il est très fort aussi.
16:23Donc ouais, ça m'a fait plaisir de le battre.
16:25Mais l'organisation spéciale Bakou lui réservait alors la surprise du chef,
16:30le second azerbaïdjanais du jour, Rachid Mamadaleyev,
16:33mieux classé à la 5e place mondiale que son leader Hidayat Eydarov,
16:37champion du monde et olympique 2024, vice-champion d'Europe 2026.
16:41Éclipsé par l'illustre Eydarov,
16:43sélectionné quand même grâce à l'une de ses innombrables wildcards
16:46accordées aux pays hautes, c'est une nouveauté depuis 2025.
16:50Remonté comme une pendule après avoir gagné en septembre le copieux grand chlem de Budapest,
16:54cet Azerbaïdjanais porté par son public et l'envie de réussir sa vie
16:58était vraiment la rencontre à ne pas faire.
17:00Pour sortir en tête de ce quart de tableau, il allait falloir souffrir.
17:05Et finalement pas tellement.
17:06Très à l'aise pour gérer ce gaucher comme lui,
17:09il lui plaçait en moins d'une minute une technique de Eri Seoinage
17:11qu'on allait apprendre à connaître.
17:13Un geste fluide et surprenant,
17:15c'est la marque de fabrique du nouveau héros français en moins de 73 kg,
17:19dans lequel il descend à genoux tranquillement, sans même accélérer,
17:22avant de mettre un second coup de pression à froid
17:25qui déroule l'adversaire surpris,
17:27mal préparé par la lenteur mystifiante des prémices
17:29au deuxième souffle de l'explosion lente du Dayan dans le geste,
17:34original et frais, un peu insolent sur les bords,
17:36peu académique et très inventif.
17:39Très nouvelle génération.
17:40Rachid Mamad Aliyev ne savait absolument pas comment le prendre
17:43et ne voyait pas le jour,
17:45projeter une seconde fois avant la fin sur un DH Ibarai facile.
17:48Et pourtant, ce sera son unique défaite du jour,
17:51puisqu'il apportera une médaille de bronze à l'Azerbaïdjan
17:53sous les vivas du public.
17:56Révélateur de la dimension prise par Dayan Boulême Tafes
17:58qui reste dans le circuit mondial en si peu de temps.
18:01Incroyable mais vrai, le champion de France junior 2025,
18:04vice-champion de France senior en décembre,
18:06estampillé PSG comme Kelvin Rey la veille,
18:09après avoir conquis la France avec une médaille continentale déjà inespérée.
18:13Dayan Boulême Tafes,
18:14qui n'avait pas l'année dernière réussi dans ses sélections junior,
18:18était en demi-finale du championnat du monde senior,
18:20un an plus tard, à quelques jours près.
18:22Contre qui ? Le japonais Ryuga Tanaka.
18:2522 ans, champion du monde junior 2022,
18:28en bronze au Grand Chelem d'Ulan Bator,
18:30et au Grand Prix de Chine en juin.
18:32Testé dans la relative vacances de pouvoir
18:34dans la catégorie des moins de 73 kg,
18:36suite au retrait de Shohei Yono,
18:38puis de Soichi Hashimoto.
18:39Vainqueur du dernier Grand Chelem de Tokyo,
18:41mais aussi battu à Paris cette année par Peter Jean,
18:44et même aux Jeux Mondiaux Universitaires par Hans Joris Haïbo,
18:48en juillet de l'année précédente,
18:50lequel Haïbo n'a encore jamais été classé sur un championnat de France senior.
18:54On se disait qu'il y avait tout de même de la place pour passer,
18:56mais ce Ryuga Tanaka-là n'était plus le même.
18:59L'universitaire de Tsukuba,
19:01petit frère de Ryoma Tanaka, champion du monde en moins de 66 kg en 2024,
19:06était venu en mode kamikaze, cheveux courts, corps affirmé, esprit affûté.
19:11Plus le français tentait de l'attirer dans son système flou,
19:15à la fois en haut et en bas, en avant et en arrière,
19:18plus le japonais lui opposait de la structure,
19:20mains en revers et pieds droits avancés.
19:23Et c'est ce qui lui donnait la victoire.
19:24Sur une descente à genoux de Diane Boulême-Tafès,
19:27il relançait sous la technique de jambes et marquait y pont.
19:30Qu'importe le métal, il nous fallait l'ivresse.
19:33Après avoir enchanté la France au rendez-vous continental de Tbilisi cette année,
19:37le parcours 2026 fou de Diane Boulême-Tafès
19:40pouvait finir sur un podium de championnat du monde senior
19:43et c'était à lui de triompher maintenant,
19:45à lui de sauver la France de sa zone grise
19:47en apportant à ses championnats son éclat si particulier.
19:51Ce serait contre Yonatan Elbaz,
19:53le protégé du français Alain Schmitt en Israël,
19:56un combattant en plein essor mais moins bien classé que lui.
19:59Pas de suspens superflu,
20:00le Eri Seroynagé à fusion lente prenait l'Israélien en défaut au bout de 30 secondes,
20:05tout juste pour Wazahari et ce fut ensuite un jeu pour Diane
20:09de profiter de toutes les tentatives du 50e mondial pour le surpasser
20:12jusqu'à un fort Koshiguruma qui valait y pont et son dernier rugissement du jour.
20:17Sans s'enflammer, le nouveau médaillé mondial français pour sa première participation,
20:21comme il l'avait fait pour le championnat d'Europe, revenait sur son parcours.
20:24C'est dur de perdre une demi-finale, de se remobiliser pour une place de 3.
20:28Après c'est les championnats du monde donc j'ai quand même trouvé les ressources nécessaires,
20:31mais c'est vrai qu'en y repensant là, perdre cette demi-finale,
20:35moi j'étais venu quand même pour faire champion du monde
20:37et ça fait la différence quand même d'être champion du monde plutôt que d'être médaillé mondial.
20:43Mais voilà, j'ai pas trouvé les ressources nécessaires sur la demi-finale
20:47parce que la journée était longue, j'ai commencé très tôt,
20:51j'ai fait 6 matchs sur un championnat du monde c'est quand même assez conséquent,
20:53ils étaient tous un peu longs.
20:54Tout le monde a un peu haussé son niveau par rapport aux championnats d'Europe.
20:58Puis il y a beaucoup de gens que j'ai beaucoup pris à l'entraînement,
21:01les gens se méfient un peu plus donc c'est plus compliqué d'être vraiment ouvert
21:05et d'être très axé sur l'attaque comme j'ai l'habitude de le faire et d'être beaucoup
21:10moins l'instinct.
21:11Donc ouais, il faut trouver d'autres ressources.
21:13J'ai gagné par Chido à un moment donc ça c'est des choses que j'ai pas l'habitude
21:16de faire
21:17mais qui sont quand même importantes à faire surtout quand il y a plus d'enjeux.
21:22En général c'est un peu plus compliqué de s'ouvrir mais je pense que j'ai trouvé le bon
21:26équilibre
21:26entre faire mon judo et être tactique aussi.
21:30Médaillé mondial, ça représente vraiment le travail déjà que j'effectue depuis trois mois.
21:37Je ne suis pas sorti à Lausanne et tout, je me suis vraiment préparé à fond pour ces championnats du
21:41monde.
21:42Et puis plus généralement le travail de toute ma vie en vrai.
21:46Je pense que là vraiment on est sur le début de ma carrière qui se passe vraiment très bien.
21:52Donc médaillé européen, médaillé mondial, c'est vraiment incroyable.
21:57J'aurais difficilement imaginé être à la place où je suis là quelques mois avant.
22:04Donc vraiment je suis très fier de moi et de tous les gens qui m'ont accompagné jusqu'ici.
22:10Taïan Boulemtafès, son originalité, ses forces, ses faiblesses,
22:14c'est peut-être l'entraîneur Franck Chambilly qui en parle le mieux.
22:17Il a une grosse confiance en lui, ce qui fait que couplé avec son judo un peu atypique,
22:23du coup il arrive à faire des choses extraordinaires.
22:25Je pense que déjà physiquement il a une stabilité, il est ancré dans le tapis.
22:30Il est très atypique dans le sens où il est vraiment, c'est un caoutchouc.
22:36Voilà donc il faut vraiment l'aller.
22:38Et puis après derrière il a des techniques qui ne sont pas forcément bien préparées.
22:44Mais quand il s'engage, il s'engage à 200%.
22:47On a vu la dernière là, il passe dans le dos, il a la tête ici, le bassin là-bas.
22:51Et il a une force dans les lombaires, des rotateurs extraordinaires.
22:55Ce qui fait que même s'il y a un petit angle dans l'attaque, il arrive à trouver le
22:59truc.
22:59Puis après quand il est embarqué, ça finit.
23:01Ça aspire maintenant à les chercher un peu plus haut.
23:05Quand on va chercher les demi, les finales.
23:09Donc c'est encourageant.
23:10Il faut savoir que l'année dernière, il y a deux ans, il était encore chez les juniors.
23:14Il avait du mal à passer des tendons labellisés chez les juniors.
23:16Vous vous rendez compte ?
23:17Le chemin parcouru, la prise de conscience et cette capacité à évoluer en peu de temps.
23:25C'est extraordinaire à 20 ans.
23:27Entraîneur heureux des deux perles françaises en moins de 73 kg.
23:30L'ancien est le nouveau, le champion du monde 2025 et le médaillé mondial 2026.
23:35Lequel est passé devant au classement mondial et va commencer à peser dans l'esprit de l'encadrement
23:40pour la sélection olympique future.
23:42Le responsable technique du PSG Baptiste Leroy parle de ses poulains
23:45et de la concurrence logique qui s'installe entre eux.
23:48Ce qui est bien, c'est que Johan, il est dans la concurrence.
23:51C'est un gars qui est très réglo avec tous ses adversaires directs de la KT,
23:58mais qui sont ses partenaires à l'INSEP.
23:59Ils se sont pris quand Dayan est arrivée il y a deux ans.
24:02Il avait pour consigne d'aller inviter Johan tous les jours à l'entraînement.
24:04Johan n'a jamais refusé.
24:06Ils se sont tirés vers le haut, mais il y en a d'autres.
24:08Il y a Maxime Gobert, il y a Cadignan.
24:11C'est une belle KT, mais c'est très français de se dire
24:14qu'on en a deux alors qu'on devrait en avoir quatre ou cinq.
24:16On devrait être comme les japonais et se dire qu'on n'en a que deux, ce n'est pas
24:19assez.
24:19Et en fait, que ce soit Max Gobert, que ce soit Cadignan, que ce soit d'autres que j'oublie,
24:25on peut les avoir tous à ce niveau-là.
24:27Du coup, c'est là où, comme les japonais, on n'irait chercher que des médailles d'or.
24:31Le Japon, enfin. Le Japon, toujours.
24:34Encore une fois, les deux titulaires nippons étaient parvenus en finale.
24:39Deux outsiders, deux bisous de l'équipe et pourtant quelle démonstration.
24:43Ils faisaient face tous les deux en finale aux monstres du jour,
24:46les plus impressionnants parmi les plus durs.
24:49Chez les filles, la championne du monde et du continent,
24:51la géorgienne Eteri Liparteliani,
24:54que plus rien ne semble pouvoir arrêter
24:56et qui combine désormais de mieux en mieux l'extrême puissance de ses arrachés
25:00avec un judo plus entouché,
25:02notamment de belles techniques de jambes,
25:03en Dehashibarai ou Tsubame Gaichi.
25:06Chez les garçons, le très formidable émirati,
25:08Mack Matbeck,
25:10troisième déjà en 2025 et étourdissant toute la journée,
25:14avec notamment des enchaînements au sol ultra rapide et précis,
25:17subjuguant ses plus forts adversaires.
25:19Les deux japonais auraient pu s'engager en victime expiatoire,
25:22trop tendre tactiquement pour ces deux lutteurs surpuissants
25:25venus pour leur gloire personnelle.
25:27Ce ne fut jamais le cas.
25:29Calme et posé, toujours en place.
25:31Akari Omori laissait passer la tourmente pendant tout le combat sans se désunir
25:35et profitait du premier desserrage d'écrou
25:37de la machine géorgienne lancée depuis le début en sur-régime
25:41pour la piquer magistralement au sol au golden score.
25:45Alors qu'elle venait de se rendre la vie plus belle et plus grande,
25:48avec la voie royale dégagée jusqu'à Los Angeles,
25:51elle se contentait de revenir un pas pressé à sa place pour le salut,
25:54offrant juste aux photographes japonais
25:56le plaisir d'un W de la victoire furtif, comme en se cachant.
26:01Plus incroyable encore, la métamorphose en cyborg du si tendre Ryuga Tanaka,
26:06devenu impeccable en tous points,
26:08fort sur les bases classiques japonaises,
26:10mais maître du jeu aussi dans toutes les stratégies des adversaires
26:13les plus variés et les plus retorses.
26:15Les gardes croisés, les yokosutemi, les corps à corps,
26:18les reprises d'initiatives à partir du sol et tous les pièges tactiques.
26:22Mobile et ferme mentalement, Tanaka eut réponse à tout,
26:26ne se fit prendre à aucune chose trappe,
26:28laissant en finale la tumultueuse énergie adverse se déverser en torrent,
26:32tout en puissance et en danger,
26:34mais glissant sur lui comme des gouttelettes sur les plumes d'un canard.
26:37Au golden score,
26:39Matt McBeckhoff avait largement entamé la réserve,
26:43il ne restait plus rien.
26:44L'arbitrage ne sanctionnait pas les fausses attaques de plus en plus nombreuses,
26:48le japonais dansait un peu sa danse de victoire au moment de la liberté totale
26:52et ce fut le coup de grâce sur un haut chigari massif comme un coup de batte.
26:56L'Emirati et la Georgienne étaient vaincus et convaincus.
27:00Le Japon avait récolté deux nouvelles médailles d'or,
27:03la quatrième et la cinquième en six catégories,
27:06en marche pour un record.
27:08On peut conclure sur les émotions.
27:10Celles poignantes de voir notre champion du monde tenter de défendre son titre
27:13sans en avoir les moyens,
27:15l'inquiétude et la frustration devant la chute si pénalisante de notre médaillé mondial,
27:20suivie du plaisir et de la joie de l'avènement excitant et improbable
27:23d'un nouveau médaillé mondial français qu'on n'avait pas anticipé.
27:26Et enfin, une forme de gratitude, de reconnaissance toujours présente en arrière-plan pour le Japon,
27:32si fidèle à sa capacité d'incarner la perfection dans toutes les lignes,
27:36la pureté du style et aujourd'hui aussi une qualité de préparation à l'évènement
27:40qui transpirait à chaque mouvement des athlètes sélectionnés.
27:44Comment font-ils pour être systématiquement tellement plus forts que les autres ?
27:47C'était une question qu'on aimait se poser il y a quelques générations,
27:51quand la France se sentait encore élève du maître.
27:54On a un peu oublié cet état d'esprit.
27:57Ne serait-il pas temps de le retrouver ?
27:59En japonais, on dit « soshin », l'esprit du débutant.
28:03Et un proverbe japonais, évidemment, l'exprime ainsi.
28:06« Dans l'esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités.
28:09Dans l'esprit de l'expert, il y en a peu à méditer. »
28:14La France ajoute ce mardi un second accessit au palmarès des nations,
28:17toutes tenues dans l'ombre épaisse du patron nippon.
28:20Il faut maintenant accéder au final, à l'argent et à l'or,
28:24et si possible dès ce quatrième jour,
28:26avec deux représentantes en moins de 63 kg au potentiel de médailles,
28:30Manon Deketer, 5e mondiale,
28:32et notre légende à nous, de retour,
28:34qu'on rêverait en légende d'automne, en légende d'octobre,
28:37à Bakou, Clarisse Akbenienu.
28:39Sous-titrage Société Radio-Canada

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