- il y a 2 jours
On a mis le temps mais on se retrouve, comme chaque année, au pied de la grande falaise, celle d'une journée de championnats du monde. Ce dimanche, c'était la première, nous sommes en octobre 2026 et nous sommes à Bakou. Les championnats du monde, ce sont des duels où l’on ne se bat pas tant que ça contre l'autre, ce qui compte surtout, c'est de rester accroché à la paroi. Tu perds, tu tombes. Alors qui est tombé en ce premier jour de compétition, qui voyaient s’affronter les meilleurs -48kg et -60kg de la planète ? Vous saurez tout en écoutant le premier épisode des Dessous de Bakou, la nouvelle série du podcast Hajime de L’Esprit du Judo.
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00:10On a mis le temps, mais on se retrouve, comme chaque année, au pied de la grande falaise,
00:14celle d'une journée de championnat du monde. Ce dimanche, c'est la première. Nous sommes en
00:182026 et nous sommes à Bakou. Les championnats du monde, ce sont des duels où on ne se bat pas
00:22tant que ça contre l'autre. Ce qui compte surtout, c'est de rester accroché à la paroi. Tu perds,
00:28tu tombes. Tenir jusqu'au bout et prendre pied peut-être à la fin du jour tout seul au sommet.
00:33La glissade se joue à chaque seconde sur chaque erreur. Un pied qui décroche et c'est la chute,
00:39tandis que l'autre reste accroché. On ne sait pas tant ce qui fait le plus mal. Être décroché d
00:44'entrée,
00:44encore gorgé des pensées et des rêves qu'on a échafaudés pendant des mois. Les mains toujours
00:49blanches de la magnésie qui n'a pas servi, comme la médaillée mondiale et olympique suédoise Baboul
00:54Fat par l'américaine Laborde ce matin, perdue et sans repère depuis qu'elle n'a plus à ses côtés
00:58sa coach franco-britannique Jane Bridge, qui officie désormais avec la France. Ou à la tombée
01:03du soleil, alors qu'on y a cru tout le jour, alors qu'il ne restait qu'un obstacle avant
01:07le triomphe,
01:08l'entrée dans la légende de ceux qui sont montés tout en haut. Les chutes d'entrée ajoutent leur poids
01:13en frustration, en humiliation. Tout s'est joué parfois dans les premières secondes, contre
01:17l'adversaire qu'il ne fallait pas. Pas de chance, en effet, pour le jeune espoir israélien Aspitz,
01:21vainqueur de deux grands chelèmes dans ces derniers mois, d'avoir à commencer sa montée,
01:26côté du champion du monde 2024, le géorgien Sardala Jvili, qui le cueille à froid sur un contre.
01:32Ou pour la nouvelle numéro 1 mondiale, la chinoise Xinranui, trébuchant dès la première prise de garde
01:37sur le beau Ouchigari en réaction de la championne du monde en titre, en moins de 48 kilos, l'italienne
01:42Assunta Scuto. On sort alors du tapis la mine sombre, en sanglotant ou en rageant contre tout le monde
01:48des personnes, accompagné un pas en arrière par le coach qui sait qu'il n'y a rien à dire,
01:53rien à faire. On retentera la montée la prochaine fois, ou pas.
01:59À Bakou, en Azerbaïdjan, pays viticole, nous voici au temps des vendanges tardives quand les
02:03championnats du monde sont traditionnellement en été. Alors ceux qui accéderont au statut,
02:08au dossard rouge, à la légende, seront des légendes d'automne et c'est bien aussi.
02:12Disons-le d'emblée, il n'y a aucun français dans le lot du jour. Trois engagés, trois défaites
02:16et à chaque fois pour la même raison. Si on ajoute que cette raison unique nous semble
02:20à chaque fois légitime, il y a un mystère à éclaircir. Drame en trois actes, voici le premier.
02:25Notre double médaille olympique et champion d'Europe en titre, en moins de 60 kilos,
02:28Luka Mekidze, avait le russe Ayoub Bliev à gérer au premier tour, un très rude client,
02:34médaillé mondial en 2025 et vainqueur de leurs deux précédents combats. C'est aussi,
02:38on le sait bien, ce qu'il en coûte de ne pas être tête de série. Prudent et concentré,
02:42il faisait ce qu'il avait à faire, tenant plutôt bien le vainqueur du grand chelème d'Abu Dhabi en
02:46novembre,
02:46de Douchambi en mai. Le score était à une pénalité partout, habituelle distribution de refus de saisie mutuelle.
02:53Le français lançait alors un Oukiwaza sans consistance dans la dynamique d'une bonne séquence.
02:59L'arbitre décide d'ailleurs de pénaliser à l'ancienne le russe moins actif, avec les guillemets d'usage.
03:05Mais l'oreillette lui chauffe le pavillon, on le devine, et promptement il se ravise,
03:09supprime la moulinette au russe pour indiquer la fausse attaque du côté du français.
03:13Il aurait fallu alors comprendre à cet instant que quelque chose avait changé,
03:17et que cette pantomime habituelle d'une confusion arbitrale indiquait moins les faiblesses de l'officience centrale
03:23que la volonté affirmée de la table de voir les dernières consignes appliquées avec rigueur.
03:28Luka Mekize n'est pas tombé de la dernière pluie et avait capté le message,
03:32mais en voulant enfoncer le clou de sa relative supériorité en rythme,
03:36il tournait fort sur Serunage à deux secondes de la fin du combat et lâchait les deux mains.
03:40L'arbitre avait le message bien en tête, Luka ne coupait pas à la troisième pénalité.
03:44Injuste peut-être, ou pas.
03:46Seconde défaite rapide en tout cas, en deux championnats du monde,
03:49de quoi frustrer notre compétiteur qui avait du mal à accepter ce verdict.
03:53Je n'ai pas forcément l'habitude de me plaindre.
03:55Quand je perds mes matchs, quand j'ai mérité de perdre,
03:59je baisse la tête, je salue et je ne conteste pas les décisions.
04:04Mais là aujourd'hui, je ne suis pas d'accord.
04:07J'ai essayé d'attaquer, j'ai essayé de construire quelque chose.
04:10Même si sur la dernière attaque, j'attaque,
04:12mais il fait tout pour faire lâcher, casser la séquence,
04:16parce qu'il est sur le cul.
04:17Tout de suite, je prends l'initiative derrière,
04:20aller chercher le gars pour faire tomber.
04:22Tout de suite, maté.
04:24Et tout de suite, troisième pénalité, disqualification.
04:28Même douzième pénalité, je fais douze attaques.
04:30Donc, peut-être il manquait un peu de déplacement,
04:37peut-être il manquait un peu de contrôle,
04:38mais je suis dans l'initiative pour faire tomber.
04:41Et c'est moi qui s'ai fait pénaliser, donc je ne suis pas d'accord.
04:44Et je suis tout simplement dégoûté d'avoir perdu de cette manière-là.
04:50Ludovic Delacote, l'entraîneur, tentait de trouver déjà des raisons
04:52de dépasser cette frustration.
04:54Il y a un vrai engagement, il y a des tentatives.
04:56Alors entre la fausse attaque et l'attaque ratée,
04:58je pense qu'il y a une différence.
05:00Et ça, c'est sûrement celle-là qu'il va falloir analyser.
05:02Et peut-être au-dessus, pour qu'il comprenne un peu,
05:05quand même que quand on fait du judo,
05:06des fois on peut rater,
05:07même si on a un niveau de performance excellent.
05:12Il sort d'une séquence où il met le russe en difficulté.
05:15Il prend la troisième pénalité,
05:17alors que peut-être le russe aurait pu prendre une pénalité
05:19pour non-combativité,
05:20parce qu'elle est tombée très vite pour Lucas.
05:22Face, pas mal.
05:25Il y a des choses qui étaient intéressantes,
05:27il y a des choses à travailler tactiquement encore.
05:30C'est indéniable.
05:31Maintenant, la lecture du match,
05:34c'est que finalement, le match a été dirigé.
05:38On n'a pas laissé les deux acteurs s'exprimer.
05:40On est resté plutôt sur une orientation,
05:43prise de décision.
05:45C'est un choix de leur part.
05:46Bien évidemment, au-delà de la déception de ce match,
05:51l'analyse doit être plus profonde
05:53sur qu'est-ce qui doit être amélioré tactiquement
05:57dans le travail pour justement faire en sorte
06:00qu'il n'y ait plus ces situations qui arrivent
06:02pour pouvoir donner ou offrir des prises de décision arbitraires.
06:07Romain Valadier-Picard allait-il se montrer plus précis
06:10dans la gestion de la règle ?
06:11Oui et finalement, non.
06:13Oui par deux fois en battant le Hongrois Andrasi,
06:15cinquième en 2025 après un joli exploit de premier tour
06:18contre le champion du monde sortant,
06:19puis le belge Joré Vertraten à l'ancienne lui aussi
06:22en dominant le rythme d'attaque sans forcer son talent.
06:25Deux fois, l'arbitrage a suivi.
06:27Mais le troisième adversaire était d'un autre calibre.
06:29Le kazakhstanais Sherzod Davlatov,
06:32de la même génération puisqu'il était comme le français
06:34sur le podium des championnats du monde junior 2021,
06:37restait sur une victoire contre lui
06:39au tout récent grand chlème de Lausanne
06:40où il l'avait projeté par deux fois.
06:42Romain Valadier-Picard a engagé rapidement le fer
06:45dans son style, descendant rapidement dans les jambes
06:47à une main posée sur un revers ou une manche,
06:50mais dangereux dans ses changements de direction
06:52et sa constante recherche des ruptures d'équilibre.
06:55Trop flou pour l'arbitre qui sanctionnait en fausse attaque.
06:58La consigne, c'est la consigne.
07:00Il augmentait le niveau de pression
07:02et parvenait cette fois à faire pénaliser l'adversaire
07:04pour non-combativité.
07:05Et puis, en deux séquences successives,
07:09et comme s'il ne parvenait pas à se défaire
07:11d'un schéma devenu en quelques semaines
07:13une mauvaise habitude,
07:14il se jetait sur le dos dans un soutémis trop peu préparé,
07:17puis dans un moroté sérinagué
07:19avec lequel il ne parvenait pas à faire réagir.
07:22Deux sanctions tombaient sans flottement.
07:26Duralex cède Lex, comme on dit sur RMC.
07:29La règle, c'est la règle.
07:30Et même si c'est dur de s'adapter à la tendance du moment,
07:33il faut pouvoir le faire dans le temps imparti
07:35pour ne pas tomber de la falaise.
07:38Repêcher notre vie champion du monde en titre,
07:41retrouver un ancien rival en junior,
07:42le plus fort de l'époque,
07:44Giorgi Sardalashvili,
07:45un Géorgien devenu champion du monde senior
07:47en 2024 à Abu Dhabi.
07:49Échange de pénalités,
07:50puis une nouvelle attaque flottante
07:52de Romain Valadier-Picard, sanctionnée,
07:54puis une nouvelle attaque trop faible en Sérouinagué.
07:56Le Géorgien arrimait ses grappins
07:58et se jetait dans un soutenu latéral
08:00à partir de la position debout.
08:02Une nouvelle tendance
08:03qui va aussi dans le sens de la remise en question
08:05de l'efficacité du volume d'activité
08:07comme moyen pertinent de passer les tours
08:09parce que désormais,
08:11le contre guette à chaque mauvais placement.
08:13Le Géorgien marquait Oazahari,
08:15mais si cela n'avait pas été le cas,
08:17l'arbitre préparait déjà la troisième pénalité.
08:19Là encore, on finissait par positiver
08:22autant que possible
08:22du côté de Romain Valadier-Picard,
08:24non sans l'avoir un peu mauvaise
08:26sur ce changement radical de modèle.
08:28Il va falloir s'y faire,
08:29c'est la loi,
08:29et c'est au moins jusqu'au jeu de Los Angeles.
08:32Davlatov, il n'est pas du tout plus fort que moi.
08:35Sardal Hachvili, il n'est pas du tout plus fort que moi.
08:37Il n'y en a aucun des deux qui est plus fort que moi.
08:39Et pourtant, je perds mon match.
08:42Sur Davlatov, je perds comme un idiot tout seul
08:47en faisant des attaques.
08:49Mais le pire dans tout ça,
08:50c'est que je me sentais bien en plus sur les deux.
08:52Je ne me mets pas en danger,
08:53je ne me sens pas du tout déséquilibré.
08:55Et c'est moi qui perds tout seul.
08:56Il faut que je me redresse,
08:58que je m'éloigne,
08:59que je me déhachis,
09:00que je décale.
09:01Et là, je fais quoi ?
09:02Je fais une attaque pourrie.
09:05Et ça m'énerve parce que j'avais travaillé
09:10sur retrouver mon jeu d'avant,
09:12attaquer rapidement.
09:13Et là, aujourd'hui, ça me coûte deux défaites.
09:17Donc c'est dur de trouver le juste milieu
09:19entre construire les séquences,
09:22être un peu plus passif
09:25et puis attaquer vite, attaquer fort.
09:28Franck Chambilly, l'entraîneur,
09:29a de la bouteille et prenait de la hauteur
09:31sur ce dont il est question ici.
09:32Faut s'attaquer ou non,
09:33le problème est ailleurs.
09:35C'est des combats qu'il a à sa portée.
09:36C'est des combattants qui sont forts,
09:39Sardalècheville et Davlatov.
09:42Malgré tout ça,
09:43moi, je pense qu'il pouvait aller jouer la médaille.
09:45Au moins la demi.
09:47La demi.
09:48Il se tire une balle dans le pied.
09:50Il combat mal.
09:53Il subit des assauts
09:55de ses partenaires physiquement.
09:56Et il a des solutions pour s'en sortir,
09:58mais il attaque.
09:59Donc il va dans la gueule du loup à chaque fois.
10:02Quand on est fixé et qu'on attaque,
10:04forcément, il n'y a pas de déséquilibre,
10:05il n'y a pas de préparation.
10:06Et du coup, on s'offre.
10:08Et à très haut niveau, aujourd'hui,
10:09c'est ce qui se passe.
10:10Au-delà des pénalités,
10:11au-delà de l'arbitrage,
10:12ils sont un peu plus...
10:16Ils sont plus dans la sanction.
10:17Et on le savait.
10:18On le savait.
10:20On savait que les pénalités,
10:22elle est tombée un peu plus.
10:23On fait du judo.
10:24Donc quand on attaque,
10:25on doit être placé normalement, logiquement.
10:27C'est à nous de créer les conditions
10:29pour pouvoir trouver les bons déséquilibres,
10:31les bons déplacements,
10:32le bon timing.
10:33C'est le judo.
10:34Il y en a qui sont tombés quand même.
10:36Il est retombé un peu dans ses travers
10:38de jeunes seniors ou de juniors.
10:40J'attaque, j'attaque, j'attaque.
10:41Sauf qu'il y a 10 ans,
10:43enfin pas 10 ans,
10:43mais 5 ans,
10:44l'arbitrage n'était pas le même.
10:45Et puis le niveau n'était pas le même non plus.
10:49C'est dommage,
10:50parce que je pense qu'il pouvait jouer au moins la médaille.
10:52Allons-nous de notre côté récriminés contre l'arbitrage,
10:55nous aussi,
10:56et ces changements de pieds permanents ?
10:58C'est tentant.
10:59Mais il faut aussi saluer les efforts qui vont dans le bon sens.
11:02En l'occurrence,
11:03nous préconisons depuis longtemps à l'esprit du judo
11:05d'être plus sévère
11:06avec toutes les actions qui visent à rompre les saisies,
11:09sans lesquelles aucun judo n'est possible.
11:11Alors malgré les déboires de nos combattants,
11:14nous saluons au contraire la direction prise,
11:16même si rien n'est parfait,
11:17car en obligeant les combattants à prendre le risque
11:20de rester debout et en saisie,
11:22tout devient alors possible,
11:23y compris des projections de judo.
11:25C'était l'évidence,
11:26encore fallait-il s'en rendre compte
11:27et décider enfin d'agir.
11:29Cerise amère sur le gâteau qui restait en travers de la gorge,
11:32le vainqueur inattendu du numéro 6 mondial
11:35dans cette catégorie des moins de 60 kilos,
11:37Romain Valadier-Picard,
11:38allait lâcher les cheveaux dans un style adapté à la tendance,
11:42c'est-à-dire avec de fortes attaques
11:43pleines de convictions et souvent dangereuses.
11:45Rien ne semblait pouvoir arrêter
11:47Cherzod Davlatov,
11:48pas même la prestigieuse tête de série
11:50de ce quart de tableau,
11:51le trentenaire Yuju Nagayama,
11:53auteur jusque-là de quelques très beaux gestes
11:55dont il a le secret,
11:56dont un sublime Ochi Gaishi
11:58contre les Géorgiens Sardalajvili.
12:00La main posée au col sans trop s'engager,
12:02le kazakhstanais surfait habilement
12:04les mouvements d'épaule et de hanche
12:05du champion du monde 2025
12:07et cherchait le coup dur
12:08sur des attaques de jambes profondes et basses.
12:10Un peu trop nonchalant,
12:12le japonais Nagayama ratait une nouvelle fois la marche
12:15en tombant à plat vente sur un Tani Otoshi,
12:17yuko fatidique.
12:18Il allait ensuite prendre la médaille de bronze
12:20des mains du russe Blief,
12:22sa quatrième en sept participations
12:24pour un seul titre.
12:26Quelque chose manque peut-être
12:27au petit bouddha de Tokai
12:29pour être membre du cercle le plus fermé
12:31des légendes de cette discipline,
12:33mais ce n'est pas le talent.
12:34Il fallait bien qu'il en rencontre un aujourd'hui
12:36puisqu'on le sait,
12:37le pays haute a eu le droit
12:38d'engager 17 représentants masculins.
12:40Ce n'était pas le numéro 1 mondial,
12:42Balabay Agaiev,
12:43surpris au second tour
12:44par la vivacité des 19 ans
12:46d'une nouvelle perle américaine,
12:48Jonathan Young,
12:49mais son second le plus régulier,
12:51Ahmad Yusifov,
12:53numéro 4 mondial.
12:54Pendant deux minutes,
12:55l'outsider Davlatov
12:56fit voler en éclat
12:57la solide statique
12:58du vainqueur espéré
12:59par tout un peuple,
13:00lequel parut dépassé
13:01par sa volonté d'attaque
13:02et sa fraîcheur.
13:03Il prenait un wasahari
13:04sur une magnifique estocade
13:06partie de loin en Kouchigari.
13:07Mais erreur de jeunesse,
13:09Davlatov laissait s'installer
13:10un corps à corps
13:11favorable à l'Azerbaïdjanais.
13:12Il donnait tout
13:13dans sa tentative de contre,
13:14tombé au sol
13:15où il était pris
13:16en ossaï commis
13:17sans rien pouvoir faire.
13:18Fin un peu piteuse
13:20pour une belle cavalcade,
13:21une légende
13:22qui ne demandait qu'à naître.
13:23Toute la lumière
13:24était laissée
13:25aux combattants
13:25de l'Azerbaïdjan
13:26qui avaient pourtant eu chaud.
13:28Ahmad Yusifov
13:29pouvait savourer
13:30et cela ne fait que commencer.
13:32Il a été exact
13:33au rendez-vous donné.
13:34Premier titre
13:35pour le Pays Haute
13:36dont le tableau de marche idéal
13:37est pour l'instant
13:38parfaitement respecté.
13:40Shirin Boukli
13:41avait échoué l'année dernière
13:42à monter sur le podium mondial
13:44sur lequel d'ailleurs
13:45elle n'était parvenue
13:46à se hisser
13:46qu'une seule fois
13:47en 2023,
13:48trois ans déjà
13:49et une médaille olympique
13:50au milieu.
13:51Elle était là
13:51pour le titre
13:52et se montrait
13:53tranchante au Kumikata
13:54sur ses deux premières adversaires
13:55mais butait
13:56en finale de quart de tableau
13:57sur celle
13:58qu'il avait déjà sorti
13:59à Lausanne
13:59la russe Vorobéva
14:01une grande blonde
14:02au style un peu raide
14:03mais aux bras
14:03difficiles à plier
14:04ce qu'aime bien faire
14:06notre quintuple championne d'Europe
14:07qui a parfois du mal
14:08à trouver les failles
14:09pour faire tomber.
14:10Gênée dans ses manœuvres
14:11elle passait
14:11la mi-combat
14:12un peu sous pression
14:13et descendait par réflexe
14:14dans un Seunaga
14:15de sauvegarde
14:16que l'arbitre
14:16sanctionnait
14:17d'une troisième pénalité
14:18qu'elle n'avait pas vu venir.
14:20Frustrant encore
14:20crispant
14:21mais dur Alex
14:22etc.
14:23comme on dit sur RMC.
14:25Une bourde
14:25une contre-performance
14:26contre la 10ème mondiale
14:28tout de même
14:28et il fallait maintenant
14:29sauver ce qui pouvait être sauvé.
14:31Dans ces cas-là
14:32tout dépend du tirage
14:33et des aléas.
14:34En 2025
14:34battue en demi-finale
14:36par l'italienne
14:36Assunta Scuto
14:37elle avait dû faire face
14:39à la japonaise
14:39Wakana Koga
14:40pour le bronze
14:41et ça n'était pas passé.
14:42Cette fois
14:43le projet était
14:43un peu plus accessible.
14:45La brésilienne
14:46Clarisse Ribeiro
14:47championne du monde junior
14:48et 18 ans tout juste
14:49une très jeune combattante
14:51qui va sûrement monter
14:52en volume d'ici les Jeux
14:53mais encore un peu tendre
14:54pour la française aujourd'hui
14:55qui relançait judicieusement
14:57à partir de la position debout.
14:58Pour le bronze
14:59une revenante
15:00la mongole
15:00bat à son coup
15:01bat à bout d'orge
15:02dont le classement mondial
15:0453ème
15:04ne reflète pas le potentiel
15:06puisqu'elle avait été
15:07championne du monde
15:08et finaliste olympique
15:09en 2024.
15:10Absente depuis
15:11elle n'est revenue
15:12quasiment que ce mois-ci
15:13à un bon niveau
15:14avec une médaille de bronze
15:15au grand chelème de Budapest
15:16mi-septembre.
15:18En manque de rythme
15:19c'est finalement elle
15:20qui faisait l'erreur
15:21de la fausse attaque
15:21au bout de 5 minutes de combat.
15:23Le clan français
15:24avait payé pour apprendre
15:26mais le message
15:26était finalement passé.
15:28Deux médailles de perdu
15:29une de retrouvée.
15:31Shirin Boukly
15:31n'est toujours pas
15:32championne du monde
15:33mais elle sait aussi
15:34ce qu'elle a gagné aujourd'hui.
15:35Quand je vois ma saison
15:36je suis contente
15:37c'est ma deuxième médaille
15:38au monde
15:38j'en avais qu'une
15:40donc bien sûr
15:41que voilà
15:41c'est une belle médaille
15:43c'est pas facile
15:44ce championnat
15:44et on sait
15:45qu'on le sent
15:46nerveusement
15:47tout
15:47donc il faut aller au bout
15:48d'une journée aussi longue
15:50avec un niveau relevé
15:51parce qu'on est toutes là
15:51pour le même métal
15:53donc moi je suis contente
15:54je suis fière
15:54de ce que j'ai pu
15:55accomplir aujourd'hui
15:56c'est un long travail
15:58on travaille dur pour ça
15:59pour avoir des médailles
16:00même si on veut
16:01toujours les plus belles
16:03une médaille de bronze
16:04au championnat du monde
16:04c'est incroyable
16:06et voilà
16:07au vu de tout ce qui s'est passé
16:08dans ma saison
16:09c'était parfois pas simple
16:11et on s'accroche à ça
16:12à se dire que
16:13dans un an
16:14il y a les championnats du monde
16:14et qu'on va aller claquer là-bas
16:16parce que c'est pas quelque chose
16:17qu'on fait souvent
16:19donc le contrat a été à moitié respecté
16:23mais c'est pour ça
16:23que je suis quand même très contente
16:24il y a plein de surprises
16:25dans le championnat
16:26et comme je le dis
16:27moi j'avais qu'une médaille
16:28et j'en ai fait je crois six
16:30donc bien évidemment
16:31qu'on peut être que soulagé
16:32et heureux
16:33quand on est sur le podium
16:34et voilà
16:35c'est pas des habitudes
16:36c'est pas des routines
16:37donc j'ai envie de dire
16:38quand je perds en grand chelem
16:39c'est pas grave
16:40parce que ça me sert
16:41ça va m'apprendre
16:41mais quand on perd en championnat
16:42c'était la finalité
16:43c'était le résultat
16:44c'était à chaque fois
16:45on se dit
16:46il y a ce championnat là
16:47et ça va me servir pour ce championnat là
16:48parce que c'est là-bas
16:49que je vais être performante
16:50et c'est la concrétisation
16:51de tout le travail
16:53donc bien sûr
16:53que je me dis
16:54je vais faire l'acharner
16:55et que je vais aller chercher
16:55sa médaille de bronze
16:56parce que pour tout ce que j'ai fait
16:57aujourd'hui
16:57et tout ce que j'ai pu faire
16:58de toute cette saison
17:00je mérite une médaille
17:01c'est hors de question
17:02que je ressorte sans
17:03Son entraîneur
17:04Kylian Leblouk
17:05rappelait les objectifs de l'année
17:06et sa régularité
17:07à les atteindre
17:08avec une fenêtre ouverte
17:09sur l'avenir
17:10la possibilité d'un nouvel élan
17:12Shirin n'a pas fini de grandir
17:13Si on compte les choses
17:15qu'on avait visées
17:15on avait trois objectifs
17:16cette année
17:17c'était le 3A de Paris
17:18c'était le championnat d'Europe
17:19c'est le championnat du monde
17:21certes on n'a pas fait
17:223 sur 3 en or
17:24mais on a quand même
17:253 sur 3 en médaille
17:26avec 2 or
17:27et son petit record
17:28de titre de championne d'Europe
17:29donc ça reste quand même
17:32une saison très encourageante
17:36on met beaucoup de choses
17:37en place
17:40pour inverser la tendance
17:41parce que
17:42la vision qu'on a
17:43avec l'ensemble du staff
17:45c'est que si on continue
17:46à faire un petit peu
17:47ce qu'on faisait
17:47jusqu'au dernier jeu
17:48on risque de faire
17:49à peu près la même chose
17:51donc
17:53on se dit qu'on doit cranter
17:54pour aller chercher
17:55un titre mondial
17:55un titre olympique
17:56donc on tente des choses
17:58des fois on se trompe
17:59on enchaîne des compètes
18:01on tente des préparations
18:03différentes
18:03on met en place
18:04des séances techniques
18:08différentes
18:09et puis on essaye aussi
18:10de maintenir cette envie
18:11chez Sherine
18:12parce qu'elle est déjà
18:13à 10 ans d'INSEP
18:14donc bon
18:15à un moment donné
18:15t'as quand même fait
18:16le tour de la maison
18:18donc c'est aussi ça
18:19c'est un grand défi aussi
18:20de devoir maintenir
18:21cette envie
18:22cette détermination
18:24aujourd'hui
18:25je pense qu'elle est
18:26fière et soulagée
18:27maintenant on va essayer
18:28d'aller chercher
18:29un peu mieux
18:29encore pour essayer
18:31d'accrocher
18:31ce qui est vraiment
18:32l'objectif
18:33un titre olympique
18:35mais s'il y a
18:36les championnes du monde
18:37on ne crachera pas dessus
18:38parce qu'elle aura
18:38son portrait au dojo
18:40et ça serait quand même
18:42dommage je trouve
18:43d'avoir une carrière
18:44comme la sienne
18:45avec autant de réussite
18:46et de performance
18:48de haut niveau
18:48sans mettre son visage
18:52à côté des copains
18:53et des copines
18:53c'est ça la dynamique
18:54aujourd'hui
18:55c'est ce qu'on se disait
18:56avec Lucie
18:58c'est qu'on a vu
18:59vraiment une Chirine
19:01en fait je pense
19:01qu'elle était surtout
19:02frustrée
19:03parce qu'elle avait
19:04ce visage là
19:04et qu'elle se sentait bien
19:06et qu'elle sent
19:06qu'il y a un truc
19:07qui est mieux
19:07qu'au dernier
19:08je suis pas du monde
19:09la saison passée
19:10où elle a fait 5ème
19:11elle se sent mieux
19:12elle se sent
19:13je pense plus épanouie
19:14dans sa pratique
19:16on a mis au coeur
19:17aussi du projet
19:18ses décisions
19:19en sorte un maximum
19:21qu'elle prenne plus
19:23de décisions
19:24qu'elle soit plus en confiance
19:25plus en maîtrise
19:26de ce qu'elle souhaite
19:27ce qui fait partie
19:28du changement
19:29en tout cas pour nous
19:29tous les deux
19:30je pense qu'on a eu
19:31le même ressenti
19:31de satisfaction
19:32et de se dire
19:33que le travail était fait
19:35et qu'on pouvait être
19:36fier de ce qu'on avait
19:36accompli
19:37même si le président
19:39est venu me rappeler
19:39qu'on était là
19:40pour chercher
19:41des médailles d'or
19:42mais je le prends
19:43comme un défi
19:44Shirin Bouclier en bronze
19:46et elle est sans doute
19:47à sa place
19:47car le duel final
19:48se jouait à un autre niveau
19:50à ma droite
19:50la championne du monde italienne
19:52Assunta Scuto
19:52au 24 ans
19:53est assurée déjà
19:54de prendre sa 5ème médaille mondiale
19:56seigneur d'affilée
19:57présente au jour J
19:58pour sa 3ème finale
19:59remarquable d'aisance
20:00dans son expression technique
20:01debout et au sol
20:03à ma gauche
20:04la japonaise Wakana Koga
20:05une médaille d'argent
20:06et deux médailles de bronze mondiale
20:07dans la poche
20:08depuis 2021
20:09et le besoin existentiel
20:11à 25 ans
20:11de passer à autre chose
20:13la championne olympique Tsunoda
20:15enfin à la retraite
20:16et alors que de jeunes talentueuses
20:18déjà bardées d'or
20:19s'accumulent en grappes
20:20dans son sillage
20:21et ne lui laissent
20:22aucune marge d'erreur
20:23légèrement sur le frein
20:24dans les premières minutes
20:25de la journée
20:25elle avait ensuite trouvé
20:27le parfait équilibre
20:28avec ses techniques de jambes limpides
20:29son Koso Togari
20:30son Oho Chigari
20:31masqué par Oho Togari
20:33qui faisait mouche
20:34à chaque fois
20:34et ce fut la finale
20:36l'italienne tentait au sol
20:37la japonaise lançait
20:39au bout d'une minute
20:40un Oho Chigari
20:41tout en contrôle de la cheville
20:42et en qualité d'élan
20:43comme pour s'élever à deux
20:45dans les airs
20:45une technique sublime
20:47belle comme la chapelle Sixtine
20:49qui lui valait le titre
20:50les honneurs
20:51et un destin
20:51elle met en valeur
20:53le Japon aujourd'hui
20:53lequel profite de ce titre
20:55pour prendre d'emblée
20:56le lead des nations
20:57ce qui ne surprend pas
20:59en 2025
20:59le pays du soleil levant
21:00avait déjà une médaille d'or
21:02et une médaille de bronze
21:03au premier jour
21:03mais c'était inversé
21:04Nagayama en or
21:06et Koga en bronze
21:07la France avait placé
21:08Valadier Picard en finale
21:10et celle-là manque
21:11et va manquer
21:12cette fois
21:13Shirin Boukli
21:14amène le bronze
21:15qui seront demain
21:16les légendes d'automne
21:17en moins de 66 kg
21:18et en moins de 52 kg
21:20le japonais
21:20Ifumi Abe
21:21prendra-t-il un 5ème titre mondial
21:23après avoir réussi
21:24le doublé olympique
21:25devra-t-il céder la place
21:26et le chemin
21:27vers les jeux à venir
21:28à son rival
21:28Takeshi Takeoka
21:29champion du monde
21:30l'année dernière
21:31devant lui
21:32et numéro 1 mondial
21:33depuis
21:33sa soeur
21:34Outa
21:35ira-t-elle prendre
21:36un 6ème titre mondial
21:37d'affilée
21:38à 26 ans seulement
21:39pour la France
21:39tout repose
21:40sur les épaules
21:41de notre champion d'Europe
21:452025
21:46Daiki Ibuba
21:47et sur les 20 ans
21:48du champion de France
21:49Kelvin Rey
21:49qui n'a rien à perdre
21:51et tout à gagner
21:52et c'est parfois comme ça
21:53que s'écrivent
21:53les premières lignes
21:54des légendes à venir
21:55Musique
21:57...
21:58...
21:58...
21:59...
22:00...
22:01...
22:01...
22:01Sous-titrage FR ?