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  • il y a 2 jours
Je choisis de le dire : Kelvin Ray a battu pour son deuxième combat lors d’un championnat du monde seniors, ce lundi 5 octobre 2026 à Bakou, la légende Hifumi Abe, et voici comment ça s’est passé. Cette version de l'histoire, que l'on aurait évidemment aimée, et son pendant cruel mais bien réel sont à retrouver dans ce deuxième épisode des Dessous de Bakou, la nouvelle série du podcast Hajime de L’Esprit du Judo.

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Sport
Transcription
00:09Je choisis de le dire, Kelvin Rey a battu pour son second combat lors d'un championnat du monde senior
00:15ce lundi 5 octobre 2026 à Baku, la légende Yifu Miyabe et voici comment ça s'est passé.
00:21Les repères contre le monstre de la catégorie, il les avait puisqu'il avait payé pour voir le spécial du
00:27japonais Sode Tsurikomigoshi à droite lors de son dernier tournoi de réglage en juin à Kingdao.
00:33Sur ce tapis des championnats du monde de Baku, on perçoit vite la façon dont est considéré le double champion
00:39olympique.
00:39Un démarrage tonique sans être spécialement impactant et voilà la pénalité pour non-combativité qui tombe contre Kelvin Rey.
00:47Combatif, il l'est en réalité ce jeune espoir de 20 ans et il a même une idée en tête.
00:51Cacher rapidement son bras gauche dans le dos d'A.B. par le haut ou même en passant sous l
00:55'aisselle, sans relais pour éviter de donner à la machine A.B. de quoi saisir et lancer son Sodez mortel
01:02comme il en a l'habitude.
01:03La tactique est la bonne. Au bout d'une minute, subissant cette garde haute de gaucher qui vient le chercher
01:09sur le côté et dont il sent qu'elle pourrait être dangereuse car Kelvin Rey est un très bon spécialiste
01:15des mouvements de hanche, A.B. préfère mettre les genoux au sol.
01:19Il est pénalisé. Une série de séquences courtes et intenses sur cette base, chacun tentant de prendre l'ascendant sur
01:26ses choix de Kumikata, amène les combattants aux dernières secondes du combat.
01:31Ifumye A.B. prend le dessus avec une garde haute de droitier qui incite Kelvin à mettre le genou au
01:36sol. Il est pénalisé une nouvelle fois.
01:38Nous voici au Golden Score et toute la salle profite avec plaisir de ce combat entre le lion nippon et
01:44ce jeune français qui reste calme et ne donne même pas l'impression d'être en sur-régime.
01:49Avec sa science du combat, A.B. sent qu'il doit attaquer pour emporter la mise. Mais Kelvin reste solide,
01:55en contrôle.
01:56Au bout de 30 secondes de Golden Score, c'est lui qui monte la main une nouvelle fois et le
02:00champion du monde en titre se jette à plat ventre.
02:02Il est pénalisé. Les deux combattants sont alors à égalité.
02:05Tout semble possible. Le public, les officiels ont compris que la Perle d'Orient est en difficulté sur ce combat
02:11d'ouverture.
02:12Ce jeune gaucher a trouvé une petite faille dont la machine a projeté et elle convient à son style.
02:18Il tâche de priver Ifumye A.B. de son opportunité favorite et ça marche.
02:23C'est là que tout bascule. Après plus d'une minute au Golden Score, la main gauche de Kelvin Ray
02:27est encore parvenue à monter sur l'épaule du japonais
02:30qui réplique immédiatement en passant son bras sous l'aisselle et en tâchant de repasser le pied devant pour chasser
02:35la jambe.
02:36Ce geste mal exécuté l'amène à genoux.
02:38Kelvin Ray a senti la faiblesse du mouvement. Il se tourne vers l'arbitre, bras écartés, pour la prendre à
02:43témoin.
02:43Car c'est une arbitre italienne qui officie. Et c'est le maté.
02:46Selon la règle en vigueur, depuis la veille, ce geste vaut sanction.
02:49Ifumye A.B. est battu. C'est sa dernière sortie mondiale.
02:52Le final est le début de l'histoire pour un jeune français propulsé par ce duel improbable, gagné d'homme
02:57à homme contre le plus fort de la décennie.
02:59Sauf que la pénalité n'est pas tombée.
03:01L'arbitre choisit de ne pas interpréter la séquence comme négative et laisse le combat reprendre.
03:06Bien sûr, Ifumye A.B. a compris qu'il avait échappé par miracle à une sortie prématurée de carrière à
03:13deux ans des Jeux.
03:14Il lance deux très fortes attaques en makikomi, puis sur une tentative de Utsuri Goshi, toujours sous la pression de
03:20ce bras gauche.
03:21Mais à chaque fois, le jeune talent tricolore en sort sans dommage, avec une forme d'élégance, d'attitude, qui
03:26semble déjà sa marque de fabrique.
03:29La séquence suivante, prise encore sous ce bras gauche, A.B. repasse une nouvelle fois devant pour une tentative de
03:34O.U. Chigari qui n'a aucune chance d'aboutir,
03:36alors qu'il n'a même pas la saisie sur la manche avec sa main gauche et arrive très vite
03:40à plaventre.
03:41Cette fois encore, la fausse attaque est nette, mais l'arbitre choisit d'en finir autrement, en décrétant la non
03:46-combativité du tricolore.
03:48Alors qu'elle tend le bras vers l'immense champion japonais, il est probable que celui-ci, en son fort
03:53intérieur, sait ce que tout cela vaut.
03:55Son salut très bas, traversé par l'épuisement et le soulagement, semblait aussi exprimer une forme d'hommage au jeune
04:02gladiateur qui lui avait fait si mal.
04:03Le nouveau petit prince de Paris ne lui en tenait pas rigueur avec une forme de candeur et de jeunesse,
04:08ou déjà beaucoup de sagesse, comprenant qu'un double champion olympique et quadruple champion du monde, ça se respecte, et
04:14à l'occasion, ça se protège.
04:16Après c'est l'arbitrage, mais hier ils ont été super durs avec les français sur ça, les trois ont
04:19perdu comme ça,
04:20et je pense franchement que ces attaques, elles n'étaient pas meilleures que celles des français d'hier.
04:24Après c'est normal, c'est un champion olympique, ils sont normal, quand elle doit s'adorer, t'es favorisé,
04:28donc ça on doit le savoir.
04:29Il n'y a pas d'excuses non plus, je n'ai pas réussi à le faire tomber, j'ai
04:32voulu, je n'ai pas réussi, mais la prochaine fois j'y arriverai en tout cas.
04:36J'ai fait un beau combat, j'avais ma stratégie.
04:38Après je manque encore un peu de lâcher prise, de mettre la jambe quand il faut, un peu d'expérience
04:43pour les Shido.
04:44Je suis dégoûté, parce que je commence à faire des belles compétitions en Grand Prix d'ensemble,
04:48donc j'ai le niveau d'accrocher les meilleurs, j'ai déjà battu des mecs dans le top 10, dans
04:53le top 5,
04:54et donc je suis frustré, le tirage au sort ça ne m'a pas du tout fait peur,
04:58je l'ai déjà appris, je sais comment il fait judo, j'avais des stratégies sur lui, ça n'a
05:02pas suffi aujourd'hui,
05:02donc je suis déçu, parce que je sais que j'aurais pu battre beaucoup d'autres mecs aujourd'hui,
05:08et faire une médaille mondiale, même si je n'ai pas de référence encore en championnat,
05:11même en démaille en France-là, mais je sens le progrès, je travaille pour,
05:15et donc je suis déçu, parce que même si j'étais remplaçant et on ne m'attendait pas,
05:18moi dans ma tête j'étais prêt à faire médaille, donc je suis frustré quand même, je suis très déçu.
05:22La dernière fois j'ai pris Sodé dès qu'il m'a attrapé cette main,
05:25donc c'était de protéger cette main au maximum, de toucher avec celle-là pour envoyer des patates avec la
05:30gauche,
05:30donc c'était ça mon thème, c'était de la bagarre, j'ai essayé de faire de la bagarre,
05:34parce que niveau technique, je suis en dessous, en dessous les japonais,
05:38ils ont plus d'heures d'entraînement, mais c'est juste de la bagarre,
05:41j'ai voulu me bagarrer au plus possible, donc je suis un peu déçu,
05:43j'ai dû redescendre un petit peu sur la fin.
05:45Là j'avais confiance, je n'ai pas eu peur, dès la sortie du tirage, je n'ai pas eu
05:48peur,
05:48j'étais même content, même si je préfère le prendre en finale, c'est sûr que ça ferait une plus
05:51belle finale,
05:51mais j'ai peur de personne, franchement, j'ai peur de personne, j'ai confiance en moi,
05:56souvent j'ai confiance en moi et je perds au final, mais en tout cas j'ai confiance en moi,
05:58donc je pense que ça aide aussi.
06:02Philosophe et peu désireux de s'étendre sur les SI, Franck Chambilly, l'entraîneur,
06:06constatait ce qui avait manqué à son jeune poulain,
06:08l'expérience dont avait justement fait preuve son prestigieux adversaire,
06:12pour gagner certaines séquences à peu de frais.
06:15Le faire tomber c'était compliqué, mais en revanche le neutraliser,
06:18lui mettre le bras gauche dans le dos en ayant une posture très recalée, décalée,
06:22c'était très bien parce que ça le gênait et on l'a vu, il n'était pas bien,
06:26après derrière ce qui manque c'est un petit peu, c'est la finition avec la jambe de dent,
06:31comme l'autre il n'est pas bien, du coup il est obligé de défendre,
06:34et quand il défend, les japonais quand ils doutent, c'est là où ils sont prêts,
06:37ils font des erreurs, et là on peut les reprendre.
06:40C'est ce qui lui a manqué avec Kelvin un petit peu sans l'avance,
06:41cette lucidité de dire ok ça ne tombe pas, maintenant il faut que je fasse un petit truc en plus,
06:47il ne s'est pas tombé, donc voilà.
06:48Il est vraiment monté, pas pour figurer, il est monté pour le battre,
06:52et ça s'est senti dès la première séquence, il l'avait déjà eu pris en Chine,
06:58bon il avait perdu, mais il avait montré quand même déjà de belles choses,
07:01dans l'attitude, encore une fois, parce que le résultat final, il perd,
07:04mais il avait montré de belles choses, et là on a vu encore un autre visage,
07:10j'espère que la troisième fois ça sera la bonne.
07:12Pas de médaille pour Kelvin Rey, venu remplacer Walid Kiar blessé,
07:16une semaine avant le championnat, mais une sacrée expérience acquise,
07:19sans doute une éclosion, un vrai repère en tout cas dans une montée en puissance
07:23qu'on anticipe déjà et qui pourrait le mener dans les mois à venir,
07:26à contester la hiérarchie nationale en vue des Jeux.
07:29Il n'est pas éclipsé en tout cas par le second français qualifié dans cette catégorie,
07:33Daiki Ibuba.
07:34Brillant champion d'Europe 2025, le Parisien de la JIA n'est plus parvenu depuis
07:38à retrouver l'état de grâce, n'allant chercher qu'une médaille de bronze au Grand Prix du Mexique
07:42il y a quasiment un an de cela.
07:44Défaite au premier tour au championnat du monde 2025, au deuxième tour au championnat d'Europe dernier,
07:49qu'allait-il pouvoir exprimer de son talent dans l'enfer de Bakou,
07:52dans cette catégorie où trois Azerbaïdjanais étaient inscrits en ce début de journée.
07:56Son tirage lui offrait Jorge Benavides, un combattant de 21 ans,
08:00vainqueur des championnats panaméricains pour l'Équateur,
08:02qu'il parvenait à surprendre à l'entrée de la dernière minute avec un Soumigaichi parti du sol.
08:07Beaucoup plus copieux ensuite, Denis Vierrou, un moldave moins bien classé que lui,
08:11et dont les belles heures semblaient un peu derrière lui,
08:13mais en bronze tout de même au jeu de Paris 2024.
08:15Solide, mais un peu passif, il se faisait prendre bêtement dans une séquence
08:19qui se déroulait à moitié à quatre pattes,
08:21trois tentatives dans un sens façon Uchimata,
08:24puis le changement de direction en Soumigaichi latéral qui le surprenait.
08:27Fin de l'aventure pour Daiki Buba, qui pourra s'en vouloir,
08:30car le chemin de la médaille passait par là.
08:32Vainqueur en finale de tableau du Tajik Nourali Emolali,
08:35battu en demi-finale par la surprise du jour d'Espagnol David Garcia-Torn,
08:39Denis Vierrou allait arracher le bronze au russe Murad Chopanov,
08:43celui-là même que Daiki Buba avait battu en finale à Podgorica pour son titre européen.
08:48Denis Vierrou, un peu plus fort ou déterminé que lui aujourd'hui.
08:51C'est moi qui lance en premier, un Soumigaichi, il fait une brille.
08:56On se relève tous les deux, en fait, à chaque séquence, on se relève tous les deux.
08:59Et à chaque séquence, il va.
09:02Et à la dernière séquence où je me dis, en fait, j'y vais pas trop,
09:06il faut que la séquence s'arrête, j'essaie d'aller au sol.
09:09Du coup, j'essaie pas de reprendre l'initiative et quand il y va, je peux pas trop défendre.
09:14C'est des combats qui sont très fermés, c'est tactique et c'est dommage
09:17parce que les deux Soumigaichi que j'ai faits, je trouve, où il a brillé là,
09:21je pense que c'était sur ça qu'il était le plus vulnérable.
09:24J'arrivais pas à trouver de trous sur Sasae ou sur le coup du volant,
09:32mais je pense que Soumigaichi, c'était la solution.
09:37Mais après ce bon Soumigaichi, là, j'aurais pas dû me relever.
09:40J'aurais dû garder la séquence où j'avais pris l'initiative.
09:45Là, c'est vraiment un détail parce que c'est kiff-kiff, une séquence kiff-kiff.
09:51Je fais un mauvais choix, je fais un mauvais choix.
09:55Son coach sur la chaise, Franck Chambilly, jamais langue de bois, pointait du doigt le problème.
09:59Encore une fois, D'Aki, c'est le défaut de ses qualités.
10:02Quand il est en capacité d'avoir une grosse saisie, il est en attente, il déclenche pas tout de suite.
10:07Et sur le yuko ou le other équipement, je sais plus, je crois que c'est yuko.
10:11Et voilà, l'autre démarre avant, et puis après, lui, il essaie de relancer.
10:15L'autre redémarre, mais comme il est en retard sur le...
10:17Eh bien, Vieroux, il s'est raccroché à ça, il a pris du coup.
10:22Voilà, c'est dommage parce que je pense qu'il pouvait aller au moins chercher un quart de finale.
10:29Après deux jours et quatre candidats sur la ligne de départ, la France n'a donc pas encore démarré le
10:34compteur des médailles chez les masculins.
10:35Elle ne risquait pas d'en ajouter une chez les féminines aujourd'hui,
10:38puisque la grande pourvoyeuse en moins de 52 kilos, Amandine Bouchard,
10:42ni Blandine Ponce à Dynamic Challenger, n'avaient été conviées à la fête.
10:47Tout se jouait donc sans nous, dans les phases finales.
10:50Sans nous, mais rarement sans le Japon, et rarement sans le frère et la sœur Abbé en cette deuxième journée.
10:56On connaissait leurs objectifs, un peu au-dessus de la moyenne,
11:00gagner un cinquième titre mondial pour Ifumi, l'aîné, désormais 29 ans,
11:04un sixième pour Uta, la cadette, qui n'a toujours que 26 ans.
11:08La perspective pour l'Inde d'aller chercher la qualification pour un potentiel troisième titre olympique,
11:13il parle même d'aller jusqu'à Brisbane en 2032,
11:17battre le record des victoires mondiales de Tamura Tani, qui s'élève à 7 pour sa petite sœur.
11:22Sacrée famille !
11:22On avait quitté le grand frère bien heureux de s'en être sorti à bon compte
11:26pour son tour de chauffe contre notre Kelvin Ray.
11:29Il continuait son chemin sans grand éclat jusqu'en demi-finale,
11:32mais sans être autant malmené qu'au premier tour.
11:35En demi-finale, duel du jour contre son grand rival Takeshi Takeoka,
11:39un grand sec au style presque brutal de vivacité,
11:42plus démolisseur que pur styliste ou puncher.
11:44Beaucoup de choses se jouent sur ce combat.
11:46Comme toujours, quand il est dos au mur,
11:48Ifumi Abe, malmené, trouve les ressources pour marquer,
11:52cette fois sur une sorte de plaquage haut,
11:54en contre d'un hippon Osotogari bien engagé.
11:57En rugby, on parlerait de cravate et il aurait pris un rouge.
12:00En judo, et en l'occurrence, c'était inventif et très pertinent.
12:04Sa sœur, Uta, paraissait un peu sur le même registre que lui,
12:07légèrement moins rapide cette année,
12:09et tonique, moins en rythme et avec moins d'impact.
12:12Ce n'était pas gênant pour ses deux premiers tours
12:14contre la brésilienne Larissa Pimenta,
12:17jetée sur Ouchigari et Ouchimata,
12:19et contre la tchèque Teresa Bodnarowa,
12:21qui prenait un gros saudé Tsurikomigoshi pour Wazari en 6 secondes.
12:26Mais l'allemande Masha Balaos,
12:27qui l'attendait en finale de tableau,
12:29était venue avec un plan et deux pinces mécaniques à la place des bras.
12:33Cette allemande ne rigole pas.
12:35Quatrième mondial, médaillée de bronze des deux derniers championnats du monde,
12:39battue en 46 secondes en 2025, en demi-finale des championnats du monde,
12:44elle a quelque chose à prouver.
12:46Il ne faut pas laisser le champ libre à la vivacité de la japonaise,
12:49alors c'est avec sa main gauche qu'elle entrave le mouvement de la quintuple championne du monde,
12:53l'attirant à elle avec une force supérieure à toutes les autres,
12:57l'obligeant à quelques séquences emboîtées,
12:59où elle parut parfois fragile.
13:00Il reste une minute et demie à peine,
13:03le bras gauche est arrimé,
13:04la main droite vient chercher haut jusqu'à la ceinture,
13:07où Tahabe se laisse faire avec l'idée de passer la tête sous le bras
13:10pour un fort au Uchigari par en dessous
13:12que les japonais ont beaucoup travaillé justement
13:14pour répondre à une situation de garde croisée.
13:17C'était le plan, le moment espéré.
13:19Alors qu'Utahabe se prépare à plonger dans la distance,
13:22la grue élévatrice se met en route,
13:24à deux mains sur la ceinture,
13:26pour un arraché façon force basque,
13:28tout en puissance de bras et de cuisse qui treuille la japonaise.
13:31Celle-ci est prise au piège et se déroule sur le dos.
13:33Oazahari, une minute quinze à tenir pour l'allemande,
13:36une minute quinze pour revenir pour la japonaise.
13:39Trop consciente de l'opportunité,
13:40Masha Balaos va alors accumuler les erreurs,
13:43se faisant pénaliser rapidement une seconde fois,
13:46lançant des attaques qu'elle termine à plat vente,
13:48refusant la saisie.
13:49A chaque fois, l'arbitrage hésitera à aller au bout de la logique,
13:53avec l'idée implicite de lui laisser l'avantage de son exploit jusqu'au bout.
13:56Mais à quatre secondes de la fin, sous la pression d'Abbé,
14:00elle sort à reculons, presque en courant.
14:02La sanction devient inévitable.
14:04Il y a des victoires pour lesquelles il vaut mieux être prête,
14:07où Tahabé n'avait jamais perdu en championnat du monde.
14:10A vrai dire, depuis 2017,
14:12elle n'avait tout simplement jamais perdu que deux combats,
14:15son fameux premier tour des Jeux de Paris contre l'Ouzbék Keldjirova,
14:18et une finale du Grand Chlem d'Osaka en 2019,
14:21contre l'absente du jour,
14:23notre Française Amandine Bouchard,
14:25qui lui avait marqué Ouazahari.
14:27Laquelle Bouchard a aussi l'honneur d'être la seule
14:29à lui avoir marqué un avantage dans un autre combat.
14:32La seule, la stat donne le vertige.
14:35Un Ouazahari en demi-finale des championnats du monde 2022,
14:38avant de perdre le combat.
14:40En défendant mieux son Ouazahari,
14:42Masha Ballhaus pouvait s'inscrire dans cette histoire,
14:44et la voix du titre mondial était dégagée.
14:47Elle ne sera finalement que la seconde combattante,
14:49à avoir marqué un Ouazahari à la petite sœur Abbé,
14:52sans emporter le combat.
14:54Grillée par ce triomphe favorité,
14:55elle allait même échouer pour la médaille de bronze,
14:58face à l'italienne Odette Giuffrida,
15:00en pleine forme,
15:01qui lui plaçait son déhashibarai
15:02et suivait judicieusement au sol en étranglement.
15:05Qui pour faire face aux trois Japonais en demi-finale ?
15:08Trois Espagnols,
15:09venus démontrer la valeur du système de haut niveau atypique
15:12de la péninsule ibérique,
15:13fait de grands centres régionaux publics ou privés,
15:16comme l'énorme structure de Valence,
15:17de fortes personnalités leaders,
15:19des entraîneurs comme Joaquin Ruiz ou la famille Solaire.
15:22Ayumi Leva Sanchez,
15:24transfuge cubaine prise en charge par Laura Gomez
15:26et Sugoi Uriarte à Valence,
15:28était en demi-finale des moins de 52 kg,
15:31avec une belle maîtrise au sol notamment,
15:33ainsi qu'Ariane Toro-Solaire,
15:35entraînée à Pampe-Lune par ses illustres parents,
15:37anciens internationaux.
15:39La première allait céder devant Abbé en demi
15:41et prendre le bronze à la mongole Bayon Munk.
15:44La seconde passait en finale grâce à un coach guéri limpide
15:48contre l'Italienne Giuffrida.
15:50Quant au troisième,
15:51c'était la tête de série numéro 6 témoin de 66 kg,
15:54David Garcia Thorne,
15:56entraîné à Madrid par Joaquin Ruiz,
15:58dit Kino.
15:59Un combattant très vif et opportuniste,
16:01intelligent dans sa façon de combattre
16:03et vainqueur malin entre autres,
16:05du très rugueux mongol Yondon Perenley,
16:07pourtant intimidant,
16:08et du talentueux moldave Yerou,
16:11en comptant d'une jambe qui traîne,
16:12une tentative d'arracher du sol.
16:14Nous avions donc droit à une affiche originale
16:17de Espagne-Japon pour les finales,
16:19David Garcia Thorne et Ariane Toro-Solaire
16:22contre la famille fabuleuse,
16:24le frère et la sœur,
16:25partis pour un cinquième doublé potentiel
16:27après les champions du monde de Baku,
16:29déjà en 2018,
16:31les Jeux de Tokyo en 2021,
16:33les champions du monde de Tashkent en 2022
16:35et de Doha en 2023.
16:37Une tradition familiale qui s'était un peu perdue,
16:40en passe d'être retrouvée.
16:41Ce fut chose faite,
16:42même si Outa dut se méfier longtemps
16:44de l'Espagnol Toro-Solaire
16:45qui l'attendait pour exploiter ses erreurs en contre,
16:48mais qui prit finalement la dernière pénalité
16:50pour un sous-témis raté.
16:51Quant à Ifumi,
16:53il prenait enfin la dimension du moment
16:55avec un majestueux Eris Serunaguet
16:57chargé sur la hanche contre Garcia Thorne.
17:00Un beau geste pour finir en beauté.
17:03Être capable de faire ce doublé mondial,
17:05familial, impossible,
17:07pour la cinquième fois,
17:08et alors même qu'on n'est pas au mieux,
17:10c'est peut-être ça la démonstration
17:11la plus impressionnante du jour.
17:13La veille,
17:14Wakana Koga, victorieuse en moins de 48 kilos,
17:17avait étouffé après sa victoire
17:18un sanglot naissant derrière ses mains
17:20pour ne rien laisser paraître
17:21avant de s'incliner dans un salut.
17:24Outa Abe se contenta de passer la main
17:25dans ses cheveux,
17:26de sourire légèrement,
17:28avant elle aussi de s'incliner.
17:29Le plus exubérant fut encore une fois
17:31le grand frère,
17:32qu'on a même connu teint en blond,
17:33qui se permit de lever haut le bras,
17:36main ouverte,
17:36pour symboliser ses cinq titres
17:38et d'indiquer son dossard.
17:40L'euphorie à la japonaise.
17:42Il n'empêche,
17:43les voici à trois titres
17:44et deux médailles de bronze
17:45en deux jours,
17:46nos éternels leaders mondiaux,
17:47ne laissant partir que le titre
17:49des moins de 60 kilos
17:50vers l'Azerbaïdjan.
17:51Chou blanc aujourd'hui pour le pays haute,
17:53malgré ses trois engagés masculins
17:55et une féminine,
17:56qui fit d'ailleurs la meilleure journée.
17:57Le Japon est sur son rythme habituel,
17:59exactement au même niveau
18:00qu'en 2025,
18:01où il avait fini la compétition
18:03à six titres.
18:04Nous n'en sommes pas là,
18:05mais ça en prend le chemin.
18:07Tout se joue aux médailles d'or.
18:08Le président Nomi
18:09s'en a revendiqué quatre,
18:10dans un élan
18:11qu'il savait lui-même irréaliste,
18:13puisque nous n'y sommes jamais
18:14parvenus à l'étranger,
18:15avec des équipes
18:16qui comptaient dans leur rang
18:17Teddy Riner
18:18et une Clarisse Agbeninou
18:19au top de ses moyens.
18:21À deux titres,
18:22la vie serait déjà très belle.
18:23La France devra faire jouer
18:24ses atouts forts
18:25dans un troisième jour décisif.
18:27En moins de 57 kilos,
18:28Sarah Léonis-Sizik est allée
18:30en 2025
18:31chercher sa première médaille mondiale.
18:33Peut-elle encore passer un cap ?
18:35De retour de blessure,
18:37le médaillé olympique
18:38et champion du monde en titre
18:39Johan Benjamin Gabba
18:40arrive pour montrer
18:42qu'il est toujours le même
18:43et il a le magnifique médaillé
18:45de bronze du championnat d'Europe
18:46Diane Boulême-Tafès
18:47à ses côtés.
18:48Si tout va bien,
18:49il se retrouve en finale.
18:51Ce serait beau.
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