- il y a 7 mois
JĂł reggelt kĂvánok Budapest ! Comme on dit en bon magyar. Les Jeux de Paris sont effacĂ©s, les lames sont aiguisĂ©es, et tant pis pour ceux qui sont un peu lents Ă la parade. Ils se font couper en deux, mĂŞmes s’ils sont l’un des onze numĂ©ro un mondiaux prĂ©sents, mĂŞme s’ils sont l’un des sept champions olympiques Ă avoir remis le couvert, mĂŞme s’ils sont l’un des dix champions du monde Ă dĂ©fendre ici leur titre. Qui a succombĂ©? Quelles tĂŞtes se sont hissĂ©es au-dessus de la mĂŞlĂ©e pour ce premier temps fort international de la nouvelle olympiade, vous saurez tout de cette première journĂ©e des championnats du monde 2025 en Ă©coutant la nouvelle sĂ©rie de notre podcast Hajime.
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00:00Yo Regal Kevanok, Budapest, comme on dit en bon maguiar. Les bests sont Ă Budapest. Les Jeux de
00:13Paris sont effacés, les lames sont aiguisées et tant pis pour ceux qui sont un peu lents à la
00:17parade. Ils se font couper en deux, même s'ils sont l'un des onze numéro un mondiaux présents,
00:22mĂŞme s'ils sont l'un des sept champions olympiques Ă avoir remis le couvert, mĂŞme s'ils sont l'un des
00:2710 champions du monde à défendre ici leurs titres. Quand on débute une olympiade, on sait que les
00:31compteurs sont remis à zéro, avec quelques grands monstres restés au fond du placard pour un an ou
00:36plus, s'ils manquent d'affinité et de motivation, comme par exemple en moins de 48 kg, l'invincible
00:41japonaise Natsumi Tsunoda, laquelle n'a pas encore complètement acté sa retraite pourtant bien méritée,
00:47sans s'engager sur ce premier championnat du monde de la nouvelle olympiade. Avec les compteurs à zéro et
00:53les absents de prestige, on joue facilement au jeu des probabilités. Tout paraît simple dans les stats,
00:59maintenant c'est au tour de celui qui patientait derrière. L'avenir et les titres appartiennent à ...
01:04Pour ce qui concerne la France, en cette première journée, qui d'autre que la médaille olympique
01:08et championne d'Europe Shirin Boukli en moins de 48 kg pourra atteindre enfin la grande consécration
01:13à 26 ans et pour sa quatrième participation à un championnat du monde senior ? Après son unique
01:19médaille mondiale senior en 2023, l'argent, battu cette fois par la grande absente Tsunoda,
01:24comme l'année suivante au jeu, on ne voyait donc qu'elle pour le titre 2025, d'autant que la
01:29sélectionnée japonaise Wakana Koga restait sur quatre défaites de rang contre elle. Chez les garçons,
01:34même facile calcul, avec de fermes espoirs jetés sur les épaules de notre vice champion olympique des
01:39moins de 60 kg, Luka Mekidze, débarrassé du champion olympique Yeldo Smetov retraité avoué. On attendait
01:46donc, c'était beau à voir sur le papier le quart de finale fratricide entre les deux tricolores de
01:50cette catégorie florissante en France, le médaille olympique Luka Mekidze contre le vainqueur du Grand
01:55Chelem de Paris, Romain Valadier-Picard. De l'excitation et un demi-finaliste assuré derrière,
02:01c'était parfait. Mais comme pour Perrette et son pote au lait fracassé en chemin, toutes ses grandes
02:06espérances ont montré de quoi elles étaient faites. En moins d'une minute sur les deux tapis, en même temps de
02:12l'aréna Laszlo-Pape. Elles étaient fragiles et veines face à la volonté des plus remontées,
02:17comme le démontraient les défaites quasi simultanées dès leur deuxième combat du champion
02:21d'Europe et champion du monde en titre. En moins de 60 kg, le Géorgien Georgie Sardalajvili. Et
02:26malheureusement, du numéro 1 mondial, Luka Mekidze, tous les deux balayés par la détermination de deux
02:32anonymes devant leur public, les Hongrois Marton-Andrazi, Exanad-Feshko, 76e et 92e au classement mondial.
02:40Anticiper l'erreur possible et la faire quand même, c'est le signe que quelque chose n'y était
02:45pas, au moins d'un point de vue stratégique et peut-être aussi sur le plan mental. Et c'est ce
02:49que notre double médaillé olympique Luka Mekidze, contrée par le vainqueur de l'Open Européen de
02:54Sarajevo 2024, Sardalajvili, devra analyser avant les prochains grands rendez-vous.
03:00Il m'a mis en confiance, je savais qu'il était assez costaud, qu'il n'allait pas forcément
03:06attaquer beaucoup, mais justement il allait attendre que je fasse une erreur. Et ce qui
03:12est dur, c'est qu'avec les entraîneurs, on s'était dit qu'il fallait vraiment que je
03:16le sorte de ses appuis, mon adversaire, que je n'attaque pas en direct parce que le match
03:20d'avant, c'est sur une contre qu'il avait gagné. Donc après, les pénalités montaient,
03:26il avait deux pénales, il m'avait fait, je pense, un voire zéro attaque du match. Ça
03:32m'a mis un peu en confiance et puis je fais l'attaque qu'il ne fallait pas que je fasse
03:37à ce moment-là . Et puis c'est tout simplement ça et puis c'est une déception, c'est vraiment
03:43dommage. J'en parle beaucoup, j'y pense beaucoup à ces championnats du monde, c'est une médaille
03:48qui m'en manque encore dans mon palmarès. Et en fait, par rapport à tout ce que j'ai
03:54vécu avec les médailles que j'ai dû remporter, je connais mes capacités, je sais que j'en
04:02suis capable, je sais que les mecs qui vont ĂŞtre sur le podium aujourd'hui, je sais que
04:06je les ai déjà battus et je peux les battre encore. Et puis c'est ça qui est dur et
04:11puis au final, je n'ai pas dépassé encore ce stade d'arriver en quart et puis rester en
04:16course sur un championnat du monde. Quand on revient, quand on prépare, après je ne
04:20suis pas le seul à préparer, tout le monde se prépare, mais tout ce que je mets, tous
04:24les ingrédients que je mets au quotidien, tous les sacrifices et puis au final, finir
04:30la journée en sortant du match et en me disant « je n'ai pas tout donné, je n'ai pas été
04:35bon tactiquement » et puis c'est dommage. Après, si vraiment il avait été plus fort que
04:40moi et puis vraiment il était aussi sur les matchs, je serais sorti du match et j'aurais
04:45dit « voilà , il a été plus fort que moi » et puis il a mérité mais là c'est
04:50dur quoi, je menais le match, j'avais le match dans les mains et puis au final, ça
04:55tombe pas en ma faveur quoi.
04:56Bien sûr, le premier acte ne dévoile pas la fin de la pièce, comme le rappelait avec
05:01le sens de la distance qui convient le coach sur la chaise, Ludo Delacote.
05:05« Il y a une attaque qu'il ne doit pas faire à ce moment-là , il y a encore du temps,
05:10il y a un décalage de pénalité, il y va, il se fait contrer, on savait que c'était
05:16un profil statique qui compterait très bien, donc l'idée c'était plutôt que d'être
05:20dans l'activité et la mobilité. Écoutez, ça arrive, c'est le haut niveau, parfois on
05:26fait des petites erreurs, parfois on n'est pas puni pour ça, parfois on l'est, donc
05:30écoutez, ça ne remet pas en cause tout le travail de Lucas, foncièrement il n'a rien
05:36à changer, et puis tant qu'on n'est pas mort, on est vivant. »
05:39Budapest avait donc montré dès la première journée de quoi est fait un championnat du
05:43monde. Toujours de la même étoffe, celle des héros auto-révélés, ceux qui disent mieux
05:48que les chiffres, que c'est effectivement leur tour, leur jour et qu'il faudra se battre
05:53plus fort qu'eux pour leur retirer la proie qu'ils mordent. Exit dès son premier
05:58combat, l'ancien champion du monde espagnol et récent médaillé olympique Francisco
06:01Garrigos, sorti proprement Paris-Pont sur Tayotoshi par le Kazakh Sham Shadin. Écarté, le double
06:07champion du monde coréen Lee Harim par le tonique combattant russe Ayuk Blief. Balayé
06:12sur Ko Uchigari, le vice-champion du monde et médaillé olympique taïwanais Yang Yongwei.
06:18Dominée aussi chez les filles, la jeune Suédoise Tara Babulfat, dont l'enthousiasme
06:21de fraîcheur était restée sur le podium des Jeux de Paris. Dans ce registre,
06:26Shirin Boukli semblait être celle qui allait trouver assez de résilience pour échapper
06:31aux Jeux de Massacre. Elle ne survolait pas les débats, pourtant c'est même le moins
06:35qu'on puisse dire, gênée qu'elle ait aidé le premier tour par une Ouzbeck en papier mâché
06:39de 18 ans sur laquelle elle semblait avoir du mal Ă trouver des prises, puis se faisant
06:44surprendre en quart de finale par une belle attaque de la technicienne russe Sabina Giliazova.
06:48Mais elle remontait rageusement contre cette Russe et le chemin semblait s'ouvrir Ă
06:53la hauteur de sa volonté de ne pas subir. Car la japonaise Koga était elle-même victime
06:58du grand bowling, offrant en quart une troisième pénalité à la Kazakh Abou Zakinova alors
07:03qu'elle menait de deux yukos. Pour atteindre l'or, il fallait donc Ă Shirin Boukli, toujours
07:07dans le jeu, sortir en demi-finale la jeune Italienne Assunta Scuto à laquelle elle avait marqué
07:12Wazahari aux Jeux de Paris et au récent championnat d'Europe avant de pouvoir rêver d'une finale
07:17contre la Kazakh, battue par elle lors de leur dernier face-Ă -face au Master 2022 et
07:22au championnat du monde 2023. Mais les rêves, en compétition, ça se réalise ou pas. Adieu donc,
07:29veau, vache, cochon, couvée. Adieu à la première médaille d'or mondiale.
07:33Agressive d'entrée et précise dans ses attaques debout, l'italienne de 23 ans plaçait un monumental
07:39seoïnage debout à la française avant d'aller emporter facilement le titre mondial. Elle qui
07:44était déjà finaliste l'année dernière et deux fois médaillée de bronze en 2022 et 2023. Soit un
07:49palmeresse, on peut désormais le dire, largement supérieur à celui de notre meilleur moins de 48 kg.
07:54Il restait pourtant une médaille à sauver celle qui aurait mis du baume sur les démangeaisons de la
07:58frustration. Passer si près, avoir tous les feux verts et ne pas convertir. Mais pour le bronze,
08:03c'était la japonaise qui se trouvait là et c'est elle qui sortait un petit haut Uchigari tout en poussée,
08:07suffisant pour priver la française en panne de toute consolation. Deux déçus face à face,
08:12mais la japonaise allait au moins monter sans sourire sur le podium et pouvait se dire que sa
08:17série noire contre la tricolore était achevée. Le coach des dernières années en club et désormais
08:22sur la chaise comme entraîneur national, Kylian Leblouk, n'esquivait pas la mauvaise prestation du
08:26jour sans en trouver d'évidentes raisons. Comparé au deuxième match où finalement elle a pris
08:31conscience de ce décalage et qu'il fallait tout de suite prendre le taureau par les cornes,
08:36elle ne l'a pas fait au premier donc forcément il a fallu la bousculer un peu. En plus ça lui a
08:43coûté parce que forcément quand tu uses du jus sur les premiers tours, c'est du jus qui ne te reste
08:49plus pour la fin. Je pense qu'il y a aussi la tronche mais quand elle sort du match sur la place de
08:55trois, elle me dit que j'ai plus de gaz. Ça peut faire partie des raisons même si je pense qu'il y a
08:59aussi les aspects psychos mais c'est dommage parce qu'il y avait vraiment le tableau la place.
09:07Je pense vraiment et j'en reste convaincu après je suis entraîneur c'est normal mais je pense que
09:13c'est la meilleure du monde. Avec Tsou Noda qui pour l'instant est encore un cran au dessus. Aujourd'hui
09:20elle ne l'a pas fait malheureusement. J'espère qu'elle aura d'autres chances de retenter cette expérience,
09:28d'aller chercher ce titre et d'accrocher son portrait Ă l'INSEP qui est tout simplement son objectif.
09:34Je pense vraiment qu'elle était prête. On avait encore comme d'habitude beaucoup travaillé,
09:39tous les indicateurs étaient ouverts. Elle était prête physiquement, mentalement, dans son judo.
09:45En tout cas tout ce qu'on a mis en place de l'extérieur donnait vraiment le sentiment d'une
09:52bonne préparation. On s'était aussi appuyé bien sûr sur ce qu'on avait fait pour les championnats d'Europe.
09:59On n'a pas fait un copier-coller parce que ça n'existe pas mais en tout cas on s'était appuyé dessus.
10:06Aujourd'hui elle était venue chercher un titre de championne du monde très clairement. La seule fille
10:10qu'elle n'a jamais battue, elle n'était pas là . Je pense que c'est ce qui malheureusement joue aussi
10:16sur cette place de trois qui fait que je pense qu'elle a conscience qu'elle a laissé filer quelque
10:22chose. Malgré les échanges, elle n'a probablement pas réussi à rebondir.
10:28Amertume de l'absence de médaille, frustration de passer à côté d'un titre qui paraissait lui être
10:33destiné, humiliation diffuse de devoir reconnaître l'avènement d'une plus jeune qui n'a pas eu la
10:37décence d'attendre et semble bien vouloir être à l'avenir un clou européen dans la chaussure de
10:42la française. Mais aussi, et c'est peut-être plus grave, journaissant comme on dit, mais surtout
10:47sans force ni précision, ce qui semblait indiquer beaucoup de fatigue, peut-être les premiers effets
10:52d'un régime de plus en plus difficile à gérer. Il est difficile de savoir quelle est la plus mauvaise
10:57nouvelle du jour pour Shirin Boukly. À 26 ans et une bonne d'autres expériences, rien n'est encore écrit
11:02de l'Olympiade pourtant. Et la française traversée de déceptions aujourd'hui va devoir s'en
11:07convaincre demain.
11:08Je suis dégoûtée, quoi. C'était difficile. Mais bon, ça arrive, c'est comme ça, on peut
11:11pas ĂŞtre tout le temps bien. Et on peut pas ĂŞtre dans le flot tout le temps, il faut faire avec.
11:15Je pense que j'avais les armes, même si j'étais pas en forme comme j'aurais aimé être sur les tours.
11:22Mais c'est le jeu, c'est comme ça. J'ai pas forcément d'explication que ça arrive, je pense qu'on peut
11:28pas toujours être à son pic. Je pense que c'est le jeu des fois. C'est ça aussi le sport, on apprend de plus en
11:35plus à se connaître. Là , je vais y réfléchir, je vais prendre du recul, je vais me poser des questions,
11:39les bonnes questions pour pouvoir avancer et me servir de ça et pour pas que ça arrive la prochaine fois.
11:45Les Europe, en fait, même si j'étais coincée, je manageais beaucoup, j'avais une vision 360 sur le kumikata,
11:50sur tous les aspects et j'étais pas dans le dur. Alors que là , d'un point de vue intérieur, c'était déjà difficile
11:55de me battre avec moi-mĂŞme. Donc voilĂ .
11:58Il en fallait un dans notre camp, un héros du jour, un mordeur à belles dents. C'était bien sûr celui qu'on attendait sans trop le dire,
12:05le sémillant Romain Valadier Piccard, le fringant d'Artagnan de cette catégorie d'expérience.
12:10Une clé de bras à l'italien Carlino, un serinage en bout de manche au Tadjik Suviev, il était prêt pour une leçon de judo administrée
12:17au Hongrois tombeur de Luka, le fameux Xanad Feshko. De Youko et deux Ouazari plus tard, il pouvait passer aux choses sérieuses,
12:25un chef-d'œuvre en demi-finale contre le russe Blief, quatrième mondial pourtant, mais qui allait rapidement se noyer corps et bien
12:32contre le nouveau prototype français. Blief n'est pourtant pas de ce genre-là . A l'aise dans tous les secteurs,
12:38fort au sol, au corps à corps, constamment dangereux, il ne craint personne. Mais en quelques mois, Romain Valadier Piccard est encore passé
12:45dans une autre dimension, celle déjà habitée par les jeunes russes brillants à Podgorica justement pour les championnats d'Europe,
12:52auxquels il nous a fait penser. Brillant et efficace debout, cauchemardesque au sol, toujours sur l'homme,
12:57dangereux dessus, dessous, capable de planter la clé au bout de toutes les contorsions, de trouver le chemin de l'avantage
13:04à chaque passage sous la garde. Romain Valadier Piccard est désormais de cette maison-là .
13:09Marqué rapidement sur un conte surprenant sur lequel le jeune français lui avait renvoyé toute la force de sa tentative de balayage,
13:15Ayoub Blief ne voyait pas la fin de son supplice, jeté dans tous les sens et constamment harcelé au sol.
13:21Il devait être abandonné misérablement sur un étranglement parti de deux bouts et absolument magnifique,
13:26mais finalement annulé pour une jambe trop tendue au contrôle, ce que les observateurs les plus avertis
13:32ne comprenaient qu'un peu plus tard. Encore une brillante interprétation du règlement,
13:36toujours capable de s'élever contre les plus belles séquences de judo.
13:39Heureusement, ce hippon changé en chido ne changeait pas le destin du combat. On ose imaginer si cela avait été le cas.
13:46Et Romain Valadier Piccard pouvait se préparer pour sa première finale mondiale senior après avoir brillé en 2021 et 2022 en junior,
13:54comme l'italienne Assunta Scuto d'ailleurs, championne du monde junior en 2021 et finaliste en 2022.
14:01Une histoire de génération nouvelle qui s'affirme.
14:04Son finaliste a 29 ans et une longue histoire de frustration derrière lui.
14:09C'est une sorte de légende, mais qui n'a récolté en senior que deux médailles mondiales en 2018 et 2019 déjà .
14:16Il s'agit du petit bouddha Nagayama Ryuju, petit moine sans expression, monstre sans couronne.
14:22Tout est possible bien sûr et le japonais une nouvelle fois a bien failli ne pas arriver là ,
14:27en devant remonter à Wazari dès le premier tour notamment.
14:30On peut y croire avec la pression, mais on ne peut s'empêcher de penser au fond que ce n'est vraiment pas le bon adversaire pour le technicien français.
14:37Trop fort dans le mĂŞme registre.
14:39Notre d'Artagnan fait ce qu'il faut, part Ă l'abordage et passe plusieurs fois en dessous.
14:44Il mène d'un chido. Nagayama serre un peu le jeu à mi-combat, se décale mieux et oblige son adversaire à la défensive.
14:50C'est bon pour lui, la mire est réglée.
14:53En deux mouvements d'épaule, Sodé et Séoy, il marque par deux fois et repousse la jeunesse de Romain Valadier Piccard.
14:59Cette fois, c'est lui.
15:01Ryuju Nagayama est champion du monde enfin.
15:04Longtemps après la remise des récompenses, on le verra déambuler lentement autour des tapis et du podium,
15:09répondant paisiblement à quelques journalistes nippons dans la pénombre,
15:13savourant manifestement le destin accompli pour sa dernière autorisation de sortie peut-être.
15:19Il a patienté des années derrière Naoissa Takato, il aurait dû être champion olympique à Paris.
15:24Il n'a été que troisième. Mais ici, au moins, il a décroché l'or et il peut rentrer chez lui.
15:30D'entrée de jeu, dès ce premier jour, l'équipe de France masculine démontre la qualité du travail sur le long terme qu'elle a entrepris
15:36en allant chercher la médaille avec une nouvelle figure, comme presque à chaque grand rendez-vous depuis un ou deux ans.
15:41Pragmatique, l'expérimenté Franck Chamby, coach heureux du jour, constatait néanmoins encore les réglages à faire.
15:48La finale, c'est bon, effectivement, c'est frustrant parce qu'au final, ça fait deux oisarés.
15:52Mais c'est le premier oisaré qui, en fin de compte, ça joue là .
15:55Après, il se livre. Bon, il prend des risques et puis il tombe une deuxième fois.
15:58Mais il a raison. C'est ce qu'il faut faire.
16:00En revanche, les deux premières minutes, elle se sent à son compte.
16:03Puis ce que je disais, il fait moins bien.
16:06Et l'autre le sent et du coup, la tendance, elle s'inverse.
16:09Et sur un Nagayama qui est un petit bloc, qui passe bien en dessous,
16:13quand il accroche, généralement, ça déroule et puis il y a un enchaînement dans la continuité de l'action.
16:19C'est ce qui s'est passé. Il prend oisaré.
16:20Même si derrière, il a la clé et c'est pas loin, ça suffit pas.
16:23C'est le détail de la haute perf, c'est aussi...
16:26VoilĂ , c'est quatre minutes un combat, c'est pas deux.
16:28C'est bien goupillé parce qu'il a pris l'Italien, ça n'a pas duré longtemps.
16:32Il a mis un Jujigatame. Ensuite, il a battu le Tajik.
16:36Pareil, il l'a fait tomber.
16:39Au fur et à mesure, c'était des athlètes, des adversaires de plus en plus forts.
16:43Jusqu'aux Russes en demi-finale, oubliez, qui était vice-champion d'Europe.
16:46Et donc, voilà , il est monté en puissance et il a besoin de ça.
16:51Il a besoin de ça.
16:52Et donc, du coup, c'est...
16:53Voilà , après, il y avait le dernier.
16:55Et le gros morceau, c'était Nagayama.
16:56Mais bon, voilà , ça réclame.
16:58C'est très enrichissant pour la suite.
17:00C'est un patron. Il a 22 ans, mais attention.
17:02Il mène sa barre comme il l'entend.
17:04Il est très réfléchi de notre tout.
17:06Il est hyper investi.
17:08Ce que je disais, on est même presque obligé de le freiner dans son activité,
17:11parce qu'il en ferait presque un peu trop.
17:13Il s'est chauffé 150 fois, donc il faudra aussi gérer ça.
17:16C'est aussi l'expérience.
17:17La dernière médaille mondiale qu'on a eue, c'était Philippe Raderrol en 91.
17:20Il faut se le rappeler qu'en 60 kg, c'est pas évident d'aller décrocher des médailles mondiales.
17:23Oui, c'est une belle olympiade qui s'affiche en termes de concurrence.
17:27Mais plus il y a de la concurrence, plus nos athlètes sont en sorte grandis et forts.
17:31Donc ça, c'est une chance.
17:32Si on pouvait avoir ça dans toutes les cathés, ce serait parfait.
17:34C'est un autre discours du côté du club de la Céboulogne-Billoncourt.
17:38Tout restant qualifié pour la Judo Pro League en emportant le premier titre de champion de France amateur par équipe mixte.
17:44Et bien heureux de s'être donné les moyens d'arriver le nouveau champion.
17:48Romain Poussin constatait de son côté l'étendue des progrès et des bonnes dispositions du jeune Poulain.
17:54Romain Poussin le suit depuis le début en fait.
17:56Et je ne vais pas dire que c'est un accomplissement parce qu'il y a encore beaucoup de choses Ă accomplir justement.
18:02Mais par contre, de le voir progresser comme ça, de le voir passer des caps comme ça, ça fait très plaisir.
18:08Il a montré du très beau judo et surtout du judo intelligent.
18:14C'est-à -dire que même s'il s'est encore un peu parfois égaré, attaqué un petit peu trop, il est gourmand.
18:19Ça viendra avec le temps, mais il est généreux, c'est son judo.
18:22Mais surtout de montrer ce judo sur ce niveau de compétition, c'est ça la vraie différence avec avant.
18:28De le faire sur des niveaux moindres, c'est normal, c'est le voir évoluer.
18:34Il a montré ce judo à Paris, on a vraiment vu la maturité dans son judo.
18:39Et il avait cette petite crainte avec sa blessure qu'il a eue juste après, deux jours après, de ne pas retrouver ce niveau-là pour les mondes.
18:46Et voilà , il s'est fait périr du genou quand même.
18:48Il est revenu sur Sarajevo.
18:50C'était compliqué, Sarajevo, mais il a quand même réussi à faire une belle compétition.
18:54Mais c'est lĂ qu'on voit que c'est un champion.
18:56Parce que pour être au meilleur de soi-même sur les événements les plus importants, il a su le faire aujourd'hui en fait.
19:04C'est vrai que ça annonce la couleur, c'est ce qu'il voulait.
19:07Lui, je pense qu'il aurait même voulu carrément prendre Lucas et que ça se règle entre eux parce que c'est ça qu'on veut voir aussi.
19:14C'est comme ça qu'on se mesure aussi un peu à l'autre.
19:16Ça fait partie de la concurrence scène qu'il y a dans cette catégorie.
19:19Romain a voulu faire le championnat de France alors qu'il était déjà sur un plateau international.
19:25Il a besoin de se montrer, de montrer aux autres qu'il est plus fort parce que c'est comme ça qu'il avance en tout cas.
19:33Ce n'était pas le cas pour aujourd'hui mais je sais que Lucas a eu une mauvaise passe sur ce combat.
19:39Il a fait une petite erreur mais c'est loin d'être terminé bien sûr.
19:41Et puis de toute façon, on fonctionne dans l'Olympiade parce qu'on est aimé par les Jeux Olympiques.
19:47Mais Romain, il reste focus quand même sur demain avant d'être focus sur après-demain.
19:53Et c'est lĂ -dessus que nous on travaille aussi beaucoup.
19:55C'est avancer étape par étape.
19:57Et là -dessus, il est bien lancé.
19:59Le championniste, c'est presque le titre d'un film.
20:01Romain Valadier-Picard a tout de l'obsessionnel de la victoire et on ne va pas lui en vouloir.
20:06Il nous démontre à chaque sortie ce qu'il est en train de devenir, de construire sous nos yeux.
20:11Il était aussi enthousiaste qu'imprécis lors de ses premières grandes sorties.
20:15Il est désormais terriblement efficace debout, mortel au sol.
20:19Il a déjà presque toutes les armes pour atteindre les grandes victoires qu'il recherche.
20:22Mais c'est encore lui qui en parle le mieux.
20:25La médaille est là , donc je suis censé être content.
20:28Mais bon, c'est vrai que quand on finit la journée sur une défaite,
20:33quand on a entrevu cette possibilité d'être champion du monde, de chanter la Marseillaise,
20:37de se retrouver sur le mur de l'INSEP, de marquer l'histoire du sport français.
20:43Voilà , le dernier champion du monde, outre Teddy Riner, c'était Loïc Pietri,
20:47le dernier champion du monde en mode 60.
20:49Ça remonte encore plus loin puisque c'était Thierry Ray.
20:52Voilà , je voulais inscrire mon nom à côté des noms de ces grands champions qui sont sur le mur de l'INSEP.
20:58Aujourd'hui, j'inscris mon nom dans le livre du judo français, mais pas dans le livre d'or.
21:05Je pense qu'il y avait la place.
21:06Je fais un bon début de combat, le Menchido.
21:10Voilà , je n'ai pas forcément fait non plus le travail sur toute la durée du match.
21:16J'ai bien démarré mon combat et après, j'ai fait une erreur.
21:20Je suis resté dans son dos alors que j'aurais dû continuer à le décaler.
21:23Contre un mec de ce niveau-là , ça ne pardonne pas.
21:27Je pense qu'aujourd'hui, ce qui me manque pour battre un mec comme Nagayama, ce n'est pas du judo.
21:31Parce qu'aller le battre dans son propre terrain de jeu en manche revers, c'est compliqué.
21:37Voilà , c'est un japonais et tous les jours, il s'entraîne avec des mecs qui font du manche revers.
21:41Donc voilà , ce n'est pas forcément ça qui me manque.
21:44Ce n'est pas du judo, mais c'est plutôt de réussir à mettre de l'intensité, à le faire douter, à rentrer dans sa tête et à faire un judo différent de celui que je produis.
21:53Et voilà , c'est ce que j'ai réussi à faire pendant deux minutes quand même.
21:57Mais je n'arrive pas encore à le faire assez longtemps et tout ça, c'est une question d'intensité mentale.
22:05Donc voilĂ , il me reste du travail sur ce plan-lĂ , il me reste des solutions techniques Ă aller chercher sur ce genre de mec.
22:10Le travail n'est jamais fini.
22:13Les bests sont à Budapest, mais qui sont-ils ? C'est à la fin de la journée qu'ils se révèlent.
22:19Retrouvez-nous ce samedi pour un bras de fer dantesque dès le second combat entre Amandine Bouchard et la terrible Outa Abbé en moins de 52 kg.
22:28En moins de 66 kg, ils seront encore deux pour relever le défi, le médaillé mondial 2023 Walid Khar et le très attendu champion d'Europe en titre d'Aguibouba.
22:37Les bests sont Ă Budapest, mais de qui s'agit-il ?
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