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  • il y a 8 minutes
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, est notre invité, à l'aube d'une vaste journée de manifestations à travers la France, deux semaines après le début de la mobilisation des lycéens, parfois brutalement réprimée par les forces de l'ordre. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-06-octobre-2026-5079012

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Transcription
00:01France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
00:06Et nous recevons donc ce matin dans le grand entretien le ministre de l'Intérieur.
00:11Vos questions et réactions sont les bienvenus chers auditeurs, lycéens, profs, parents et tous les autres
00:17au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:21Bonjour Laurent Nognaise.
00:22Bonjour.
00:23Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter à l'aube de cette journée de mobilisation
00:28où les lycéens sont appelés à manifester avec les syndicats de l'éducation nationale et avec la CGT.
00:33Il y a beaucoup de questions sur le maintien de l'ordre depuis le début du mouvement
00:37avec 10 enquêtes confiées à l'IGPN, la police, des polices, on va y revenir.
00:42Mais d'abord, certains parlent déjà d'un mardi noir.
00:45Est-ce que vous avez des données sur ce qui se passe ce matin aux abords des lycées
00:50et à quoi est-ce que vous vous attendez pour cette journée d'aujourd'hui ?
00:54D'abord, certains parlent d'un mardi noir puisque c'est une journée un peu atypique par rapport aux journées
00:59précédentes
00:59puisqu'on aura très probablement ce matin encore des mouvements devant les lycées
01:04suivis d'appels à manifestations.
01:06Donc il y a un double événement au sein de la journée.
01:09C'est en cela que certains parlent d'un mardi noir.
01:10Ce n'est pas un terme que je reprendrai.
01:12Moi, j'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure
01:14pour encadrer ces différentes manifestations et mouvements.
01:19Là, au moment où on se parle, il y a déjà quelques dizaines de blocages de lycées
01:23ou en tout cas de rassemblements devant des lycées.
01:27Voilà, quelques dizaines.
01:28C'est sur le rythme de ce qu'on a connu ces journées précédentes
01:31même si on enregistre une baisse du mouvement depuis vendredi.
01:34Mais vous vous attendez, Laurent Nunez, à ce que ces blocages soient plus nombreux,
01:39plus importants qu'ils ne l'ont été ces derniers jours ?
01:41Dès lors qu'il y a une manifestation, un appel de l'intersyndicat à la manifestation,
01:44les points de rassemblement devant les lycées seront très probablement plus nombreux.
01:48Oui, c'est ce à quoi on s'attend.
01:49Alors, de ces manifestations, puisqu'il y en aura un peu partout en France,
01:52Édouard Geffray, votre collègue ministre de l'éducation, disait hier que
01:57cette mobilisation du jour est une liberté qui se respecte et se protège.
02:01Qu'est-ce que vous dites ce matin aux lycéens, à leurs parents qui sont inquiets des violences
02:06à venir, à la fois du côté des casseurs et de la réplique des forces de l'ordre ?
02:12Déjà, j'aime bien que vous parliez de réplique.
02:14Donc, quand il y a des rassemblements devant des lycées et que les rassemblements se passent bien,
02:19et je rejoins évidemment mon collègue Édouard Geffray, il n'y a pas de raison d'intervention policière.
02:24À condition évidemment qu'on ne bloque pas l'accès d'autres élèves
02:27et que le chef d'établissement ne nous demande pas, en lien avec lui, ne nous demande pas d'intervenir.
02:30Quand il y a des rassemblements, j'ouvre le guillemet, pacifiques ou revendicatifs,
02:34il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure.
02:36On le voit sur les caméras de renvoi, enfin les télés de renvoi qui sont dans votre studio.
02:41Actuellement, il y a un mouvement au lycée Sophie Germain à Paris,
02:45vous avez des élèves qui sont devant un lycée, il n'y aura pas d'intervention des forces de l
02:48'ordre.
02:48Il n'y a pas de violence, il n'y a pas de dégradation.
02:51Que les choses soient claires, les forces de l'ordre interviennent quand il y a des atteintes aux biens,
02:54aux personnes, des dégradations sur l'espace public ou pas, ou à l'intérieur des établissements.
02:59On a vu ces jours derniers des pénétrations en force dans des établissements, des dégradations,
03:03voire des enseignants en menacée.
03:05Les forces de sécurité intérieure n'interviennent que dans ces cas-là,
03:08et uniquement dans ces cas-là conformément aux instructions reçues.
03:10Comme Florence le disait, il y a beaucoup de questions sur un certain nombre de scènes
03:13que l'on a vues en termes de doctrine de maintien de l'ordre.
03:15Un tout dernier mot sur cette journée de mobilisation, sur le dispositif policier,
03:18puisque vous rappeliez la singularité de la journée,
03:21à la fois des blocages à venir dans les lycées, plus une manifestation.
03:25Le dispositif policier tel que vous l'avez imaginé, il ressemble à quoi ?
03:28C'est un dispositif qui vise d'abord à être non loin des établissements scolaires,
03:33pour éviter les débordements, les dégradations.
03:35Et puis ensuite, c'est un dispositif qui est d'une autre nature pour les manifestations.
03:38Car ce qui change à partir d'aujourd'hui,
03:40c'est que vous avez un appel déjà à manifestation,
03:43donc à déambuler sur l'espace public,
03:45avec beaucoup de déclarations qui ont été déposées dans les préfectures,
03:50dans les villes où vont se tenir ces rassemblements.
03:52Et on a des déclarations qui ont été faites par une inter-syndicale,
03:56ou à minima la CGT, ou d'autres organisations syndicales.
03:59Vous avez un chiffre total, vous savez combien de forces de l'ordre ont été mobilisées sur le territoire français.
04:02Je vous explique d'abord comment ça va se passer,
04:03parce que ça change la donne pour nous.
04:04Pour le ministre de l'Intérieur, pour les préfets sur les territoires,
04:07ça change la donne.
04:07Ça veut dire qu'on a des organisateurs,
04:09on a des services d'ordre qui ont été mis en place,
04:11et évidemment, on va s'appuyer sur cet organisateur.
04:13C'est la responsabilité principale, finalement,
04:15d'assurer la bonne tenue de ces rassemblements.
04:19Donc on va s'appuyer sur eux.
04:20Moi, j'ai donné instruction au préfet d'avoir des forces de l'ordre qui se tiennent à distance.
04:25Dès lors que la manifestation se passe bien,
04:27on n'a pas de raison forcément d'être présents.
04:29Mais évidemment, qui interviendront,
04:31et toujours avec beaucoup de fermeté,
04:32s'il devait y avoir des dégradations.
04:33Mais pour nous, c'est une dimension extrêmement importante
04:36d'avoir la présence des organisations syndicales
04:38qui ont déclaré et qui vont encadrer ces cortèges.
04:41Et on a pu en discuter très directement
04:42avec certains responsables syndicaux nationaux.
04:44Alors, il faut qu'on parle, Laurent Nunez,
04:46des jours qui viennent de s'écouler.
04:48Hier, par exemple, un lycéen de 15 ans à Lens
04:52qui perd une main,
04:54arraché par une grenade policière.
04:55Une enquête de l'IGPN est ouverte.
04:57Là aussi, on rappelle qu'il y en a 10.
05:02Manifestement, ce jeune homme, quoi ?
05:04Il est rentré chez lui.
05:04Non, ce n'est pas lui qui est rentré chez lui.
05:05C'est celui d'Argent-Euil.
05:06Comment est-ce qu'on peut en arriver là ?
05:09D'abord, je vais vous dire ce qui s'est passé à Lens,
05:11devant le lycée Béal, je crois, à Lens.
05:14Évidemment, c'est un drame.
05:15Moi, j'ai une pensée pour ce jeune,
05:16pour sa famille, pour ses camarades.
05:18C'est évidemment un drame.
05:20Ce qui est assez bouleversant.
05:23On n'a pas à perdre sa main, évidemment,
05:25dans une manifestation.
05:27Après, vous avez une enquête qui est ouverte
05:28qui dira dans quelles conditions
05:30ces faits se sont produits.
05:32Il y avait un contexte.
05:34Il y avait un contexte que, c'est mon devoir,
05:36moi, comme ministre de l'Intérieur,
05:37de le rappeler.
05:37Il y avait un certain nombre de troupes,
05:39d'incidents, de prise à partie
05:40des fonctionnaires de police
05:42devant cet établissement.
05:43Il y avait notamment une compagnie départementale
05:45d'intervention, celle du Pas-de-Calais,
05:46qui était prise à partie
05:47de manière extrêmement virulente,
05:49avec des jets de projectiles,
05:50au moins un cocktail Molotov
05:51qui a été balancé,
05:53d'autres étaient en cours de préparation.
05:55Il y a une CRS qui est intervenue en renfort
05:58pour disperser ce qui est devenu
05:59un attroupement.
06:00Il y a eu les sommations réglementaires,
06:01elles ont été effectuées,
06:03et puis, il y a eu l'usage
06:04d'armement intermédiaire
06:05pour disperser les jeunes.
06:06Donc, il y a eu ce drame qui s'est produit.
06:08Il y a une enquête en cours
06:09qui déterminera si l'action
06:10était proportionnée ou pas.
06:11Et il y a un certain nombre de...
06:12En tout cas, on était dans un contexte
06:13de troubles à l'ordre.
06:14Et il y a un certain nombre
06:15de témoignages, Laurent Nunez,
06:16dont une témoin à nos confrères d'ici,
06:18qui a expliqué que ce lycéen
06:20de 15 ans n'avait pas essayé
06:22de ramasser cette grenade policière,
06:24puisqu'on ne sait pas d'ailleurs précisément
06:25de quel type de grenade il s'agit,
06:27mais que cette grenade était arrivée
06:29directement sur la main
06:30et qu'elle avait explosée.
06:31Ça veut donc dire,
06:32et là encore,
06:32pour ceux qui nous écoutent ce matin,
06:33les parents, les lycéens,
06:34qu'on peut se retrouver devant un lycée
06:36et voir sa main exploser
06:38parce que, dites-vous,
06:39il y a un attroupement
06:41et il y a un risque de trouble
06:42à l'ordre public.
06:42D'abord, l'enquête définira
06:45dans quelles conditions
06:46s'est produit ce drame.
06:47Qu'est-ce qui est à l'origine
06:49de la blessure ?
06:51Manifestement, ce serait
06:51une grenade assourdissante.
06:52Mais moi, je reste très prudent.
06:53L'IGPN est saisi,
06:54mais je ne nie pas le fait
06:55qu'il ait été fait usage
06:57d'une grenade assourdissante.
07:00Ensuite, quand il y a des troubles
07:01à l'ordre public,
07:02Benjamin Duhamel,
07:02quand vous avez des dégradations,
07:03quand vous avez des professeurs
07:04qui sont menacés,
07:05quand vous avez des risques
07:06d'intrusion,
07:07on ne peut pas concevoir
07:08autre chose qu'une intervention
07:09de police ou de gendarmerie
07:11selon les zones de compétence
07:12pour établir l'ordre public.
07:13On ne peut pas concevoir,
07:14n'attendez pas du ministre
07:15de l'Intérieur
07:16qui vous dise autre chose.
07:17Et c'est en ce sens
07:18que je dis,
07:19que j'assume de dire,
07:20que quand il y a des troubles,
07:21il doit y avoir intervention.
07:23En revanche,
07:24en revanche,
07:24et j'insiste là-dessus évidemment,
07:25cette intervention,
07:26elle s'effectue dans la plus grande
07:28proportionnalité.
07:29C'est la règle,
07:29c'est le cadre légal
07:30d'usage des armes intermédiaires
07:32par les forces de l'ordre.
07:32Mais Laurent Nunez,
07:33Et la proportionnalité d'une action,
07:35pardon,
07:35la proportionnalité d'une action
07:37ne se juge pas,
07:38ne se juge pas
07:39au regard de ses conséquences.
07:41C'est le contexte
07:42de son déclenchement
07:42qui doit être pris en compte.
07:43Donc,
07:43toujours, toujours.
07:44Il est normal
07:45qu'il y ait 10 enquêtes ouvertes
07:46de l'IGPN,
07:47il est normal
07:48qu'il y ait des blessures
07:49gravissimes.
07:49C'est pas ce que je suis en train
07:50de vous dire.
07:50Des blessures graves ?
07:50Qu'il y ait des blessures graves,
07:51ça n'est pas normal,
07:52évidemment,
07:52ce sont des drames.
07:54Mais qui se provoquent
07:55dans des contextes
07:56qu'on n'a pas le droit
07:57d'ignorer,
07:57on n'a pas le droit
07:58de rappeler ces contextes.
07:59Et il y a effectivement
08:0010 enquêtes IGPN
08:01qui sont ouvertes,
08:02je le rappelle,
08:03sur plus de 6 000
08:05interpellations,
08:05avec 715 fonctionnaires
08:07de police ou militaires
08:08de la gendarmerie
08:08qui ont été blessés.
08:10Il y a effectivement
08:1010 enquêtes IGPN,
08:12c'est toujours de trop.
08:13Ces enquêtes diront
08:14si l'intervention policière
08:15était proportionnée ou pas.
08:16Moi je voudrais revenir
08:18sur le mot que vous venez
08:18d'utiliser,
08:19vous venez de dire
08:21les consignes
08:21et le maintien de l'ordre
08:23c'est proportionné.
08:24C'est le mot que vous venez
08:25dans l'intervention.
08:27Quand on voit
08:28un jeune de 16 ans
08:30qui, à Tours,
08:32perd l'usage de son œil
08:33à cause d'un tir de LBD.
08:35Quand on voit
08:35à Saint-Ouen-Lomone
08:37un garçon de 14 ans
08:38qui voit sa mâchoire
08:39fracturée
08:40après un tir
08:41de lanceur de grenade.
08:42Quand on voit
08:43à Argenteuil,
08:44on en a parlé
08:44dans le journal de 8 heures,
08:45un lycéen de 16 ans
08:46qui est gravement blessé
08:46à l'œil.
08:47Est-ce que
08:48l'objectivité
08:49d'un ministre de l'Intérieur
08:50n'est pas de dire
08:51ce qu'on constate
08:52avec ces 10 enquêtes
08:52de l'IGPN qui sont ouvertes
08:54c'est qu'il y a manifestement
08:55une disproportion
08:57dans le recours
08:58à ces armes
08:59et dans la doctrine
09:00du maintien de l'ordre
09:01pour que ces lycéens
09:02soient blessés
09:03de cette manière-là ?
09:04Quand on bascule
09:05dans les scènes
09:06dans lesquelles
09:07nous avons basculé
09:08où vous avez
09:09des individus
09:11qui,
09:11de manière cagoulée,
09:12commettent des dégradations
09:13extrêmement graves.
09:15Moi, je ne parle pas
09:16plus de doctrine
09:17de maintien de l'ordre.
09:18Nous sommes sur ce qu'on appelle
09:19et j'utilise à dessein le mot
09:20des violences urbaines.
09:21On bascule
09:22dans la violence urbaine.
09:23Les individus cagoulés
09:23qui commettent des violences
09:24et autres,
09:25il est normal
09:26que les forces de sécurité intérieure
09:27interviennent.
09:28même quand il y a des lycéens
09:29au milieu
09:30de ces attoutements.
09:30Quand vous avez des lycéens,
09:31quand vous avez des manifestants,
09:35évidemment,
09:35quand ce sont des lycéens,
09:36les interventions
09:36des forces de sécurité intérieure
09:38sont faites de manière
09:39encore plus proportionnée,
09:40avec encore plus de tact.
09:42Mais quand vous avez
09:42des individus cagoulés
09:43qui commettent des dégradations,
09:44qui rentrent dans des établissements,
09:46qui s'en prennent
09:46à des professeurs...
09:48Mais est-il normal
09:50que des lycéens
09:51se retrouvent blessés à vie
09:52parce qu'ils ont participé
09:53à ce type d'attoutement ?
09:54Est-ce que c'est normal ?
09:55Ça n'est pas normal,
09:56mais on ne peut pas participer
09:57à un attroupement
09:58au sein duquel
09:59sont commises des violences.
10:01Ça devient un attroupement,
10:02ça devient délictuel
10:03et les forces de sécurité intérieure
10:04doivent maintenir l'ordre.
10:05Et nous veillons
10:06à ce que l'action
10:06soit proportionnée.
10:08Et dans la quasi-totalité des cas,
10:09cette intervention
10:10est proportionnée.
10:11Je vous rappelle,
10:12on a dépassé
10:12les 6 000 sans interpellation.
10:14Il y a eu énormément
10:15d'interventions
10:16et les choses se passent
10:17sans dégâts majeurs.
10:18Il y a eu ces 10 affaires
10:19que je regrette,
10:20que je déplore,
10:21pour lesquelles
10:21je n'ai pas négé.
10:21Sur ces lycéens,
10:23vous avez appelé
10:24la famille,
10:25les parents ?
10:25Non, je ne l'ai pas appelé.
10:26Au titre de votre responsabilité
10:29de premier flic de France
10:30pour présenter
10:31vos excuses ?
10:32Non, je ne vais pas présenter
10:32les excuses.
10:33Il y a des enquêtes judiciaires
10:34en cours.
10:35On verra si les responsabilités
10:36sont établies ou pas.
10:37En revanche,
10:38Benjamin Diabelle,
10:38je peux vous assurer,
10:39j'adresse un message
10:40de soutien
10:40à l'ensemble des membres
10:42de la sécurité intérieure
10:43qui sont blessés,
10:44715 depuis le début,
10:45pour ce qui est des familles.
10:47Il y a des enquêtes judiciaires
10:48en cours.
10:48Je n'ai pas à m'en mêler.
10:49Encore une fois,
10:50je regrette ces drames.
10:51Je les regrette.
10:52Il y a bien des visées
10:52perdues dans le cas d'Espèce,
10:54un qui perd son oeil,
10:54un autre qui risque de le perdre.
10:56Ça existe ?
10:57Ça existe.
10:58Je vous le redis,
10:59c'est un drame.
11:00Je vous dis,
11:00c'est un drame,
11:01mais il ne faut pas attendre
11:02de moi que je dise aujourd'hui
11:03que les forces de sécurité intérieure
11:04n'interviendront pas
11:05quand il y a des incidents,
11:06des violences,
11:07des professeurs
11:08ou du chef d'établissement.
11:10Édouard Jeffré a donné
11:11le nombre de blessés
11:12parmi les élèves.
11:13Vous savez que les élèves blessés,
11:14la plupart d'entre eux,
11:16la très grande majorité
11:17d'entre eux,
11:17ne sont pas blessés.
11:18Il ne faut pas que vos auditeurs
11:19se méprennent.
11:20Ils sont blessés
11:20par des casseurs
11:21et absolument pas.
11:22Par des casseurs
11:23ou par accident.
11:23Parce qu'ils essaient
11:24d'escalader et ils tombent.
11:26Laurent Nulaz,
11:26on a justement
11:28un lycéen
11:29au standard de France Inter.
11:31On l'accueille.
11:31Bonjour,
11:32Caris.
11:32Bienvenue.
11:33Caïs.
11:34Oui, Caïs,
11:35bonjour.
11:36Je suis élève des terminales
11:37en terminale générale
11:38où ils se sont expérés
11:39à Créteil
11:39et mon lycée
11:40est certainement mobilisé
11:41par un manque de personnel.
11:42Alors, j'ai une question.
11:44Tout d'abord,
11:45Monsieur le ministre,
11:45les images des violences
11:46subies par des lycéens
11:47sur des actions de mobilisation
11:48sont une gravité inédite.
11:49Un élève qui perd un oeil à tour,
11:51un adolescent de 15 ans
11:52qui a la main arrachée
11:52et ce ne sont que,
11:54malheureusement,
11:54des exemples parmi les autres.
11:55Alors, sans clair,
11:56aucune violence est acceptable
11:57et ne cautionne aucun département
11:59mais se focalise uniquement
12:00sur les tensions
12:00et les débordements
12:01des mobilisations
12:01et de refuser de voir
12:03les coûts spontanés du problème.
12:04En répondant à cette détresse
12:05par l'enjeu de la situation brutale,
12:06l'État ne fait qu'alimenter
12:07des tensions à l'armée
12:08sur le ministre.
12:08Ma question est la suivante.
12:10La répression policière
12:11sans retenue
12:12est-elle désormais
12:12la seule réponse
12:13que votre gouvernement
12:14s'est apportée
12:14au désarroi
12:15de revendications légitimes
12:16de la jeunesse ?
12:18Alors, réponse...
12:20Non, non, non,
12:20Caïs, non,
12:21ce n'est pas la seule réponse.
12:22D'abord, Créteil-Saint-Exupéry,
12:23c'est là que démarre le mouvement.
12:24Oui.
12:25C'est là que démarre le mouvement
12:26avec une grève d'enseignants
12:27au départ,
12:28enfin, du personnel éducatif
12:29et le ministre de l'Éducation nationale
12:30a répondu,
12:31il l'a dit hier,
12:32depuis les problèmes
12:34qui avaient été réglés.
12:36Donc, moi, Caïs,
12:37je ne parlerai pas
12:37de répression policière.
12:39C'est-à-dire,
12:40quand il y a des rassemblements
12:41de lycéens
12:41devant les établissements
12:42et que le chose se passe bien,
12:44il n'y a pas d'intervention.
12:45En revanche,
12:46il y a eu des prises à partie
12:47extrêmement violentes,
12:49soit des forces de l'ordre,
12:49soit des enseignants,
12:50soit des tentatives
12:51de dégradation,
12:51et c'est ça qui justifie
12:53l'intervention policière.
12:54On ne peut pas parler
12:55de répression.
12:55L'impression,
12:56ça laisse à penser,
12:57c'est pour ça que je le dis
12:58pour Caïs,
12:59répression,
12:59ça laisse à penser
13:00que finalement,
13:03une manifestation
13:04serait,
13:05on y mettrait forcément
13:06un terme
13:07par l'intervention
13:08des forces
13:08psychologiques intérieures.
13:09Après,
13:10la réponse,
13:10je réponds très clairement
13:11à sa question.
13:12Le ministre de l'Education nationale
13:13a fait des annonces,
13:14le Premier ministre
13:15a saisi un certain nombre
13:16de membres du gouvernement
13:17de cinq chantiers,
13:18et très probablement
13:20que lorsque les cours
13:21reprendront,
13:22il y aura des discussions,
13:23des espaces de dialogue
13:24qui vont s'ouvrir
13:25au sein de l'établissement.
13:26Et ça,
13:26c'est une réponse
13:27à la revendication
13:28des lycéens.
13:29Et pour que les choses
13:29soient très claires ici,
13:30on fait bien sûr
13:31la distinction
13:32entre ceux
13:33qui commettent des violences,
13:34entre les violences subies
13:35par les forces de l'ordre
13:36et elles sont nombreuses,
13:37vous l'avez dit,
13:37et ce qui relève
13:38de votre responsabilité.
13:40C'est pour ça,
13:40Laurent Nunez,
13:40il y a deux questions
13:41qui se posent.
13:41Il y a les questions
13:42sur les armes
13:43que vos troupes utilisent
13:45et la question
13:45des consignes
13:46que vous donnez.
13:46D'abord,
13:47sur la question des armes.
13:48Est-ce que,
13:49ce qu'on appelle
13:49les armes sublétales,
13:50c'est-à-dire notamment
13:51les lanceurs de balles de défense
13:52et également les grenades
13:53de désencerclement
13:54ou les grenades assourdissantes ?
13:55Est-il normal,
13:56quand il y a des troubles
13:57à l'ordre public
13:58devant des lycées
13:59avec donc des lycéens,
14:00d'utiliser ces armes
14:02qui peuvent aboutir
14:04à ce type de blessure
14:05très grave,
14:05là encore,
14:06une main arrachée,
14:07perdre des oeils ?
14:08Est-ce qu'il n'y aurait pas
14:09une forme peut-être
14:10de responsabilité de votre part
14:12de dire,
14:12compte tenu des publics
14:14auxquels on fait face,
14:14des lycéens,
14:15on n'utilisera pas ces armes ?
14:16D'abord,
14:18je vais inverser l'ordre
14:19de vos questions,
14:19si vous permettez.
14:21Non, si quand même,
14:22c'est important.
14:22Les consignes,
14:23elles sont simples.
14:23Les consignes,
14:24ce sont des consignes
14:25d'intervention
14:26quand il y a des troubles
14:27à l'ordre public.
14:28Moi, je ne demanderai jamais
14:29à des forces de sécurité intérieure
14:30de ne pas intervenir
14:31quand il y a des troubles à l'ordre.
14:31Non, mais alors,
14:32si vous voulez parler
14:32des consignes,
14:32Laurent Nunez,
14:33on va vous citer sur TF1
14:34vendredi soir,
14:34vous disiez
14:35aucune consigne de retenue.
14:36Et ça, vous comprenez
14:37que ça a pu choquer
14:37parce que quand on parle
14:39de lycéen,
14:39ça veut dire que vous ne dites pas
14:40aux forces de l'ordre
14:41qu'ils ne font pas de retenue.
14:42Non, sur 20 heures de TF1,
14:43j'ai dit deux choses très précises.
14:45J'ai dit qu'il n'y avait pas
14:45de retenue dans les interventions.
14:46Quand il y a des troubles
14:47à l'ordre public,
14:47on intervient.
14:48En revanche,
14:49il y a une retenue
14:50dans l'intervention
14:51puisqu'il y a une grande
14:52proportionnalité.
14:53Et ça, ce sont les consignes
14:54que je donne
14:54mais qui sont les consignes
14:55que l'on donne tout le temps.
14:57Mais comment se fait-il
14:58qu'on assiste
14:59à ce genre de scène,
15:01qu'on soit dans cette situation
15:01alors que des mouvements
15:03de jeunesse,
15:03il y en a déjà eu,
15:04des casseurs,
15:05ce n'est pas non plus nouveau.
15:07Quand on compare
15:07avec 2006,
15:09le CPE,
15:10on n'est pas du tout
15:11dans la même configuration
15:12qu'aujourd'hui
15:13en termes de maintien de l'ordre.
15:17En l'occurrence,
15:18pardon,
15:18il y a eu d'autres mouvements
15:20par le passé.
15:20On a eu aussi
15:21des scènes de violence
15:22et il y a eu toujours
15:23des interventions de police.
15:24Non mais ne serait-ce
15:24qu'en termes d'interpellation ?
15:25Y compris pour les lycéens.
15:26Vous savez,
15:27on n'en est pas à notre premier.
15:28Enfin, malheureusement,
15:30j'ai eu fort heureusement.
15:31Justement,
15:31qu'est-ce qui se passe ?
15:31J'ai un peu l'expérience
15:32de ces mouvements.
15:33Pourquoi cette fois,
15:33ça a l'air de déborder ?
15:36Parce que vous avez,
15:37pour la première fois,
15:38je répondrai après
15:39sur les armes intermédiaires
15:40parce que c'est important.
15:41Je n'ai lu pas la question.
15:42Mais je voulais préciser
15:43la doctrine.
15:45D'abord,
15:46le mouvement lycéen.
15:48Un mouvement lycéen
15:49de cette intensité,
15:51non pas en termes
15:51de nombre d'établissements bloqués,
15:53même s'ils sont nombreux
15:54à avoir été
15:55à un moment ou à l'autre
15:55concernés par une action,
15:56de cette intensité,
15:58nous n'avions jamais connus.
15:59Et je vous parle d'expérience,
16:00c'est-à-dire que
16:00la violence que l'on rencontre,
16:03notamment à destination
16:04des enseignants,
16:04des forces de sécurité intérieure
16:05qui sont systématiquement
16:06en prise à partie,
16:07c'est inédit.
16:08Que les choses soient dites,
16:09c'est inédit.
16:10Sur les précédents mouvements lycéens,
16:12un mouvement lycéen,
16:12c'était quoi ?
16:13C'était un blocage,
16:14un blocage le matin,
16:16les policiers qui allaient
16:18discuter d'abord
16:19en lien avec le chef
16:20d'établissement.
16:20Il y avait parfois
16:21des interventions,
16:22puis il y avait des blocages
16:23et les choses se passaient bien.
16:24Là, c'est totalement inédit.
16:25Il y a énormément
16:26de prise à partie,
16:27de violence.
16:28Oui, il y a une dimension inédite.
16:29Donc ça, c'est pour le constat ?
16:30Et alors, simplement,
16:30avant l'armement,
16:31pour être très clair sur les consignes
16:36devant les lycées.
16:39Mais qu'appelez-vous la retenue ?
16:40La retenue, c'est dans l'intervention.
16:42C'est-à-dire,
16:43quand il y a des...
16:44Imaginez, vous êtes devant un lycée,
16:45vous avez des lycéens
16:47ou des manifestants,
16:48parce qu'il y a des personnes
16:49qui s'agrègent,
16:50on l'a documenté,
16:51parfois même des adultes,
16:53qui s'en prennent à des bus
16:55qui circulent sur l'espace public,
16:57qui s'en prennent à des véhicules,
16:58qui essaient de pénétrer de force
16:59dans le lycée
17:00et qui commettent des dégradations.
17:01Il n'y a pas de retenue,
17:02il y a une intervention
17:03des forces de l'ordre.
17:03C'est ce que je veux dire.
17:05Par contre,
17:05dans la façon dont on intervient,
17:07il y a toujours ce principe
17:09de proportionnalité.
17:10Sur l'armement intermédiaire,
17:12à partir du moment
17:12où vous basculez,
17:13vous n'êtes plus dans le maintien de l'ordre
17:14quand vous basculez en violence urbaine.
17:15Vous n'êtes plus dans ce qu'on appelle
17:17le maintien de l'ordre.
17:18Il y a une confusion
17:19qui est volontairement mise,
17:23positionnée dans le débat
17:24par un certain nombre de sociologues,
17:26de pseudo-spécialistes
17:27de ces sujets-là.
17:27Mais quand vous tombez
17:28dans la violence urbaine,
17:30vous n'êtes plus en maintien de l'ordre.
17:32Et il est normal
17:32que policiers et gendarmes
17:33puissent disposer
17:35de l'ensemble de la palette
17:36des armes intermédiaires
17:37qui sont à leur disposition,
17:38mais qu'ils utilisent
17:39dans un cadre légal et réglementaire.
17:41Par exemple, Laurent Nunez,
17:41et on a pu lire qu'y compris
17:42au sein du gouvernement,
17:43il y avait des débats
17:44sur le recours
17:44au LBD,
17:46au lanceur de balles de défense.
17:46Quand on vous dit
17:48vous pourriez ne pas les utiliser
17:50pour les policiers et les gendarmes,
17:51ça vous dit non,
17:52les LBD,
17:52c'est une arme légitime.
17:53Moi, je n'ai pas connaissance
17:54de ces débats au sein du gouvernement.
17:55C'est le ministre de l'Intérieur
17:56et sous l'autorité du Premier ministre
17:57et du Président de la République
17:58qui est responsable de l'ordre public
18:00jusqu'à preuve du contraire.
18:02Et dans les conditions
18:03de prise à partie
18:05extrêmement violentes,
18:06il peut être fait usage
18:07effectivement de toutes
18:08les armes intermédiaires
18:09dans les conditions
18:09de prise à partie
18:10extrêmement violentes
18:10et avec un usage proportionné
18:12dont il est systématiquement
18:14rendu compte.
18:15Chaque fois qu'un militaire
18:17de la gendarmerie
18:18ou un policier
18:18fait usage d'une arme intermédiaire,
18:19il rend compte,
18:20il fait un rapport,
18:21il explique dans quelles conditions.
18:22Voilà.
18:23Donc, voilà.
18:23Moi, j'ai toute confiance
18:24dans les forces de sécurité intérieure
18:26et il y a effectivement
18:27une dizaine d'enquêtes
18:28de l'IGPN
18:29dans un contexte
18:30d'extrême tension.
18:31Extrême tension.
18:33Vous savez,
18:33l'argument qui vous est opposé
18:34notamment par la France insoumise,
18:36c'est que quand il s'agit
18:38des agriculteurs,
18:39par exemple,
18:40en janvier 2024,
18:41votre prédécesseur
18:42Gérald Darmanin disait
18:43il y a des coups de sang légitimes,
18:45on ne répond pas
18:45à la souffrance
18:46en envoyant les CRS.
18:48Qu'est-ce que vous dites
18:49à ceux qui y verraient
18:50un deux poids, deux mesures ?
18:52Mais il n'y a pas
18:53deux poids, deux mesures
18:54quand il y a des dégradations.
18:56Quand il y a des dégradations,
18:57des violences,
18:58il n'y a pas deux poids, deux mesures.
18:59D'abord, coup de sang.
19:00Gérald Darmanin a dit coup de sang.
19:01Un coup de sang,
19:01ça peut être un coup de colère aussi.
19:02Ce n'est pas forcément
19:03de tout dégrader,
19:04de rentrer dans des établissements.
19:06Dans les agriculteurs ?
19:07Les agriculteurs qui rentraient
19:08dans les préfectures
19:09et qui, pour certains,
19:10commettaient des violences...
19:11On intervient.
19:12On intervient.
19:13Je crois que lors
19:14du dernier mouvement,
19:15certaines organisations syndicales
19:17n'ont pas forcément été tendres
19:18avec le ministre de l'Intérieur
19:18que je suis.
19:19Bon, voilà.
19:20Donc on intervient systématiquement.
19:22Il n'y a pas deux poids,
19:23deux mesures.
19:24Et je pense que
19:25la France insoumise
19:25tient un discours
19:26vis-à-vis des jeunes
19:27qui n'est pas responsable,
19:28qui laisse à penser,
19:29et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon
19:32s'est pensé finalement
19:33que la police
19:34s'en prend assez jeune
19:35parce qu'ils sont issus
19:36des quartiers,
19:37parce qu'ils sont,
19:37j'ouvre les guillemets,
19:39racisés.
19:41Il entretient
19:42cette espèce de légende
19:43d'une partie de la population
19:44qu'on tient à l'écart
19:45de la République française
19:46et ce n'est pas du tout ça.
19:47Les policiers,
19:48les gendarmes
19:49qui vont se déployer ce matin
19:50aux abords des lycées,
19:51ils sont d'abord,
19:51et c'est leur première mission,
19:52sur le terrain
19:53pour protéger les lycéens.
19:54Vous citez Jean-Luc Mélenchon ?
19:55D'abord pour les protéger
19:56des individus violents
19:57qui risquent de les blesser
19:58et qui risquent
19:58de se reprendre
19:59à leur outil,
20:00l'outil dans lequel
20:00ils apprennent
20:01les règles
20:02qui font qu'on vit tous ensemble,
20:03les règles de la République.
20:04Vous citez Laurent Ménès-Jean-Luc Mélenchon
20:06qui hier a appelé
20:07une nouvelle fois
20:07à élus et militants,
20:08je cite,
20:08s'interposer partout
20:09face aux violences
20:10et aux provocations policières
20:12sans retenue.
20:13Cet appel comme ça
20:14à l'interposition.
20:15Comment est-ce que vous...
20:16D'abord, l'interposition,
20:17ça veut dire qu'on s'oppose
20:18à une action de police.
20:19Bon, c'est interdit
20:20dans notre pays.
20:21On ne peut pas appeler
20:21à commettre une infraction.
20:22Ce que dit M. Mélenchon
20:24est très grave.
20:25La police ne réprime pas
20:26les mouvements,
20:27elle intervient
20:28quand il y a des troubles.
20:29Et ça veut dire
20:29qu'il incite finalement
20:30les gens
20:30à s'opposer
20:31à des actions de police
20:32et donc à cesser
20:33de mettre un terme
20:34à un trouble à l'ordre public.
20:35C'est ça.
20:36Ce sont des appels
20:36qui sont, je trouve,
20:37extrêmement graves
20:38et qui ne sont pas dignes
20:38d'un responsable politique.
20:40Est-ce que vous diriez
20:41aujourd'hui, Laurent Nias,
20:41que la situation
20:42est sous contrôle ?
20:43Ou est-ce qu'elle vous échappe ?
20:44Mais qu'est-ce que ça veut dire
20:45la situation est sous contrôle ?
20:46La situation est sous contrôle.
20:48Il y a des mouvements
20:49qui se déroulent,
20:50il y a des troubles à l'ordre public
20:50et il y a des interventions
20:51de police.
20:52Et on évite des dégradations
20:54et des exactions graves.
20:55Malheureusement,
20:55il y a des dégradations
20:57et il y a des exactions graves.
20:59Aujourd'hui,
20:59sur l'ensemble
21:00du territoire national,
21:01on mobilise énormément
21:02de policiers et de gendarmes
21:03pour maintenir l'ordre.
21:04Mais ce n'est pas parce que
21:06je sais que sur certains bancs,
21:08notamment dans l'opposition,
21:10de l'autre côté
21:11que celle de Jean-Luc Mélenchon,
21:13une poubelle qui brûle,
21:14une voiture qui brûle,
21:15c'est forcément le chaos.
21:16Je le condamne.
21:19Évidemment,
21:19c'est forcément le chaos.
21:20Mais quand vous avez
21:22des émeutiers,
21:23quand vous avez des dégradations
21:24qui sont commises,
21:24il y a des interventions de police.
21:26Ce n'est pas pour ça
21:27qu'on a perdu le contrôle.
21:29Perdre le contrôle,
21:30c'est si jamais
21:31vous aviez des hordes
21:31de personnes qui défilaient
21:32dans les centres-villes,
21:33qui pillaient les magasins,
21:34qui commettaient des exactions.
21:35Chaque fois qu'il y a
21:36des commencements d'action,
21:37il y a des interventions de police
21:38et on y met un terme
21:40très rapidement.
21:41Vous savez,
21:41hier,
21:42il y a eu énormément
21:42de déambulations sauvages
21:43dans les centres-villes.
21:44Ça s'est produit à Paris,
21:45ça s'est produit
21:45dans certaines grandes villes.
21:47Il y a eu systématiquement
21:48des interventions de police
21:50pour y mettre un terme
21:51et mettre un terme au pillage.
21:52Et c'est ça,
21:53maintenir l'ordre public.
21:54Et donc,
21:54de ce point de vue,
21:54oui,
21:55la situation,
21:55évidemment,
21:56elle est sous contrôle.
21:57Mais ça ne veut pas dire
21:57qu'il n'y a pas d'exaction,
21:59malheureusement.
21:59D'un mot,
22:00Laurent Nunez,
22:00pour terminer,
22:01certains espèrent,
22:01y compris parmi vos oppositions,
22:03qu'il y ait une convergence
22:04des colères.
22:04Les agriculteurs,
22:06un appel le 17 octobre
22:07avec l'espoir pour certains
22:08de voir le retour
22:09des gilets jaunes.
22:10D'ores et déjà,
22:11le 5 novembre,
22:12l'intersyndicale
22:13qui appelle à manifester
22:15sur les sujets économiques
22:16et sociaux.
22:16Est-ce que ça,
22:17vous redoutez,
22:18une sorte de convergence
22:19des colères et des inquiétudes ?
22:21Il y a deux choses
22:22dans ce que vous dites,
22:24Benjamin Duhamel.
22:25Il peut y avoir
22:26des revendications légitimes,
22:27des mouvements
22:28qui se traduisent
22:29par des manifestations
22:29de voie publique,
22:30déclarées.
22:31On en a connu par le passé.
22:32On en a connu par le passé.
22:34Il y a eu des mouvements
22:34sociaux,
22:35des contestations.
22:37Moi,
22:37je n'ai pas de crainte
22:38par rapport à ça.
22:39Nous,
22:39on est là pour encadrer,
22:40pour permettre
22:40à la liberté d'expression
22:41et de manifestation
22:42de s'exprimer.
22:43On verra.
22:44On verra cet après-midi
22:45dans les intersyndicales
22:46si les organisations syndicales
22:49sont capables
22:49de contenir des black blocs,
22:50si on évite
22:51des groupes à risque
22:52qui pourraient s'introduire
22:54dans les cortèges.
22:54C'est ça qu'on redoute.
22:55C'est ça que le ministre
22:56de l'Intérieur redoute.
22:57Ça vous redoutez
22:58qu'il y ait de l'infiltration
22:59de black blocs cet après-midi ?
23:00Bien sûr,
23:00mais comme à chaque manifestation
23:01de voie publique maintenant,
23:02dès lors qu'elle a
23:03une certaine ampleur.
23:03Vous avez des groupes
23:04ultra-gauches.
23:05Et justement,
23:06j'en terminerai par là
23:07puisque vous me disiez
23:09justement,
23:09c'est dans ces cas-là
23:10que les forces
23:11de sécurité intérieure
23:12interviennent
23:12pour mettre un terme
23:13et interpeller,
23:15empêcher de nuire
23:15les casseurs
23:16ou les black blocs,
23:17empêcher de nuire
23:17et permettre finalement
23:18aux cortèges syndicaux
23:19d'aller à leur terme.
23:20Et ça, n'oubliez pas
23:21que l'action principale
23:22des forces de sécurité intérieure
23:23c'est de permettre
23:24à la liberté de manifester,
23:25à la liberté d'expression
23:26de trouver à s'exprimer.
23:27Et c'est grâce à eux
23:28et c'est grâce à elles
23:29que c'est possible.
23:30Merci Laurent Nunez
23:31d'être venu micro
23:32de France Inter ce matin.
23:32On va évidemment
23:33continuer à parler
23:34de ces mobilisations lycéennes
23:35tout au long de la journée
23:36sur France Inter
23:37et dans le téléphone sonne
23:38de Fabienne Sintès
23:40ce soir.

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