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  • il y a 21 minutes
Blocus de lycées, mobilisations, tensions : la contestation gagne du terrain dans plusieurs établissements en France. 589 établissements ont été perturbés ou ont fait l'objet de perturbations lundi 5 octobre, alors que les lycéens ont prévu de manifester le lendemain. Dans le Grand Est, plusieurs lycées sont concernés par ce mouvement. Le président de la région, Franck Leroy, est l'invité de RTL Soir.
Regardez L'invité de Vincent Parizot du 05 octobre 2026.

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Transcription
00:06Et l'invité d'RTL Soir est le président du conseil régional du Grand Est, Franck Leroy, bonsoir.
00:13Bonsoir.
00:14Merci d'être avec nous et rappelons-le évidemment, ce sont les régions qui financent les lycées.
00:19Les conseillers régionaux gèrent la construction, l'entretien, l'équipement, le fonctionnement de tous les lycées publics de leur territoire.
00:27Ça concerne 315, je crois, 315 lycées pour l'éducation nationale.
00:34Donc cette revendication sur la vétusté, le manque d'entretien, le manque de matériel, elle s'adresse à vous.
00:40Mais avant de rénover, dans l'immédiat, il faudra réparer.
00:43Est-ce que vous avez déjà chiffré les dégâts chez vous depuis le début du mouvement ?
00:48C'est difficile parce qu'à date, plus de 80 établissements ont été visés par des faits de vandalisme,
00:54par des dégradations diverses de biens ou par des violences.
00:57Mais on peut imaginer qu'on sera entre 2 et 4 ou 5 millions d'euros.
01:02La plupart des dégâts sont faits en dehors des lycées, devant les lycées.
01:05Donc sur le domaine public des communes concernées.
01:07Ça concerne Strasbourg, Mulhouse, Reims, Forbach, Lunéville, etc.
01:13Donc c'est difficile de faire la part des choses entre les dégâts que les villes vont subir
01:17et les dégâts qui concernent l'enceinte elle-même des lycées.
01:20Bon, on va dire 2 à 5 millions d'euros.
01:23Et puis en espérant évidemment que cela cesse assez rapidement.
01:272 à 5 millions d'euros qui viendront, j'allais dire, se retirer des budgets d'entretien
01:36ou autres de ces bâtiments, de ces lycées publics.
01:39Comment vous recevez ces critiques, voire ces attaques des lycéens aujourd'hui
01:46sur l'état de leur lycée ?
01:49Alors l'état des lycées est très variable.
01:51Vous avez des lycées qui ont été pris pour cible alors qu'ils sont, je ne vais pas dire neufs,
01:55mais en tout cas en parfait état et dans lesquels il n'y avait pas un enseignant qui manquait à
01:58la rentrée.
01:58C'est ce qu'on ne comprend pas dans ce mouvement, c'est que l'idée ça a été de
02:03s'attaquer aux lycées,
02:05tous lycées confondus, alors que certains lycées peuvent poser problème.
02:08On a des problèmes de sanitaire parfois, d'autres ne posent aucun problème.
02:12Mais ce qui est frappant c'est qu'effectivement on a pu attaquer des loges de concierge,
02:16incendier des façades de lycées qui ne posaient aucun problème de locaux.
02:20Donc c'est malheureusement le fait que ce mouvement lycéen a été rattrapé par des casseurs.
02:26Je ne dis pas que ce sont des lycéens qui ont cassé, certains ont cassé,
02:29pour d'autres ont été rattrapés par d'autres mouvements qui s'attaquent aux biens publics,
02:33quels qu'ils soient et quel que soit leur état.
02:35Mais vous avez évoqué une situation assez contrastée et disparate,
02:39on peut aussi vous répondre que j'imagine qu'il y a une forme de solidarité qui joue au niveau
02:45des lycéens,
02:46qui dénonce d'ailleurs à ce sujet les inégalités entre les établissements des bons quartiers
02:51et ceux des secteurs plus défavorisés.
02:54Non, non, ce n'est pas du tout, ça ne concerne pas ou les métropoles ou les villes moyennes.
02:59On a des lycées qui pour des raisons historiques sont dans des situations différentes.
03:03On a des lycées anciens qui ont été restaurés, des lycées construits il y a 10 ou 15 ans
03:08qui ont aussi été visés par ces manifestations, ce qui est tout à fait regrettable
03:13parce que c'est évidemment des montants d'investissement importants qui sont consentis.
03:17On investit à peu près 250 millions d'euros tous les ans dans les lycées.
03:21J'ajoute qu'on fournit à chaque lycéen un ordinateur portable, gratuitement,
03:26qu'on fait un certain nombre de choses pour qu'ils vivent leur scolarité lycéenne
03:30de la meilleure manière qu'ils soient.
03:32Et d'ailleurs, les représentants des lycéens que nous avons rencontrés il y a la semaine dernière
03:38dans le conseil académique de la vie lycéenne,
03:40reconnaissaient que le mouvement leur avait échappé.
03:42Et en tout cas, leur préoccupation était très loin d'être ceux des casseurs aujourd'hui.
03:48Vous voulez dire qu'ils ont des demandes qui sont déconnectées de la réalité ?
03:52Pas forcément, mais d'abord, toutes les demandes ne concernent pas les régions.
03:56La première demande qui a été exprimée, c'était Parcoursup.
04:00C'est ensuite des emplois du temps qui sont complexes.
04:02Et le remplacement des enseignants.
04:05Le remplacement des enseignants, ça peut être des questions.
04:07La question du portable dans les lycées et l'interdiction du portable dans les lycées fait débat.
04:12Ça peut être de temps en temps des locaux vétustes ou des problèmes de transport.
04:15Donc quand on discute, quand on arrive à nouer le dialogue avec les lycéens,
04:19et c'est absolument essentiel parce qu'on ne sortira de cette crise que par le dialogue.
04:22Donc ça veut dire que quand le calme sera revenu, vous, vous allez discuter avec les mouvements lycéens ?
04:27Vous allez les recevoir ?
04:28Moi, je cherche à discuter avec eux.
04:30Je l'ai fait avec le recteur d'académie la semaine dernière dans le cadre d'une visio organisée
04:34avec le conseil académique de la vie lycéenne.
04:36Et on a eu en face de nous des lycéens parfaitement constructifs
04:39qui d'ailleurs regrettent la tournure des événements.
04:41Le problème, c'est qu'ils ne sont plus maîtres de l'événement aujourd'hui
04:45parce que les plus violents ont pris le dessus
04:48et que les plus modérés, mais qui sont peut-être aussi les plus responsables,
04:52ont du mal à se faire entendre dans un débat qui leur a complètement échappé aujourd'hui
04:56et qui se déroule dans la rue, là où ils devraient se dérouler,
04:58dans les instances de concertation qui existent.
05:00Je rappelle que c'est cette semaine qu'on doit normalement renouveler les conseils de vie lycéenne.
05:04Quand le calme sera revenu, vous allez les recevoir et vous allez dialoguer avec eux.
05:09On est d'accord.
05:10Mais moi, je suis prêt à les recevoir dès demain,
05:12à condition qu'effectivement, on tourne le dos à la violence
05:15qui n'apporte strictement rien au débat,
05:17qui tend les relations, qui crée des drames.
05:20Vous en avez cité tout à l'heure.
05:21Bien sûr.
05:22Et ça pose la question de la réponse policière et judiciaire face aux casseurs.
05:27Est-ce qu'elle est adaptée ?
05:29On entend de plus en plus, depuis quelques heures,
05:32des voix s'élever pour dire que cette réponse,
05:36elle est inadaptée, elle est disproportionnée.
05:39Je ne le pense pas.
05:41Quand vous avez des forces de l'ordre qui sont prises pour cible,
05:44elles se défendent et c'est normal.
05:46Quand vous avez des bâtiments qui sont incendiés,
05:48la police intervient avec les sapeurs-pompiers
05:50et c'est normal qu'elles interviennent.
05:52Parce que là, on est dans une casse.
05:54On n'est pas dans une manifestation où on exprime une opinion.
05:57On vient détruire.
05:58La difficulté, c'est que dans cet enchaînement de violence,
06:02il est difficile d'entendre les voix les plus raisonnables côté lycéen
06:05alors qu'elles existent.
06:06Moi, j'ai de la peine pour eux
06:07parce que quelque part, ils ont été complètement dépossédés
06:09de leur mouvement par des individus violents
06:13qui n'ont qu'une envie en découdre avec les forces de l'ordre
06:16ou cassés ou du mobilier urbain
06:18ou des portails de lycée.
06:20C'est tout à fait agréable parce qu'il y a sûrement
06:23manière, à mon avis, de renouer le dialogue,
06:26d'apporter des améliorations point par point
06:29sur les lycées qui peuvent poser problème,
06:31sur des problématiques de Parcoursup.
06:33Le ministre du Légué national a dit que le débat était ouvert
06:36de manière à sortir par le haut de cette crise.
06:40Il faut une réponse policière et judiciaire plus rapide ?
06:44Elle est nécessaire quand il y a des violences
06:47mais plus rapide, c'est difficile parce que pour avoir été avocat
06:50il y a quelques années, quand on veut faire condamner quelqu'un,
06:54il faut démontrer, il faut arriver avec des preuves.
06:56Il y a la règle du contradictoire qui impose d'échanger ses preuves
06:59et donc on ne peut pas sommairement décider de condamner quelqu'un
07:03sans avoir toutes les preuves rassemblées.
07:05Donc le travail de la police et de la justice,
07:06il est forcément un peu long,
07:09mais en même temps, s'il faut faire condamner
07:11les auteurs des faits à des réparations,
07:13ce qu'attendent évidemment les régions,
07:14il n'est pas question de faire payer le contribuable
07:16pour des désordres qui ont été commis dans le cadre des meutes.
07:19Et vous soutenez de ce point de vue-là
07:21la loi qui est en préparation avec un projet de loi,
07:24cette loi qu'on appelle casseur-payeur ?
07:27Alors je ne connais pas exactement les termes de la loi,
07:29en tout cas les auteurs de faits doivent être poursuivis,
07:31condamnés et doivent réparer.
07:32Y compris ceux qui sont présents sur les lieux
07:34lorsqu'il y a la casse ?
07:35On alartiste le débat,
07:37mais à mon avis, tout cela ne passera jamais
07:39le Conseil constitutionnel.
07:40Quelqu'un qui ne commet pas des méfaits
07:43ne peut pas être condamné pour les actes de violence.
07:46Ça c'est un point qu'on mettra au débat ce soir.
07:49Non mais il y a aussi de la communication derrière tout ça.
07:52Et je pense qu'il faut être très prudent en la matière.
07:54Quand quelqu'un commet des faits répréhensibles,
07:56il est normal qu'il soit poursuivi,
07:58il est normal qu'il soit condamné,
07:59et il est normal qu'il ait à réparer
08:01ou que ses parents aient à réparer
08:03ce que le mineur a commis.
08:04Ça c'est la règle.
08:05Maintenant, qu'on le veuille aller plus loin,
08:07moi je veux bien pour donner un signal,
08:09mais je ne suis pas certain dans un état de droit
08:10que ça puisse aller beaucoup plus loin.
08:12Quelqu'un qui ne commet pas par sa main
08:14ou qui n'apporte pas une assistance
08:16à un fait délictuel,
08:17délictuel ne peut pas être condamné
08:19pour un fait délictuel.
08:20Eh bien on y reviendra un peu plus tard
08:21dans le débat.
08:23Ce sera notre débat tout à l'heure
08:24autour de ce projet de loi
08:27casseur-payeur.
08:28Merci beaucoup d'être intervenu sur RTL,
08:30le président du Conseil Régional du Grand Est,
08:32Franck Leroy, sur RTL.
08:33Dans un instant,
08:34la petite bande d'RTL soir,
08:36avec une réunion XXL pour Florian,
08:39pour Emma,
08:40des culottes qui défient toutes les règles,
08:41et pour Tanguy,
08:42le meilleur du pire,
08:43comme tous les soirs.
08:44A tout de suite.

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