00:00On est trop dans les classes, on est 36, 36 ans d'une classe.
00:02Dans l'ESP, on est beaucoup trop.
00:04Il n'y a pas assez de salles, les profs, ils ne sont jamais là.
00:06Ils ne sont pas écoutés les médias, regardez.
00:08Là, on est calme, il n'y a rien qui se passe.
00:10Ils ne sont pas écoutés les médias qui disent « non ».
00:12On n'a pas fait de dégâts, on n'a rien brûlé, le lycée, il est en bon état.
00:25Portant encore les stigmates de la veille,
00:27près d'un tiers des établissements demeuraient fermés ce vendredi matin.
00:3155 exactement sur les 171 lycées que recense l'Académie Ex-Marseille.
00:37Si blocus et confrontation avec les forces de l'ordre s'opéraient en une ambiance lacrymo
00:41en cette amorce de matinée du côté du lycée Simone Veil,
00:44la mobilisation s'avérait plus intime, militante et stratégique du côté de la préfecture
00:48et puis centre des établissements fermés au pourtour.
00:50C'est vraiment le moment de ne pas s'arrêter et de penser à d'autres possibilités
00:55que bloquer simplement des lycées.
00:56Il y a des occupations qui sont possibles, il y a plein de formes possibles de lutte et de révolte.
01:00Une révolte aussi soutenue par des parents tels que Nanouk, mère de deux lycéens.
01:04En tant qu'aux parents, je manifeste mon soutien aux lycéens qui sont mobilisés
01:09et qui subissent de plein fouet cette baisse de moyens.
01:13Au niveau du corps enseignant, l'appui se veut aussi de mise
01:15et d'autant plus en cette première journée de fermeture par arrêté préfectoral
01:18où l'option de cours en distanciel se voulait proposer dans 42 établissements.
01:22La décision d'imposer l'enseignement en distanciel, ça revient à fermer ce lieu de sociabilité essentiel
01:29qui est un lycée.
01:30La pédagogie, ça se fait en face à face, ça se fait en accompagnant les élèves
01:34et ça ne se fait pas à distance, sur écran.
01:36Et nous demander finalement d'enseigner en distanciel, c'est pour nous,
01:41nous donner le rôle finalement de casseur de mouvements,
01:43ce qu'on n'accepte absolument pas étant donné qu'on partage et qu'on soutient leurs revendications.
01:48Si la détérioration du service public, les coupes budgétaires et l'orientation des actions à venir
01:53sont au cœur de ces échanges, les diverses dégradations de la veille étaient aussi dans les esprits.
01:57Cette colère, elle est légitime, mais le biais d'action de la violence, il n'est pas légitime
02:00et pour moi, il n'est pas tolérable.
02:02Et le fait est que si on aurait pu penser que la violence était un moyen de faire bouger les
02:07choses,
02:07ce n'est pas le cas, parce que la seule réponse qu'on a eue là, par le gouvernement,
02:10ça a été la fermeture des lycées.
02:11Ce qui est un aveu de faiblesse aussi, mais donc pour moi, c'est la preuve que là,
02:14la violence, ce n'est pas un biais d'action qui va nous mener à un gain de cause en
02:17tout cas
02:17par rapport à ce qu'on demande, nous, nos revendications lycéennes.
02:20Après cette réunion publique en manifestation de soutien,
02:22un petit groupe décidera de se rendre aux abords de la cité scolaire Honoré-Daumier
02:26où tensions et affrontements avec les forces de l'ordre se voulaient également au rendez-vous.
02:32Peu avant midi, le calme sera finalement revenu, avant cette amorce de week-end.
02:3619 établissements auront été la cible de regroupements revendicatifs à échelle départementale.
02:4027 interpellations recensées exclusivement sur Marseille en cette fin d'après-midi.