00:00Puisque vous l'évoquez, et on ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé ce week
00:04-end,
00:05dans une vidéo prise vraisemblablement lors d'une réunion de campagne et révélée par le média militant Le Média,
00:11on vous entend, Raphaël Glucksmann, dire de Ségolène Royal qu'elle a fait, je cite,
00:16« la danse du ventre pour obtenir un poste d'Emmanuel Macron ».
00:20Cette vidéo, elle a été très regardée, très commentée depuis 48 heures.
00:24Ségolène Royal, vous avez répondu sur les réseaux sociaux,
00:26accusant Raphaël Glucksmann de mensonges et de sexisme.
00:29Que lui dites-vous ce soir ?
00:31C'est direct alors.
00:33J'espère qu'on va vite parler des préoccupations des Français, surtout avec les lycéens qui souffrent et la crise
00:40du pouvoir d'achat.
00:42Mais puisque vous m'y invitez, je répondrai.
00:44J'ai l'habitude, vous savez, des agressions verbales pendant mes campagnes électorales.
00:49Mais venant de vous, ça m'a particulièrement choquée, parce que c'est une agression,
00:54en plus à connotation sexuelle.
00:57Quand vous entendez que je fais la danse du ventre pour obtenir des postes,
01:01et vous l'avez répété plusieurs fois.
01:03Vous savez, quand j'entends une agression de ce type-là,
01:06qui sous-entend qu'avec la danse du ventre, j'aurai obtenu des postes,
01:10je pense à mes enfants, parce qu'ils en ont entendu pendant mes campagnes présidentielles.
01:15Donc je prenais sur moi et je me disais « j'espère qu'ils n'ont pas entendu ».
01:18À chaque fois, je me disais « j'espère qu'ils n'ont pas entendu ».
01:21Et quand je dis « ne vous en faites pas », vous savez, c'est des dérapages, etc.
01:26Mais je n'accepte pas, si vous voulez, qu'une fois de plus,
01:31on puisse dégrader une femme, on puisse avoir des connotations sur son corps,
01:37avoir des connotations sexuelles, sous-entendu qu'elle vend son corps
01:41et qu'elle fait des danses pour obtenir des postes.
01:43Je n'ai jamais demandé de poste à Emmanuel Macron, jamais.
01:46J'ai même été virée par Emmanuel Macron quand j'ai défendu les gilets jaunes
01:51et quand j'ai défendu les manifestants et les frappes qu'ils subissaient
01:56dans les manifestations pour les retraites.
01:59Emmanuel Macron m'a dit « où tu te tais, où on te débarque »
02:02de la mission ambassadrice des pôles, qui était d'ailleurs bénévole.
02:05J'ai dit « je ne peux pas me taire, c'est l'engagement de toute ma vie
02:09de lutter contre les violences faites aux manifestations et la répression sociale ».
02:13Et au Conseil des ministres qui a suivi, j'ai été débarquée par une décision
02:16mise par Emmanuel Macron sur la table du Conseil des ministres
02:19pour me débarquer de ma mission pour les pôles.
02:21Et tant mieux finalement, parce qu'au moins j'ai gardé la dignité pour moi-même
02:25et j'ai continué les combats.
02:26Et aujourd'hui, vous avez vu, par rapport aux violences que subissent les lycéens,
02:30j'ai repris la parole aussi.
02:32Parce que je considère que nous devrons refonder le pacte de l'ordre républicain.
02:36On parlera des lycéens évidemment dans un instant,
02:38mais il faudrait que Raphaël Guzman vous réponde quand même.
02:40Sur la question de la liberté de manifestation, c'est un combat de ma vie, les libertés.
02:45On va en parler dans un instant, ce sera le premier thème, Ségolène Royal.
02:47Mais ce que disait Apolline, histoire de purger cette question
02:51et cette vidéo qui a beaucoup tourné, Raphaël Guzman,
02:53que répondez-vous à Ségolène Royal ce soir ?
02:56Je vais vous répondre.
02:57Mais d'abord, de quoi parle-t-on ?
02:59On parle de deux vidéos qui étaient dans un cadre privé,
03:05qui n'avaient pas vocation à devenir public.
03:08C'était une réunion avec une dizaine de militants dans un café.
03:15Et il y a évidemment eu une fuite et c'est sorti sur la place publique.
03:20Je n'étais pas sur un plateau de télé, je n'étais pas dans un meeting.
03:24Et je vais vous dire une chose.
03:26Il n'y avait aucune connotation sexiste dans « danse du ventre ».
03:31J'ai regardé dans le dictionnaire, c'est « multiplier les gesticulations pour obtenir un poste ».
03:36Et d'ailleurs, il y a quatre jours, sur un plateau de France Télévisions,
03:40lors de notre précédent débat, Jérôme Guèche a utilisé le même terme
03:44pour qualifier l'attitude d'Olivier.
03:46Pardon, pardon.
03:47Une insulte de ce type faite à un homme et une insulte de ce type faite à une femme,
03:51ce n'est pas la même chose.
03:52Une femme qui montre son ventre et qui se donne dans « danse du ventre »,
03:55ce n'est pas la même chose.
03:56Les hommes ne font pas la « danse du ventre ».
03:58Donc ce n'est pas la même chose.
03:59On sait bien que les insultes faites aux femmes ne sont pas de même portée
04:03que les insultes faites aux hommes.
04:05Et me dire que parce que vous l'avez dit à un homme,
04:07ce n'était pas une insulte à connotation sexuelle me concernant, si.
04:10Et en plus, vous l'avez répété plusieurs fois, l'histoire de « danse du ventre ».
04:13Dans vos réunions publiques, vous l'avez répété.
04:15Le fait que j'ai fait la « danse du ventre » pour obtenir des potes,
04:18vous l'avez répété plusieurs fois.
04:20Dans les émissions, face au public, dans vos réunions publiques,
04:23et dans cette réunion qui a été une insulte.
04:24C'est une réunion du courant politique.
04:27Je n'ai jamais dit ça publiquement.
04:29Et puisque nous crevons l'abcès, allons jusqu'au bout.
04:32Parce qu'il y a eu deux vidéos qui sont sorties,
04:34et une autre où je m'adresse dans des termes qui sont vulgaires,
04:41à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
04:43Vous voulez qu'on les donne ?
04:44Non, non, on va les donner.
04:46Laissez-moi finir.
04:47Déjà, ces vidéos n'avaient pas vocation à être publiques.
04:50C'était une réunion interne.
04:52Ça fait réagir les Français qui vous écoutent.
04:54Ça fait réagir les Français qui vous écoutent.
04:56Vous aurez la parole tout à l'heure.
04:57Vous n'avez pas encore de micro.
04:58Je ne me dis pas.
04:59Mais je précise le contexte.
05:01Ce que j'entends à mes côtés, c'est notamment la question « assumer ».
05:07On ne vous entend pas, en fait.
05:08Sans micro, on ne vous entend pas.
05:09Vous êtes un homme public, disent-ils.
05:11Vous devez assumer ces propos.
05:13Assumer, mais je précise que c'était d'abord dans un cadre privé.
05:17Et ensuite, c'est sorti.
05:19D'accord.
05:19Une fois que c'est sorti, oui, j'assume.
05:21J'assume complètement ces propos.
05:22Je ne vais pas vous faire une bardella.
05:24C'était moi sur cette vidéo.
05:26C'était ma voix.
05:28C'est indéniable.
05:30Et donc, je vous le dis de manière très claire.
05:34Je ne pense pas qu'il faille utiliser ce type de langage dans le débat public.
05:38Vous le regrettez.
05:39J'en suis absolument conscient.
05:41Maintenant, ce que je disais sur le fond, ce que je disais sur le fond, c'est-à-dire
05:47qu'il ne fallait absolument pas céder à ce que Marine Le Pen était en train de faire
05:53ou Jean-Luc Mélenchon en encourageant les fièvres identitaires qu'il ne fallait pas
05:57aller sur leur terrain et qu'il ne fallait pas avoir peur d'eux.
06:00Eh bien, cela, je l'assume.
06:01Et oui, dans un cadre privé, qui ici n'a pas employé des fois ce type de langage ?
06:07On va redire les mots parce qu'on me dit qu'on ne les a pas entendues.
06:09Je vous le dis.
06:10Tout le monde n'a pas vu cette vidéo, Raphaël Glucksmann.
06:12Il y a eu deux parties, en effet.
06:14L'une où vous parliez de Ségolène Royal et d'Olivier Fort, d'ailleurs, et de la question
06:16de savoir s'il était vraiment à gauche ou pas.
06:18Il aura l'occasion, j'imagine, de répondre.
06:20Et une autre où vous disiez sur les questions économiques.
06:22Je vous cite le script de cette vidéo sur les questions économiques.
06:27Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon étaient méga à la ramasse.
06:30J'ai vu les yeux perdus à ce débat de Jean-Luc Mélenchon.
06:33Et après, que s'est-il passé ?
06:34Elle, elle a ramené le voile.
06:36Lui, il a remis la baïa.
06:38Mais on leur pisse dessus, putain.
06:40Mais on ne va pas rentrer là-dedans.
06:42Voilà.
06:42Et donc, parce qu'on me demandait, mais s'ils reviennent avec leur discours identitaire,
06:46et là, j'ai cette réaction.
06:47Et effectivement, ce ne sont pas des mots qu'il faut utiliser.
06:49Mais simplement, ce que je veux dire, ce que je voulais dire,
06:52c'est qu'on doit refuser ce débat.
06:55Que quand on échoue à convaincre sur la dette, sur la politique commerciale,
06:59et qu'ensuite, on propose quoi ?
07:01D'aller faire la chasse au foulard dans la rue,
07:04pour remettre des questions identitaires au cœur du débat,
07:07parce que là-dessus, on se sent à l'aise quand on est Marine Le Pen,
07:10eh bien, il faut savoir le refuser.
07:11Et je le disais à des jeunes militants à tabler un café,
07:14pour leur dire, n'ayez pas peur, n'ayez pas peur d'eux,
07:17ne vous laissez pas imposer ces thèmes.
07:19On va porter nos thèmes pendant la campagne.
07:21Et quand on dit mais qu'ils reviennent avec ça,
07:23là, c'est cette réaction.
07:24On va en parler ce soir.
07:25Et je vais vous dire, vous allez pouvoir répondre.
07:26Raphaël Goussane, vous avez déjà énormément d'avance.
07:29En même temps, c'est vous qui êtes interpellé.
07:31Non, mais si, honnêtement, si vous décomptez le temps de parole,
07:34dire de la révolte lycéenne, de l'état de notre école...
07:37On y arrive, on y arrive.
07:38Non, non, on en tient la compte.
07:39On y arrive forcément.
07:41On y arrive forcément.
07:42Attendez, c'est sympa pour les autres, simplement.
07:44Donc il faut faire partie d'une polémique pour avoir plus de temps de parole.
07:47Mais vous en avez pensé quoi de tout ça, vous ?
07:49Non, mais attendez, moi, je me mets à la place de ces panélistes
07:53qui sont là, qui sont venus pour nous interroger
07:55sur des sujets qui leur importent.
07:57Je me mets à la place aussi des téléspectateurs.
07:59Ils ne sont pas tous sympathisants socialistes,
08:01mais ils sont quand même intéressés par les débats démocratiques.
08:04Je ne suis pas sûr que tout ça les passionne.
08:07Moi, en revanche, vous parlez de brutalité.
08:09J'aimerais qu'on parle de la brutalité d'un président de la République
08:12qui s'adresse à un chômeur en lui disant
08:14« Si tu veux trouver du travail, tu n'as qu'à traverser la rue ».
08:17Je voudrais qu'on parle de la brutalité des ordonnances Macron
08:19qui ont supprimées les comités d'hygiène et de sécurité dans les entreprises
08:23et qu'on a vécu durement ça pendant les canicules.
08:26Je voudrais qu'on parle de la brutalité du budget, le cornu,
08:29où on gèle les APL, on gèle le point d'indice pour les fonctionnaires,
08:33on s'attaque même aux familles monoparentales.
08:35C'est cette brutalité, moi, qui me révolte.
08:37Ou celle, par exemple, d'un gilet jaune qui se fait éborgner
08:40alors que ça a été un mouvement très important pour la France et les Français.
08:43La brutalité du pouvoir qui prend tous les cahiers de doléances,
08:46qui les met à la poubelle.
08:47Donc moi, je veux bien qu'on parle de brutalité,
08:49mais concentrons-nous sur l'essentiel.
08:51On est là quand même.
08:52On est là quand même parce qu'on a la passion de notre pays.
08:56On veut aider les Françaises et les Français à s'en sortir.
08:59On pense que ce pays, il doit être réparé
09:01parce qu'il y a énormément de tensions,
09:03il y a énormément de fractures,
09:05et notamment entre les territoires.
09:07Ça sera un des enjeux de la campagne.
09:08Ce sont tous les sujets et l'un des enjeux de ce soir, évidemment.
09:11On va en parler et vous en parlerez tout à l'heure aussi.
09:13Vous voyez bien que le problème, c'est commencer l'émission là-dessus
09:15et laisser à penser que finalement, les divergences entre nous,
09:19c'est parce qu'il y a des noms d'oiseaux,
09:20des expressions maladroites,
09:22ou qu'on est obsédé par une seule personne,
09:24en l'occurrence, je ne dirai même pas son nom,
09:26mais un leader d'un autre parti de gauche.
09:28Ben non, nous, on se positionne par rapport à nous-mêmes.
09:30Emmanuel Morel, vous n'aurez entendu que cette clarification,
09:33ces clarifications sur le leader dont vous parlez,
09:36en l'écran, Jean-Luc Mélenchon,
09:37et la vidéo, vous savez, c'est comme dans les pièces de Fedot,
09:40c'est comme dans les pièces de Fedot,
09:42ça y est, on a purgé bébé,
09:43passons aux choses sérieuses.
09:45Jérôme Gage.
09:46Vous avez entendu, j'ai souhaité placer cette soirée
09:49sous le signe de la dignité,
09:50parce que je considère que la politique,
09:52c'est la dispute apaisée,
09:53par laquelle on se frotte sur les idées,
09:56entre nous, parce que dans la famille de gauche,
09:58nous avons des divergences,
10:00et donc cette dispute apaisée n'interdit pas
10:03d'exprimer les désaccords qui existent.
10:06Et donc, je ne voudrais pas que nous ayons des pudeurs de gazelle
10:09à évoquer une question stratégique.
10:14Décidément.
10:15Une question stratégique.
10:16J'espère que l'expression pudeur de gazelle
10:18est entendable par tout le monde.
10:21Elle veut dire qu'il ne faut pas s'interdire
10:24de parler des sujets qui sont au cœur de cette primaire.
10:28Et je l'ai dit, j'ai un désaccord stratégique
10:31avec la position défendue par Olivier Faure
10:33qui laisse possible un accord avec la France insoumise,
10:38mais pas uniquement pour des questions de valeur,
10:40précisément sur la nature et la qualité des réponses
10:43que nous pouvons apporter aux besoins de dignité
10:46de nos concitoyens.
10:47Et je le dis, ce sujet dont nous reparlerons peut-être
10:49n'est pas tabou.
10:52Et Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort.
10:54Nous pouvons nommer qu'à gauche, aujourd'hui,
10:57il est un boulet sur la perspective de victoire
11:01face au Rassemblement national.
11:03Et laisser entendre, comme cela a été fait
11:06d'interview en interview, c'est ta stratégie, Olivier.
11:09Elle est respectable, mais elle est délétère.
11:12De laisser entendre que nous aurions des passerelles possibles,
11:15je le dis et je le redis, c'est tous nous fragiliser.
11:19Parce que laisser entendre cela,
11:21eh bien, ça donne un bon de sortie pour ceux des électeurs
11:24qui pourraient être tentés par la crédibilité
11:26et la dignité de nos propositions,
11:28mais qui se disent, puisque le premier secrétaire
11:30du Parti Socialiste, qui a déjà fait des accords électoraux
11:33avec la France insoumise, laisse entendre qu'il pourrait
11:35en refaire demain aux élections législatives,
11:37eh bien alors, allons directement voter pour la France insoumise.
11:40Et c'est la raison pour laquelle, je le redis,
11:42un des enjeux centraux de ce vote,
11:45un des enjeux... Je sais que ça te désespère, Olivier,
11:47mais parce que ça met le doigt sur la fragilité première
11:52qui est celle de ta position,
11:54qui consiste à dire, j'essaye d'être gentil avec tout le monde,
11:58y compris avec ceux qui nous insultent matin, midi et soir.
12:02On ne gagne que dans la cohérence, dans la constance,
12:06dans la fidélité aux valeurs et dans l'exigence d'efficacité,
12:10ce que tu ne fais pas, et c'est la raison pour laquelle,
12:12je le redis, le vote du 9 et 10 octobre,
12:14c'est de trancher ce débat stratégique
12:17qui, jusqu'à présent, n'a pas été tranché
12:19par un premier secrétaire qui ne souhaite pas le faire,
12:22mais que tous les sympathisants de gauche
12:24peuvent faire aujourd'hui pour renouer une gauche crédible.
12:27Bon, d'abord, simplement pour clore le chapitre
12:30sur les vidéos, etc.
12:32Je le dis à Raphaël,
12:34le plus simple, c'est de s'excuser.
12:37Parce que la réalité, c'est que, en fait,
12:40cette vidéo, elle n'était ni faite ni à faire,
12:43ça n'était pas un cadre privé,
12:44c'était une réunion militante.
12:46Et par ailleurs, si on commence à dire
12:48que le cadre privé ne compte pas,
12:50alors dans ces cas-là, j'imagine que demain,
12:52Jordan Bradella nous dira que les messages
12:54qui ont été captés par Mediapart
12:56étaient des messages d'ordre privé
12:57et qu'ils n'avaient pas à être placés sur la place publique.
13:00Moi, je crois que quand on est un homme
13:02ou une femme publique, quel que soit le lieu,
13:04on doit se tenir à une certaine forme de rigueur
13:07parce que c'est ce qui est exigé de nous.
13:09Voilà. Bon.
13:10Maintenant, tu fais, tu t'excuses, tu t'excuses pas,
13:12ça ne me regarde pas.
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