00:04L'invité d'RTL à 7h43, il veut représenter la gauche en avril prochain pour la présidentielle.
00:09Au lendemain du second débat de la primaire à gauche, le premier secrétaire du parti socialiste est donc l'invité
00:14d'RTL matin.
00:15Bonjour Olivier Faure.
00:16Bonjour à vous.
00:16400 lycées vont rester fermés aujourd'hui, réponse du gouvernement au mouvement qui s'étend et se tend.
00:22Près de 2000 interpellations hier, plus de 300 policiers et gendarmes blessés, 235 personnes blessées côté éducation nationale.
00:29Vous les appelez à poursuivre le mouvement, ces lycéens mobilisés, ou comme Ségolène Royal, vous leur demandez de rentrer chez
00:34eux parce qu'ils n'obtiendront rien ?
00:36D'abord, il n'appartient pas aux politiques de dire aux lycéens ce qu'ils doivent faire.
00:42Mais ce que j'observe, c'est que leur mouvement a été en réalité récupéré par des casseurs, par des
00:51gens qui finalement n'avaient rien à faire là et qui ont dévoyé ce mouvement.
00:56Parce que, et c'est tout le problème, c'est qu'aujourd'hui, on ne parle plus que de ce
01:01lycée qui a brûlé à Nantes, de ces exactions qui malheureusement ont été constatées tout au long de la journée
01:09d'hier.
01:09Alors que les lycéens, que j'ai vus hier matin, j'ai rencontré hier après-midi le président de l
01:16'Union syndicale lycéenne,
01:18eh bien, ont des revendications qui sont des revendications précises et qui disent beaucoup de ce qu'ils ont aujourd
01:23'hui à subir, alors même qu'ils ont un droit à l'avenir.
01:26Vous parlez de leurs revendications, mais vous dites d'emblée, ce n'est pas aux politiques de leur dire à
01:29ces lycéens ce qu'ils doivent faire ou pas.
01:30D'autres, dans le champ politique, leur disent, les insoumis, par exemple, les appellent à continuer à se mobiliser.
01:36Ils sont hors-jeu en disant ça ?
01:37Ça, j'avais remarqué, mais est-ce que c'est un problème quand des responsables politiques appellent les jeunes à
01:42se mobiliser pour défendre leurs revendications ?
01:45Ce n'est pas le rôle des politiques. Le rôle des politiques, c'est de donner des réponses, pas d
01:50'organiser le mouvement social qui appartient là au monde syndical.
01:53Et donc, j'ai toujours respecté cette étanchéité. Il y a d'un côté des gens qui organisent le mouvement
01:58social, qui posent des revendications,
02:01et des politiques qui, derrière, doivent s'efforcer de répondre aux grandes questions qui leur sont posées.
02:06Alors justement, vous, candidat, vous promettez quoi à ces jeunes ? On rappelle que parmi ce qu'ils dénoncent, il
02:10y a un nombre trop important d'élèves par classe,
02:12à des absences d'enseignants qui ne sont pas suffisamment remplacées, des locaux délabrés. Vous ferez quoi ?
02:17Mais, vous savez qu'on va vivre ce qu'on appelle une déprise démographique dans les dix prochaines années.
02:22On a 1,7 million d'élèves en moins.
02:25D'ici 2035.
02:27Voilà. Et donc, on a là une opportunité extraordinaire.
02:31Non pas de faire baisser le nombre d'enseignants et d'encadrants, mais au contraire, d'utiliser ce moment pour
02:37faire en sorte que les classes soient des classes
02:39qui comptent 19 élèves maximum par...
02:43Donc vous, vous ne baissez pas le nombre d'enseignants ?
02:45Non, c'est le moment.
02:46Cette semaine, Olivier Faure préconisait de baisser le nombre d'enseignants en parallèle de la baisse du nombre d'élèves
02:52pour pouvoir mieux les payer. 9000 postes d'enseignants par an en moins selon l'ONG.
02:56C'est une marge de manœuvre budgétaire de 585 millions d'euros.
02:59Ce n'est pas une bonne méthode, ça, d'avoir des enseignants peut-être moins nombreux, parce que les élèves
03:03sont moins nombreux, mais mieux payés ?
03:05Mais quand vous avez une classe avec plus de 30 élèves, avec des niveaux qui sont parfois très différents,
03:09c'est très difficile pour un enseignant d'y arriver.
03:12Et ce que j'observe, c'est que quand on compare la France avec les grands pays européens,
03:18eh bien, nous consacrons dans l'élémentaire et dans le supérieur 35% de moins à nos élèves que ce
03:26que font nos voisins.
03:27Ça peut paraître curieux parce qu'on nous dit toujours l'inverse, mais la réalité, elle est là.
03:31Et donc, nous avons besoin de mettre le paquet parce qu'on ne peut pas sacrifier l'avenir au présent.
03:36Donc, vous ne dégagerez pas de marge de manœuvre budgétaire pour mieux payer les enseignants grâce à la baisse du
03:40nombre d'élèves ?
03:41On est clair là-dessus ?
03:41Ce n'est pas là-dessus.
03:42Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas augmenter les enseignants.
03:44Je dis simplement qu'il ne faut pas non plus que leurs conditions de travail,
03:48que les conditions de travail des élèves se dégradent,
03:50parce qu'on verrait là une opportunité de dégraisser le mammouth,
03:56comme un ancien ministre a pu le dire.
03:58Moi, je crois, au contraire, qu'il faut arriver à maintenir des effectifs
04:02pour qu'il y ait moins d'élèves par classe et que tous les élèves puissent étudier dans de bonnes
04:05conditions.
04:06Tous les élèves, y compris sur les situations de handicap,
04:09parce qu'on le sait, chaque année, ils ne sont pas suffisamment accueillis aujourd'hui dans les écoles de la
04:12République.
04:13Olivier Faure, Christophe Jacubizine, à l'instant, parlait du budget présenté par le gouvernement hier.
04:17Ça y est, vous avez examiné la copie.
04:19Vous aussi, c'est une certitude, vous allez le censurer ?
04:21Ah ben, si rien ne devait changer, c'est une forme d'évidence pour moi, bien sûr.
04:26On a là, parce que j'entends ce qui est dit par Christophe Jacubizine,
04:31nous avons là un budget qui est un budget qui est très frustrant pour tout le monde.
04:38Frustrant parce qu'on voit bien qu'en fait, il y a un problème de déficit.
04:43Et puis, frustrant parce qu'on voit bien aussi ceux qui sont appelés à venir, en fait, contribuer à cette
04:54baisse du déficit.
04:55Et c'est tout le problème.
04:56C'est que quand vous comparez la France et l'Allemagne, la question, elle est où ?
05:00Les dépenses publiques, en réalité, elles sont assez stables.
05:04Il n'y a pas eu d'envolée des dépenses publiques.
05:09Il y a un gouffre qui va se faire, ne serait-ce que par le taux d'intérêt auquel la
05:13France emprunte aujourd'hui par rapport à l'Allemagne.
05:15On prend les 5%, nous.
05:16Pardon de vous couper, mais le gouffre, en réalité, il est lié à quoi ?
05:19Au fait que nous avons baissé nos propres recettes.
05:22Ce qui a été à un moment le décalage entre la France et l'Allemagne,
05:26c'est qu'à un moment, l'Allemagne avait des recettes supérieures à ses dépenses.
05:30La France, dont les dépenses n'ont pas bougé, a vu ses recettes baisser drastiquement.
05:34Et ces 60 milliards qui manquent tous les ans, ils expliquent effectivement le déficit et la dette.
05:40Donc vous, vous voulez augmenter les recettes plutôt que baisser les dépenses ?
05:44Retrouver des recettes comparables à celles que nous avions avant.
05:48Parce qu'on le voit bien, cette théorie du ruissellement qui a été produite par le gouvernement depuis 10 ans
05:53n'a produit, en réalité, que 1300 milliards de dettes supplémentaires.
05:58Pour l'instant, Olivier Faure, cette stratégie a du mal à séduire les Français.
06:01Dans les intentions de vote, vous êtes loin du second tour.
06:03Le Glucksmann, qui est le mieux placé, est entre 8 et 10%, selon notre baromètre Olunaris Interactive.
06:09Des sondages qui sont toujours dominés par le Rassemblement National.
06:12Hier, Mediapart a enfoncé le clou sur les propos antisémites que le site prête à Jordan Bardella
06:16en expliquant comment il avait authentifié ses propos.
06:20Jordan Bardella continue de nier, parle de pseudo-preuve.
06:22Vous êtes convaincu, vous, par la démonstration de Mediapart ?
06:25Absolument.
06:26D'ailleurs, je ne suis pas tellement étonné par ce que Mediapart livre.
06:29En fait, le RN est un parti qui a été fondé par d'anciens Waffen-SS.
06:35Et donc, qu'on y retrouve là un nid antisémite n'est absolument pas une surprise.
06:42Ce qui est une surprise, c'est que Mediapart ait réussi à en faire la démonstration et en ait apporté
06:48la preuve.
06:49Et donc, oui, malheureusement, le RN est un parti xénophobe, raciste, antisémite, et tout le monde devrait le savoir.
06:56Il peut continuer à prétendre à Matignon, Jordan Bardella ?
06:58Bien sûr que non.
07:00Rester député européen ?
07:02Ça, c'est sa conscience qui lui dictera ce qu'il a à faire.
07:05Mais il aurait pu avoir un autre mode de défense.
07:09Écoutez ce que disait tout à l'heure Alain Duhamel sur votre antenne.
07:12Il aurait pu dire, j'étais jeune, je me suis repris depuis, etc.
07:17Ce n'est pas ce qu'il dit, il ment.
07:18Et donc, on a là un double sujet, son antisémitisme et le mensonge en politique.
07:25Les deux ne pardonnent pas.
07:27Merci Olivier Faure.
07:28Dans un instant, c'est Tanguy Pastureau qui nous fait l'honneur de nous rejoindre à tout de suite sur
07:32RTL.
07:33Bonne journée sur RTL.
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