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  • il y a 7 semaines
Il voulait participer à la primaire socialiste car il s'estime en mesure de la remporter, mais Raphaël Glucksmann vient de fermer définitivement cette porte. A un mois du premier tour de ce scrutin crucial pour la gauche, François Ruffin se maintient dans la course pour la présidentielle, continue sa campagne et s'affiche désormais avec Dominique de Villepin. Il fait sa rentrée politique sur RTL, au micro de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
François Ruffin, député de la Somme, Président de Debout ! et candidat à l'élection présidentielle
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 09 septembre 2026.

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Transcription
00:02RTL Matin, Céline Landreau.
00:04Et l'invité d'RTL Matin maintenant à 7h44.
00:07Bonjour François Ruffin.
00:09Bonjour.
00:09Député de la Somme, président de Debout et candidat à la présidentielle.
00:13Vous venez d'écouter François Langlais.
00:15Mieux payé nos dirigeants pour espérer être mieux gouverné ?
00:18Moi je suis un député au SMIC et je suis prêt à devenir un président de la République au SMIC
00:23parce que je considère que c'est de l'argent de poche.
00:25En fin de compte il y a tout frais payé.
00:26Quand on est à l'Elysée, on ne paye pas ses factures de gaz.
00:29On ne paye pas, quand on va à Brégançon, on ne s'arrête pas sur une aire d'autoroute pour
00:33faire le plein du péage.
00:34Ce n'est pas nous qui sortons notre carte bancaire.
00:36Donc les 16 000 euros dont on parle, c'est de l'argent de poche.
00:39Donc je suis prêt à très largement diminuer tout ça et dire qu'un président qui avait doublé son salaire,
00:44c'était Nicolas Sarkozy.
00:45Ça n'a pas donné d'exemple en maillette en matière ni de politique publique, ni en matière de lutte
00:52contre la corruption.
00:53Puisqu'au contraire, il est maintenant depuis multi-candamnés avec bracelets électroniques et compagnie.
00:57Donc Sébastien Lecornu a raison de réfléchir à baisser les indemnités de ses ministres.
01:01En tout cas je pense que l'exemple doit venir d'en haut.
01:03Et quand on n'arrête pas de demander aux Français de faire des sacrifices, de se serrer la ceinture,
01:08ceux qui nous dirigent devraient être les premiers à montrer cet exemple-là.
01:11Bon, pour pouvoir toucher le SMIC à l'Elysée, il faudra être élu.
01:14François Ruffin évidemment.
01:16Pour l'instant vous souhaitez participer à la primaire socialiste, convaincu de pouvoir la remporter.
01:20Mais impossible de prendre la ligne de départ.
01:23On pensait que l'affaire était tranchée.
01:26Hier, le PS a exposé à la presse les règles de cette primaire.
01:30Et puis dans la soirée, une lettre ouverte d'une centaine de responsables socialistes
01:33appelaient encore à les revoir, ces règles, pour vous permettre de finalement participer.
01:37Comme Marine Tondelier d'ailleurs, ou l'homme d'affaires Mathieu Pigasse.
01:40Ça vire au mauvais feuilleton, non ?
01:42Écoutez, moi je suis prêt à y aller.
01:44Normalement il devait y avoir une grande primaire ouverte que je voulais de Poutou à Hollande.
01:48Et puis, ils ont eu peur.
01:50Ils ont eu peur que les partis socialistes, Passe-Pudic, Raphaël Glucksmann,
01:54ils ont eu peur de perdre ça.
01:56Donc ils se sont dit, bon, on va se replier dans notre coin.
01:58Moi je lis leur charte, je dis, bon, moi j'ai rien contre ça, pourquoi pas y aller ?
02:02Ça me fait marrer.
02:03Je suis prêt à aller sur leur terrain, avec leurs règles, avec leurs arbitres.
02:08Et qu'est-ce qu'ils font ?
02:08Ils ferment la porte à triple tour, ils la blindent,
02:11ils mettent des mines derrière pour pas qu'on puisse rentrer.
02:13C'est panique à bord.
02:14Bon, je le dis, moi je pense que ça ferait du bien.
02:17Ça ferait du bien à la démocratie, ça ferait du bien au pays
02:20que d'avoir un débat avec Raphaël Glucksmann sur comment on remet de l'argent dans le porte-monnaie du
02:24français.
02:25Comment on rapatrie de l'industrie dans notre pays.
02:27Comment on fait pour que les logements payent moins cher dans les budgets.
02:31Je pense qu'avoir un grand débat public plutôt que de se replier.
02:34Vous savez, si aujourd'hui chacun avance dans son couloir, les communistes avec les communistes,
02:38les socialistes avec les socialistes, les écologistes avec les écologistes,
02:41les insoumis avec les insoumis, il n'y a pas d'espoir de victoire.
02:44Je suis là pour bousculer, je suis là pour bousculer cette histoire-là.
02:48C'est l'an dernier, je suis allé à l'hommage aux Invalides à Lionel Jospin.
02:53C'était du temps du grand parti socialiste.
02:55Et pourtant, il a fait la gauche plurielle avec les communistes et avec les écologistes.
03:00Et aujourd'hui, on a le petit parti socialiste.
03:01Il n'a pas gagné la présidentielle.
03:03Aujourd'hui, on a le petit parti socialiste qui dit
03:05« Non, on va faire ça tout seul dans notre coin. »
03:07Ça ne peut pas marcher, ça ne peut pas marcher comme ça.
03:09Et moi, je vois, je regrette que Raphaël Glucksmann ait peur,
03:13mais il n'a pas peur de moi, en fait.
03:14Il a peur des électeurs.
03:16Pourquoi ils font un suffrage censitaire ?
03:18Pourquoi ils mettent une barrière de 15 euros de droit de péage à l'entrée ?
03:22Pour avoir le moins de votants possible.
03:25Comme s'il y avait un risque que Raphaël Glucksmann soit trop populaire.
03:29Eh bien, il faut en plus qu'il n'y ait pas des ouvriers pour venir les déranger.
03:33Si vous aviez pu y participer à cette primaire...
03:36J'y suis prêt, toujours.
03:37Oui, mais c'est dans un mois, exactement, le premier tour.
03:40Donc le délai se réduit quand même chaque jour.
03:41Alors, si vous pouvez y participer et si vous ne la gagnez pas,
03:45est-ce que vous allez vraiment pouvoir vous ranger derrière le vainqueur
03:48si c'est Raphaël Glucksmann ?
03:49Sacha Houllier, l'un de ses lieutenants, vous a interpellé sur X.
03:53Il dit « Tu es anticapitaliste, tu es souverainiste,
03:55tu es contre le nucléaire civil,
03:56tu es opposé à la régularisation des travailleurs étrangers.
03:59Comment peux-tu prétendre incarner la gauche sociale démocrate ? »
04:01À le lire, il y a un monde entre vous.
04:03Mais il y a un monde, surtout avec Sacha Houllier,
04:05il n'y a pas de doute,
04:05qui a appris le mensonge auprès d'Emmanuel Macron.
04:07Donc ça, ce n'est qu'un ramassis de mensonges.
04:11Est-ce qu'il faut que vous n'êtes pas anticapitaliste ?
04:13Je suis pour que, dans les entreprises,
04:15il n'y ait pas tout le pouvoir au capital,
04:17mais qu'il y ait du pouvoir pour les salariés
04:18et qu'il y ait du pouvoir aussi pour les ONG,
04:21pour un certain nombre d'élus locaux.
04:22Et que le seul but des firmes,
04:24ça ne soit pas de faire du profit
04:25et de le redistribuer en dividende à leurs actionnaires.
04:28Mais vous savez, il me semble que ça,
04:30normalement, c'est partagé par les socialistes.
04:32Je veux dire, moi, je me sens un héritier honnête, honorable
04:35de Léon Blum ou de Jean Jaurès.
04:39Voilà, je suis dans cette tradition.
04:40Je suis dans cette tradition qui considère qu'en effet,
04:43tout le pouvoir ne doit pas aller à l'argent.
04:45Alors, à défaut d'avoir des relations apaisées actuellement avec les socialistes,
04:48vous en avez avec Dominique de Villepin.
04:50Vous avez débattu ensemble.
04:52Et vous vous reniflez, ce sont vos mots.
04:54Qu'est-ce que vous sentez chez Dominique de Villepin ?
04:56D'abord, dire peut-être que ça fait du bien.
04:59Ça fait du bien.
05:00Il y a la deux hommes libres.
05:01Oui, l'un qui vient de la droite, l'autre qui est de gauche,
05:04mais qui débattent avec respect, avec honnêteté,
05:08qui se demandent qu'est-ce qu'on peut faire pour relever les défis du pays,
05:11le défi productif, pas de grand pays, sans grande industrie,
05:14sans une agriculture qui assure notre autonomie,
05:16le défi démographique, parce qu'il y a de plus en plus de personnes âgées
05:19dont il faut s'occuper.
05:20Mais à la fin, vous comptez faire quoi ensemble ?
05:21C'est un ticket ? On doit imaginer ça ?
05:23D'abord, dire qu'on en est loin.
05:26On en est loin.
05:27Vous savez, je disais, c'est un peu premier rendez-vous Tinder.
05:31Bon, ben, c'est pas à ce moment-là qu'on présente le Pax.
05:33Parfois, ça va vite.
05:35Peut-être que ça va vite, mais pas pour avoir des enfants,
05:37pas pour s'installer, pas pour prévoir un avenir ensemble.
05:40Donc, en revanche, dire qu'il y a là un échange sur le diagnostic,
05:45sur les points communs qu'il peut y avoir à l'horizon,
05:47et sur la nécessité qu'il y a de faire dérailler le train de l'histoire,
05:51le train de la fatalité.
05:52Un train qui amène Marine Le Pen à l'Elysée.
05:55Il y a quand même des divergences énormes.
05:56Votre rapport à l'argent, la question du climat.
05:59Bien sûr qu'il y a des divergences.
06:01Maintenant, vous savez, dans mon parcours,
06:03je suis venu ici dans ce studio pour présenter un film
06:06que j'avais fait avec Bruno Bonnel,
06:07qui était un député macroniste, chef d'entreprise, et ainsi de suite.
06:11Et pourtant, nous avons travaillé ensemble sur les métiers du lien,
06:13d'assistante maternelle, d'accompagnante d'enfants en situation de handicap,
06:17d'auxiliaire de vie.
06:17J'ai fait un autre film avec Sarah Salman,
06:20une députée qui tenait des propos à l'antenne,
06:23contre les salariés, et ainsi de suite.
06:24Je l'ai remise dans le monde du travail, quelque part,
06:27et je l'ai réinsérée,
06:28et finalement, elle tient des propos qui sont aujourd'hui plutôt de gauche.
06:32Donc moi, je ne suis pas quelqu'un qui suis figé,
06:35qui me dit, tiens, vous savez quand on me parle de périmètre,
06:37on me dit le périmètre politique.
06:39J'ai l'impression d'être dans un enclos aux eaux,
06:41et que je ne devrais pas en sortir.
06:43Mais non, si on laisse faire le jeu tel qui se produit,
06:46évidemment, on court au pire.
06:48Et je pense qu'il y a des républicains dans ce pays
06:50qui ont envie qu'on change de chemin.
06:53Et non pas pour faire du bricolage,
06:55non pas pour faire du ravaudage,
06:56et c'est quelque chose que je partage avec Dominique de Villepin,
06:58c'est que l'heure, aujourd'hui, est venue d'une grande remise à plat.
07:01Alors l'enclos, vous en sortez pour faire campagne,
07:03vous avez fait beaucoup d'autostop cet été,
07:05vous en avez tiré des vidéos qu'on peut voir sur votre chaîne YouTube.
07:08On vous voit attendre beaucoup au bord de la route,
07:11échanger parfois avec ceux qui acceptent de vous laisser monter,
07:13vous en avez retiré quoi ?
07:14Vous savez, c'est des discussions...
07:16Moi, en tout cas, s'il s'agissait pour moi de casser le mur de...
07:19Vous savez, quand vous faites campagne,
07:20vous êtes entouré par des gens qui pensent comme vous.
07:22Ben non, je ne voulais pas ça.
07:24Je voulais rencontrer les Français presque au hasard.
07:26Et qu'est-ce que j'en ai retiré ?
07:28Il y a un grand temps de rupture dans la vie des Français,
07:31ce sont les ruptures affectives.
07:33Le moment où, finalement, il y a un divorce,
07:37il y a une séparation,
07:38et derrière, c'est un choc sentimental,
07:41mais c'est aussi un choc financier.
07:42Ça peut être un choc de la pauvreté,
07:44c'est un choc sur le logement.
07:45Et je pense que c'est un moment où la société doit agir,
07:48où il doit y avoir, en gros, la sécurité sociale,
07:52prévu après-guerre,
07:53une lutte contre les risques de maladie, de vieillesse.
07:55Vous voulez une lutte contre la détresse affective ?
07:57Non, ce n'est pas la détresse affective.
07:59C'est qu'à ce moment-là,
08:00il doit y avoir une intervention publique
08:01pour se demander comment on fait pour que la femme,
08:03comment on fait pour que les enfants ne chutent pas dans la pauvreté.
08:05Et l'autre sujet qui a été endémique,
08:08c'est la question du handicap.
08:10Le handicap ne doit pas être synonyme de pauvreté.
08:13Il doit y avoir la possibilité de cumuler les revenus du travail
08:16et la loxiation à du profit.
08:18Et on retrouve tous ces échanges, évidemment, sur votre chaîne YouTube.
08:20François Ruffin, vous restez avec nous.
08:21Philippe Cavendres.

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