00:00Donc un, ça n'est pas nouveau, hélas, deux, il y a des cycles de violences qui sont marqués essentiellement
00:06par deux phénomènes.
00:07Un, le syndrome Malik-Oussekin, la peur de tuer, et ça c'est un problème lié à l'organisation, la
00:13réorganisation et parfois la désorganisation des effectifs de police
00:17qui ont perdu énormément d'effectifs spécialisés en maintien de l'ordre au nom de rigueur budgétaire, de politique budgétaire,
00:23qui ont touché autant la police que les infirmières, les instituteurs ou les établissements scolaires, c'est-à-dire l
00:28'effondrement des services publics.
00:30C'est une réalité qui mérite qu'on s'en occupe et c'est très bien qu'on s'en
00:34occupe.
00:35Et puis deuxièmement, une révolution qui a la génération Naël. Ça, c'est la génération Naël.
00:42Vous diriez génération Naël ou génération Mélenchon ?
00:44Non, non, c'est une erreur d'analyse très impressionnante.
00:47Alors expliquez-nous.
00:48Quand un mouvement social commence et qu'il vous échappe, ce qui est le cas, il commence à Créteil, comme
00:53ceci a été très justement rappelé par Mme Diallo ou par le député Louis Boyard,
00:59vous faites ce que vous pouvez pour le rattraper.
01:02Parce qu'un mouvement social qui échappe à une organisation de gauche, quelle qu'elle soit, le PS, le PC
01:08historiquement, LFI désormais,
01:11pose un problème majeur du débordement.
01:14Et donc de la violence.
01:16Parce que personne ne sait ni manifester, c'est le cas des Gilets jaunes, ni s'organiser, ni revendiquer, ni
01:23s'unifier pour revendiquer,
01:24ni faire la mise en cohérence des luttes, la conjonction des mouvements.
01:28Et donc il faut que des militants professionnels de moins en moins nombreux s'en occupent.
01:34Et pour cela, il faut repolitiser le mouvement.
01:36Mais s'en occupe pour appeler au calme, pas pour souffler sur les braises.
01:39Mais si, parce que, bien sûr, comment vous étouffer un feu ?
01:44Pour étouffer un feu, il faut accompagner le mouvement afin de le diriger vers une solution politique.
01:50Vous ne pouvez pas commencer à vous opposer au mouvement puisque vous êtes balayé.
01:54Ceci existe depuis toujours, les coordinations.
01:57Personne n'en parle.
01:59J'ai peur, mais les sociologues, les spécialistes des mouvements étudiants et lycéens,
02:05ceux qui ont écrit après 86, ceux qui ont écrit après les émeutes de 2005, etc., en parlent.
02:10Mais le politique a perdu le sens de la lecture du passé.
02:15Tout ça lui apparaît comme venant d'arriver tout d'un coup, comme s'il n'y avait pas une
02:20histoire.
02:21Cette histoire, elle est 86, 2005 et Naël.
02:27Parlons-en.
02:28Nous avons donc un phénomène d'expression par la violence puisque plus personne ne fait de l'expression par la
02:34politique.
02:34Ce que fait le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
02:37Et désormais aussi, vous avez un député socialiste qui expliquait tout à l'heure que lui aussi était allé au
02:41contact des étudiants
02:42parce que tout d'un coup, au bout d'un moment, il se passe des choses.
02:45Vous avez un communiqué à Nantes extraordinairement intéressant qui soutient les lycées.
02:50Nantes, c'est le lycée Nelson Mandela.
02:52Je vous noterai que la plupart des lycées qui sont attaqués ont des noms emblématiques et symboliques.
02:56Ce qui est Paul-Éluard.
02:58Nantes, Claude Monet, Paul-Éluard, Saint-Exupéry.
03:00Mais je dis tout à l'heure, on est loin de la liberté, de la poésie et des lumières.
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