00:00Dix ans après le Brexit, le Premier ministre britannique a évoqué l'option d'un retour du Royaume-Uni dans
00:05l'Union Européenne.
00:06Et pour vous, Étienne, l'envisager, c'est déjà une bonne nouvelle.
00:10Oui, Céline, et ça va bien au-delà de ce petit plaisir narcissique que l'on connaît tous lorsqu'on
00:16est rappelé par son ex.
00:18Nous avons besoin des Britanniques, c'est mon premier point.
00:22Dans un monde violent, il vaut mieux être costaud et on l'est plus ensemble.
00:26Par exemple, un Royaume-Uni de retour renforcerait considérablement l'Europe de la défense.
00:31Vous savez, des coopérations sont possibles dans le cadre actuel, la coalition des volontaires sur l'Ukraine l'a montré.
00:36Mais pour construire une vraie industrie de défense à l'échelle de l'Union, ce serait un atout énorme.
00:42Et puis il y a le commerce, vous savez, le retour au moins dans une union douanière,
00:45à défaut d'une réadhésion complète à l'Union du Royaume-Uni qui fut avant le Brexit la deuxième économie
00:52du continent.
00:52Ce serait précieux. Alors on est très loin de tout cela, mais en attendant, je vais vous dire, et c
00:57'est mon deuxième point,
00:58l'idée même de ce retour est déjà un signal politique utile pour nous.
01:03Parce qu'il sert, selon vous, la cause européenne ?
01:05Oui, c'est la démonstration par l'absurde de la folie du souverainisme bas de plafond.
01:10Si Andy Burnham ose envisager ce retour, c'est que la majorité des Britanniques estiment aujourd'hui,
01:15les sondages le disent, que le Brexit a été une erreur.
01:18Et à raison, l'institut américain NBER a calculé que ça leur a coûté en cumul 8% de leur
01:25PIB à fin 2025.
01:27Les faits, depuis 10 ans, ont démontré le ridicule du grand slogan du Brexit, vous vous souvenez,
01:32« take back control », reprendre le contrôle.
01:34Non seulement le Brexit n'a pas permis, par exemple, de mieux contrôler l'immigration, mais ce serait plutôt l
01:39'inverse.
01:40Quant à la sortie de la politique douanière européenne, le libre-échange,
01:44et bien ça n'a pas ouvert beaucoup de perspectives au Royaume-Uni.
01:47A la fin, selon beaucoup d'experts, le Royaume-Uni sentit même moins bien que l'Europe face aux droits
01:52de douane de Donald Trump.
01:54Alors c'est un caillou dans la chaussure de ceux qui, en France comme ailleurs en Europe,
01:58ne veulent voir dans l'Union européenne qu'une contrainte, oubliant tout ce qu'elle nous apporte.
02:04En fait, plus généralement, et c'est mon troisième point, c'est un revers pour le populisme.
02:09Parce que pour vous, Étienne, le Brexit représente le populisme.
02:12Oui, c'est même le cas d'école à l'époque moderne, souvenez-vous, c'était quand même quelques mois
02:16avant la première élection de Donald Trump.
02:19Et il y a toutes les caractéristiques dans le Brexit, le mensonge, notamment, vous vous souvenez de ce mensonge énorme
02:25?
02:25Le Royaume-Uni enverrait 350 millions de livres sterling à Bruxelles chaque semaine.
02:30C'était l'argument des Brexiteurs.
02:32C'était faux, maintenant tout le monde le sait, la réalité se venge.
02:35Alors cela dit, bien sûr, Céline, la politique, elle a des ressources pour nier l'évidence.
02:40Je vous cite la définition que Beaumarchais donnait de la politique dans le mariage de Figaro.
02:45Feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore, d'entendre ce qu'on ne
02:51comprend pas,
02:51de ne point ouïr ce qu'on entend, surtout de pouvoir au-delà de ses forces.
02:56Et d'ailleurs, c'est un politique qui fait la une du point en kiosque aujourd'hui.
03:00C'est Ravier Mileï, le président argentin.
03:02Oui, interview sans filtre.
03:04Et quand il est sans filtre, il est vraiment sans filtre, Ravier Mileï.
03:07Avec cette citation, la dette est profondément immorale.
03:11En Argentine aussi, il en est grandement...
03:13Mais c'est vrai en France aussi.
03:14En France aussi.