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  • il y a 13 heures
À 70 jours de la date butoir, le feuilleton du Brexit s'est enrichi d'un nouvel épisode avec le refus par les députés britanniques de l'accord passé entre Theresa May et l'Union européenne. Analyse et réactions avec les députées européennes Karima Delli (Verts-ALE) et Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy (S et D), animé par Jean-Jacques Régibier, journaliste.

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Transcription
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Brexit année zéro 2019, point d'interrogation bien sûr.
00:19Que va-t-il se passer suite au vote de la Chambre des communes hier soir
00:22contre l'accord de sortie de l'Union européenne
00:25qui avait été négocié par la première ministre britannique Theresa May ?
00:28On en débat avec vous, Karim Adéli.
00:30Bonjour, merci d'être là, vous êtes députée européenne
00:33vers Alliance Libre Europe et Christine Revaud-Dallon.
00:36Bonne fois, vous êtes députée européenne également, socialiste et démocrate.
00:40Bonjour.
00:41Bonjour et merci d'être là, évidemment, bien sûr.
00:44Chaos, impasse, paralysie, c'est un peu les mots qu'on entend depuis ce matin,
00:47un peu les mots-clés qui circulent.
00:49C'est votre sentiment ? Quel est votre sentiment à vous ?
00:53Même si c'était prévu, hein ?
00:55C'était fortement prévisible,
00:58mais il ne faut jamais jouer avec la démocratie.
01:01Cameron puis Theresa May ont considéré
01:04qu'ils pouvaient tout à fait lancer un référendum
01:06comme celui qu'avait demandé Farage.
01:09Ils n'y étaient absolument pas tenus à le faire.
01:12Et ils ont voulu aller jusqu'au bout
01:14en étant persuadés que leur groupe les suivrait
01:17quelle qu'en soit l'issue et quelle qu'en soit la situation.
01:20Donc ils portent une très forte responsabilité aujourd'hui.
01:23Et ce dont on s'aperçoit, c'est qu'il y a un problème
01:27au niveau de la Chambre des communes,
01:28au niveau du Parlement britannique,
01:30et qu'à un moment donné, il faut se retourner vers les citoyens britanniques.
01:35On ne peut pas continuer dans ce spectacle,
01:39un peu ce théâtre des grands boulevards
01:43auquel on assiste.
01:44Au Parlement européen, on a fait notre travail
01:47pour chercher l'accord le plus équilibré possible
01:52et qui tienne compte de points de vue
01:54qui sont extrêmement importants pour nous.
01:56C'est la situation des 3 millions d'Européens
01:59qui vivent au Royaume-Uni.
02:00Et c'était aussi la situation en Irlande
02:03entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.
02:06C'était les points qui étaient pour nous extrêmement importants dans l'accord.
02:08On va y revenir sur ces points, bien sûr.
02:09Mais la question démocratique,
02:10donc celle des citoyens britanniques, maintenant, est posée.
02:12Votre réaction également à vous, Karim Adély,
02:14sachant qu'on en parlait il y a quelques secondes.
02:18Le non-accord qui a été obtenu hier, entre guillemets,
02:21à la chambre au Parlement britannique,
02:25il n'y a pas de volonté commune derrière.
02:27C'est-à-dire que c'est un agrégat, on va dire,
02:29de noms qui n'ont rien de commun entre eux,
02:33à part le fait de dire non à cet accord.
02:35Oui, il y a ça.
02:37Il n'y a pas vraiment d'unité d'un groupe
02:39qui marquerait une position positive claire
02:42par rapport à ce qui va ou ce qui devrait se passer.
02:45C'est quand même une coalition largement majoritaire,
02:49notons-le, renotons-le,
02:50mais qui n'a pas de proposition forte derrière ça.
02:54On va en reparler tout à l'heure.
02:55Il y a plusieurs choses.
02:56Tout d'abord, qu'est-ce qu'on se rend compte ?
02:58C'est que les citoyens britanniques ont été
03:00les otages d'une crise politique de petits politiciens.
03:04C'est ça qu'il faut dire.
03:05Ça fait quand même plus de deux ans qu'on négocie cet accord.
03:08Deux ans, c'est beaucoup.
03:10Je rappelle que ceux qui étaient justement les porte-parole du Brexit
03:14ont dit, vous inquiétez pas, ça va être facile de sortir.
03:17Et vous savez quoi ? On a un plan B.
03:19On a vu les Boris Johnson, etc.,
03:21qui ont prouvé, un, leur incompétence et leur manque de courage.
03:25Troisième chose qui, moi, me semble assez importante,
03:29c'est que l'Union européenne a su marquer son unité.
03:33Michel Barnier, qui a été un des...
03:34notre négociateur, un très bon négociateur,
03:37il a toujours gardé l'unité européenne face à un Royaume-Uni
03:42qui, aujourd'hui, s'emmêle les pinceaux
03:45parce qu'ils ne savent pas s'entendre les uns avec les autres.
03:49Et là, on a un problème de fond, et je suis d'accord.
03:52Quand on a des politiques aussi incompétents,
03:56il faut renvoyer la balle au peuple.
03:59Et le problème que nous avons aujourd'hui, c'est quel scénario ?
04:02C'est ça, on va en parler parce qu'il faut renvoyer la balle au peuple, d'accord ?
04:06Mais c'est pas sûr qu'ils vont le faire, c'est ça le problème.
04:08C'est ça la question.
04:09C'est-à-dire que dans la situation actuelle,
04:12en réalité, quelles sont les alternatives ?
04:14Alors, personne n'a de boule de cristal,
04:15on ne va pas dire, on ne sait pas ce qui va se passer, bien entendu.
04:18Personne ne le sait, mais qu'est-ce qui peut se passer ?
04:20Quelles sont les hypothèses plausibles,
04:22de manière à ce qu'on essaie d'éclaircir un petit peu
04:24ce qui va se passer prochainement sur cette question ?
04:27La première question, c'est comment va se passer le vote de défiance
04:30qui a été présenté par Jeremy Corbyn.
04:33Je ne pense pas qu'il y ait un soutien de la part
04:36de ceux qui voulaient la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne,
04:40ni de ceux qui ont trahi leur Premier ministre
04:43alors qu'ils appartiennent au même groupe politique.
04:45Mais ça pourrait être une option.
04:46La deuxième option, c'est de continuer à faire ce qu'on fait depuis deux ans,
04:51comme Karim Adéli vient de le dire, d'une façon assez opaque
04:55et où finalement, beaucoup se sentaient complètement exclus
04:58du dispositif de négo.
04:59Et de poursuivre, essayer de voir de quelle manière,
05:05quels sont les points de l'accord qui, pour nous,
05:07étaient vraiment hyper travaillés.
05:10On pourrait éventuellement revenir pour trouver un compromis
05:13entre le Royaume-Uni.
05:14Est-ce qu'il y a des chances qu'on avance beaucoup ?
05:16J'y crois pas non plus.
05:17Moi, je pense que tant qu'on ne fait pas trancher par les citoyens britanniques,
05:22je ne sortirai pas le mot référendum,
05:24parce que je ne sais pas si c'est un référendum ou un autre mode,
05:26mais en tout cas, il faut qu'il y ait une consultation,
05:28d'une manière ou d'une autre,
05:29parce que sinon, ceux qui sont la démocratie représentative
05:34dans cette Chambre des communes,
05:36et notamment ceux qui sont dans le parti de Cameron et Theresa May,
05:39donc ceux qui ont porté la demande de référendum
05:42et qui sont dans l'incapacité de l'assumer,
05:45c'est à eux que la responsabilité incombe.
05:47Et est-ce que ça veut dire ça,
05:49qu'il faut être très vigilant à ce que vous êtes en train de dire,
05:52pour que, je vais dire, la contamination ne se fasse pas au niveau de l'Europe
05:56et qu'il n'y ait pas cette espèce d'ambiance qu'on a tout de même,
05:59enfin qu'on a depuis un certain temps,
06:00mais qu'on a encore plus fortement depuis ce matin,
06:03qui consiste à dire, finalement,
06:06les parlements, il y a eu une crise parlementaire en Royaume-Uni,
06:11mais après tout, c'est une crise parlementaire un peu partout en Europe.
06:14Il y a nécessité aujourd'hui de faire un distinguo très clair
06:16et donc pour l'Europe d'être très claire.
06:18Alors là, moi, je vous assure qu'il est grand temps
06:21que l'Europe prenne ses responsabilités.
06:22On ne joue pas avec eux, justement,
06:25pour moi, c'est game over pour les Britanniques.
06:29C'est-à-dire que l'accord a été fait d'une manière assez respectueuse,
06:34très transparente, on a travaillé dessus.
06:36Il y a quand même tous les points clés,
06:38même les points de crispation, notamment l'Irlande,
06:41qui était édent.
06:43Finalement, aujourd'hui, ils sont contre l'accord,
06:46mais dites-nous ce que vous voulez.
06:47Pour l'instant, il n'y a personne qui nous dit concrètement ce qu'il veut.
06:49Premier problème.
06:51Deuxième problème, je ne pense pas qu'il y ait un changement de gouvernement
06:53avec le vote de la motion de défiance de Corbyn.
06:56Et donc, la véritable question, c'est, si on part sur un référendum,
07:00donc on redonne la parole au peuple.
07:01Mais le peuple vote sur quoi ?
07:03Est-ce qu'il vote sur l'accord négocié avec l'Union européenne
07:07ou est-ce qu'il vote sur, notamment, Brexit ou pas ?
07:12Ce qui est deux issues totalement différentes.
07:15La troisième chose, et moi, je le dis,
07:17c'est que c'est sur cet article 50.
07:19C'est-à-dire qu'ils vont venir pour nous dire,
07:21finalement, on ne veut pas sortir le 30.
07:24Et donc, laissez-nous un peu de temps.
07:26Moi, je veux bien leur laisser le temps,
07:28mais il faut une date butoir,
07:30ou un moment, il faut qu'ils sortent.
07:31Pourquoi ?
07:32Tout simplement parce que c'est bien facile que les populistes disent
07:36on veut sortir de l'Europe, on veut sortir de l'euro, etc.
07:39Lorsqu'on les met sur le fait accompli,
07:42ils se rendent compte de quoi ?
07:43Que, un, ils ont menti, que, deux, c'est très difficile,
07:47et les conséquences sont dramatiques,
07:49notamment sur le Brexit.
07:51Et nous, les Français, mais heureusement que vous avez des députés européens qui sont là,
07:55auront des impacts.
07:56Créer une nouvelle frontière avec nos voisins britanniques,
08:00ça aura des impacts.
08:01Mais nous avons travaillé dessus pour pouvoir, justement, gérer les choses.
08:06Cet enlisement, vous le disiez il y a deux secondes,
08:08cet enlisement, c'est un risque réel pour tout le monde, finalement, à l'heure actuelle.
08:12Il y a intérêt à être très clair, quoi.
08:15Non, non, très franchement, le risque, il n'est pas pour l'Union européenne.
08:18Le risque, il est pour les Britanniques.
08:23Et pour les citoyens européens qui vivent au Royaume-Uni,
08:27et pour les citoyens britanniques qui vivent en Union européenne.
08:30Pour le reste, on a anticipé sur un certain nombre de sujets,
08:34et Karima Adelide le sait très bien, puisqu'on travaille ensemble sur tout ce qui est
08:38la question de comment on s'assure de garder une continuité de liaison
08:42avec, notamment, la République d'Irlande,
08:45pour qu'elle puisse, maintenant qu'elle ne pourra plus passer forcément par le Royaume-Uni,
08:48qu'elle puisse arriver vers nos ports français ou d'autres ports européens.
08:52Mais nous, on a une petite préférence pour les ports français, évidemment.
08:55On a travaillé sur la façon dont l'Union européenne continue.
09:00On a préparé notre plan budgétaire sans le Royaume-Uni.
09:03Donc, le risque, il n'est pas pour nous.
09:05Le risque, il est collectif, parce que c'est un immense gâchis,
09:09et parce qu'on voudrait que les Britanniques restent.
09:11Mais nous, on continue d'avancer.
09:13Et c'est pour ça qu'il faut se tourner vers les citoyens britanniques,
09:17et leur reposer, pas à la même question,
09:20je ne crois pas que ce soit une bonne chose,
09:21mais en tout cas, leur dire, ben voilà, il y avait cet accord.
09:24Vous êtes d'accord, vous n'êtes pas d'accord,
09:26et pourquoi vous n'êtes pas d'accord, et vous voulez quoi ?
09:29Encore que ça, il va falloir le faire comprendre,
09:30parce qu'on est en période électorale.
09:32Voilà, c'est ça que je veux dire.
09:33Et on est en période électorale,
09:34et forcément, les citoyens européens,
09:36qui vont se retourner pour voir un petit peu ce qui a été fait par le Parlement,
09:41ce qui est fait par l'Union européenne aujourd'hui,
09:42vont dire, quoi ?
09:43Mais cette histoire de Brexit, on s'enferre là-dedans, on n'en sort pas.
09:46C'est quoi cette histoire ?
09:47Voilà, donc il faut avoir une fin.
09:49Mais la bonne chose du Brexit,
09:50c'est que les citoyens britanniques,
09:52comme partout en Europe,
09:53se sont rendus compte de quoi ?
09:55Des avantages européens.
09:57C'est-à-dire qu'on a revu un petit peu ce qu'était l'Europe,
10:01notamment en termes de protection sociale,
10:02en termes de droits,
10:03parce que oui, il y a 3,6 millions de citoyens britanniques en Europe,
10:07comment on va les protéger ?
10:09Comment on protège notre alimentation ?
10:10Sur des contrôles, etc.
10:11Donc il y a un regain sur l'Europe.
10:14Mais l'Europe ne doit pas se tromper.
10:15C'est-à-dire que sur cette affaire du Brexit,
10:18à un moment, il faut aussi savoir respecter le référendum britannique
10:23où les citoyens britanniques ont dit, on veut sortir.
10:27Et là, l'Europe ne peut pas se permettre de dire,
10:31ils ont voté, recommençons.
10:33Non.
10:34On doit respecter le vote du peuple.
10:36Moi, je considère qu'aujourd'hui,
10:38si on a des politiciens dans la Chambre britannique
10:41qui ne savent pas se mettre d'accord sur l'accord,
10:43il revient au peuple britannique de dire oui ou non,
10:46mais de fixer une ligne de départ.
10:51Ça, c'est la première chose.
10:52La deuxième chose, et Christine l'a dit,
10:56les impacts vont être vraiment importants
10:59dans tous les grands secteurs qui vont toucher l'Europe.
11:02La pêche, la question des transports,
11:05la question aussi de leur laisser le temps
11:08pour savoir quel type de statut le Royaume-Uni va avoir.
11:14Parce que dans la négociation,
11:15ce qu'on ne dit pas assez,
11:17c'est qu'ils ne seraient sortis qu'à partir de 2020 ou 2021,
11:22puisqu'ils ont eu droit à un an en plus de transition
11:25pour vraiment se dire,
11:27est-ce qu'on fait un accord de libre-échange, etc.
11:29Et c'est là où on est en termes de thème, point important.
11:33Parce qu'on ne peut pas donner,
11:35au niveau international comme en Europe, justement,
11:39cette Europe, elle a pris des décisions de manière transparente.
11:42On respecte la démocratie du peuple britannique,
11:44mais en même temps, il faut qu'elle soit courageuse
11:46et qu'elle prenne des décisions.
11:48Pourquoi ?
11:49Parce que les populistes sont en porte de l'Europe
11:51et vont dire une chose.
11:53Regardez l'Europe, on fait ce qu'on en veut.
11:54L'Europe n'est pas un jeu.
11:56L'Europe, c'est un confort de vie.
11:58L'Europe, c'est un projet.
11:59L'Europe, ce sont des citoyens qui font vivre, justement, ces projets.
12:04Et donc, c'est la raison pour laquelle, nous, pro-européens,
12:07il va falloir aussi qu'on n'ait pas honte de l'Europe.
12:10Pourquoi ?
12:10Et ça, Christine l'a un petit peu dit tout à l'heure,
12:12mais il faut le rappeler,
12:14que durant le début,
12:17pourquoi il y a eu Brexit ?
12:18C'est parce que ce sont des affaires internes
12:21et Cameroun a pris, notamment Farage et les populistes,
12:24en disant, oh, les anti-européens,
12:26en disant, banco, vous allez voir,
12:27on va faire un référendum,
12:29le pape a tranché.
12:30Mais entre-temps, les Européens n'ont pas joué le jeu.
12:33Ils n'ont pas fait leur campagne pro-européenne
12:35pour dire c'était quoi les acquis de l'Europe.
12:37Alors, est-ce que du coup, ça ne deviendrait pas un levier,
12:38cette histoire de Brexit,
12:39dans la campagne qui s'annonce,
12:40pour regarder, on n'arrive pas à sortir de l'Europe
12:42et pour de bonnes raisons, finalement.
12:44C'est-à-dire, si on sort de l'Europe aujourd'hui,
12:45si on est en train presque de prouver en ce moment
12:48que sortir de l'Europe, c'est bon pour personne.
12:52Reparlons peut-être de l'Irlande du Nord, du coup.
12:54L'Irlande, on pourrait parler de l'Irlande du Nord,
12:56on pourrait parler de l'Ecosse,
12:58parce qu'il y a aussi l'Ecosse
12:59qui est très vigilante sur la question.
13:03Le vote du 23 juin, il a eu lieu.
13:07Et on ne peut pas le remettre en question,
13:09et je suis complètement d'accord avec Karim Adéli,
13:11quand je dis qu'il faut maintenant se retourner vers l'Esprit.
13:13Ça ne peut pas être la même question posée.
13:15Ou sinon, ça voudrait dire
13:16qu'on demande à des électeurs, n'importe où,
13:19de voter sur tel scrutin, tel référendum,
13:23et puis parce que le résultat ne nous plaît pas,
13:24on va le refaire.
13:27Mais non, ce n'est plus possible.
13:28Là, le respect de la démocratie est fondamental.
13:31Donc s'il y a une question à poser,
13:32ça ne peut pas être celle-ci.
13:34Ça peut être plutôt par rapport à l'accord de retrait
13:37et de acter le fait que les citoyens britanniques
13:40ont demandé à sortir.
13:41Et ce sur quoi mes collègues travaillistes
13:46sont vraiment en train de travailler,
13:47c'est sur, dans 5 ans, dans 10 ans,
13:50le processus pour revenir au sein de l'Union européenne,
13:53parce qu'ils considèrent qu'il faut respecter ce vote
13:56qui a été prononcé par les Britanniques.
13:59Et là, aujourd'hui, nous, les Européens,
14:01on ne peut pas leur donner de leçons
14:03et on ne peut pas leur dire ce qu'ils ont à faire.
14:04Ce n'est pas notre rôle.
14:05C'est vraiment à eux de décider de leur avenir.
14:09Nous, on continue à avancer.
14:10Mais c'est vrai qu'il y a eu un effet, quand même,
14:13ce vote et cette situation de Brexit
14:15qui est assez intenable.
14:16C'est que tous ceux qui, pendant des moments,
14:18disaient « on veut sortir de l'Europe »,
14:20ils le disent beaucoup moins fort.
14:22Et ils osent beaucoup moins le dire
14:23parce qu'ils se rendent compte que finalement,
14:25compte tenu de la situation sociale
14:26qu'on voit au niveau des salaires,
14:29au niveau de la situation des Britanniques aujourd'hui,
14:32depuis que le Brexit a été enclenché,
14:34c'est une catastrophe.
14:35économique, etc.
14:36Parce que là, du coup, on le sait.
14:38Quelles vont être les conséquences ?
14:39Pour les personnes.
14:40Mais le problème de fond,
14:41c'est qu'aujourd'hui, on a des Britanniques
14:43qui ne nous disent pas qu'est-ce qu'ils vont faire.
14:46Et ça, ça va être le drame.
14:48On sait très bien que la motion de défiance ne passera pas.
14:52Donc, il n'y aura pas de nouvelles élections.
14:55Mais c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait maintenant.
14:57Parce que nous, l'Europe,
15:00l'Union Européenne, on ne va pas les attendre.
15:03Qu'est-ce qu'on fait d'ici là ?
15:04Parce que justement, cette instabilité politique,
15:08mais fait que c'est de l'insécurité pour les citoyens,
15:10mais c'est aussi de l'insécurité économique.
15:13Ensuite, on a aussi toutes les questions
15:15à gérer derrière nous.
15:17C'est-à-dire que si on se prépare vraiment
15:20à une sortie, pas de deal.
15:23Il faut que l'Europe, mais les autres,
15:25il faut que nous nous anticipons
15:27avant de choisir leur statut en 2020.
15:31Et ça va être là notre rôle
15:32dans les prochaines semaines à avoir
15:35pour pouvoir faire en sorte que
15:37les citoyens britanniques restent nos amis,
15:39mais respectent l'ensemble
15:41de la protection environnementale,
15:43l'ensemble de la protection sociale
15:45de l'Union Européenne.
15:46Ça, ça va être le grand enjeu.
15:48Et moi, je considère qu'aujourd'hui,
15:51il faut vraiment qu'ils nous disent
15:53ce qu'ils veulent,
15:55parce que nous n'allons pas perdre encore
15:56deux ans et demi.
15:58Oui, mais pourquoi ils ont du mal ?
16:00Qui a du mal ?
16:01Pourquoi ils ont du mal ?
16:03Ce ne sont pas les citoyens
16:04qui ont du mal,
16:05ce sont les parlementaires britanniques
16:08qui ont été incompétents
16:10et incapables de se mettre d'accord
16:12sur notamment cet accord.
16:14Ils ne savent même pas
16:16ce qu'il faut modifier dans l'accord.
16:18C'est quand même dame.
16:19C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
16:21Quand on leur dit
16:21est-ce que vous avez lu l'accord des 600 pages ?
16:24Mais ils vont vous dire oui, oui.
16:26Et quand vous venez justement pointer
16:28les points stratégiques,
16:30la question irlandaise,
16:31la question de la pêche,
16:33nous, on est en train de travailler
16:35sur tous les secteurs,
16:36maritimes,
16:37notamment les transports ferroviaires,
16:39le transport aérien, etc.
16:41Ils n'ont pas fait leur travail.
16:42Donc à un moment,
16:43moi je dis juste
16:44que l'Europe ne peut pas être prise en otage
16:46par des gens qui font plutôt
16:48de la politique politicienne
16:49que de penser,
16:50et avant tout,
16:51à leurs citoyens.
16:52Est-ce que ça ne vous dit pas
16:54quand même quelque chose ?
16:55J'imagine que vous en pensez,
16:56vous en parlez,
16:57vous en discutez,
16:58vous y réfléchissez,
16:59sur l'état de ce qui est devenu
17:02de manière un peu restreinte,
17:04un peu exiguë,
17:05un peu corseté,
17:06l'exercice de la démocratie
17:09représentative dans des pays
17:09comme les nôtres.
17:10Pour qu'une démocratie représentative
17:12fonctionne bien,
17:13elle ne peut pas se couper
17:14des citoyens, jamais.
17:15Et c'est ça,
17:16ce que ça nous rappelle.
17:17Et il est absolument indispensable
17:20de toujours garder le lien,
17:22d'une manière ou d'une autre,
17:23et de souffler,
17:24de donner un souffle.
17:27La démocratie représentative,
17:28c'est indispensable.
17:29Il faut qu'elle soit là
17:31pour le vote classique,
17:33des lois, etc.
17:34Mais,
17:35sur un certain nombre
17:36de sujets,
17:37on a absolument besoin
17:38de la société civile
17:39pour aiguiller
17:41et éventuellement
17:43nous corriger
17:44s'ils considèrent
17:45qu'on a fait une erreur.
17:47Et donc,
17:47ce qui se passe aujourd'hui
17:48en France,
17:49avec le mouvement
17:50des gilets jaunes,
17:51avec ce grand débat national.
17:53si c'est aussi réussi
17:55que les consultations citoyennes
17:56sur l'Europe,
17:57j'en attends pas grand-chose.
17:59Donc,
18:00je ne parle pas
18:00de la réponse
18:01qui est faite
18:01par le pouvoir français,
18:04mais sur les questions
18:06des attentes
18:07et de la demande
18:07de prise en compte,
18:08il faut l'entendre
18:09et il faut qu'il y ait
18:10cet échange
18:11et qu'il faut qu'il y ait
18:11cet espace.
18:12Et au niveau européen,
18:14du Parlement européen,
18:15le rôle des pétitions,
18:16et on a même
18:17une commission dédiée
18:18qui est la commission
18:19des pétitions,
18:20nous permet quand même
18:21d'avancer sur des sujets
18:22importants.
18:22La pêche électrique,
18:24l'interdiction du glyphosate,
18:26la question du scandale
18:27du diesel,
18:28c'est des sujets
18:29sur lesquels
18:29on a réussi
18:30à progresser
18:31et à gagner des votes
18:32parce qu'on avait
18:33le soutien civil.
18:34Donc,
18:35ce n'est pas antinomique,
18:36ce n'est pas la démocratie directe
18:38versus la démocratie
18:39participative
18:40et représentative.
18:41Au contraire,
18:42il faut être
18:43plus à l'écoute
18:45et il faut
18:46prendre notre part
18:47de responsabilité
18:48des moments
18:49où on pourrait être
18:50un peu enfermé
18:51dans notre bulle
18:51et ne plus entendre
18:53la colère
18:54ou l'interrogation.
18:55Juste un petit mot,
18:56pardon,
18:57Mais c'est là
18:57le grand enjeu,
18:58c'est-à-dire
18:59l'Union européenne,
19:00pour la première fois,
19:02respecte le référendum.
19:03Il dit,
19:04les citoyens britanniques
19:05ont dit qu'ils voulaient
19:06sortir de l'Union européenne.
19:08Donc maintenant,
19:09la balle est dans le camp
19:11du gouvernement britannique
19:12qui doit prendre
19:13ses responsabilités
19:14et respecter justement
19:15la démocratie.
19:16Et je pense que c'est ça
19:17le mal de l'Europe.
19:18Pourquoi ?
19:19Parce que depuis des années,
19:20il y a des référendums
19:21qui se passent dans les pays
19:22et on dit,
19:24finalement,
19:24le peuple a voté
19:26et on ne respecte pas
19:26sa décision.
19:27Ce n'est plus possible.
19:29Maintenant,
19:29on ne va pas faire
19:30des référendums,
19:31surtout,
19:31parce que je veux dire,
19:33ici, en Europe,
19:34on aurait tellement de sujets.
19:35Maintenant,
19:36c'est comment on crée
19:37de nouvelles institutions
19:38et comment on invente
19:39de nouveaux outils
19:40pour attirer les citoyens
19:42et faire en sorte
19:43qu'ils soient au débat.
19:44Là, c'est intelligent.
19:45Nous, par exemple,
19:46dans notre commission
19:48transport,
19:49ce qu'on fait,
19:49c'est qu'on invite
19:50les citoyens,
19:51une fois tous les quatre mois,
19:52dans notre commission
19:53qui viennent, justement,
19:54poser des questions
19:55à leurs représentants
19:57en disant,
19:57mais pourquoi vous avez
19:59voté tel rapport
20:00et pourquoi vous avez
20:01voté tel amendement ?
20:02Et là,
20:03on a un véritable dialogue,
20:04pas un dialogue de sourds,
20:06parce que ce qui ressort
20:08de ces débats en général,
20:10c'est des crises
20:11très poitieuses
20:12et pourquoi vous ne mettez
20:12pas la voiture autonome
20:13en débat
20:14et pourquoi vous ne mettez
20:15pas les questions
20:16écologiques en débat,
20:17etc.
20:18C'est ça qu'il faut faire.
20:19Ouvrons dans toutes
20:20les institutions,
20:21les portes et les fenêtres
20:22pour que, justement,
20:23le lien entre les citoyens
20:24et nous,
20:25les représentants,
20:26soit toujours direct.
20:27Merci à vous.
20:28Un dernier mot,
20:29ça vous inquiète,
20:29cette situation,
20:30quand même,
20:31du Brexit-là.
20:32On est à 70 jours,
20:33on le répète,
20:34mais c'est maintenant,
20:36ça se termine maintenant,
20:37pratiquement.
20:38Mais dès le départ,
20:39on savait que ce serait compliqué.
20:41Moi, ce que j'attends,
20:43vraiment,
20:43c'est ce sursaut
20:44et c'est le moment
20:45où ce gouvernement britannique
20:46va prendre conscience
20:47qu'il faut qu'il entende
20:49les citoyens britanniques
20:51et qu'elle s'adresse à eux,
20:53qu'elle arrête de passer
20:55par cette chambre des communes
20:56qui est vraiment un théâtre.
20:58C'est affligeant.
20:59Le commissaire européen
21:00l'a dit,
21:00Timmerman,
21:01ce matin,
21:02c'est hallucinant,
21:03le si peu de responsabilité
21:06qu'on semble entendre
21:08d'une représentation nationale
21:10aujourd'hui au Royaume-Uni
21:12dans une situation
21:13qui est tout de même grave.
21:14Il y a des conséquences graves.
21:15Vous venez de le dire.
21:16La protection des citoyens,
21:18la question de la stabilité
21:19et de la sécurité des entreprises.
21:21On a toutes les questions,
21:23notamment de stabilité
21:24sur l'Irlande.
21:25La balle est dans le camp
21:26des Britanniques.
21:28Maintenant,
21:29c'est à eux
21:29de prendre leurs responsabilités.
21:31En tout cas,
21:32nous ne laisserons pas
21:33l'Europe prise en otage
21:35par des politiciens.
21:36On va voir s'ils savent jouer.
21:37Merci à vous.
21:38On poursuivra ce débat.
21:39Merci à vous
21:40qui nous avez suivis.
21:41Au revoir,
21:42à bientôt.
21:42Merci.
21:49Sous-titrage Société Radio-Canada
21:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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