00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Excellente après-midi à l'écoute d'Europe 1, vous êtes avec Maëlle Laurent et ses deux chroniqueurs du jour,
00:08Thomas Bonnet et Yvan Riffoll.
00:09On parle de cette campagne présidentielle que vous observez l'un et l'autre, il nous reste jusqu'au premier
00:14tour 209 jours.
00:15Maintenant et déjà, les politiques ne sont pas à court d'amabilité les uns envers les autres, entre adversaires politiques
00:21d'abord.
00:22Illustration ce matin avec Eric Ciotti qui a imaginé ce qu'il se passerait si la France insoumise arrivait au
00:28pouvoir.
00:28La LFI est une menace pour la République, pour la liberté, pour la démocratie.
00:34Si ces gens arrivaient au pouvoir, nous rentrerions instantanément dans une dictature.
00:39Instantanément, ce sont des ennemis de la liberté.
00:42Moi, je veux dire tout mon soutien aux policiers, dire que je suis choqué par la garde à vue de
00:47ce policier.
00:48Nos policiers font un travail extraordinairement courageux.
00:51Vous savez, ils érigent la dernière digue contre la barbarie.
00:55Face à eux, il y a des barbares, il y a des gens pour lesquels la vie n'a pas
01:01de prix, pour lesquels ils considèrent que les territoires leur appartiennent, qui vivent du commerce de la drogue.
01:07Et tous les jours, les policiers reçoivent des coups, subissent des blessures et on doit être derrière eux.
01:14– Risques de dictature, dit Eric Ciotti en cas d'arrivée de LFI à l'Elysée.
01:18Yvan Rouillouffol, vous parlez d'une épuration communiste qui est déjà à l'œuvre sans attendre 2027.
01:25– Une épuration communiste pour ceux, en effet, quand la France insoumise décide d'épurer ceux des journalistes qu'elle
01:31ne veut pas voir, en effet.
01:32D'ailleurs, le Parti Socialiste a fait la même chose avec un candidat qui n'avait pas l'air de
01:36plaire, qui s'appelle Philippe Brun.
01:38Donc, il y a là aussi des épurations. J'ai l'impression, naturellement, que ces mouvements se caricaturent.
01:43Mais en même temps, il ne faut pas se contenter de faire un procès moral qui serait trop facile sur
01:47ces mouvements-là.
01:48Il faut également analyser les ressorts de leur radicalité, parce qu'eux aussi se radicalisent et ils se radicalisent avec
01:53succès LFI.
01:55Maintenant, engrange 44% d'adhésion auprès des 18-24 ans, je crois me souvenir.
02:00Et donc, il faut se poser la question de savoir pourquoi toute une partie d'une jeunesse est quasi majoritairement
02:05attirée.
02:08Attirée par le discours de la France Insoumise, qui ne se résume pas à ses outrances,
02:12mais qui correspond peut-être aussi à une vision d'une société que l'on a du mal à analyser
02:18ici,
02:18ou qu'on arrive à analyser, mais qui est effectivement avalisée, cette contre-société, cette société du métissage,
02:24cette société islamisée, parce que c'est cela aussi, qui est avalisée par une partie de la jeunesse.
02:28Et donc, il faut comprendre les ressorts pour essayer de combattre les idées.
02:32Moi, je veux bien combattre les slogans, mais ça ne m'intéresse pas beaucoup.
02:34Il faut combattre les idées, combattre les idées, il s'agit de les identifier et de ne pas les prendre
02:38à la légère.
02:40Thomas Bonnet.
02:41J'ai un peu de mal à entendre les critiques contre la France Insoumise,
02:45qui vont sur le même plan que les critiques qui visent parfois le Rassemblement National, l'UDR.
02:49C'est-à-dire qu'en fait, peut-être malgré lui, je pense que dans le fond,
02:53ce que dit Eric Sotti est en partie vrai, il n'y a pas une vitalité démocratique apparente au sein
02:57de la France Insoumise, c'est clair.
02:59Mais je pense qu'il y a d'autres biais, en effet, d'autres façons de les attaquer, de leur
03:04répondre,
03:04que d'aller sur le terrain moral, parce que c'est précisément ce qui se passe en permanence pour l
03:08'autre côté.
03:08Je pense que la politique se grandit d'un débat construit sur les idées.
03:12Je pense qu'il y a suffisamment à dénoncer parmi les propos de la France Insoumise
03:16pour éviter de tomber dans une forme de slogan, en effet, qui ne grandit pas à la politique.
03:20Même si, sur le fond, Jean-Luc Mélenchon, non seulement est un adepte des purges,
03:24a une forme d'adoration des régimes communistes sud-américains.
03:29Donc oui, on peut se dire que s'il arrivait au pouvoir,
03:32on ne serait pas dans une démocratie telle qu'on l'imagine, telle qu'on la rêve.
03:36Opposition donc plutôt traditionnelle, classique, attendue entre l'UDR et la France Insoumise.
03:41Opposition également au sein d'une même famille politique, je pense,
03:45à cette primaire de la gauche qui a lieu maintenant dans trois semaines.
03:48Opposition et des mots qu'ont eu par médias interposés Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.
03:54Je commence par Ségolène Royal sur le candidat Place Publique.
03:57Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise.
04:01Elle le considère comme un macrombis, finalement.
04:04Yvan Riaufel.
04:05C'est malheureusement assez rigolo à observer,
04:08mais c'est rigolo dans la déchéance du Parti Socialiste.
04:10C'est rigolo parce que Ségolène Royal n'a plus aucune limite.
04:14Elle a une sorte, elle ressemble de plus en plus à Rachida Dati
04:18ou à des genres de personnalités politiques qui sont prêtes à tout
04:21pour se faire entendre, se faire parler d'elle
04:24et qui sont prêtes à tous les excès pour essayer de déstabiliser ses adversaires.
04:30Mais ce n'est pas à la hauteur de ce qu'était le Parti Socialiste.
04:34La hauteur du Parti Socialiste, c'est maintenant 1,7% de l'électorat.
04:39Et donc, ce Parti Socialiste persiste à se caricaturer.
04:43Je comprends parfaitement que François Hollande n'ait pas du tout eu envie
04:46de participer à cette comédie, à cette cour de récréation
04:49et qu'il se préserve naturellement de pouvoir intervenir plus tard.
04:52Raphaël Glucksmann qui a répondu ce matin à Ségolène Royal,
04:56lui reprochant d'avoir quémandé des postes depuis 45 ans,
05:00depuis François Mitterrand jusqu'à Emmanuel Macron.
05:02Elle a été rappelée à l'ordre Ségolène Royal ce matin
05:05par le comité d'organisation de la primaire.
05:08Ça ne sent pas très bon cette primaire, Thomas Bonnet ?
05:10Elle part bien, cette primaire, avec un candidat éjecté à la dernière minute
05:14sur des accusations, des soupçons d'accusation.
05:16Ségolène Royal qui verse dans l'insulte à Dominème,
05:19Raphaël Glucksmann qui tente de répondre.
05:22C'est vrai qu'on en viendrait presque à regretter le Parti Socialiste
05:24époque Laurent Fabius Hollande, oui, pourquoi pas ?
05:27Ou même Lionel Jospin, Jacques Delors.
05:29Il y avait quand même à un moment un peu plus de tenue,
05:31un peu plus de standing dans les affrontements idéologiques
05:34parce qu'en fait, ça en revient un peu au sujet précédent.
05:36Je pense qu'il y a des différences idéologiques majeures
05:38parmi les candidats à la primaire.
05:39Totalement irréconciliables.
05:41Oui, mais qu'il les exprime sur le plan des idées
05:43et qu'ils arrêtent de se jeter des critiques plus bas
05:46que la ceinture en permanence.
05:47Sauf que le vainqueur de cette primaire s'engage normalement
05:51à soutenir, que tous les participants, les perdants à cette primaire
05:54s'engagent à soutenir jusqu'à la présidentielle
05:56celui qui sortira gagnant de cette primaire.
05:59Et donc, quand on voit le côté irréconciliable des positions
06:02vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon,
06:04d'un côté Raphaël Glucksmann et peut-être de l'autre les autres,
06:06on se dit que ça ne sent vraiment pas bon.
06:07Oui, d'ailleurs, je ne pense pas...
06:10J'ai entendu, Ségolène Royal a été questionné
06:13sur sa solidarité.
06:15Si c'était Glucksmann, par exemple, qui était désigné,
06:17on sentait bien qu'elle prenait beaucoup de circonvolutions
06:19pour dire qu'en fait, elle ne serait pas solidisée.
06:21Et puis, parce qu'il y a encore un non-dit
06:22dans ce parti socialiste, et qu'en effet,
06:24la position par rapport à la France insoumise
06:26n'est pas totalement tranchée.
06:29Glucksmann a effectivement cette qualité
06:30d'avoir été claire, il me semble, en tout cas,
06:32je ne suis pas un spécialiste de son discours,
06:34mais il me semble qu'il a été clair
06:36sur son refus, quoi qu'il arrive,
06:38de cautionner la France insoumise,
06:40ça me semble être beaucoup moins clair
06:43pour Ségolène Royal.
06:44Et les autres ?
06:45Et les autres.
06:45Et les autres, on sent que malgré tout,
06:47ils sont prêts à vendre leur âme au diable
06:50s'ils avaient à récupérer quelques sièges.
06:52Donc, c'est tout à fait lamentable.
06:54Mais bon, là, on est dans l'effondrement plus général
06:55d'un système politique
06:56qui ne produit plus rien, plus d'idées,
06:58plus rien, sinon des anathèmes,
07:01et le Parti Socialiste en est la première victime.
07:03Et on a l'expérience du passé où les primaires socialistes
07:06et où le perdant doivent soutenir le gagnant,
07:09ça ne marche jamais vraiment.
07:10Ah oui, 2016, Emmanuel Valls ne remporte pas
07:12la primaire socialiste,
07:13il soutient Emmanuel Macron.
07:15François Hollande, sans le dire,
07:17soutenait lui aussi Emmanuel Macron à ce moment-là.
07:19Donc, en effet, la trahison est une longue tradition
07:22chez les socialistes,
07:23pas qu'eux, soit non juste, pas qu'eux.
07:24Oui, et ce sera le mot de la fin,
07:26c'est la fin d'Europe 1 Info.
07:27Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis,
07:29merci à tous les deux,
07:30Thomas Bonnet, journaliste politique CNews,
07:32et Ivor Youffel, journaliste.
07:34On se retrouve très vite sur Europe 1,
07:35bel après-midi à tous.
Commentaires