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Prix des carburants : «L'aide de l'État n'est pas une solution solide et pérenne », déplore Georges Fenech

Clélie Mathias, avec la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Et les 13h20 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias et ses chroniqueurs du jour.
00:07Avec vous aujourd'hui, l'experte en politique éducatif et de protection de l'enfance et auteur du livre
00:11« L'éducation nationale en perdition » paru aux éditions Fayard, Sophie Audugé et l'ancien juge d'instruction, Georges
00:17Fenech.
00:17Soyez les bienvenus. On va commencer évidemment par ces aides aux Français
00:23destinées à faire face à la crise des carburants et à cette flambée des prix qui...
00:28les prix qui ne cessent d'augmenter.
00:30Alors, voilà, des aides sont élargies, elles sont prolongées.
00:34Écoutez la réaction de Jean-Philippe Tanguil, député et reine de la Somme,
00:37qui a critiqué cette politique économique menée par Emmanuel Macron.
00:40Il était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur CNews et Europe 1.
00:43Je pense qu'en fait, M. Macron, depuis maintenant dix longues années,
00:47a une forme de plaisir à ne pas obéir aux Français, à ne pas les entrer dans une forme de
00:52supériorité morale,
00:53à ne pas être présent pour nos compatriotes.
00:56Alors, il doit s'exprimer jeudi soir. Vous en attendez quelque chose ?
00:59Peut-être, mais moi, tout est possible.
01:01Écoutez, c'est le président de la République, il a été élu et réélu par les Français,
01:05évidemment, je le regrette, mais à tout moment, on peut espérer une bonne décision,
01:10comment dire, une prise de conscience, parce que là, l'économie est vraiment au bord de l'effondrement.
01:14Alors voilà, je rappelle que le RN, lui, propose de baisser les taxes sur les carburants.
01:18Le gouvernement qui semble lâcher un petit peu, tout petit peu du moins,
01:22pour éviter qu'il y ait cette colère sociale, en tout cas que la France ne s'embrase.
01:26Georges Fenech, au final, est-ce que c'est le bon calcul ?
01:30C'est un calcul de court terme.
01:32C'est-à-dire que ça va effectivement aider quelques familles,
01:35quelques grands rouleurs, comme ils les appellent,
01:37ceux qui ont besoin de leur permis, les infirmières et d'autres.
01:41Mais c'est une mesure de court terme, ça ne pourra pas durer.
01:44Or, malheureusement, le conflit, ce qu'on est en train de vivre,
01:47ce qui se passe dans les différentes guerres,
01:49et notamment les guerres dans le détroit d'Hormuz, par exemple,
01:53font que ce prix du baril ne va pas baisser,
01:57et donc on va rester à un niveau élevé.
01:59Là, on débloque à peu près 450 millions, je crois, sur trois mois.
02:03Jusqu'à la fin de l'année.
02:05Le décembre, mais qui nous dit que le mois de janvier, la situation sera réglée ?
02:09Personne ne peut le dire.
02:11Donc il aurait été préférable, de mon point de vue,
02:13j'entends les économistes, il y a des avis qui sont plus ou moins partagés,
02:17mais quand même, il y a cette idée que les autres pays européens
02:20ont réussi à baisser leurs taxes,
02:23il n'y a pas de raison que nous, nous ne le fassions pas.
02:25De l'argent, on l'a déjà dit ici,
02:27si on flèche un petit peu tout l'argent qui part actuellement,
02:29notamment, par exemple, pour les subventions d'éoliennes,
02:32pourrait être, ici, de court terme, bénéficier à tout le monde,
02:36pas uniquement à quelques professions, voyez-vous.
02:40Même si on l'estime maintenant, d'après ce que dit le gouvernement,
02:44que ça pourrait toucher quelques 5 millions de Français, quand même.
02:47Ces aides à raison de 100 euros,
02:48mais on va y revenir sur d'où vient cet argent, en fait.
02:51Oui, je voulais juste l'avis de Sophie Audigé avant.
02:54Oui, moi, je trouve que c'est quand même...
02:55On revit à chaque fois la même chose,
02:57c'est-à-dire qu'on a des professions qui sont...
03:00En plus, les professions qui nous apportent soin.
03:03Enfin, je veux dire, les infirmières,
03:04elles travaillent avec leur voiture.
03:05Aujourd'hui, elles ne peuvent pas mettre d'essence dans leur voiture,
03:08et donc, elles ne peuvent pas faire leur métier.
03:10Et elles sont obligées de pleurer au gouvernement
03:13qui lâche quelques efforts comme ça.
03:17C'est absolument anormal.
03:18Et effectivement, on devrait avoir une démarche
03:20totalement beaucoup plus structurelle
03:21pour rassurer ces professionnels
03:23qui vivent aujourd'hui au jour le jour de leur activité, quoi.
03:24Mais si structurelle, légale, baisser les taxes,
03:27certains économistes disent aussi que baisser les taxes,
03:29certes, d'accord,
03:30effectivement, les Français en profiteront plus,
03:32mais c'est de l'argent à crédit,
03:33c'est de l'argent que nous n'avons pas.
03:36Oui, mais regardez,
03:39si vous ne baissez pas la TVA,
03:42c'est-à-dire la taxe, les assises et la TVA,
03:45c'est quand même près de 60%,
03:47quand même, du prix du litre,
03:49et vous aurez autant en moins d'activités derrière.
03:53Il y a des gens qui s'arrêtent de travailler,
03:54et des artisans qui ne peuvent plus prendre leur voiture,
03:56qui vont moins consommer,
03:57parce que, comme on dit,
03:58c'est soit la pompe, le réservoir,
04:01soit le frigidaire.
04:03Il y a des gens qui peuvent moins consommer,
04:04donc ça ralentit, une consommation et une activité économique,
04:09donc moins de rentrée fiscale.
04:11Donc, ce que vous ne perdez pas en ne baissant pas sur la pompe,
04:14vous allez le perdre sur la consommation en général.
04:17En tout cas, là, je reviens sur ce chiffre
04:18des 450 millions d'euros,
04:21puisque ces nouvelles aides vont avoir ce coût-là,
04:24selon les calculs du gouvernement.
04:25Mais en fait, ce n'est pas un surcoût de l'État,
04:28c'est ce qu'on disait dans le journal.
04:29Elles ont déjà été budgétées, ces aides,
04:31elles font partie de la sorte de cagnotte
04:33qui avait été envisagée d'1,4 milliard.
04:36Et en fait, c'est de l'argent qui a été peu demandé.
04:39Il y a peu de Français,
04:40parce que je pense que c'est compliqué aussi,
04:41de le faire,
04:43qui ont demandé les aides auxquelles ils avaient droit.
04:45Il y a peu de Français,
04:46parce qu'il y a d'abord ceux qui ne sont pas informés.
04:49Nous, on est dans l'information,
04:50on sait ce qui se passe,
04:51mais il y a beaucoup de Français
04:52qui n'écoutent pas forcément tous les jours la radio
04:54et regardent la télévision.
04:56Donc, ils ne savent pas.
04:57Ils ne savent pas non plus qu'ils sont éligibles.
04:59Quelquefois, les critères,
05:00c'est quand même assez compliqué.
05:02Puis après, il y a des formalités.
05:03Il faut aller sur Internet,
05:05il faut remplir des conditions,
05:07il faut apporter des pièces justificatives.
05:09C'est chronophage.
05:10Pour gagner 100 euros,
05:11certains se disent,
05:12mais est-ce que je vais me lancer là-dedans ?
05:13Ils sont un peu découragés.
05:15Ce qui fait que la cagnotte, finalement,
05:16elle est le résultat de ceux
05:18qui n'ont pas utilisé ce à quoi ils avaient droit.
05:20Et donc, l'État, aujourd'hui,
05:21est bienvenu à se dire,
05:22ben voilà, puisqu'on a de l'argent,
05:23on va en faire bénéficier d'autres.
05:25Ce n'est pas une solution qui me satisfait.
05:28Ce n'est pas une solution pérenne,
05:29solide, structurelle.
05:31Sophie Odigé, Georges Fenech,
05:32on reste ensemble pour la suite de notre débat.
05:35Êtes-vous choqué qu'Emmanuel Macron
05:36n'assiste à aucune messe célébrée par le Pape
05:38lors de sa venue en France et dans deux jours ?
05:40Eh bien, c'est la question Europe 1 du jour.
05:41Pouvez-vous aussi vous donner votre avis ?
05:43Et on attend celui de l'avis de Sophie Odigé
05:45et de Georges Fenech.
05:47Ce sera juste après le journal permanent
05:48d'une heure et demie sur Europe 1.
05:5013h26, vous écoutez Clélie Mathias.
05:52A tout de suite sur Europe 1.

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