00:00Le téléphone rouge peut sonner chez n'importe qui, sur une personne en tout cas qui fait l'actualité du
00:08jour.
00:08Ça peut être une personne lambda, ça peut être un chef d'entreprise, une personnalité, un influenceur.
00:14Et en l'occurrence, aujourd'hui, il s'appelle Thomas Braille, il est militant écologiste. Bonsoir Thomas.
00:21Bonsoir, je rectifie juste, je ne suis pas militant écologiste, je suis juste activiste grimpeur et fondateur du groupe national
00:29de surveillance des arbres.
00:30C'est beaucoup plus joli. Thomas Braille, on vous avait vu sur l'A69, c'est l'A412, vous avez
00:43été interpellé par les forces de l'ordre, mis en garde à vue je crois, sauf erreur de ma part.
00:48Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:51En fait, il s'est passé que la société Fage est en train de mettre en place un nouveau projet
00:56autoroutier, alors qu'on a vu avec le projet A69 qu'on est en 2026 et qu'aujourd'hui, il
01:02faut arrêter ce genre de projet.
01:03Donc là-haut, en Haute-Savoie, c'est pareil, ça continue. Et il se trouve qu'en fait, il n
01:09'y avait pas de périmètre de protection autour des machines.
01:11Il y a un arbre qui est parti directement sur la route, qui a embarqué la ligne électrique, la ligne
01:16téléphonique, qui est allée s'écraser sur la route alors qu'il n'y avait pas d'arrêt de circulation
01:19pour couper les arbres.
01:21Et il y a un arbre qui a failli tomber à un mètre du personnel des forces de l'ordre.
01:25Je n'invente rien, j'ai toutes les vidéos après, tout le monde pensera ce qu'il veut.
01:30Et du coup, je me suis senti obligé d'arrêter ces machines parce qu'en fait, ça mettait la vie
01:33à l'invanger des forces de l'ordre et de tout le monde.
01:35Voilà, on vous entend pas très bien.
01:40Qu'est-ce qui c'est ? Vous êtes donc allé en garde à vue, qu'est-ce qu'on
01:43vous reproche finalement ?
01:45Ah ben, la garde à vue n'est pas terminée.
01:49La garde à vue n'est pas terminée.
01:50C'est vraiment quelqu'un qui défend les arbres depuis très longtemps.
01:57Il est controversé Thomas.
01:58On a déjà eu une émission avec lui.
02:01On est très heureux d'appuyer à chaque fois.
02:04Thomas Braille, est-ce que vous vous considérez comme finalement un influenceur qui tente d'alerter sur notre évolution et
02:14sur l'écologie ?
02:17Écoutez, moi je ne suis pas un influenceur.
02:18Moi je suis une personne qui travaille avec les arbres depuis 30 ans.
02:22On nous a traité d'éco-terroristes il n'y a pas longtemps.
02:24Maintenant, on est sur tous les plateaux télé parce qu'on s'aperçoit qu'on a tous très chaud.
02:28Et on a tous très chaud parce qu'il y a un déficit d'arbres sur la planète.
02:30C'est aussi simple que ça.
02:31Et si on continue à construire des autoroutes et des choses dont on n'a plus besoin aujourd'hui,
02:36en fait on va droit dans le mur.
02:37C'est juste ça que je dis depuis 7 ans maintenant.
02:41Excusez-moi, les projets d'autoroutes c'est en général voté par des élus qui ont la légitimité populaire.
02:47Et écoutez, si les gens ne sont pas contents, ils peuvent les battre aux élections suivantes.
02:50Mais les autoroutes c'est comme le reste, c'est comme les usines, c'est comme les aéroports.
02:55Je pense à Notre-Dame-des-Landes, c'est pas aux gens qui ne sont pas contents de diriger.
02:59En France, c'est une démocratie, c'est ceux qui sont élus par le suffrage populaire qui décident, non ?
03:03Oui, Philippe David, Thomas Braille.
03:06Oui, bah écoutez, moi je...
03:08Ou alors on peut passer à l'après-démocratie pendant qu'on y est.
03:11Non, non, mais écoutez, moi je veux bien vous répondre avec beaucoup de bienveillance
03:16parce que je ne suis pas du tout là-dedans et de machin et tout.
03:19Je veux juste vous dire qu'en fait, aujourd'hui, je pense que vous avez tous subi la canicule et
03:22ça a été été, d'accord ?
03:24Je pense qu'à un moment donné, il va falloir se réinterroger sur les projets qui datent d'il y
03:27a 30 ans
03:28et qu'on remet au bout du jour.
03:29C'est un projet qui date de 50 ans, cette autoroute.
03:31Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, on a besoin de cette autoroute ?
03:33C'est juste la question que je vous pose, en fait.
03:36Alors, bien évidemment, il y a des élus, peut-être, très certainement,
03:39mais à un moment donné, quand les enquêtes publiques,
03:41quand les citoyens disent non aux enquêtes publiques et qu'on voit les projets aboutir,
03:43elle est où, la démocratie ? C'est la question que je vous pose, en fait.
03:46Mais ce n'est pas tous les citoyens.
03:47Il n'y a pas eu un référendum où les gens ont voté.
03:50Oui, mais la problématique, elle est là.
03:52Parce que si on avait eu un référendum, ne serait-ce que sur aussi la 69,
03:55il y a 6200 avis qui ont été déposés sur l'enquête publique environnementale.
03:59Il y a eu 90% d'avis défavorables sur la 69.
04:02Malgré ça, ils sont passés en force.
04:03C'est parce que derrière, ce sont les laboratoires Pierre-Fabre
04:05qui ont investi au capital de la société Atosca
04:07et qui veulent faire de l'argent.
04:09Là où on a le groupe aussi d'anondes, ils veulent...
04:11Thomas Braille, ils ont aussi, en fait, une usine et des emplois
04:17et des gens, en fait, dans le bassin, travaillent grâce à ça.
04:22Écoutez, je n'ai rien contre...
04:24J'ai toujours dit que je n'avais rien contre le laboratoire Pierre-Fabre.
04:27Ma mère y a travaillé.
04:28Je ne suis pas dans cette démarche de dire, ce sont eux les méchants.
04:31Mais pourquoi on ne développe pas plus le fret fémovien ?
04:34C'est vrai, vous avez raison.
04:37Mais moi, je prends le train.
04:39Chaque fois que je dois aller à Paris, écoutez-moi bien,
04:40je prends le train Mazamé-Toulouse.
04:42D'accord ?
04:43Sauf qu'on a des cadençages qui sont mauvais.
04:45C'est complètement... Il n'y a qu'une voie.
04:47Enfin, à quel moment on réinvestit les choses que l'on dit écologiques ?
04:50Moi, ça ne me dérange pas.
04:51Mais arrêtons de faire des autoroutes.
04:53Thomas, sur un autre sujet qui est lié à ça quand même,
04:56c'est-à-dire qu'on abat des arbres.
04:57Et beaucoup se plaignent que les arbres qui sont replantés
05:01ne correspondent pas, en tout cas, au changement climatique.
05:03On n'utilise pas les bonnes essences d'arbres.
05:06Écoutez, c'est simple.
05:08Aujourd'hui, à partir de 40 degrés, un végétal ferme son système hydrique.
05:12C'est-à-dire que s'il fait chaud pendant plusieurs jours,
05:14vous avez beau l'arroser,
05:15il n'absorbe ni le liquide par les poils absorbants qui sont sous les feuilles.
05:19Notamment, on le voit sur les pieds de tomate.
05:21Il y a plein de petits poils.
05:22D'accord ?
05:22Ça, c'est les poils absorbants.
05:23Ni par les racines.
05:24La problématique, elle est là.
05:25C'est-à-dire que tous les arbres que l'on plante aujourd'hui,
05:27en grande majorité,
05:28même dans les villes, un peu partout en alignement,
05:30j'ai remarqué qu'en fait, tous ces arbres,
05:32ils sont en train de mourir.
05:33Donc moi, je tire la sonnette d'alarme.
05:35On voit les forêts qui sont en train de roussir dans le Tarn.
05:38Et pourtant, c'est des régions qui sont fraîches.
05:40C'est une catastrophe.
05:41Donc moi, je veux bien, chaque année, prendre la parole avec vous.
05:44Je le dis en toute bienveillance.
05:45Je sais que vous avez des personnes qui essayent de me contredire.
05:49Parce que machin, peu importe, je m'en fiche.
05:50C'est du débat.
05:51Ça s'appelle le débat démocratique.
05:55Non, mais je n'ai rien contre.
05:56Écoutez, je n'ai rien contre de parler avec vous.
05:58Mais l'année prochaine, vous allez me rappeler,
06:00ça va être la même problématique
06:01si on ne prend pas en compte ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
06:03C'est juste ça que je veux vous dire.
06:04Mais qu'est-ce qu'il faut ?
06:06Changer quoi alors ?
06:07Changer le type d'arbre ?
06:09C'est-à-dire l'adaptation au changement climatique ?
06:12C'est quoi aujourd'hui ?
06:13Écoutez, ce n'est vraiment pas ça du tout.
06:14C'est qu'il faut adapter.
06:15Aujourd'hui, il faut avoir des politiques qui sont ambitieuses.
06:17C'est tout.
06:18Il faut prendre conscience qu'on a un problème,
06:20que tout le monde va mal,
06:23et s'il fait chaud sur la planète,
06:25c'est parce qu'on a un déficit d'arbres.
06:26Les seules choses qui mangent le dioxyde qui est dans l'air,
06:29ce sont le végétal.
06:31Tout ce qui est vert, ça mange le carbone.
06:32On coupe de plus en plus de forêts,
06:34et partout dans le monde, pas qu'en France.
06:36Donc la balance...
06:37Ah bah oui, plus dans le monde d'ailleurs qu'en France.
06:39Thomas, Thomas...
06:40C'est aussi ça que ça.
06:41Plus dans le monde qu'en France,
06:42parce qu'en France, par rapport à...
06:43On gagne de la surface boisée.
06:44Il y a 150 ans, on a gagné de la surface boisée.
06:47En revanche, on a beaucoup urbanisé.
06:51On a gagné de la surface boisée.
06:54Exactement, on a gagné de la surface boisée,
06:55mais on continue à urbaniser.
06:57Et quand on mange aussi de la terre agricole,
06:59comme on le fait avec les autoroutes,
07:00là, là-haut, ce sont les paysans
07:01qui fabriquent le Robleschon qui sont impactés.
07:03Il n'y a plus d'une centaine de fermes qui sont impactées.
07:06Les mecs, certains vont être sur le carreau.
07:08C'est toutes ces questions-là
07:09que j'aimerais qu'on se pose
07:10et que vous vous posiez aussi.
07:12Voilà, c'est important.
07:12C'est pour ça qu'on vous a appelé
07:14et qu'on vous a donné la parole,
07:15comme on vous le donne à chaque fois.
07:17Merci, Thomas Braille.
07:19Vous êtes où là, Thomas ?
07:21Je suis en Haute-Savoie, là, sur la 412.
07:24Toujours, toujours, en fait, c'est ça.
07:26Toujours.
07:26Et je travaille.
07:27Je tiens à dire à vos auditeurs
07:28que je suis patron
07:29et que là, j'ai pris deux jours.
07:30Je ne travaille pas.
07:31Je ne gagne plus d'argent à chaque fois.
07:32Et je suis sur une semaine où j'ai mon fils.
07:34Donc, vous voyez, c'est des sacrifices que je fais.
07:36C'est pour que tout le monde en profite.
07:37C'est juste ce que je veux vous dire.
07:40Revenez à Paris, montez dans les arbres,
07:41parce que moi, j'avais adoré quand même aussi
07:43cette séquence où vous étiez allé dans un arbre.
07:45C'était face à l'Assemblée nationale ?
07:47Non, je ne m'en souviens plus ?
07:48Oui, tout à fait.
07:4928 jours.
07:50Oui, 28 jours.
07:51Il y a 7 ans.
07:51Je tiens à me rappeler qu'il y a 7 ans.
07:54Voilà.
07:55Il y a 7 ans et que rien n'a changé en 7 ans.
07:57C'est pour ça que je suis toujours sur le terrain.
07:58Et croyez-moi, j'ai juste envie d'une chose,
07:59c'est de rentrer chez moi et d'arrêter de me battre
08:01quand tout le monde aura compris ce qui se passe.
08:02Voilà.
08:03En tout cas, vous aurez toujours table ouverte chez nous,
08:05Thomas Braille.
08:05Merci en tout cas d'avoir accepté notre invitation.
08:07Merci beaucoup.
08:08Et dans un instant, les amis,
08:09Thomas Serafine, 0826 300 300,
08:12si vous voulez réagir.
08:13Thomas Serafine, dans un bon quart d'heure.
08:15Dans un bon quart d'heure, pardon, excusez-moi.
08:17Non, le procès du jour, le procès du jour, Philippe.
08:19On reviendra sur ce puits du fou de Seine-Saint-Denis,
08:240826 300 300,
08:25avec la question du jour, Philippe.
08:26Un puits du fou de gauche en Seine-Saint-Denis,
08:28est-ce une bonne idée ou une mauvaise idée ?
08:30Eh bien, vous dites toujours à 91% que c'est une mauvaise idée
08:33et vous voulez réagir un seul numéro,
08:35le 0826 300 300.
08:37Et on revient dans un instant.
08:38Soyez les bienvenus.
08:40Sud Radio, parlons vrai.
Commentaires