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  • il y a 9 minutes
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 22 septembre 2026.

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Transcription
00:02Avec vous Etienne Gernel, directeur du Point. Bonjour Etienne.
00:05Bonjour Céline et bonjour à tous.
00:07Ça va aller votre café tranquillement.
00:09Ce matin, Etienne, vous êtes inquiet pour l'Europe. Les prochains mois s'annoncent très délicat.
00:13Oui, d'abord parce que les deux principaux leaders politiques de l'Europe,
00:18Friedrich Merz et Emmanuel Macron, sont aujourd'hui largement zombifiés.
00:23Alors le chancelier allemand d'abord, il enchaîne les déroutes électorales en Sachs-Hanhalt il y a deux semaines.
00:28Et puis dimanche, en Meclambourg-Poméranie occidentale, où la CDU, son parti n'est même pas passé les 5%.
00:34Vous vous rendez compte ? Et tout ça, évidemment, très très très loin de l'AFD, qui est en tête.
00:38Désormais, le pouvoir de Merz ne tient qu'à un fil.
00:41Emmanuel Macron, lui, on connaît l'histoire, il est en fin de deuxième mandat et depuis la dissolution, il n
00:46'a plus du tout la main.
00:47Bref, on vous a rebattu les oreilles pendant des années avec le fameux moteur franco-allemand.
00:54Et bien au mieux, aujourd'hui, c'est un moteur de tondeuse à gazon.
00:57Et ce n'est pas bon parce que les échéances électorales arrivent et c'est la deuxième lame.
01:01Là, vous parlez de la présidentielle française.
01:03Mais pas seulement. La perspective d'une victoire de Marine Le Pen serait évidemment un choc en Europe.
01:07Ce ne serait pas comme la Hongrie de Viktor Orban.
01:10La France, c'est un pays central et fondateur de l'Union.
01:13Mais il y a aussi des législatives prévues en Pologne avant la fin de l'année 2027.
01:18Et ça compte, la Pologne, vous savez, par son poids démographique, son économie, son armée aussi.
01:24Si les ultra-conservateurs eurosceptiques du PIS reprenaient la main, ce serait évidemment un coup d'arrêt pour la construction
01:31européenne.
01:31En Italie aussi, il y aura des élections au plus tard en décembre 2027.
01:35Mais peut-être plutôt hors.
01:37Or, Giorgia Meloni qui en inquiétait beaucoup en Europe à son arrivée au pouvoir est aujourd'hui devenue un puzzle
01:43de stabilité du continent.
01:44Mais tout ça a des conséquences concrètes pour l'Europe, donc pour nous ?
01:47Oui, c'est mon troisième point. Le monde ne nous attend pas.
01:50Il y a des risques géopolitiques, on les connaît.
01:52Une course technologique féroce, notamment dans l'IA, ce n'est pas le moment du tout pour trembloter.
01:58Le paradoxe, c'est que pour la première fois depuis longtemps, l'Europe a un programme.
02:03Ce programme, c'est le rapport de Mario Draghi de 2024 qui fixe une feuille de route
02:07et à laquelle la plupart des pays de l'Europe adhèrent.
02:11Et notamment, il y a des investissements technologiques, des réformes clés.
02:15C'est très technique, mais c'est fondamental.
02:16L'union des marchés de capitaux, c'est ce qui peut nous permettre de rivaliser
02:20avec la Chine et les Etats-Unis et leurs grandes entreprises.
02:23Mais, mais, mais, mais, faute de leaders européens qui tiennent debout, c'est très compliqué tout ça.
02:28Rappelons que le vrai pouvoir dans l'Union Européenne reste entre les mains des Etats.
02:32Bref, nous sommes sur le fil.
02:34Au moins, toute cette affaire a un mérite, démontrer l'urgence de se bouger en Europe.
02:39C'est ce que disait le légendaire Premier ministre britannique, Benjamin Israéli, au 19ème siècle.
02:45Il n'est pas de meilleure école que l'adversité.
02:48Signé Gernell ce matin.
02:49Etienne, je pense que vous allez être très attentif.
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