00:01RTL Matin
00:03Il est 7h18, l'édito d'RTL Matin avec Etienne Jarnel.
00:06Et si, pour arriver à l'Elysée, il fallait être l'antipolitique de 2026 ?
00:11Un homme qui ne veut pas être à la mode, un homme qui avance à son rythme sans se soucier
00:15du tout du reste,
00:16un homme de gauche qui choisit le Figaro pour parler de ses ambitions comme il a fait ce matin,
00:20on parle donc de Bernard Cazeneuve.
00:22Oui, Bernard Cazeneuve est rafraîchissant, ce qu'il est l'exact opposé de l'époque.
00:26Son seul point commun, finalement, avec l'air du temps, c'est qu'il songe à l'Elysée.
00:30« Je suis prêt à être candidat en 2027 », dit-il au Figaro.
00:34Pour le reste, il parle tout bas, Bernard Cazeneuve, il faut souvent tendre l'oreille avec lui.
00:39Alors que la tendance est plutôt au braillard, Bernard Cazeneuve n'aime pas les points d'exclamation
00:44et cette politique de ponctuation le définit assez bien.
00:47C'est un amateur de rose dans une époque où c'est plutôt le vocabulaire qui effleurit
00:51à un adepte de l'humour pince sans rire alors que le monde ricane.
00:55Il est remarquablement habillé avec ses chemises à col anglais et ses pochettes en coton
01:00alors que la mode est à ne plus porter de cravate, voire au style franchement débarillé
01:05si on pense au banc de LFI.
01:07Bon, après cet édito sur la police de la mode que vous incarnez parfaitement,
01:10politiquement, où est-il Bernard Cazeneuve ?
01:12Dans un socialisme d'avant LFI, justement.
01:15Il a quitté le PS en 2022 lors de la première alliance avec Jean-Luc Mélenchon.
01:19Il est de gauche, ça se voit sur les retraites notamment,
01:21mais est capable de prononcer des mots comme « immigration » ou « productivité »
01:25qui sont parfois des gros mots à gauche.
01:27Lui, le socialiste laïque, a écrit un livre sur François Mauriac,
01:31écrivain de la droite bourgeoise et catholique.
01:34Il est historiquement un proche de Laurent Fabius,
01:36mais François Hollande l'a adopté et en a même fait son pompier,
01:40son couteau suisse, ministre des Affaires européennes,
01:42puis du budget, puis de l'intérieur, puis Premier ministre.
01:45François Hollande qu'il ne renie d'ailleurs pas,
01:48contrairement à certains anciens le temps d'Emmanuel Macron.
01:51Alors, interrogé par le Figaro sur ce sujet, François Hollande, il dit ceci,
01:55« Je ne suis pas atteint du complexe de Kronos.
01:58Je trouve qu'il y a quelque chose de profondément triste
02:01à vouloir dévorer ses fils ou à prétendre tuer le père.
02:05Voilà mon état d'esprit qui devrait suffire à vous désangoisser. »
02:09C'est tellement décalé, ce langage.
02:11Oui, mais justement, c'est si décalé par rapport à l'époque.
02:14Est-ce que ça ne va pas être compliqué pour lui, du coup ?
02:16Est-ce que ça ne devient pas quand même une sorte de handicap ?
02:18Ah, il a tout pour ne pas réussir, selon les critères du moment, Bernard Cazeneuve.
02:23Son mouvement, vous savez, la convention n'est pas un mouvement de masse, ça se saurait.
02:27Et puis, il sera sur le même terrain que François Hollande et Raphaël Glucksmann.
02:31Mais vous savez, en matière de pronostics, méfiance.
02:35Bernard Cazeneuve, qui semble parier sur le sens de la nuance et de la précision,
02:40a probablement médité cette boutade de François Mauriac dans son bloc-notes
02:44« Que Dieu préfère les imbéciles, c'est un bruit que les imbéciles font courir depuis 19 ans ».
02:50Elle est formidable, c'est là aussi.
02:51Merci beaucoup, Étienne Gernel, directeur du Point.
02:54On vous retrouvera évidemment demain.
02:55On en vient au visage du jour.
02:56Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires