00:01Avec vous, Étienne Gernel, directeur du Point.
00:04Ce matin, Étienne, vous vouliez revenir sur ce clash.
00:06Hier soir, c'était à la fin du premier débat entre les candidats de la primaire à gauche.
00:11Arrêtons de crasher sur le reste de la gauche,
00:13parce qu'il y a des gens qui nous écoutent,
00:15qui ont fait plutôt le choix pour l'instant de Jean-Luc Mélenchon.
00:19Olivier, je t'ai laissé parler, il vous répond.
00:22Tu devras quand même entendre ça.
00:24Jean-Luc Mélenchon fait peur.
00:25Il n'y aura pas d'alliance aux législatives avec la France insoumise.
00:29Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, une passe d'arme
00:32qui a confirmé, selon vous, Étienne, que le véritable enjeu politique profond de cette primaire,
00:36c'est la rupture, ou pas, avec Jean-Luc Mélenchon.
00:39Oui, c'est le sujet fondamental.
00:41Premier constat, le débat, pendant deux heures, était très pondéré, très courtois.
00:46Et dès qu'il s'est agi de LFI, le ton est monté très vite, très fort.
00:51Avec deux camps.
00:51D'un côté, Raphaël Glucksmann et Jérôme Getsch, qui prônent une rupture nette avec LFI.
00:56Pas d'accord, même aux législatives.
00:58De l'autre, Ségolène Royal, Olivier Faure et Emmanuel Morel,
01:01qui, avec des formulations différentes, laissent la porte entre-ouverte.
01:06Alors, c'est le sujet central de la gauche, manifestement avec, en toile de fond, la question de l'antisémitisme.
01:12Pourquoi de l'antisémitisme ?
01:13C'est le deuxième constat.
01:14Au-delà de l'Ukraine ou de l'annuation de la dette,
01:15la vraie question qui fâche avec Jean-Luc Mélenchon et les socialistes entre eux
01:20et la rhétorique aux accents antisémites utilisés à maintes reprises.
01:23Pareil, les filles, ce qu'elles nient, mais ça commence à être très documenté maintenant.
01:27La question, donc, est de savoir si cela constitue, oui ou non, une ligne rouge.
01:32Il y a d'ailleurs eu une première escarmouche dans le débat hier à ce sujet.
01:36En parlant de Gaza, Ségolène Royal a appelé plus de voix juive,
01:40c'est son expression, assez levée contre Benjamin Netanyahou.
01:44Jérôme Gage, immédiatement, lui a répondu que c'était là une injonction incroyable
01:48de demander aux Français juifs de se positionner comme s'ils avaient à répondre
01:52des actions d'Israël et plus encore de son gouvernement,
01:56et que c'était de l'essentialisation, et je pense qu'il a raison.
01:59Et cette passe d'arme, au fond, c'est le retour à un débat qui vieux de 128 ans
02:05à gauche.
02:06Vous parlez de l'affaire Dreyfus qui a déchiré la gauche ?
02:09Oui, c'est mon troisième constat, fait non par moi d'ailleurs,
02:12mais par François Hollande dans un livre paru il y a deux ans
02:14et qui faisait remonter l'histoire de la gauche de gouvernement,
02:18par opposition à la gauche radicale, à l'affaire Dreyfus précisément,
02:22et notamment au ralliement de Jean Jaurès à la cause Dreyfusard.
02:26Nous y revoilà, avec deux camps, et puis des subtilités au milieu,
02:30comme Emmanuel Morel qui hier s'indignait des jeux de Mélenchon
02:33avec les noms à consonance juive, mais qui laissait quand même
02:36la porte ouverte à LFI.
02:38Vous savez, en 1898, un autre socialiste, Jules Gued,
02:42avait affirmé que l'affaire Dreyfus n'était pas la bataille du prolétariat.
02:47Et alors Georges Clémenceau, grand Dreyfusard, lui a répondu,
02:50en vantant, et je le cite,
02:52« La grande idée antique de la communion des hommes dans tout ce qui est humain.
02:56Si le socialisme n'est plus cela, il n'est plus qu'une déception après tant d'autres. »
03:02Etienne Gernell, directeur du Point, à la une d'ailleurs du Point cette semaine,
03:05Etienne, Bernard-Henri Lévy, mémoire d'un enfant du siècle ?
03:09Exo-mémoire, il parle d'Altusser, de Zelensky, de Mitterrand, de Macron et d'Alain Delon.
03:14Et demain, vous avez rendez-vous avec un autre Alain, Alain Duhamel,
03:18pour la semaine d'Alain Duhamel à cette heure-là.
03:20Virginie, vous avez acquiescé.
Commentaires