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  • il y a 13 minutes
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 21 octobre 2026.

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00:01Avec vous Etienne Gernel, directeur du Point, les images des centres-villes français saccagés ont fait le tour du monde,
00:06Etienne, commentée par de nombreux dirigeants, des réactions qui ne seront pas sans conséquence.
00:12Oui, ce n'est pas qu'une flétrissure d'égo, c'est un fait politique. Et d'abord, premier effet,
00:17c'est exploité immédiatement par nos adversaires du côté de Moscou.
00:22Évidemment, ça n'a pas tardé. Je cite Kyril Dimitrieff, représentant spécial du Kremlin auprès des Etats-Unis, qui poste
00:28une photo des émeutes à Paris avec ce commentaire.
00:31L'Occident est tombé en raison d'une incapacité à discuter et à corriger des erreurs graves en matière de
00:37migration, d'énergie et de bellicisme.
00:41Fermez les guillemets. Alors, le mot énergie, évidemment, c'est pour le gaz russe. Le mot bellicisme, vous l'avez
00:46compris, c'est pour l'aide à l'Ukraine.
00:48Dans le même registre, il y a Donald Trump qui critique aussi la France en pointant lui aussi l'immigration,
00:54ce qui a un double usage, un usage interne.
00:57Il a ses mid-terms et il veut défendre sa propre politique migratoire, mais aussi externe. Affaiblir la France, c
01:03'est affaiblir l'Europe.
01:05Et vous savez, l'Europe est un obstacle à ses tentatives de rapprochement récurrentes avec Vladimir Poutine sur le dos
01:11de l'Ukraine.
01:12De toute façon, les combats politiques et géopolitiques se mêlent. Les extrêmes droites qui, partout en Europe, s'en prennent
01:18à la France sont aussi souvent celles qui sont complaisantes avec Vladimir Poutine.
01:23Je pense, par exemple, à Matteo Salvini. Mais bon, là, on parle de nos adversaires. Le problème, c'est plutôt
01:28nos amis, vous savez. Et ça, c'est le deuxième palier de la mauvaise réputation.
01:32Et je sens qu'il faut mettre des guillemets au mot amis. Etienne, qui sont-ils ?
01:36Par exemple, Donald Tusk, le Premier ministre polonais, grand européen, grand ami de la France, qui a été reçu en
01:41grande pompe à Nancy en 2025,
01:44qui critique lui aussi la France, sans la nommer directement, en pointant lui aussi l'immigration.
01:50Alors, c'est de la politique intérieure, il aura des élections l'an prochain. Mais cela dit, quelque chose de
01:55notre influence perdue.
01:56Il n'y a plus de retenue à notre égard. Autre exemple, sur un thème différent.
02:01Kyriakos Mitsotakis, le Premier ministre grec, qui a aussi critiqué la France en évoquant le populisme budgétaire,
02:07qui a autrefois ruiné la Grèce, et dont il voit les conséquences aujourd'hui en France.
02:13Alors, il a plutôt raison, mais le fait, encore une fois, de le dire publiquement, dit aussi quelque chose de
02:19notre influence évaporée.
02:21Ce qui nous mène au troisième niveau du problème réputationnel, les marchés financiers.
02:27Car les taux de la dette française ont augmenté.
02:29Oui, oui, le week-end, ce week-end, ils sont passés de vendredi, 4,78% pour les obligations d
02:34'Etat à 10 ans, à 4,93% hier soir.
02:38Et le spread, l'écart de taux avec l'Allemagne, a franchi la barre symbolique des 150 points de base.
02:44C'est grave. Alors, tout cela a des conséquences concrètes. Cela fait monter le coût de nos emprunts.
02:48Cela réduit encore la marge de manœuvre du gouvernement.
02:52Alors, vous savez, en France, on se demande parfois, pas assez souvent, ce qu'on a raté pour en arriver
02:57là.
02:57Mais on le voit, comme l'écrivait Nietzsche dans Le Gay Savoir, il est plus facile de s'arranger avec
03:04sa conscience que sa réputation.
03:06On va continuer à parler de cette vague de violence qui a secoué le pays avec vous.
03:09Notre historienne Virginie...
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