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ESCLAVAGE À PARIS : réclamer sa liberté devant la justice pouvait conduire à la prison.

En 1755, quatre femmes esclavagisées, domestiques auprès de familles parisiennes propriétaires de plantations à Saint-Domingue, engagent des procédures devant l’Amirauté afin d’obtenir leur liberté.

La police les arrête. Elles sont ensuite incarcérées dans une prison du port du Havre, loin des juges parisiens.

À l’aide des lettres de cachet, le pouvoir monarchique pouvait contourner les tribunaux et protéger les intérêts des propriétaires.

Jean, lui aussi esclavagisé, tente de son côté de rejoindre l’armée française. Mais le pouvoir colonial redoute que des hommes noirs formés au maniement des armes puissent un jour renforcer les résistances dans les colonies.

Ces parcours, racontés par Miranda Spieler dans Esclaves à Paris. Vies cachées et histoires fugitives, rappellent une réalité essentielle : l’ordre esclavagiste français agissait aussi au cœur de la métropole.

📚 Source : Miranda Spieler, Éditions La Découverte, pages 62 à 65.

Saviez-vous que des personnes esclavagisées avaient saisi la justice à Paris pour obtenir leur liberté ?

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Transcription
00:00A Paris, au XVIIIe siècle, des personnes esclavagisées réclament leur liberté devant la justice.
00:05La réponse du pouvoir derrière.
00:07Les faits a disparu.
00:08Oui, à Paris, pas dans une colonie.
00:11Non, en 1755, quatre femmes esclavagisées, domestiques chez deux familles parisiennes possédant des plantations à Saint-Domingue,
00:18engagent des procédures auprès de l'amirauté pour obtenir leur liberté.
00:22La police les arrête.
00:23Elles sont ensuite incarcérées dans une prison du port du Havre, loin des juges parisiens.
00:28La monarchie rencontre alors un problème.
00:30Le Parlement de Paris, pour que vous compreniez bien toute la situation,
00:33n'a pas enregistré les textes de 1716 et 1738 parce qu'il n'avait pas reconnu juridiquement l'esclavage
00:40des Noirs.
00:40Cela, pour être très concret, ne signifie pas qu'il le condamnait.
00:44Mais cette situation crée une brèche juridique.
00:47Pour contourner les tribunaux, le pouvoir utilise les lettres de cachet,
00:50c'est-à-dire des ordres au royaume permettant d'emprisonner une personne sans avoir à se justifier.
00:55Miranda Spiller, dans l'ouvrage que vous voyez juste ici, Esclaves à Paris, résume cette mécanique à la page 65,
01:01je cite.
01:01Lorsque les esclaves défiaient leur maître à Paris et exigeaient leur liberté auprès des tribunaux,
01:07il fallait les faire disparaître.
01:08Le système frappe aussi une personne qu'elle nomme Jean.
01:12Un homme esclavagisé qui tente plusieurs fois de rejoindre l'armée française.
01:16Pour lui, concrètement, l'armée peut représenter un refuge.
01:20Pour le pouvoir colonial, c'est une menace.
01:22Parce qu'un homme noir formé aux armes pourrait très bien retourner dans les colonies et renforcer les résistances.
01:29L'autrice écrit ceci à la page 63, je cite.
01:31Morpa ne voulait pas que les hommes d'origine africaine demeurent sur le sol de la métropole.
01:35En 1747 maintenant, Maurice de Saxe propose pourtant d'amnistier des marrons des Amériques,
01:41de les transporter en France et de les enrôler à vie.
01:44Morpa refuse.
01:45Il redoute des combattants capables de menacer l'ordre colonial avec les marrons par exemple.
01:50Cette histoire détruit donc un mythe solide.
01:52L'esclavage français n'existait pas seulement dans les colonies.
01:56À Paris aussi, des ministres, des policiers, des prisons et des ordres royaux protégeaient les propriétaires.
02:02Mais Jean a tenté la voie de l'armée.
02:04Ces femmes ont saisi, elles, la justice.
02:06Le pouvoir a voulu les effacer.
02:08Leur combat, eux, ont survécu dans l'ouvrage que vous voyez juste ici aux éditions La Découverte,
02:13Esclaves à Paris de Miranda Spiller.
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