00:00Je crois qu'on aura beaucoup de mal à rapprocher les prix de ceux de l'Hexagone
00:03parce que nous sommes à 9000 km de la métropole,
00:07parce que nous importons énormément de produits de la métropole.
00:12Ce coût du transport ajouté à l'octroi de mer
00:16fait que, me semble-t-il, par nature, c'est difficile de se rapprocher des coûts de la métropole.
00:25Alors d'abord, l'octroi de mer, je ne critique pas l'octroi de mer.
00:28L'octroi de mer permet aussi la réalisation d'ouvrages, de services
00:35qui sont mis en œuvre par les collectivités au profit des Réunionnais.
00:38Deuxièmement, je constate que la vie augmente aussi.
00:41Le coût de la vie augmente aussi en métropole, où ça devient également un problème.
00:47Et puis troisièmement, ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas s'en occuper.
00:50On essaie de s'en occuper à deux niveaux.
00:52Le premier, c'est le niveau gouvernemental.
00:55On a cette loi sur la vie chère qui a été annoncée par le ministre des Outre-mer, Manuel Valls,
01:01il y a déjà de nombreux mois, qui a été, c'est vrai, reportée à plusieurs reprises.
01:07Et dont la ministre des Outre-mer, Naïma Mouchou, nous dit qu'elle devrait finalement être présentée au Parlement dans
01:15les mois qui viennent.
01:16Ça, c'est le niveau gouvernemental, législatif.
01:20Et puis, il y a le niveau local.
01:22Et au niveau local, vous le savez, la Réunion s'est distinguée en imaginant, il y a quelques années, ce
01:28bouclier qualité-prix.
01:30Donc, c'est un combat de petits pas, mais c'est un combat qui permet, malgré tout, de garantir que
01:37sur 175 produits de première nécessité,
01:41les réunionnais peuvent avoir la garantie qu'il n'y a pas de prix ou de marge qui sont délivrantes.
01:52Alors, je dis que c'est un combat contre la vie chère, mais c'est un partenariat avec les entreprises,
01:58avec la grande distribution,
01:59puisque, vous le savez, je n'ai pas la possibilité de les obliger.
02:04Donc, ça repose sur la bonne volonté et l'engagement de la grande distribution.
02:11Nous essayons, d'année en année, d'une part, d'augmenter le nombre de produits que contient ce bouclier,
02:16d'autre part, de diversifier ces produits.
02:19Cette année, j'ai saisi des opérateurs dans le domaine des banques, des assurances, de la téléphonie mobile.
02:25Est-il normal qu'on paye la téléphonie mobile plus chère à la Réunion qu'en métropole ?
02:29Je ne le crois pas, de même pour les services bancaires.
02:32Mais je n'ai pas la possibilité de les obliger.
02:36Pour l'instant, je dois reconfesser que je n'ai pas eu de réponse positive.
02:46Finalement, ça ramène aussi au coût de la vie.
02:51Les salaires n'augmentent pas aussi vite que le coût de la vie.
02:54C'est d'ailleurs un sujet que le Césaire, que j'avais saisi sur ce problème de la pauvreté, du
03:01coût de la vie.
03:02Le Césaire m'a rendu un rapport de qualité sur lequel nous travaillons,
03:06qui avait ciblé la nécessité de travailler aussi sur les revenus,
03:10de façon à améliorer le pouvoir d'achat des Réunionnais.
03:14C'est vrai que nous sommes sur une île où 36% de la population vit sous le seuil de
03:19pauvreté.
03:20Là encore, c'est un travail partenarial.
03:22L'État n'est pas responsable de la pauvreté, pas plus que les collectivités.
03:27Et je crois que nous sommes tous conscients de cette problématique.
03:30J'ai à mes côtés un sous-préfet qui est réunionnais, qui est en charge de la cohésion sociale.
03:36Et je lui ai demandé d'investir ce champ de la pauvreté et de me proposer des initiatives nouvelles.
03:46Je réponds que la Réunion mobilisait, on l'a déjà dit, près de 40% des PEC du niveau national.
03:54Il y a eu une fuite en avant, dont l'État est en partie responsable.
03:59Je me souviens de ministres du Travail qui nous disaient,
04:01il faut proposer des contrats aidés aux collectivités,
04:05ça permettra de diminuer le chômage, les chiffres du chômage,
04:08et qu'il mobilisait les préfets pour placer, entre guillemets, ces contrats aidés.
04:13Mais l'État n'a plus les moyens.
04:14Vous connaissez la situation budgétaire de la France.
04:17Donc tous les secteurs d'activité publique sont concernés par des baisses de crédit.
04:23Et puis on s'est aperçu que CPEC, ce sont des parcours.
04:27Parcours, c'est parcours, emploi, compétence.
04:30Parcours, c'est parcours vers l'emploi.
04:32Ça veut dire que l'objet de CPEC, c'est qu'un petit travail,
04:38dans une collectivité ou une association,
04:40leur permette à travers la structuration,
04:43à travers l'habitude de se lever le matin,
04:47de venir à l'heure, qu'on fasse confiance à la personne,
04:50qu'on lui confie parfois des responsabilités,
04:52ça lui permette de rebondir vers un travail, un CDI ou un CDD.
04:55Mais en aucun cas, ce qui était trop souvent le cas à la Réunion,
05:00de renouveler d'année en année des contrats qui sont des contrats précaires.
05:04Donc il y a eu cette décision, dont j'ai conscience de la brutalité,
05:08une décision qui a mis en difficulté les collectivités.
05:12Je veux saluer le fait que les collectivités ont pris leurs responsabilités.
05:17Je veux quand même attirer l'attention sur le fait que ce sont des compétences communales
05:21dont nous parlons.
05:23Mais elles ont assumé leur responsabilité
05:25et permis que la rentrée, notamment la rentrée scolaire,
05:28se passe dans de bonnes conditions.
05:30Ce que je veux dire, et certains maires le savent,
05:33parce qu'on en a parlé avec eux,
05:35ce n'est pas un coup près.
05:36Il reste un dialogue possible avec les maires
05:39pour les aider lorsqu'il y a des impasses ou des difficultés.
05:42Il y en a actuellement.
05:47Je pense quand même qu'il y a une adéquation à trouver
05:51entre ceux qui recherchent de l'emploi et ceux qui en proposent.
05:56Un exemple, les agriculteurs se plaignent d'avoir du mal à trouver de la main d'oeuvre.
06:03C'est vrai.
06:05Et on a organisé, alors certains ont parlé, moi le premier d'ailleurs,
06:09de faire venir de la main d'oeuvre étrangère.
06:12Mais j'ai demandé aussi qu'on fasse des réunions avec les agriculteurs et France Travail.
06:17Parce que ce qu'on constate, c'est que la proportion d'agriculteurs
06:22qui mettent des annonces, des offres d'emploi chez France Travail,
06:28elle est infime, elle est de l'ordre de 2 à 3%.
06:30Il y a un sujet d'adéquation entre l'offre et la demande.
06:37Ce n'est pas l'État qui va décréter ce qui va décréter ça.
06:40Ce qui crée de la richesse, c'est l'entreprise.
06:42Donc il faut que les chefs d'entreprise aient confiance dans l'avenir,
06:47dans le développement de l'économie.
06:50On sait tous qu'en ce moment, il y a beaucoup d'inquiétudes,
06:53qui sont des inquiétudes liées au conflit dans le monde,
06:58et qui sont aussi des inquiétudes liées à l'incertitude politique.
07:01En ce moment, nous sommes dans une situation qui n'est pas favorable de ce point de vue.
07:06Bien sûr, ce besoin des réunionnais de travailler chez eux est légitime,
07:12il est humain.
07:14Après, de ce que je comprends, des échanges que je peux avoir
07:18avec les réunionnais qui ont sauté la mer,
07:20ils en tirent en général une expérience profitable,
07:24et ils en reviennent enrichis.
07:31On est sur la LBU sur la même problématique que sur les PEC.
07:35Enfin, je voudrais prendre un peu de hauteur.
07:38Tous les Français savent que 3 300 milliards de dettes, c'est invivable.
07:42Tous les Français sont d'accord pour dire
07:44« ce n'est pas possible, il faut diminuer la dette ».
07:46Mais personne n'est d'accord quand on lui dit
07:48« on va prendre des mesures dans un champ de compétences et de financement qui te concernent ».
07:52Mais il faut bien voir que ces mesures de restriction,
07:57elles sont dans tous les secteurs des financements gouvernementaux.
08:02Donc la LBU baisse.
08:04Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la Réunion.
08:06Il y a 53 000 demandes de logements sociaux qui sont en attente.
08:12Nous nous battons.
08:14Les collectivités mènent un combat politique.
08:16Nous nous battons, l'administration,
08:17pour convaincre le gouvernement
08:20qu'il faut un peu plus de LBU pour la Réunion.
08:24Nous y sommes arrivés une première fois.
08:26Nous sommes considérés à la Réunion
08:28comme un département-région
08:30qui consomme bien cette ligne budgétaire unique,
08:33avec cette subvention qui permet d'aider au développement du logement social.
08:38Et donc nous avons obtenu une première rallonge,
08:40qui est insuffisante, c'est clair.
08:43Et donc moi, mon combat, c'est de faire en sorte qu'on la consomme bien,
08:46rapidement,
08:47pour essayer d'obtenir une deuxième rallonge
08:50qui nous permettrait de nous rapprocher de nos besoins.
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