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  • il y a 5 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud revient sur les propos d'Alexandre Astier qui s'inquiète que le nazisme et le fascisme l'emporte en 2027.

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Transcription
00:00Vous passez à Alexandre Astier et vous allez écouter ce que dit Alexandre Astier qui est un comédien
00:05et qui est en miroir de ce qu'a dit hier Teddy Riner.
00:08Et on va l'écouter mais c'est pas pour condamner ce que dit Alexandre Astier, c'est pas le
00:12but, c'est vraiment pas le but.
00:14Le but c'est de constater que ce qu'il dit, ce qui m'intéresse toujours c'est qu'il
00:18le pense.
00:19S'il le dit c'est qu'il le pense et je suis étonné de ce qu'il pense pour
00:22tout vous dire.
00:23Mais peu importe, c'est pas le sujet.
00:25Donc il imagine lui que demain cette élection présidentielle, c'est le nazisme, c'est le fascisme qui pourrait l
00:32'emporter.
00:32C'est ça qui m'intéresse.
00:33Je me dis mais comment des comédiens peuvent-ils à ce point penser cette situation aussi dramatique ?
00:39Donc il était interrogé par quelqu'un qu'on a bien connu sur ce plateau qui s'appelait Clément Victorovitch
00:44qui est aujourd'hui youtubeur et il avait publié, alors c'est pas nouveau, ça date du 28 mai, une
00:50interview d'Alexandre Astier.
00:52Mais elle est en miroir, je vous le disais, de ce qu'a dit Teddy Riner et en miroir aussi
00:57de ce qu'a pu dire Léon Marchand.
00:59Écoutez, dites-moi ce que vous en pensez.
01:01Moi j'ai très peur de ce que je vois là, j'ai très peur de l'avènement de certaines
01:05choses que je croyais.
01:06Je suis quand même né dans un monde, je suis pas si vieux que ça, mais enfin quand même,
01:10moi j'ai connu un monde où le monde de Le Pen, c'était une espèce de fin, de fond
01:17de peau,
01:18de mec nostalgique, un peu de pétain, un peu de l'Algérie, un peu de machin qui faisait 3%
01:23aux élections
01:24et où on se foutait un peu de leur gueule quoi, voilà, il y avait, c'était bon, c'était
01:28un peu les zinzins de...
01:31Mais p'tain, là, ils sont, les gars, ils sont super là quoi, c'est plus du tout anecdotique, c'est
01:36plus du tout,
01:37et pourtant c'est les mêmes, faut arrêter les conneries, faut arrêter de dire, oh ça a rien à voir,
01:42si si si, ça a complètement à voir.
01:44Et ils sont là, pour de bon, ils sont en Italie, enfin ils sont partout, ça je suis content d
01:52'en avoir plus que pour,
01:53si tout va bien une trentaine d'années, je reste pas 60 là, c'est fou, ça va.
01:58Parce que moi, j'ai été aussi élevé dans le fait de dire que ces gens-là, c'était juste
02:02dangereux en fait.
02:03C'était clair quoi, je dis pas qu'on sortait de la guerre en 74, mais il y avait un
02:08truc, il y avait encore les restes de ça,
02:11on touche pas à ça, on ne touche pas à ça, il y a quelques nostalgiques de tout un truc
02:16un peu zinzins,
02:17mais ça, non, c'est surtout pas.
02:20Bah là, le surtout pas, il se froisse quoi, il s'effrite sérieusement.
02:27Et maintenant, on nous les fait passer pour dire, ils sont dans Paris Match et dans machin et tout,
02:31moi je suis pas élevé comme ça, moi j'ai pas les armes pour ça.
02:34J'espère que mes enfants les auront, moi je suis un peu...
02:40Bon, je le répète, il s'agit pas de condamner ce qu'il dit, à mon avis,
02:43il s'agit simplement d'essayer de comprendre pourquoi il dit ça.
02:48Bon, il est comédien, il est en rapport avec le public,
02:51il y a 35% des gens qui s'apprêtent à voter pour l'ERN,
02:55c'est donc, c'est pas exactement l'analyse qui peut être juste, la sienne ne...
03:00Il a donné la réponse, il croit toujours que c'est le Front National de l'époque,
03:04et il dit ce Rassemblement National ne peut pas nous faire croire qu'ils ont changé,
03:09ce sont les mêmes, c'est ça sa réponse.
03:11Joachim Lefloc, Imad.
03:12C'est un discours qui est extrêmement daté, je me souviens un texte de Philippe Muray de 2002,
03:16qui déplorait déjà cet antilopénisme qui tenait lieu, non pas de pensée, mais de passion.
03:21On voit bien, je pense que tout le monde a le droit d'exprimer une opinion,
03:24tout le monde a le droit de faire du marketing,
03:26tout le monde a le droit d'être dans une logique de signalement, de vertu,
03:28tout le monde a le droit de s'inquiéter de 2027.
03:30Maintenant, ce qui devrait inquiéter ces gens-là aussi, c'est la situation présente.
03:33Ce ne sont pas eux qui subissent l'insécurité, l'immigration hors de contrôle,
03:36ce n'est pas eux qui sont à l'europrès à la fin du mois,
03:38ce n'est pas eux qui subissent le délitement de chaque service public.
03:41C'est de ça qu'ils devraient s'inquiéter, et en ne s'en inquiétant pas,
03:44ils nourrissent le sentiment qu'ont une grande partie des Français
03:47d'une sécession d'une élite politique, médiatique, culturelle,
03:50et c'est ça qui est vraiment au fondement de la crise démocratique qu'on vit actuellement.
03:53– Alexandre De Vecchio ?
03:54– C'est intéressant, c'est qu'il parle de son éducation, de sa jeunesse,
03:58et en fait, il nous résume un peu 30 ans de propagande médiatique,
04:01tout de même parce qu'on lui a expliqué que les uns et les autres étaient des nazis.
04:07Alors Jean-Marie Le Pen a eu des provocations antisémites
04:10qui vraiment étaient condamnables,
04:12et ont peut-être justifié qu'il y ait une forme de cordon sanitaire autour de lui,
04:15mais moi je ne vois pas le parallèle entre ce que dit aujourd'hui Marine Le Pen
04:19et les erreurs les plus sombres de l'histoire.
04:21Mais les prisonniers d'une rhétorique, comme beaucoup de gens de sa génération,
04:25il l'a tellement entendu que le récit est devenu la réalité.
04:28– Sous-titrage Société Radio-Canada
04:29– Sous-titrage Société Radio-Canada

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