00:00Avec vous Aurélie Baranès, vous êtes la cofondatrice de Jaillot.
00:04Jaillot, vous étiez venue en 2024, il y a deux ans.
00:07Jaillot, c'est donc un service de revente de vêtements.
00:11Vêtements, sacs, chaussures, bijoux, même beauté.
00:15Vous avez deux particularités.
00:17Un, vous récupérez directement les pièces auprès des clientes.
00:21Voilà, c'est pour toutes les flémardes de Vinted.
00:24On va directement à domicile où on envoie un bon prépayé pour celles qui habitent en dehors de la région
00:31parisienne.
00:32Et on récupère tout.
00:33Et après, le travail de la vendeuse s'arrête absolument là.
00:37On gère tout de A à Z.
00:40Et elle attend son virement directement dans son canapé, tranquillement.
00:44Ça, c'est formidable.
00:45Ça, ça change la vie.
00:46Donc, vous prenez en charge l'ensemble du processus de la revente.
00:51Le virement est aussi, vous les tenez au courant au fur et à mesure qu'il y a une vente
00:54qui se fait ?
00:55Oui, tout est fait en ligne.
00:56Il y a un espace de suivi.
00:57Donc, les pièces sont enregistrées et on peut suivre au fil de l'eau quelles pièces ont été vendues
01:02et pour quelles pièces je vais avoir un virement à la fin du mois.
01:05À l'époque, quand vous étiez venu, vous étiez présent sur quelques plateformes partenaires.
01:10Aujourd'hui, où en êtes-vous ?
01:11Comment se porte votre activité pour Jaillot ?
01:13Alors, on continue de développer les plateformes partenaires.
01:16Aujourd'hui, c'est la vraie force aussi de Jaillot.
01:18C'est quand vous nous confiez une pièce, elle est automatiquement mise en ligne sur 14 plateformes.
01:23Donc, ce qui permet une revente encore plus rapide.
01:27Et le temps moyen écoulé ?
01:29Quand vous prenez un vêtement, vous savez que ça va se vendre ?
01:31Alors, oui.
01:32Et là, on a vraiment amélioré nos chiffres.
01:35On a aujourd'hui trois pièces sur quatre qui se revendent.
01:39Et parmi ces trois pièces sur quatre, on en a une sur deux qui se vendent en moins d'une
01:46semaine.
01:46En moins d'une semaine.
01:47Pourquoi ? Je crois que vous avez fait venir des outils numériques.
01:52Vous avez fait venir l'IA, l'intelligence artificielle, pour aller plus vite ?
01:56Oui.
01:57Pour mieux fixer les prix ?
01:59On a intégré l'IA sur pas mal de process, dont le pricing, effectivement.
02:04Dont l'enregistrement des pièces.
02:05Et aussi sur la certification des pièces de luxe, telles les sacs et autres.
02:11Donc, ça nous fait gagner du temps.
02:13Et c'est surtout pour la cliente, ça a enfin gagné encore plus, sans baisser notre niveau d'exigence.
02:18Mais par exemple, comment faites-vous sur des sacs de luxe ?
02:20Vous demandez des certificats d'authenticité.
02:22Comment vous faites pour être sûr qu'on est sur du vrai ?
02:25Alors, on travaille avec un logiciel IA, justement, qui nous permet de prendre...
02:30Dédié au luxe ?
02:30Dédié au luxe.
02:31On prend trois photos de l'article, et ça nous dit automatiquement si c'est vrai ou faux.
02:38Ah oui, ça va jusque là.
02:40Aujourd'hui, combien de clientes ?
02:42Alors, aujourd'hui, on a une très très grande...
02:44Enfin, on a une grande communauté.
02:46On a vendu près de 100 000 pièces en seconde main.
02:51Aujourd'hui, on vend un article de JIO toutes les 20 minutes.
02:54C'est fort, non ?
02:55Donc, on est très fiers de ça.
02:56Et vous stockez ça où ? Vous avez un entrepôt ?
02:58Alors oui, on parlait d'un déménagement il y a deux ans.
03:01Donc, ce déménagement a bien eu lieu.
03:03Aujourd'hui, on a des bureaux de 500 mètres carrés dans Paris.
03:06C'est beau.
03:07Donc, on a la chance d'avoir notre stock avec nous.
03:09Mais toujours pas rentable ?
03:11Alors, on y est presque vraiment, mais vraiment...
03:15Qu'est-ce qui manque ? Que manque-t-il ?
03:16Profitez-ça, Brice, il est là ce soir.
03:18Allez-y.
03:19Alors vraiment, c'est notre objectif des mois à venir.
03:23On est vraiment à très très peu de la rentabilité.
03:27Il faut qu'on monte en volume d'affaires,
03:29en volume d'affaires pour absorber les coûts.
03:31On a baissé tout ce qu'on pouvait en termes de coûts.
03:35Donc, aujourd'hui, il faut juste qu'on fasse un petit uplift.
03:40J'imagine que c'est le lieu qui doit coûter cher, non ?
03:43Le lieu, les 500 mètres carrés ?
03:44Non, parce qu'on a regardé à partir plus loin.
03:49Et honnêtement, on a eu de la chance.
03:51On a trouvé un local, une belle opportunité.
03:53Donc, qu'est-ce qui vous coûte le plus cher ?
03:55Les hommes.
03:57L'être humain ?
03:58Oui.
03:58La main-d'oeuvre ?
03:59Oui, la main-d'oeuvre.
04:00On a quand même besoin aujourd'hui d'une équipe qui est assez importante
04:05pour réceptionner les pièces, les vérifier, les authentifier, etc.
04:09Donc, l'IA ne fait pas tout ?
04:11L'IA ne fait pas tout.
04:13Anne-Catherine Péchineau, vous êtes la PDG d'Izikash.
04:15Vous connaissiez Jaillot ?
04:17J'en avais entendu parler, mais je ne connaissais pas le business model dans ses détails.
04:21Je trouve ça très ingénieux, parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont des flémards de Vinted.
04:25C'est mon cas.
04:26Donc, je vais désormais penser à vous.
04:30Attention, il y a les quatre enfants quand même.
04:33En dehors des quatre enfants, on prend.
04:35Et la question que je me posais, c'était la question des prix.
04:38Comment est-ce que vous les fixez ?
04:39Est-ce que vous avez désormais des bases de données ?
04:41Parce que chaque produit est unique, mais j'imagine qu'il y a quand même certains produits qui sont assez
04:44récurrents.
04:46Alors ça, c'est notamment quelque chose qui a été développé sur l'IA aussi.
04:50Nous, on existe depuis 2020.
04:53Donc, on a six ans maintenant de données.
04:55Et on récupère les prix qui sont pratiqués un peu sur tout le marché de la seconde main.
05:01Et ensuite, après, l'IA nous fait une prédiction de prix
05:04suivant la rotation des marques et l'état et d'autres critères.
05:08Et vous, non ?
05:09Chez EasyCash, vous n'utilisez pas des outils comme l'intelligence artificielle pour fixer les prix ?
05:13Alors, on utilise de l'IA, mais pas pour la fixer des prix.
05:16Enfin, aussi avec du machine learning.
05:17Mais il y a une grande partie, nous, on fixe des cotes, des argus qui vont se vendre.
05:23Donc, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de données.
05:26On vend 8 millions de produits chaque année.
05:29Donc, vous avez la data ?
05:30Voilà, on a la data.
05:31Donc, l'IA permet de faire des choses prédictives.
05:33On utilise aussi beaucoup l'IA pour faire les fiches techniques,
05:35puisque chaque fiche technique est unique.
05:39Et donc, on a une IA qui crée la fiche, la seconde qui contrôle,
05:42et la troisième qui publie pour éviter les hallucinations d'IA,
05:46ce qui arrive quand même de temps en temps.
05:47Et vous, la main d'oeuvre, c'est plus simple pour vous à trouver chez EasyCash ?
05:52Alors, c'est un métier sur lequel il y a beaucoup de collaborateurs en magasin.
05:57Donc, on a un pourcentage de masse salariale plus importante que dans d'autres métiers,
06:02puisque la fonction d'achat est externalisée en magasin.
06:06Après, on a, comme tout le monde, des difficultés à recruter à certains endroits.
06:09Et on en parlait avec Revive,
06:13des difficultés à recruter des réparateurs en grande partie,
06:15parce qu'on a un réparateur par magasin.
06:18Ce qui n'est pas suffisant.
06:19C'est compliqué.
06:20Donc, peut-être qu'il y a peut-être des choses à faire avec Revive.
06:22Et si c'est le cas, vous nous en parlerez.
06:24Aurélie Baranès, à quand un magasin Jaillot ?
06:27Alors, on en a eu un,
06:29parce que, comme vous,
06:31on est convaincus que c'est absolument complémentaire.
06:34Aujourd'hui, on a quand même un stand au Galerie Lafayette Haussmann,
06:38qui d'ailleurs a été doublé de surface
06:41depuis que je suis venue sur le plateau.
06:45Donc, on a aujourd'hui 100 mètres carrés.
06:47On a intégré aussi la maroquinerie de luxe sur ce stand.
06:51Et on avait une boutique
06:53qui était sur un bail qui s'arrêtait.
06:57On a pris le choix d'arrêter cette boutique pour le moment,
07:00pour trouver un meilleur...
07:01Oui, on a envie d'en avoir une nouvelle.
07:04Anne-Catherine Péchineau, vous nous l'avez dit depuis tout à l'heure,
07:06vous avez eu beaucoup d'expérience professionnelle.
07:08Vous êtes la PDG d'Easy Cash.
07:09Vous avez un formidable regard sur notre économie,
07:13sur notre pays.
07:14On est à quelques mois de l'élection présidentielle.
07:17Et donc, vient le moment, peut-être,
07:20d'avoir un peu d'espoir.
07:21Europe 1
07:23La France bouge.
07:24Les raisons d'espérer.
07:26Allez, Anne-Catherine Péchineau,
07:27les raisons d'espérer.
07:28en vue de 2027,
07:31quand on est entrepreneur,
07:32quand on est patron,
07:33quand on dirige des hommes et des femmes.
07:36Alors,
07:38c'est toutes les initiatives locales que l'on voit.
07:41C'est vrai que
07:43la présidentielle cristallise
07:44beaucoup de choses,
07:46qu'on voit un certain nombre de programmes,
07:47de livres blancs,
07:48qui sont écrits de partout.
07:50Moi, je vois un formidable élan
07:52de la part des entrepreneurs
07:53et des chefs d'entreprise
07:54avec l'envie de bouger les choses.
07:56Un vrai courage, souvent,
07:57avec une capacité
07:58de pouvoir remettre en cause
08:00les business models,
08:02de changer,
08:03d'avoir une économie
08:03plus régénérative.
08:04Et on le voit vraiment partout.
08:08La difficulté pour nous,
08:09c'est souvent une question
08:10de projection.
08:11Je pense que les chefs d'entreprise
08:12sont capables de s'adapter à tout,
08:14mais difficilement à des règles
08:15qui changent tous les jours.
08:17Donc, c'est fixer un cap.
08:19C'est fixer un cap.
08:22Moi, mon souhait,
08:23c'est que ce cap soit plus robuste.
08:25Ça veut dire quoi, plus robuste ?
08:27Je pense que grossir,
08:28ce n'est pas grandir.
08:29Et qu'actuellement,
08:30on recherche de la croissance,
08:31de la croissance verte
08:32qu'on n'obtiendra pas
08:33dans un monde fini.
08:35Et donc, j'aspire,
08:37de mes voeux,
08:38à ce qu'on ait un monde
08:39qui soit vivable
08:40pour nos petits-enfants,
08:42nos arrière-petits-enfants,
08:43ce qui risque de ne pas être le cas
08:44si on veut grossir à tout prix.
08:46Donc, ça passe par
08:47faire avec ce qu'on a déjà.
08:48Faire avec ce qu'on a
08:49avec de l'existant.
08:51Merci, Anne-Catherine Péchineau.
08:53Vous êtes la PDG d'Easy Cash.
08:54C'est inspirant, Fabrice Marcella.
08:55Oui, complètement.
08:56Et les hommes politiques,
08:57j'espère que ce n'est pas
08:58que de la com'.
08:59Ils ont pris ce sujet en hommage.
09:01Je les ai vus hier encore une fois
09:02au FDD.
09:03Je les ai vus à Vivatech.
09:04J'espère que ce n'est pas
09:04que de la com'.
09:05On va le voir.
09:06A chaque soir dans la France Bouge,
09:07on regarde et sur Antenne d'Europe 1 aussi.
09:10Merci Anne-Catherine Péchineau,
09:11PDG d'Easy Cash,
09:12d'être venu ce soir dans la France Bouge.
09:14Merci à Mathieu Huet,
09:16cofondateur de Revive.
09:17Merci à Aurélie Baranès,
09:19cofondatrice de Jaillot.
09:20C'est toujours bien de prendre des nouvelles.
09:22Vous reviendrez.
09:22J'espère nous voir Mathieu Huet.
09:23Avec grand plaisir.
09:24Et un grand merci pour les conseils
09:25et la recette de Fabrice Marcella,
09:27directeur de la Banque des Startups
09:28chez LCL.
09:28Excellente soirée sur Europe 1.
09:30Dans un instant,
09:30c'est Valérie Darmont
09:31pour la libre antenne.
09:32Bonsoir Valérie.