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«Il y a une épidémie du cancer du pancréas», a souligné le Professeur David Khayat, oncologue et auteur de "Les gestes qui changent tout !".

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Transcription
00:00On l'a vu, je l'ai vu tout au long de ma carrière, il y a des scoops comme
00:02ça qui sont donnés par la presse.
00:04On se réveille le matin, on lit le journal et on apprend qu'on a découvert un truc dingue dans
00:09le cancer.
00:09Alors qu'en fait, nous qui suivons tout ce qui sort dans le cancer, on voit bien que ce n
00:12'est pas la panacée.
00:14Ce médicament dans le cancer, il y a une épidémie de cancer du pancréas.
00:17Ce qui fait que pratiquement tout le monde connaît quelqu'un qui a un cancer du pancréas en ce moment.
00:21Et c'est une catastrophe parce que c'est un des deux, trois cancers pour lesquels nous n'avons fait
00:25aucun progrès pratiquement dans les 30 dernières années.
00:28Mais le problème qui s'est passé avec ce scoop, c'est que comme c'était une équipe française qui
00:33coordonnait l'étude internationale sur ce nouveau médicament,
00:36la presse française s'est déchaînée en disant le truc dingue qui change tout dans le pancréas, c'est tout.
00:42La réalité, c'est que ça augmente la survie des malades atteints de cancer du pancréas de trois semaines.
00:48D'accord ?
00:49Et l'autre jour, j'ai quelqu'un, un étranger qui m'a appelé et m'a dit je vous
00:52donne 50 000 euros si vous me procurez le médicament.
00:55Le médicament n'est pas disponible parce qu'entre le jour où une étude de phase 3, c'est-à
01:00-dire la dernière étude, est finie,
01:02et le jour où le médicament est disponible, il y a une phase qui dure peu aux États-Unis, beaucoup
01:07en Europe,
01:08pendant laquelle le médicament n'est pas disponible.
01:10On sait qu'il a une certaine efficacité, même si c'est que deux, trois semaines.
01:13Et tout le monde en rêve.
01:14Donc je veux dire, moi j'ai vu, quand j'avais fait le premier essai de thérapie génique,
01:18j'ai vu la queue devant mon service quand je l'avais annoncé un jour sur France 3.
01:23Et depuis ce jour, j'ai appris à ne jamais plus parler de scoop comme ça qui va tout changer
01:29parce qu'on donne des faux espoirs à ces pauvres malades.
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