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  • il y a 27 minutes
jeanmarcmorandini.com vous propose de revoir les images choc d'une femme et sa fille agressées Gare Saint Charles à Marseille et qui ont diffusées hier dans "24h en France" sur CNews, la nouvelle émission quotidienne de la chaîne entre 13h et 15h. Cette dame raconte également son traumatisme et les conséquences pour sa famille de ce qui pourrait sembler un simple fait-divers.

Ce jour là, en plein jour, alors qu'elle est dans la Gare, un jeune garçon va se jeter sur elle pour lui arracher son collier en or sous les yeux effrayés de sa fille.

Les images de vidéosurveillance diffusées à l’antenne montrent la femme accompagnée de son enfant dans le hall de la gare lorsque l’agression se produit. La victime raconte avoir soudainement senti un homme lui saisir le cou, au point de croire dans un premier temps qu’il cherchait à l’étrangler. Malgré la panique, elle explique avoir tenté de rester calme pendant que sa fille prenait immédiatement la fuite.

Pensant que l’agresseur voulait lui voler son sac, la mère le serre alors très fortement contre elle. Mais l’homme ne vise finalement pas son sac : il s’en prend à la chaîne en or qu’elle porte autour du cou.

La victime raconte avoir entendu le bruit de son collier qui se brise brutalement. Sous la violence du geste, elle tombe au sol avant de parvenir à se relever en hurlant.

C’est en entendant les cris de sa mère que la petite fille décide de revenir sur ses pas.

Face aux caméras, la mère peine alors à retenir ses larmes lorsqu’elle raconte la réaction de son enfant. Elle explique avoir senti sa fille culpabiliser d’avoir couru et de l’avoir laissée seule au sol pendant l’agression. Mais l’enfant lui donne alors une explication particulièrement poignante. « Maman, maman, j’ai cru qu’il voulait me prendre. C’est pour ça que je suis partie », lui confie-t-elle.

Une phrase qui bouleverse profondément la victime, encore très marquée par ce qu’elles viennent de vivre. La mère explique également combien cette chaîne comptait pour elle, décrivant un bijou qui « faisait partie » d’elle.

Au-delà du vol, c’est surtout le traumatisme vécu par sa fille qui semble aujourd’hui la hanter.

La séquence montre ainsi les conséquences psychologiques d’une agression commise en quelques secondes dans un lieu pourtant extrêmement fréquenté.

Le témoignage de cette mère, diffusé le visage flouté, est accompagné des images de la scène captées par la vidéosurveillance.

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Transcription
00:04Générique
00:11De retour dans votre émission Police Justice 24 Heures en France.
00:15Ravi de vous retrouver avec ce mail 24heures.fr.
00:18Vous pouvez nous adresser tous vos témoignages à cette adresse mail.
00:21Un document inédit aujourd'hui dans 24 Heures en France.
00:25Vous allez suivre une enquête de police du début avec les images d'une agression jusqu'à sa résolution.
00:32Ça nous paraissait important de vous montrer les différentes parties de cette enquête au long cours.
00:36Une dame agressée avec sa très jeune fille, le travail des policiers et donc l'arrestation du coupable.
00:43Tout commence donc à Marseille. On est à la gare Saint-Charles, un endroit très fréquenté, vous le savez peut
00:47-être, en plein jour.
00:49Un jour d'été banal pour de nombreux voyageurs.
00:52Et puis soudain, une agression violente captée par les vidéosurveillances, par la vidéosurveillance.
00:58Et nous allons vous montrer les images de l'agression. Regardez.
01:02Aidé par la vidéo, la police enquête sur plusieurs de ces agressions.
01:06Notamment celle de cette femme et sa petite-fille.
01:11Elles sont insouciantes, leurs vacances se terminent, elles s'apprêtent à prendre le train.
01:19Mais ces deux jeunes en ont décidé autrement.
01:22Les voici.
01:26Pendant que l'un s'éloigne, le jeune en blanc va s'arranger pour croiser le chemin de la mère
01:31de famine.
01:36Il arrache violemment le collier en or de sa victime et s'enfuit.
01:45La mère et la fille sont sous le choc.
01:47Hébétés.
01:52Terrible image. On voit la petite-fille partir, revenir.
01:55On va y revenir, David Leroux.
01:56Les agressions au collier, c'est légion maintenant.
01:59Alors moi, j'ai exercé à Marseille de 2001 à 2008.
02:02Et déjà à l'époque, une des premières choses qu'on déconseillait aux personnes,
02:07les résidents marseillais comme les touristes,
02:08pas de chaîne en or apparente, les amis, que nous soyons en Marseille.
02:12Pas de chaîne apparente parce qu'il y avait ce principe d'arrachage,
02:15que ce soit à pied ou des individus à scooter en deux.
02:17C'était un grand classique, notamment sur le Vieux-Port à l'époque.
02:20Mais rien n'a changé.
02:21L'or apparente à Marseille, c'est à proscrire, je le dis très sérieusement,
02:25pour éviter ce genre d'agression.
02:26Pas de bijoux, pas de signes extérieurs de richesse, en plus avec le cours de l'or.
02:30Alors regardez, on poursuit parce que cette femme, évidemment, on l'a retrouvée.
02:34Elle revient sur ce qu'on a aperçu.
02:36Et le choc à la fois qu'elle, mais aussi sa petite-fille, ont subi.
02:40C'est assez poignant comme témoignage.
02:43Il me prend au coup, pensant qu'il voulait m'étrangler.
02:47J'ai essayé de me maîtriser.
02:51Du coup, ma fille est partie en courant.
02:54J'ai serré mon sac contre moi, pensant qu'il en voulait à mon sac.
03:00Et d'un coup, j'entends le claque de ma chaîne, qui était là, qui faisait partie de moi.
03:08Je suis tombée au sol et je me suis relevée en hurlant.
03:13Et ma fille, m'entendant crier, elle est revenue vers moi.
03:26Elle est revenue vers moi en me disant que je la sentais culpabiliser le fait de m'avoir laissée par
03:35terre
03:36et de m'entendre hurler et de cet enfui de cette situation.
03:42Et elle me dit, maman, maman, j'ai cru qu'il voulait me prendre.
03:47C'est pour ça que je suis partie.
03:49Docteur Vallée, on sent tout le désarroi de cette femme qui culpabilise énormément.
03:55C'est ça, les dégâts sont terribles sur cette famille.
03:57Parce qu'elle a l'impression qu'elle a un peu laissé tomber sa fille
04:04ou qu'elle l'a mise dans une situation de danger.
04:07Oui, effectivement, il y a plusieurs mouvements, et chez cette femme, et chez cet enfant,
04:11qui entrent aussi en collision.
04:13C'est-à-dire que la première réaction, c'est effectivement, je pense,
04:17cette peur intense au moment de l'agression,
04:19qui est associée à la chute, avec tout ce que ça peut engendrer.
04:21Ça fait mal, on voit qu'elle tombe vraiment de toute sa hauteur.
04:24Tout à fait.
04:25Et immédiatement, on l'entend tout à fait, l'angoisse, la culpabilité,
04:30par rapport à avoir failli à ses missions de mère, à savoir protéger cet enfant.
04:34Et dans le même temps, elle est très fine, cette mère,
04:37puisqu'elle perçoit tout de suite la culpabilité de sa fille,
04:39qui, elle aussi, je pense, a été à la fois mobilisée par l'angoisse,
04:42et donc elle a fui, qui est un réflexe tout à fait naturel,
04:45mais entendant sa mère criée, effectivement,
04:47s'est sentie à la fois devoir protéger sa mère, alors que ce n'est pas son rôle,
04:51et devoir revenir, et devoir même se justifier.
04:53Et je trouve ça extrêmement touchant, comment cet enfant a besoin de se justifier
04:57en disant, j'ai eu peur pour moi, donc je suis parti, mais je suis quand même revenu.
05:00Oui, elle est obligée de faire une montre de loyauté envers sa maman.
05:03Ça, c'est très présent chez les enfants.
05:05On poursuit avec une autre partie du témoignage.
05:09L'agression a duré quelques secondes, vous l'avez vu,
05:11mais les effets, encore une fois, sur la psyché de cette femme,
05:15et elle l'explique très bien, sont dévastateurs.
05:18Cette agression n'a duré qu'une seconde et 17 centièmes,
05:21mais ses effets sont dévastateurs.
05:24Il a brisé des rêves d'une petite fille.
05:27Il a brisé la confiance aussi que j'avais moi en moi.
05:32Ma fille a reparlé de lui il n'y a pas très longtemps.
05:38Elle s'est mise à marcher un petit peu en rembondissant sur ses baskets,
05:42en me disant, il marchait comme ça, maman, il marchait comme ça.
05:48Donc là, je lui ai dit, de qui tu parles ?
05:52Parce qu'on ne parlait plus de lui du tout.
05:54Elle me dit, le monsieur qui t'a enlevé le collier, il marchait comme ça.
05:58Je lui ai dit, oui, ma beauté, il marchait comme ça.
06:00C'est vrai, tu as raison, il marchait comme ça.
06:02Aujourd'hui, moi, j'ai peur de tout le monde.
06:06Vous avez peur de quoi ?
06:07J'ai peur de chaque individu qui s'approche de moi.
06:12Je sursaute énormément.
06:14Je vois un mec avec un jogging blanc.
06:16J'en ai peur alors que j'ai l'habitude de les voir.
06:20Pour moi, je ne faisais pas de différence à un mec en jogging ou à un mec en costard.
06:25Et aujourd'hui, un gars en jogging, je vais le dévisager.
06:30Je vais prendre mes distances.
06:31J'ai peur.
06:37Elle est traumatisée.
06:39C'est ce qu'on appelle communément le stress post-traumatique.
06:41Avec une hyper-vigilance, elle l'explique bien.
06:44Et le cerveau constamment en alerte.
06:46Tout à fait.
06:47Et le risque, c'est que sa fille vive également les mêmes choses.
06:50Là, on a tout à fait, dans ce que décrit la mère,
06:52les éléments qui permettent de comprendre le processus du traumatisme.
06:55C'est quand un événement vient donner une réalité
06:58à des choses qu'on a pu parfois fantasmer,
07:00mais qui était très loin de nous.
07:02Événement complètement inattendu.
07:04C'est-à-dire que dans sa réalité,
07:05celle de mère, celle de cet enfant,
07:08il y a l'idée que ce que l'on n'imaginait pas est vraiment arrivé
07:11et donc pourrait à n'importe quel moment se reproduire.
07:13Donc une agression d'une seconde,
07:15vous pouvez quand même, vu la violence,
07:18pendant des mois, la revivre, en faire des cauchemars.
07:20C'est ça qui s'installe ?
07:21Tout à fait.
07:22Parce que ce qui est en jeu, ce n'est pas la durée,
07:23mais c'est vraiment l'imprévisibilité, l'immédiateté.
07:27C'est-à-dire que rien n'était...
07:2830 secondes avant que ça n'arrive,
07:30rien n'était prévisible.
07:31Et c'est ça qui crée l'angoisse.
07:32C'est se dire que, alors que tout allait bien,
07:34n'importe quoi peut arriver sans que je le prévoie.
07:38Sabrina, évidemment, en tant que mère,
07:40on s'identifie aussi à cette femme.
07:43On se dit, mais qu'est-ce que j'aurais fait, moi, à sa place ?
07:45Avec mon enfant, comme ça que...
07:47Parce que vous tombez à terre,
07:48vous ne pouvez pas lui tenir la main,
07:49vous ne pouvez pas le sécuriser,
07:50vous le voyez partir.
07:51Tout se passe dans la confusion, en fait.
07:53Tout se passe très vite.
07:54Et puis un sentiment de culpabilité très vite.
07:56Et puis on voit aussi qu'on n'a pas forcément les réflexes
07:59qu'on avait anticipés quand on imaginait une situation pareille.
08:03Là, son premier réflexe, c'est de ne pas aller vers sa fille.
08:05Et elle est d'abord traumatisée.
08:07Elle est bêtée, quoi.
08:08Elle essaie de comprendre ce qui vient de se passer.
08:09Puis il y a toujours la peur de la mort.
08:11Parce que cette agression, finalement, c'était pour le collier.
08:13Mais vous voyez qu'il est très physique.
08:15Quand il s'en prend à elle,
08:16il aurait pu très bien essayer de la poignarder.
08:18Donc il y a aussi, d'un coup,
08:19ce rapport à un risque de mort imminente
08:22qu'il faut comprendre, qu'il faut ingurgiter.
08:25Il faut tout de suite retrouver sa fille.
08:26Enfin, tout est bouleversé.
08:28Et ces victimes-là, parfois, ce n'est pas sur le moment.
08:30Mais en effet, quand on les retrouve plus tard,
08:32elles en parlent, elles revivent les instants.
08:33En en parlant, on le voit dans l'interview
08:35qu'elle est complètement prise par l'émotion.
08:37Et ça laisse peut-être pas exactement
08:39la même forme de traumatisme pour la petite fille.
08:42Mais on voit que ça fait créer des dégâts.
08:43Sur du long terme, une petite agression,
08:45pour nous, journalistes qui voyons ça,
08:47qui nous disons, ah bah oui, c'était pour juste,
08:48finalement, un petit collier en or,
08:50a des répercussions extrêmement graves et profondes.
08:53Et sur du long terme, pour les victimes,
08:55qui peuvent être n'importe qui.
08:57David Léraud, pour voler un collier,
08:58il faut quand même y aller.
08:59Parce que souvent, un collier, ça résiste.
09:02Ça peut faire des marques.
09:04On est clairement sur du corps à corps.
09:05Et alors, j'étais hier à 16h dans le bureau du ministre de l'Intérieur.
09:08Mais nous lui avons dit clairement,
09:09la sécurité, ça a un coût.
09:11Mais j'ai une certitude, c'est que l'insécurité,
09:13ça coûte encore plus cher.
09:15Oui, mais enfin bon, là, je parle vraiment de l'agression en elle-même.
09:18Il faut tirer fort pour parvenir.
09:20Vous vous souvenez de cette dame,
09:21cette religieuse dans une paroisse ?
09:24Elle avait 80 ans.
09:25Le type, il s'est acharné sur elle.
09:26Parce que parfois, ça ne résiste pas.
09:28Mais il ne recule devant rien, en fait, maintenant.
09:29C'est ça, le truc.
09:30Et le pire, c'est que si cette chaîne, selon la qualité, résiste,
09:34il continue, il persiste.
09:35Et bien malheureusement, nous voyons que quand la personne,
09:39en général, personne vulnérable,
09:40parce que ce ne sont pas des grands courageux, ces individus,
09:42quand la personne résiste elle-même,
09:44elle n'hésite pas à porter des coups violents.
09:46On en a des centaines d'exemples où la personne a pu résister.
09:50Parce que c'est aussi un réflexe qui peut arriver.
09:52Et quand vous résistez, vous vous exposez à un surcoût de violence.
09:55Juste la semaine dernière, dans le tram,
09:57cette femme qui voulait prendre le tram,
09:58un homme vient avec un couteau pour lui prendre son sac à main,
10:00elle refuse, et il la poignarde à deux reprises.
10:02Elle était en urgence vitale, quand même.
10:05Donc aujourd'hui, il ne faut plus porter de bijoux, en fait.
10:07Le policier que vous êtes, il nous donne ce petit conseil de base.
10:10Sur la voie publique et dans les transports en commun,
10:12parce que les transports en commun en France,
10:13c'est quand même en grande partie une zone
10:15où il y a de nombreuses agressions,
10:17qui peuvent être verbales, mais jusqu'au physique.
10:20Moi, effectivement, je ne mettrais pas des bijoux de valeur,
10:22parce que généralement, ils jettent un oeil,
10:24quand même, ils essayent de repérer.
10:26Mais moi, je ne mettrais plus de l'ordre, effectivement.
10:28Pourtant, elle n'est pas bling-bling.
10:30Non, pas du tout.
10:31Il y a des pays où on vous tranche le doigt
10:33pour vous voler votre bague.
10:34J'espère qu'on n'en arrivera pas à ça en France.
10:36Mais enfin, je veux dire...
10:37C'est déjà arrivé dans des home jacking, en région parisienne.
10:39Alors, c'est déjà arrivé dans des home jacking.
10:41Les home jacking, les montres, les Rolex, on n'en parle pas.
10:43Bon, l'enquête, parce que l'enquête, elle continue.
10:46C'est ça qu'on voulait vous montrer,
10:46ce qui fait l'intérêt aussi de ces images assez inédites.
10:50Les policiers, ils vont la mener sur la base,
10:52vous l'aurez compris, des images de vidéosurveillance,
10:55parce que la gare est très bien quadrillée,
10:56et de témoignages également.
10:58Nouvel extrait.
11:13Étonnamment, le jeune homme ne semble pas surpris
11:15de l'arrivée de la police.
11:17En fait, la famille a été alertée la veille.
11:40Direction le commissariat.
11:42Il faut maintenant entendre le suspect
11:44et vérifier les faits qui lui sont reprochés.
11:52Le jeune homme explique à Thierry
11:54qu'il s'apprêtait à venir de lui-même voir les policiers.
11:57Et t'allais venir au commissariat ?
11:58Non, j'allais...
12:00Donc t'allais à la prière d'abord,
12:01et après tu es venu au commissariat.
12:06Thierry est intrigué par la réaction du jeune homme,
12:09mais aussi par sa façon de marcher
12:10qui ne correspond pas à celle de l'homme sur la vidéo.
12:14Pour en avoir le cœur net,
12:16il décide de visionner à nouveau
12:17les images des caméras de surveillance
12:19lors du vol à l'arraché.
12:24Il n'a pas la même démarche.
12:25Il marche avec les gens marqués.
12:26Tu vois, sur la vidéo, on ne le voit pas marcher les gens marqués.
12:30Pour moi, c'est pas lui.
12:32Je ne sais pas pourquoi.
12:35Thierry décide de confronter le jeune homme interpellé
12:38au témoin qui l'a identifié.
12:41Lui aussi est présent au commissariat,
12:43assis à gauche.
12:45Tu le connais ?
12:50Coup de théâtre,
12:51le témoin vient de se rétracter
12:53et il s'excuse.
12:57Mais la déception de Thierry
12:58va être de courte durée.
13:00Alors qu'il prend les dépositions,
13:02l'affaire rebondit à nouveau.
13:06Un jeune homme placé en garde à vue
13:07passe dans le couloir à ce moment-là
13:09et le témoin le reconnaît.
13:10Il affirme qu'il est l'agresseur
13:12de la gare Saint-Charles.
13:19Donc on comprend qu'il y avait eu une information,
13:21ils sont allés chez ce type,
13:22ils se sont trompés
13:23et faux témoignages, c'est fréquent ?
13:25Quand on croit, c'est à dessein
13:28ou parfois on croit vraiment de bonne foi
13:29reconnaître quelqu'un, David Léraud ?
13:31Vous l'avez synthétisé.
13:32Parfois il y a des erreurs de bonne foi,
13:34parfois c'est à dessein.
13:36Donc il appartient évidemment aux enquêteurs
13:37d'essayer de tirer le vrai de la situation,
13:40mais il faut quand même souligner
13:42le courage d'un jeune homme
13:42qui est capable de témoigner
13:44et de participer à l'identification
13:47de l'auteur de ce délit.
13:49Oui, alors faux témoignages,
13:51c'est courant dans les enquêtes comme ça.
13:52Vous êtes avocat pénaliste,
13:54maître Ruben.
13:55Parfois on veut faire payer les autres
13:57ou alors c'est des guerres de clans
13:58où on croit qu'on a reconnu quelqu'un
14:00sur la base d'un autre
14:01qui nous a dit quelque chose.
14:02Tout cela est très fluctuant.
14:04Il faut faire attention en fait.
14:06C'est intéressant de voir les coulisses
14:07d'une enquête
14:08et là on était quasiment en temps réel.
14:10Alors je ne sais pas
14:11si c'est un faux témoignage ou non,
14:12est-ce que c'est un témoignage de confort ou pas.
14:14Ce que je vois en tout cas,
14:15c'est que la police a eu de la chance finalement
14:17puisque c'est au travers le passage
14:19de ce garçon qu'il a été identifié.
14:22Donc je suppose que le témoignage initial
14:24n'était pas un témoignage de confort
14:26et de pouvoir satisfaire les intérêts d'un autre
14:27mais qu'au contraire il doit être de bonne foi.
14:29Et bien justement l'enquête
14:30donc vous avez vu et vous l'avez compris
14:32a rebondi de manière spectaculaire.
14:34Donc il faut recueillir plusieurs éléments.
14:37Regardez la résolution de cette affaire.
14:41Thierry va maintenant s'occuper du nouveau suspect
14:43déjà en garde à vue pour un autre vol à l'arraché.
14:49Il décide de perquisitionner chez lui.
14:51Ah !
14:54Et sur le chemin, coincé entre deux policiers,
14:58ce garçon de 14 ans passe rapidement aux aveux.
15:06Et qu'est-ce que tu as fait à la gaffe ?
15:09Au début, j'étais avec un collègue à moi.
15:12Il a dit...
15:14Il a dit regarde la chambre, regarde la chambre.
15:17Après je l'ai pété.
15:19Après tu l'as ?
15:19Je l'ai pris, je suis parti là-bas.
15:22T'as pris quoi ?
15:23J'ai vu la femme.
15:24T'as vu la femme, ouais.
15:30Il vient d'avouer.
15:32Arrivé chez lui, les policiers veulent récupérer le survêtement blanc
15:35qu'il portait le jour de l'agression.
15:37Bonjour.
15:39Le pantalon que tu avais dimanche, le survêtement blanc.
15:42Ils sont là, ils sont dans la chambre.
15:44Le tee-shirt, quelle chambre ?
15:45Là, derrière.
15:46Voilà, c'est celui-là.
15:49Et ça.
15:51Des baskets, elles sont où ?
15:55Des aveux, des preuves matérielles.
15:57Les enquêteurs ont tous les éléments nécessaires pour sa mise en examen.
16:01Ça marche.
16:03Et à l'arrivée, il sera placé sous contrôle judiciaire
16:06et suivi par des éducateurs parce qu'il n'a que 14 ans.
16:09Peine conforme, maître Ruben, face à l'ampleur de l'affaire ?
16:15Malheureusement ou heureusement, ce n'est pas l'ampleur de l'affaire
16:17qui détermine si quelqu'un part en détention ou pas.
16:20Il y a parfois des gens dont les faits sont avérés
16:24et qui bénéficient d'une remise en liberté
16:26parce que les critères fixés par la loi font qu'on peut retrouver la liberté.
16:29Et vous avez parfois des gens qui sont innocents,
16:30qui sont mis en examen et qui sont incarcérés.
16:33Là, moi je ne connais pas les coulisses du dossier,
16:35mais j'imagine qu'on n'incarcère pas quelqu'un de 14 ans de cette manière-là.
16:39Vous indiquez qu'il a été mis sous contrôle judiciaire.
16:41Je suis surpris qu'il n'y ait pas eu un placement dans un centre éducatif renforcé.
16:46Il est suivi, mais on ne sait pas trop dans la condition.
16:49Le cadre m'a l'air un peu approximatif.
16:50Mais c'est vrai qu'évidemment, le poids des vidéos,
16:55parce que je trouve que c'est assez frappant
16:58et indiscutablement elles sont très frappantes ces images.
17:00Il y a une différence entre une personne qui dépose plainte pour un fait de vol,
17:03qu'on recueille comme ça,
17:05et quelqu'un qui dépose plainte pour des faits de vol
17:06qui sont étayés par de la vidéo.
17:08Et c'est vrai que là, il y a une certaine violence, une vraie violence qui est exercée.
17:12Mais bon, vous avez un juge pour enfants ou un juge d'instruction, j'en sais rien,
17:14qui est estimé sur réquisition conforme ou non du procureur
17:17que ce garçon devait retrouver la liberté.
17:19Bon, David Léraud, le recueil de preuves, c'est hyper important.
17:21On voit bien comment ils ficellent leur enquête.
17:24Il leur faut le jogging, il leur faut un certain nombre de choses,
17:27et puis retrouver le collier.
17:28Enfin, ils vont jusqu'au bout pour pouvoir effectivement mener,
17:32monter leur dossier comme on dit.
17:34Ça, c'est essentiel.
17:35Oui, c'est essentiel.
17:36Et puis votre reportage est particulièrement...
17:37Sinon, vous ne le confondez pas.
17:38...parce qui est en bien tournée, parce qu'il montre effectivement de A à Z,
17:41avec peut-être un rebondissement, mais que moi, je n'appellerais pas de la chance,
17:43parce que s'il était dans les couloirs, ce jeune homme...
17:46Il avait été placé en garde à vue pour autre chose.
17:48...à 10 mètres, c'est que déjà, la police travaillait sur ce jeune homme.
17:52Et donc, j'ose espérer, en tout cas, effectivement,
17:54avec tous les éléments étayés, toutes les preuves apportées,
17:56grâce à ce travail fastidieux,
17:58qui a un suivi clair,
18:00et notamment un placement en centre éducatif fermé,
18:02parce que c'est justifié quand on voit la violence de l'agression.
18:06Merci à tous d'avoir répondu présent cet après-midi.
18:08Dans quelques instants, la suite de l'actualité, c'est avec vous, Pierre de Villeneuve.
18:12Bonjour, Nelly.
18:13L'info de Villeneuve à suivre.
18:13Bonjour à tous.
18:14On partira à Ceuta, puisque la situation est loin d'être réglée.
18:17Chose vue avec Thibaut Marchoteau,
18:19qui a passé pas mal de jours de reportage là-bas.
18:21Ils sont au moins 30 000 encore à être sur place, me dit Thibaut.
18:25Et puis, bien sûr, le geste de Kylian Mbappé,
18:28qui enlève le t-shirt de soutien aux habitants de Ceuta.
18:32Tout ça, c'est à suivre.
18:33Merci beaucoup.
18:34Et quant à nous, on vous dit, avec Sabrina,
18:36à demain dès 13h pour Police Justice, 24h en France.
18:40Excellente fin d'après-midi.
18:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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