00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:03Et dans Parlons Cash, nous parlons de la natalité.
00:06Deux parents sur trois manquent de ressources financières pour avoir un enfant de plus.
00:11Et plus de la moitié d'entre eux jugent ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur
00:15enfant.
00:16C'est ce que nous dit une enquête de l'Observatoire des familles de l'UNAF.
00:20Nous sommes avec Alexandra Monnet, spécialiste de la famille et de la natalité.
00:24Bonjour Alexandra.
00:25Bonjour.
00:26Auparavant, Clara Piernet, on a quelques questions et quelques éléments à donner, notamment avec ce nombre de naissances.
00:33Oui, plus de 600 000 naissances attendues cette année, le niveau le plus bas depuis la fin de la seconde
00:38guerre mondiale,
00:39le cinquième recul consécutif et en 15 ans, on a perdu un quart des naissances annuelles.
00:44Alors il y a cette proposition, 10 000 euros par enfant pour relancer la natalité, ça coûterait combien à l
00:50'État ?
00:51Et bien sur 635 000 naissances, ça représente environ 6,35 milliards d'euros par an.
00:57Alors ce n'est pas rien, mais là où ça devient intéressant, c'est que la France consacre déjà 59
01:01milliards d'euros par an à sa politique familiale,
01:04allocations, crèches, quotients familiales, congés parentaux, sur environ 14 millions d'enfants.
01:10C'est déjà plus de 4 000 euros par enfant et par an.
01:13Et les 6 milliards de la prime représentent à peine 10% de ce budget existant.
01:17Oui, intéressant, sauf que cet argent ne va pas entièrement aux familles.
01:21C'est l'angle mort du système sur les 59 milliards de la branche famille.
01:26Près de 14 milliards, soit près d'un quart, sont en réalité transférés vers l'assurance maladie et le régime
01:31des retraites.
01:32La politique familiale finance en partie les pensions.
01:35Alors par ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que l'Italie vient de lancer une série de bonus à
01:39la naissance,
01:39jusqu'à 3600 euros par enfant, sans aucun effet pour le moment, en tous les cas,
01:44mesurable sur le nombre de naissances, donc ça ne suffirait pas.
01:47Non, pour les experts, ce qui compte, c'est plutôt la condition de vie,
01:51notamment le logement et l'équilibre entre travail et parentalité.
01:54Alors justement, nous sommes avec Alexandra Monnet, on va plus loin avec vous.
02:01Effectivement, c'est le nerf de la guerre, c'est le logement en particulier, c'est ça le frein pour
02:04les parents ?
02:05Oui, tout à fait.
02:07En fait, cette étude qui vient de sortir, elle remontre, c'est que la baisse du pouvoir d'achat demande
02:12aux Français de faire des choix
02:13et la parentalité fait partie de ces choix.
02:17Donc, la baisse du pouvoir, en fait, la baisse de la natalité est une des conséquences du pouvoir d'achat,
02:21même si la baisse du pouvoir d'achat n'est pas la seule cause de la baisse de la natalité.
02:25Et donc, dans ces choix, il y a effectivement la question du logement.
02:29Aujourd'hui, on le sait, notamment dans les grandes villes,
02:31un quart des moins de 34 ans renonce à l'accueil d'un enfant ou d'un enfant supplémentaire à
02:36cause du logement,
02:37parce qu'ils n'ont pas de logement décent pour accueillir leur enfant.
02:40Et la baisse, en règle générale, la baisse du pouvoir d'achat immobilier,
02:44ça représente une baisse d'environ 20 à 30 mètres carrés pour les jeunes familles.
02:48Ça représente deux chambres d'enfants.
02:50Donc, forcément, aujourd'hui, quand on a envie de devenir parent ou quand on a envie d'accueillir un enfant
02:54supplémentaire,
02:54si on n'a pas un logement décent pour le faire, malheureusement, on renonce à ça.
02:59Oui. Alors, une large majorité, 78%, estiment que les impôts et les aides publiques actuelles
03:06ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière due aux enfants.
03:09Dit autrement, et ce serait l'occasion dans cette campagne électorale,
03:14est-ce qu'il ne faut pas revoir totalement ce dont on parlait à l'instant,
03:16c'est-à-dire la redistribution de ces 60 milliards, finalement ?
03:20Alors, oui, un enfant, ça coûte cher.
03:21Ça, ce n'est pas nouveau.
03:23On l'a toujours dit.
03:24Donc, c'est bien qu'aussi, tout le monde en prenne conscience.
03:26C'est-à-dire qu'on ne fait pas un enfant si, effectivement, on n'a pas les moyens financiers
03:29sur l'intérieur de s'en occuper.
03:31Sur la question des aides, votre collègue l'a très bien dit,
03:34la France investit énormément dans les politiques familiales,
03:37quelles qu'elles soient.
03:37On parle souvent des allocations familiales, c'est assez nébuleux
03:39parce qu'au fait, ça regroupe quasiment 18 mesures différentes.
03:44Donc, la France investit déjà beaucoup dans la natalité.
03:47Le problème aujourd'hui, c'est qu'effectivement, la redistribution est un peu cassée.
03:51C'est-à-dire qu'il faudrait pouvoir remettre à plat toutes les aides
03:53et refaire une distribution qui soit un peu plus efficace
03:56et qui soit un peu plus correctement distribuée.
04:00Les classes moyennes...
04:01Équitablement, vous voulez dire, ou en tous les cas, plus justement.
04:04C'est-à-dire là où ça doit être efficace.
04:06Exactement.
04:07Les classes moyennes sont les premières touchées.
04:09C'est-à-dire que les classes moyennes, aujourd'hui, sont celles qui ont le moins,
04:12voire le peu d'aide, alors qu'au niveau du coisson familial,
04:15c'est celles qui payent le plus à la cantine,
04:16c'est celles qui payent le plus à la crèche,
04:18qui payent le plus dans les activités extrascolaires.
04:20Ce qui veut dire, Alexandre Ramonnet, spécialiste de la famille et de la natalité,
04:23que si on devait redistribuer, il ne faudrait pas que ce soit égalitaire,
04:26mais qu'on tienne compte à la fois du salaire,
04:31peut-être du quotient imposable,
04:34et de ce dont vous parlez, à savoir ces classes moyennes
04:36qui payent plus proportionnellement que les autres.
04:40Exactement.
04:41C'est-à-dire qu'il faudrait qu'on prenne en compte le salaire.
04:43Le quotient, c'est déjà ce qui est fait.
04:44C'est d'ailleurs la base, aujourd'hui, de la distribution des différentes allocations.
04:47Il faudrait effectivement prendre plus en compte le salaire,
04:49et peut-être un peu plus aussi prendre en compte le territoire.
04:52C'est-à-dire qu'on ne paye pas, un parent ne paye pas la même chose
04:55s'il habite dans une grande ville, et en ruralité, bien sûr.
04:58Et alors, avec des effets très différents,
05:00jusqu'à présent, on avait l'habitude de dire,
05:02on sait qu'à Paris, c'est très cher,
05:04mais maintenant, on a les mêmes tensions,
05:06y compris dans le monde rural.
05:08Il y a des tensions dans le monde rural,
05:10comme il y a des tensions dans les grandes villes, bien évidemment,
05:12mais on peut le dire, ce ne sont pas quand même tout à fait les mêmes tensions,
05:16puisque le revenu de base des ménages n'est pas le même,
05:18et ensuite, les achats divers ne sont pas les mêmes.
05:21C'est-à-dire que parfois, proportionnellement,
05:21la problématique, finalement, parfois est la même.
05:23Oui.
05:24Merci, en tous les cas, Alexandra Monnet,
05:26de nous avoir éclairé dans ce Parlons Cash.
05:29On a bien compris que ces 10 000 euros
05:31que propose Nicolas Dupont-Aignan,
05:33ça peut être un bonus,
05:34mais que ça n'est évidemment pas la seule solution pour la natalité.
05:38C'est-à-dire que c'est un bonus pour la natalité.
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