00:00Le président chinois Xi Jinping est attendu dans une semaine à Washington.
00:03Un sommet avec Donald Trump sur lequel planera l'intelligence artificielle.
00:08Les deux puissances se sont en effet engagées dans une course de vitesse sur le sujet,
00:11sans vraiment poser de garde-fous.
00:14Ça inquiète et vous nous dites, vous ce matin, Étienne Jarnel, qu'on a bien raison de s'inquiéter.
00:18Oui Céline, et d'abord parce que le scénario Frankenstein,
00:22vous savez la créature qui échappe à son maître, n'est plus de la science-fiction.
00:26Ces dernières semaines ont été un tournant.
00:28Il y a cette folle affaire des IA renégates d'OpenAI, l'entreprise qui est derrière ChatGPT.
00:341200 agents, comme on dit, c'est-à-dire en fait des IA,
00:37élevés par OpenAI dans un environnement confiné,
00:41ont développé entre eux des réseaux de communication à l'insu de leurs créateurs,
00:45ont réussi à s'échapper et ont lancé une attaque informatique coordonnée
00:50contre une autre entreprise d'IA, Huggingface.
00:52Ils ont même essayé d'effacer leurs traces après.
00:54Bref, c'est la version numérique de l'association de malfaiteurs
00:58et du grand banditisme.
00:59Il y a aussi ces employés d'entreprise d'IA qui sonnent l'alarme,
01:04mais notamment la semaine dernière, Jacob Coxton, en en a beaucoup parlé,
01:07qui a claqué la porte d'Entropique en disant que les géants de l'IA jouaient avec nos vies.
01:12Et puis, il y a la réaction des géants de l'IA eux-mêmes,
01:15Sam Altman, OpenAI, Dario Amodei, Entropique et Elon Musk,
01:19qui se détestent, mais qui se disent prêts désormais à coopérer pour ralentir la folle course à l'IA.
01:26Bref, c'est du sérieux.
01:28Et c'est possible, Étienne, de s'entendre pour ralentir, même avec la Chine ?
01:31Non, c'est la deuxième raison de s'inquiéter.
01:34D'ailleurs, Donald Trump, lui, ne veut pas ralentir du tout.
01:37Il le dit pour cette raison.
01:38La Chine, la rivalité entre les deux superpuissances,
01:41elle est violente, elle est assumée aussi.
01:43Et il est vrai, l'idée selon laquelle celui qui dominerait l'IA dominerait le monde n'est pas fausse.
01:48Et quand bien même il le voudrait, Washington et Pékin,
01:51vous savez, il est beaucoup, beaucoup plus difficile de contrôler ce que fait l'autre en matière d'IA
01:56que de compter des ogives nucléaires dans le cadre d'un traité de désarmement.
02:01La coopération n'est probablement pas pour demain.
02:03Mais vous savez, pour nous, le plus inquiétant, c'est que ça se passe au-dessus de nos têtes.
02:07Vous voulez dire que l'Europe est dépassée ?
02:09Ah oui, ça, vous avez entendu quelqu'un demander à l'Europe de ralentir dans la course à l'IA
02:14?
02:14Ben pas moi.
02:15C'est la troisième raison de s'inquiéter.
02:17Nous avons des chercheurs de haut vol, quelques entreprises à la pointe, comme Mistral.
02:21Mais globalement, nous sommes des nains.
02:24Un, deux chiffres.
02:25Mistral est aujourd'hui valorisé à 21 milliards d'euros.
02:28C'est bien.
02:29OpenAI vise, avec sa prochaine introduction en bourse, une valorisation de 1200 milliards de dollars.
02:35Ça vous donne une idée que comment se faire entendre dans ce combat de titans.
02:39Ce qui nous ramène à ce proverbe du Togo, qui est ma deuxième patrie, et que je vous le cite.
02:44Le maïs n'a jamais raison devant le tribunal des coques.
02:48Pas mal, pas mal les proverbes togolais.
02:50L'intelligence artificielle qui fait aussi la une du point cette semaine, Étienne,
02:55quand l'IA échappe à ses détracteurs.
02:57Vous revenez sur les inquiétudes que vous venez de nous développer aujourd'hui ?
02:59Oui, et sur les scénarios possibles et les scénarios catastrophes du futur.
03:03J'ai dit quoi ?
03:03Détracteurs.
03:04Détracteurs, voilà.
03:04Un petit lapsus.
03:05C'est créateur.
03:06Merci.
03:06Merci.
03:06Merci.
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