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00:01Mercredi prochain, jour de scrutin, des millions de Marocains se lèveront pour aller voter et d'autres boudront les urnes,
00:07parfois par oubli, d'autres fois par conviction, peut-être même par lassitude.
00:1150% de taux de participation aux élections de 2021. Alors dans cette émission, nous allons nous poser cette question.
00:19Allons-nous faire mieux ?
00:20Et puis, a-t-on vraiment le droit de se plaindre du spectacle quand on a déserté la salle ?
00:24Si ça vous parle, restez avec nous sur Médien TV.
00:43Et à mes côtés, mon fidèle ami Bachir Thiem, rédacteur en chef à Médien TV. Bonjour Bachir.
00:48Bonjour Médie.
00:49Et puis à ma droite, soutien Khalid. Khalid, bonjour.
00:51Bonjour.
00:52Khalid, vous êtes abstentionniste.
00:55Oui, cette année je suis abstentionniste.
00:57Cette année. Et vous êtes aussi à côté professeur.
01:00Oui.
01:00Bon. Donc, Khalid, je vais commencer d'entrée de jeu comme ça, avec une première question.
01:06Si un de vos élèves a peur d'avoir une mauvaise note, on est d'accord que vous lui considérez
01:10toujours d'écrire au moins deux, trois choses ?
01:12Évidemment.
01:13Bon. Alors pourquoi pour ces élections, vous avez décidé de rendre copie blanche ?
01:17Parce que ça ne vaut pas la peine d'écrire quelque chose sur la copie.
01:20Parfois, on n'est pas convaincu par la question ou l'énoncé qu'on a à répondre sur la copie.
01:26Donc, cette fois, je ne suis pas assez convaincu pour mettre quelque chose, pour écrire des lignes.
01:31D'accord.
01:31Je préfère plutôt laisser ma copie blanche que...
01:34Alors, vous pouvez peut-être vous expliquer pourquoi alors ?
01:37Ah oui, bien sûr. Je dois expliquer pourquoi.
01:40Bon.
01:41Genre, les élections précédentes, c'était la première fois quand j'ai voté.
01:46J'étais aussi jeune.
01:48J'étais aussi...
01:50Comment le dire ?
01:52Il y a un terme en anglais que j'utilise.
01:55Gullible.
01:56J'étais aussi gullible, j'étais aussi si vraiment naïf pour croire à certains programmes que je croyais me représentaient
02:06bien, étant un jeune.
02:09Mais j'ai arrivé à un état de maturité politique parce que...
02:14Ah, donc vous appelez ça de la maturité politique ?
02:16Oui, un peu, parce qu'en fait, être abstentionniste, ce n'est pas être mature politiquement.
02:23On est plus mature quand on est plus engagé en politique.
02:29Mais moi, mon abstentionnisme, je le trouve comme forme de maturité, comme forme d'engagement.
02:34Je m'engage simplement en être abstentionniste.
02:39Et qu'est-ce que vous revendiquez ? C'est quoi ? Vous n'êtes pas assez représenté ? C
02:42'est quoi ?
02:42Exactement, je ne me sens pas assez représenté ni par les programmes surréalistes présentés par les partis politiques,
02:51surtout dans ma ville natale.
02:53Qui est ?
02:53Et Meknes.
02:54D'accord.
02:55Et plutôt par les individus qui se bagarrent, qui sont en conflit pour me représenter, pour avoir les six sièges
03:04pour me représenter.
03:05Mais Khalid, permettez-moi, parce que ce n'est pas quand même une affaire personnelle, c'est une affaire de
03:11citoyenneté d'abord.
03:11En vrai, c'est sûr.
03:12Donc, de toute une jeunesse.
03:14Si vous vous abstenez, vous avez quel âge, Khalid ?
03:1625 ans.
03:1725 ans.
03:19Est-ce que vous savez que 75% de cette génération-là, qui a 25 ans aujourd'hui, ne vote
03:23pas ?
03:24Oui.
03:25Ça, j'ai lu les statistiques.
03:27Si vous poussez cette jeunesse à ne pas voter, ça veut dire que vous ne vous engagez pas, vous restez
03:31à critiquer ce qui se fait ou ce qui ne se fait pas, mais vous, vous ne vous engagez pas.
03:35Parce que ne pas voter, ce n'est pas s'engager au fait.
03:36En vrai, en vrai, en vrai, mon choix d'abstentionnisme n'est pas un choix incitatif.
03:44Oui, vous venez pas ici dire, et où les copains ? Votez pas.
03:46Non, non, absolument pas, absolument pas, absolument pas, non, absolument pas. J'incite les gens à voter, en fait.
03:51Mais vous êtes enseignant, donc il faut tenir compte de ça aussi.
03:53Voilà, voilà. En fait, parce que moi, je donne aussi parfois des leçons de citoyen anti, d'histoire géo.
04:02Donc, pour vous, ne pas voter et être citoyen, ce n'est pas antinomique ?
04:05Non, ce n'est pas antinomique ne pas voter et être citoyen.
04:08Alors, mais il y a quand même un truc qui s'appelle le vote blanc.
04:10C'est-à-dire que si vous voulez montrer que vous n'êtes pas content, pourquoi vous n'allez pas
04:13?
04:14Peut-être que vous pouvez aussi nous dire que vous n'avez pas envie de vous rêver mercredi matin.
04:20Parce que les votes blancs ne comptent pas en frais.
04:23Ah, mais si, ça sanctionne.
04:25Si, c'est dépouillé comme dans les bulletins de vote, c'est dépouillé comme le oui ou le non ou
04:29le non.
04:30Oui, c'est dépouillé.
04:32Mon père travaillait déjà dans des bureaux de vote.
04:36Et il m'a dit que si, ça existe des votes blancs, mais par rapport aux copies d'élections qui
04:44sont remplies avec des votes,
04:49ça ne compte pas vraiment.
04:50Genre, ça ne dit pas beaucoup de choses.
04:52Ça ne dit pas qu'on a de manque de confiance.
04:55Ça dit juste qu'on a laissé un copie blanc, en fait.
04:59On n'est pas arrivé à ce niveau de considérer un vote blanc comme un signe de dissatisfaction.
05:05C'est marrant, le parallèle que vous faites, c'était le parallèle que a fait mon rédacteur en chef quand
05:08je vous ai posé la question de la copie blanche.
05:10Il me disait, oui, mais ça pourrait très bien être le vote blanc.
05:12Donc vous, vous séchez carrément les cours, en fait.
05:15Finalement, en n'allant pas voter blanc.
05:16Si on parle de ce scrutin, je préfère...
05:20Alors justement, parlons de ces charges de cours, il y a quand même, les jeunes sont quand même dans la
05:26catégorie qui votent le moins au Maroc.
05:28On parle de 3 sur 4 qui ne vont pas voter.
05:30Vous ne trouvez pas ça quand même dommage de laisser ce silence parler au nom de votre génération ?
05:36En vrai, ça me paraît tragique même que les jeunes soient une minorité.
05:42Et vous en faites partie ?
05:44Je suis déjà inscrit aux listes électorales, déjà.
05:48La plupart de mes amis, ils sont déjà inscrits.
05:51Mais ça nous agace, comme jeunesse, de nous trouver une minorité.
05:58Mais quand on se trouve une minorité, là, il faut se poser la question.
06:04C'est la faute de qui, en fait ?
06:06Est-ce que c'est la faute de la jeunesse ?
06:08En vrai, pour les élections précédentes, pour les élections de 2021 et 2016, c'est la plus tôt.
06:14On pourrait dire, oui, c'est à eux de ne pas vraiment s'intéresser aux politiques, de ne pas se
06:21poser des questions.
06:23Mais pour ces élections, surtout ce scrutin de 2026, je trouve que c'est le cas inverse.
06:31La jeunesse a commencé vraiment à s'intéresser aux politiques.
06:35Tiens, c'est intéressant ce que vous me dites.
06:37Alors, il y a une étude, Afro Barometer, qui date de mars 2026,
06:41qui montre que les jeunes sont les plus critiques envers les partis, donc ils sont politisés.
06:47Mais c'est eux qui bouillent le plus les urnes.
06:50Alors, moi, je vous pose la question.
06:51Est-ce que vous, vous êtes dans le camp de la critique qui agit ou de la critique qui reste
06:54dans le canapé ?
06:55Ah non, je fais partie de la critique engagée.
06:59Je ne reste pas dans le canapé.
07:00Est-ce que l'engagement, ce n'est pas déjà d'aller voter ?
07:03On pourrait vous dire ça.
07:04Oui, en fait...
07:05On pourrait vous dire aussi, certains pourraient très bien vous dire,
07:09qu'il y a eu plusieurs mouvements contestataires dont faisaient partie beaucoup plus de jeunes.
07:14Que des jeunes, d'ailleurs.
07:15Voilà, quasiment que des jeunes.
07:16Alors, on peut être étonné de se dire, là, c'est le moment de voter, c'est le moment de
07:20parler.
07:20Silence.
07:22Ça peut être une question.
07:24Oui.
07:25Si vous voulez, j'ai déjà eu une expérience avec un certain parti politique.
07:29Donc, déjà au début de mes vantaines,
07:32la première décision que j'ai prise au début de mes vantaines est de m'engager activement,
07:37de m'engager au sein d'une institution.
07:41Mais, bon, long story short, ce n'était pas aussi satisfaisant.
07:47Ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu, ce n'était pas aussi satisfaisant.
07:51Je ne me suis pas senti si invité dans le processus.
07:56Mais en tant que jeune, quoi.
07:57Comment ? En tant que jeune, oui.
07:58Mais en même temps, vous savez que la politique,
08:01quand même surtout la politique, à horreur du vide,
08:02on ne peut pas déserter les partis politiques,
08:06se mobiliser sur les réseaux sociaux, dénoncer à longueur de journée,
08:09en disant, oui, ils n'ont pas fait, ils n'ont pas fait pour nous,
08:11ils n'ont pas fait pour moi.
08:12On ne peut pas agir quand on est dehors.
08:14Oui, oui.
08:15Khalid, vous êtes enseignant, vous avez des jeunes que vous accompagnez
08:18pour les faire grandir.
08:19Donc, je pense que vous avez peut-être même ce devoir, vous,
08:23de faire passer le message, quand je crois.
08:25Oui, c'est exactement pourquoi je viens vous parler aujourd'hui.
08:29C'est ce qu'il fait.
08:29Il a le courage de le faire.
08:30Et franchement, merci et bravo d'avoir le courage.
08:33J'ai une dernière question à vous poser.
08:34Si vous deviez, malgré tout ce que vous nous dites,
08:38donner une seule raison à un jeune de votre âge
08:42d'aller voter quand même le jour J, ce serait laquelle ?
08:44D'aller voter le mercredi.
08:45Ce serait quoi la raison ?
08:48La raison pour aller voter le mercredi prochain ?
08:53Remplir une place vide.
08:55Remplir ma place vide, d'ailleurs.
08:59Faites-le parce que je ne vais pas le faire.
09:00Faites-le parce que je ne vais pas le faire.
09:02Mais je ne vais pas le faire par conviction.
09:04Par conviction, par protest.
09:07Je le fais par protest.
09:09Oui, je comprends.
09:11Pendant une année, j'ai essayé de chercher un parti politique
09:14qui me représente, qui représente mes valeurs,
09:17qui va m'assurer un futur stable,
09:20quelque chose au niveau politique ou même au niveau de vécu.
09:24Et je l'ai trouvé à peine.
09:25Je ne pense pas que ce soit la mission d'un parti politique
09:27de vous assurer aussi l'avenir.
09:29Non, je n'en pense pas.
09:30Non, mais concernant la représentation.
09:34Alors, on va essayer quand même, dans quelques instants,
09:37avec le professeur Bellal, qui va être avec nous,
09:39dans quelques instants, on va essayer de trouver des solutions.
09:45Mais vous ne dites pas peut-être que, vous, je vous pose la question,
09:49vous ne dites pas qu'il y a peut-être une solution à trouver ?
09:51Ce serait quoi la solution pour vous ?
09:53Pour nous ?
09:54Oui.
09:55D'ouvrir la porte aux jeunes d'une façon plus honnête,
10:00d'une façon moins...
10:01Donc, en fait, vous voulez faire de la politique ?
10:02Oui.
10:03Ah, ben, dis donc.
10:04On veut faire de la politique.
10:04Ah, ben, voilà un intéressé.
10:06Je suis hyper intéressé aux politiques.
10:08Je lisais des journaux depuis que j'avais 6 ans.
10:13Déjà à l'âge de 7 ans, je connaissais déjà Farco qui...
10:16Vous qui voulez faire de la politique.
10:18Oui.
10:18À quelques jours des législatives, la question de la participation est au cœur des préoccupations.
10:28Alors, pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes,
10:31certains pays ont imaginé des solutions pour le moins surprenantes, Sarah.
10:36Exactement.
10:37On commence cette chronique aux Etats-Unis.
10:39En 2024, des DJs se sont installés dans les bureaux de vote de plusieurs Etats
10:44pour mettre de l'ambiance.
10:45Musique, animation, tout est fait pour attirer les électeurs
10:49et leur donner envie de voter.
10:51Et l'initiative semble porter ses fruits.
10:52À Philadelphie, le taux de participation a augmenté de 3% en 2022.
10:57L'Australie va encore plus loin.
10:59À la sortie des bureaux de vote, il y a des stands proposant aux électeurs des saucisses grillées.
11:05C'est devenu une tradition incontournable, les élections dans le pays,
11:08de quoi rendre le vote un peu moins administratif et beaucoup plus convivial.
11:13Alors, outre les saucisses, Sarah, vous avez évoqué l'Australie.
11:17Exactement.
11:18Cette fois-ci, on est même dans une approche beaucoup plus radicale.
11:21Ça s'appelle le vote obligatoire.
11:23Alors, concrètement, les électeurs qui ne vont pas voter peuvent avoir une amende.
11:29Et la mesure semble efficace.
11:31Le taux de participation est autour des 90% en Australie.
11:35Plusieurs pays européens ont eux aussi fait le choix du vote obligatoire,
11:39notamment la Belgique et le Luxembourg,
11:41avec là encore des taux de participation élevés.
11:45Effectivement, Sarah, Belgique et Luxembourg.
11:47Pardonnez-moi, le Sénégal arrive.
11:48Exactement.
11:49J'ai été un peu trop en avance.
11:50Pardonnez-moi.
11:50Des méthodes parfois, du coup, surprenantes,
11:53mais il existe des solutions un peu plus simples quand même.
11:55Je vous emmène au Sénégal.
11:57La carte d'identité nationale biométrique fait également office de carte d'électeur
12:02et le numéro du bureau de vote est même inscrit au dos de la carte.
12:07Résultat, plus besoin de présenter sa carte d'électeur pour aller voter.
12:12Alors, l'impact direct sur le taux de participation n'est pas démontré,
12:16mais elle permet de faciliter le parcours de l'électeur avec moins de documents à présenter le jour du scrutin.
12:23Merci, Sarah.
12:24Et d'ailleurs, Sarah, on est un Sénégalais autour de la table.
12:26Vous avez votre carte qui traîne ?
12:28On va vérifier les informations de Sarah.
12:30Elles sont fondées.
12:31Oui, tout à fait, Sarah.
12:32Vous avez raison.
12:32J'ai vérifié mes informations.
12:33Voilà, je ne sais pas.
12:34Elle est où la caméra ?
12:35Je la montre.
12:35Voilà ma carte d'identité nationale.
12:37Le chemin, elle est là.
12:39La tête de Tollard sur la photo.
12:40Et mon bureau de vote est là, le chemin.
12:41Je vote au bureau numéro, vous lisez quoi ? 7, non ?
12:45Oui.
12:46Alors, moi, je vais juste regarder l'horrible tête.
12:48Très cher, c'est spectateur.
12:49Heureusement que vous ne voyez pas la tête qu'il y a sur cette carte.
12:51Merci beaucoup, Sarah Amny.
12:53Alors, Khalid, vous avez écouté ces informations.
12:56Ça pourrait peut-être avancer les choses.
12:59Déjà, il y a eu d'avoir une carte directement d'identité.
13:02En vrai, ça allait être plus simple si on votait avec nos cartes d'identité.
13:08Pas être limité à un certain bureau de vote dont on aura besoin d'y voyager.
13:14Genre faire 100 ou 120 kilomètres juste pour aller voter quand on n'y vit plus dans cette ville.
13:22C'est un peu difficile.
13:25On comprend.
13:25On comprend tout à fait.
13:26Tiens, on va se tourner vers notre professeur, l'autre professeur, Youssef Bélal.
13:32Bonjour.
13:36Bonjour.
13:37Alors, merci d'avoir répondu à notre invitation.
13:40Professeur Bélal, un électeur sur deux ne s'est pas déplacé en 2021.
13:45Et rien n'indique que 2026 fera mieux.
13:49Vous, vous êtes directement, vous et d'autres professeurs d'ailleurs, dans d'autres domaines,
13:53directement au contact des jeunes.
13:55Est-ce que vous ne pensez pas avoir collectivement échoué quelque chose ?
14:02D'abord, il faut partir du constat que l'abstention ou le vote blanc sont des formes politiques
14:12qui montrent qu'il y a une défiance ou de confiance de ceux qui votent blancs envers l'offre politique,
14:29envers le marché électoral.
14:31C'est-à-dire que les partis politiques, aujourd'hui, ne sont pas en situation.
14:39C'est leur tâche, d'abord, d'être, de le convaincre.
14:43D'accord.
14:44Alors, vous avez entendu le témoignage de Khalid.
14:47Nous, ce qu'on lui a dit avec Bachir, c'est ce que beaucoup de gens pourraient se demander.
14:53Est-ce qu'il n'y a pas un besoin presque essentiel pour un citoyen d'aller voter ?
14:59Est-ce que ce n'est pas même au-delà d'être un besoin, un devoir ?
15:02Alors, vous, vous avez écouté la réponse de Khalid.
15:04Khalid, qu'est-ce que vous avez à lui répondre ?
15:06Qu'est-ce que vous avez à lui dire, Khalid ?
15:10Ce que je veux dire, c'est que, vous savez,
15:14l'autre point est un mode d'expression politique comme un autre.
15:18C'est un moyen, mais c'est un moyen de connaître ce que pense la société
15:26sur les grandes questions économiques et sociales.
15:29Bon, on a eu, si vous prenez les manifestations de la Gen Z, de la Génération Z,
15:37ou si vous prenez les événements de...
15:39Ce sont des formes d'expression sociale.
15:43Alors, c'est marrant, mais pardon, je vous repose la même question.
15:45Vous parlez d'expression sociale.
15:47Très bien, on a une expression politique avec ces mouvements-là.
15:49Mais de l'autre côté, quand on leur dit à ces jeunes,
15:51c'est le moment, les amis, d'aller prendre vos petits bulletins et d'aller voter,
15:57même si la personne ne vous représente pas à 100%,
16:00on a besoin de vous entendre, c'est le moment où on vous entend.
16:03C'est quand même dommage qu'on ne les entende pas.
16:04On pourrait se dire ça.
16:09Oui, il y a cet aspect, mais je dirais que sur l'échelle des responsabilités,
16:12il y a une hiérarchie de responsabilités.
16:14Et dans cette étude, les responsabilités, ce sont d'abord les gouvernants
16:19et les partis politiques qui ont la première responsabilité.
16:21C'est un phénomène qui est structurel.
16:24Et si vous étudiez, si vous faites une enquête sur les raisons du vote,
16:31vous allez en milieu rural, la raison du vote n'est pas forcément…
16:37Ce n'est pas un vote pour un programme, pour une réforme, pour une orientation.
16:45Si vous prenez une autre partie de l'électorat…
16:48Chacun défend sa paroisse, c'est ça, c'est ce que vous nous dites.
16:51Pour celles qui votent des rédits familiales, des rédits familiales.
16:55Donc, on est très loin d'un vote qui serait politique,
17:00dans le sens où il serait fait uniquement pour des raisons politiques,
17:05en raison d'une attente de réforme.
17:11Youssef Vellal, pardon de vous couper, c'est vrai que le temps court.
17:17Pour ne pas rester uniquement sur les jeunes.
17:19Est-ce que c'est grave quand on a un pays où…
17:22Là, on parle des électeurs, évidemment.
17:24Il ne faut pas qu'on croit que c'est les 50% des Marocains,
17:26c'est 50% des électeurs.
17:27Est-ce que c'est grave quand on a un pays qui a 50% de ses électeurs qui votent
17:32et pas 70 ou 80 ?
17:34Et si c'est grave, pourquoi ?
17:39Le problème n'est pas…
17:40Ça, c'est une question statistique.
17:42La question, elle est beaucoup plus profonde.
17:45Parce qu'il y a un problème qui est lié aussi au scrutin.
17:50Parce que dans le mode de scrutin à la proportionnelle au Maroc,
17:52il y a un manque de lisibilité.
17:54C'est-à-dire qu'il va y avoir, dans tous les cas,
17:56une coalition de trois, quatre, cinq parties.
18:00Et donc, il y a une dilution des responsabilités.
18:03Donc, pour voter et être sûr que…
18:06Vous savez, il y a un principe qui est inscrit dans la constitution.
18:08C'est le lien systématique entre la prise de responsabilité
18:15et le fait d'être de retour des comptes.
18:18Et donc, pour qu'il y ait cela, il faut aussi une cohérence
18:22dans l'exercice de ses responsabilités.
18:24Si vous avez une dilution de ses responsabilités
18:25à travers quatre ou cinq parties dans une même coalition gouvernementale,
18:30vous avez un problème de lisibilité.
18:33Pour mon citoyen, il va dire « mais moi, pour qui j'ai voté ? »
18:36Donc, il faut que les partis se réveillent.
18:37Votre message, c'est « réveillez-vous les partis ».
18:40C'est ça ?
18:41Bien entendu.
18:44Est-ce que cette abstention,
18:47est-ce qu'elle a un impact sur la légitimité du Parlement ?
18:50Là, on ne parle pas de qui est responsable.
18:51On a bien compris que selon vous, c'est la faute des partis politiques.
18:54Mais est-ce que cette abstention,
18:58qui est quand même présente en 2021,
19:01et qui le sera peut-être également en 2026,
19:03aura un impact sur la légitimité du Parlement
19:05qu'on aura à l'issue de ces élections ?
19:09Bien entendu.
19:10Bien entendu, qu'elle aura un impact.
19:12Vous savez, il y a eu,
19:18dans le Parlement actuel,
19:21une procédure par le ministère de l'Ajuste,
19:25par le procureur,
19:27du fait d'une activité
19:34qui tombe sur le coup de l'activité criminelle
19:36de la part d'élus.
19:37Donc, il y a un véritable problème aussi,
19:41au niveau de la composition,
19:42quand il y a une abstention aussi élevée.
19:44Et un des résultats aussi,
19:47c'est le fait que vous êtes élus
19:48qui sont à la limite de la loi
19:52et qui ne sont pas à la hauteur de la tâche.
19:57Vous êtes dur avec nos élus.
20:01Écoutez, c'est des statistiques
20:03qui le disent.
20:05C'est le mystère de l'Ajuste
20:06qui a ouvert des enquêtes sans précédent.
20:09Mais tiens, plutôt que de taper sur tout le monde.
20:11Alors moi, je ne suis pas en train de défendre les élus.
20:12Attention, je ne suis pas avocat.
20:14Je ne suis que journaliste.
20:16Donc, je vous pose cette question.
20:18Qu'est-ce qu'on pourrait leur dire aux élus ?
20:20Comment est-ce qu'on pourrait leur dire
20:21« Tiens, on fait une table, là,
20:23il y a tous les différents partis,
20:24on ne va pas les citer,
20:25mais voilà, tous les partis. »
20:27Et on leur dit « Tiens, voilà,
20:28qu'est-ce qu'on pourrait améliorer ? »
20:29Par exemple, deux idées.
20:30Tenez, comme ça à la volée
20:31pour pouvoir améliorer les choses.
20:36Que les partis politiques
20:39ne soient pas uniquement
20:41des élections saisonnières
20:43au niveau de l'élection.
20:44C'est-à-dire que
20:45ce qui rend
20:47des élections stimulantes,
20:49c'est comme quand vous allez
20:49dans un match,
20:53un match de football,
20:54et que vous savez
20:57que le match est joué d'avance,
21:00vous avez déjà
21:04un gagnant,
21:05vous connaissez déjà
21:05celui qui va gagner
21:06et celui qui va perdre.
21:08Vous savez que votre équipe va perdre,
21:10vous n'avez aucun intérêt
21:11à aller voir ce match,
21:12à vous déplacer au stade
21:14ou à la télévision.
21:15Donc, c'est la même chose.
21:16C'est-à-dire qu'il faut…
21:18Il y a toujours
21:18une part d'imprévu
21:20qui doit être…
21:23qui doit faire partie
21:24des élections.
21:24Et cet imprévu,
21:25il est lié
21:27à la capacité
21:28des partis politiques
21:28à proposer
21:29une alternative réelle.
21:32Donc,
21:32s'il y a des enjeux
21:33de ces enjeux politiques
21:35qui vont faire
21:36qu'on va se mobiliser
21:37comme par exemple
21:37en 2011.
21:38Quelqu'un.
21:38En grande moment…
21:40Il y a une part d'aduction
21:41à un moment électoral
21:42politique constitutionnel
21:45de ce qui se passe
21:45dans la société.
21:47Et donc,
21:47aujourd'hui,
21:48ce qui est inquiétant,
21:50c'est plutôt
21:51le divorce
21:52qu'il y a entre
21:53la société
21:54et les acteurs collègues.
21:55Eh bien,
21:56vous savez quoi,
21:56Yosef Belal ?
21:57Quelques fois,
21:58lorsque les couples divorcent,
21:59ça peut arriver
22:00qu'ils se retrouvent plus tard.
22:01C'est la fin de cette émission.
22:03Merci à vous.
22:04Merci à vous Khalid
22:05d'avoir été avec nous.
22:05Merci à vous.
22:06Professeur Belal,
22:07merci.
22:08Très cher Bachir Thiem,
22:09rédacteur en chef
22:09à Médien TV.
22:10Et puis,
22:11merci à l'équipe technique.
22:12Et on se retrouve
22:12la semaine prochaine
22:14ou pas vu que c'est les élections.
22:15En tout cas,
22:16le 23,
22:16le jour des élections,
22:17les amis très importants
22:19au Médien TV
22:19fera évidemment
22:20une édition spéciale
22:21et sera avec vous.
22:23Et puis,
22:23c'est mon anniversaire
22:24le 23 septembre.
22:25Voilà.
22:26À bientôt !
22:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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