00:00C'est l'édito politique. Patrick Cohen, faut-il prêter attention à la primaire socialiste ?
00:05Oui, et pour une raison simple, nous allons assister au premier exercice démocratique de cette présidentielle.
00:13D'ici à mi-octobre, des débats publics auront lieu entre représentants d'une même sensibilité politique.
00:18Ce sont souvent les plus intéressants et ils seront sanctionnés par un vote de départage en un ou deux tours.
00:24Des citoyens vont trancher, c'est la bonne nouvelle.
00:27La mauvaise, c'est qu'ils ne seront que 50 à 100 000, tout au plus, comparaison cruelle.
00:31La primaire de 2011 avait réuni plus de 2,5 millions de votants, celle de 2017, 2 millions.
00:37Cette fois, les organisateurs en sont à espérer un effet vu à la télé, un sursaut de quelques dizaines de
00:42mille,
00:42après l'émission du 23 septembre sur LCI et le premier débat du 1er octobre sur France Inter et France
00:482,
00:48sachant que le corps électoral ne sera arrêté que le 5 octobre.
00:52Donc c'est une primaire purement militante.
00:53Le format a été tranché en juillet par les adhérents socialistes contre l'avis du premier secrétaire Olivier Faure.
00:59Il n'y aura pas de grande primaire ouverte de la gauche non-mélenchoniste,
01:02mais un scrutin restreint au PS, à place publique de Raphaël Glucksmann,
01:07à la GRS, la gauche républicaine et socialiste d'Emmanuel Morel,
01:10et à tous ceux qui adhèrent pour voter au tarif de 15 euros, 10 au tarif social.
01:15En 2011 et 2017, l'accès au vote était à 1 euro.
01:19L'affiche va donc réunir, outre Glucksmann, Faure et Morel, Ségolène Royal, Jérôme Gage et Philippe Brun.
01:25Alors on va se pencher sur les trois plus connus sans faire offense aux autres.
01:28Prenons Ségolène Royal, a-t-elle une chance de ressurgir ?
01:32Personne ne la voit gagner, beaucoup l'imaginent bordeliser le match.
01:36La seule femme du groupe est aussi la seule à avoir été candidate et finaliste il y a 20 ans.
01:41Cela donne une stature, ajoutez-y un aplomb à toute épreuve, une démangogie sans limite,
01:46une proximité avec Macron en 2017, un soutien à Mélenchon en 2022,
01:50une défense de la chloroquine pendant le Covid, une mise en doute des crimes russes en Ukraine.
01:54Bref, un passif suffisamment lourd pour ne pas laisser ses rivaux démunis.
01:58Alors le plus scruté, ce sera Raphaël Glucksmann.
02:01Parce qu'ayant le plus à perdre, il est le grand favori.
02:04Arithmétiquement, sa position est forte, il est soutenu par plus de la moitié du PS.
02:08Mais politiquement, les pièges sont nombreux puisque l'autre moitié, emmenée par Olivier Faure,
02:13voudrait le voir chuter, d'où la logistique et les parrainages offerts à Ségolène Royal.
02:17Une victoire éclatante peut-être dès le premier tour installerait Glucksmann pour de bon
02:22comme l'alternative de gauche à Jean-Luc Mélenchon et tiendrait François Hollande à distance.
02:26Un score étriqué ferait de lui un candidat sans élan.
02:29Et Olivier Faure enfin, qu'a-t-il à espérer ?
02:32Se maintenir à la tête du parti malgré sa mise en minorité, sauver son siège de député
02:36et anticiper un nouvel accord législatif, ce qui suppose de ne pas fermer la porte à LFI
02:42et le distingue radicalement de Glucksmann.
02:45Tout cela nous laisse deux certitudes.
02:47Les débats télévisés seront décisifs.
02:49Le résultat changera la physionomie de la présidentielle.
02:52On y zètera plus qu'un oeil.
02:53Merci Patrick Cohen, à demain.