00:0116h, 18h, Pascal Proébou sur Europe 1.
00:04Vous le connaissez parce qu'il vient régulièrement nous voir et quand il vient, alors j'adore, nous adorons l
00:09'écouter parler d'histoire parce qu'il est précisément historien, c'est David Chanteran.
00:14Bonjour !
00:15Bonjour Pascal !
00:16Vous avez passé un bel été ?
00:17Très bel été !
00:17C'est quoi l'été d'un historien ? Vous allez dans des musées ?
00:20Alors des musées, visiter aussi des choses très modestes ou des pays étrangers, essayer de s'enrichir aussi de ce
00:27qui est exposé dans les autres lieux,
00:28et puis aussi de revoir un peu de notre patrimoine, que ce soit des patrimoines récents ou plus anciens.
00:33J'ai commencé l'émission tout à l'heure en lisant la lettre d'Henri Fertet, 16 ans, qui est
00:40absolument bouleversante.
00:42Et je disais, je ne sais pas si un adolescent de 16 ans aujourd'hui écrirait...
00:46Ça fait penser à la lettre de Guy Mocquet.
00:48Exactement.
00:50Et je trouve que c'est une bonne idée du président de la République d'avoir donné le nom de
00:53cette promotion de service militaire à ce jeune homme.
00:57Et la résistance est très présente, cette période est très présente.
01:01Il y a encore un film qui va sortir prochainement, il y a beaucoup de films, Les rayons et les
01:05ombres.
01:06Les rayons et les ombres, bien sûr.
01:07La bataille de Gaulle est un succès.
01:09La bataille de Gaulle en deux épisodes.
01:11Exactement, Jean Moulin va sortir, c'est très intéressant cette période où on revisite...
01:16Quoi on revisite ? On regarde, on regarde une période douloureuse pour la France,
01:22qu'il faut voir avec beaucoup de nuances, me semble-t-il.
01:24Bien sûr, mais c'est ça qui a un intérêt aussi. C'est avec la nuance qu'on peut justement
01:27extraire le sel et l'intérêt de tout cela.
01:31Parce que justement, on est tellement dans la dichotomie, toujours dans l'opposition,
01:34qu'au contraire, avec un peu de nuance, on a un regard beaucoup plus juste de ce qu'a été
01:38la réalité.
01:39Il est 17h37, vous êtes sur Europe 1, merci de nous écouter.
01:42David Chantran est avec nous, il est historien spécialiste de l'époque napoléonienne.
01:46Et figurez-vous qu'après Jordan Bardella, Eric Ciotti relance le débat sur le retour en France des cendres de
01:51Napoléon III,
01:52dans une tribune publiée par Le Figaro, avec le député UDR Maxime Michelet,
01:57le maire de Nice, défunt un rapatriement au nom de la mémoire nationale.
02:00Il y a beaucoup de gens qui sont en train de nous écouter, on a parlé des gueux, des difficultés
02:04de pouvoir d'achat,
02:05de la difficulté de la France, etc.
02:07Est-ce que ce type d'initiative, à votre avis, est encore compris ?
02:14Peu, c'est vrai, parce que justement, notre connaissance historique, elle est tellement limitée,
02:19on le redit régulièrement, qu'on a tendance à comprendre tout cela de manière très éloignée
02:24de ce qui est nos intérêts, nos capacités, de manière générale.
02:29En revanche, il y a un caractère symbolique dans tout cela.
02:31Et ce caractère symbolique, il a été trouvé dans les rapatriements des deux autres Napoléons,
02:35parce qu'on parle toujours de Napoléon III aujourd'hui, depuis quelques jours,
02:38avec cette polémique, ou au moins ses intérêts convergents ou divergents.
02:42Il faut se rappeler que Napoléon Ier était mort également à l'étranger,
02:46puisque sur l'île de Sainte-Hélène, le 5 mai 1821,
02:49et que le retour des cendres avait donné lieu, le 15 décembre 1840,
02:52à une grande cérémonie à Paris, avant qu'il soit inhumé, on le sait.
02:56C'est raconté par Victor Hugo, je crois que le cercueil arrive au Havre,
03:02et après il est sur la Seine.
03:06Il arrive à Cherbourg, il descend ensuite en direction du Havre et de Rouen,
03:10il passe ensuite à Val-de-la-Haye, où il y a un transbordement
03:14pour un navire qui était un peu à fond plat, qui s'appelle la Dorade,
03:17après la Normandie.
03:18Au départ, c'était à la Belle Poule, qu'il avait conduit et dirigé par le fils de Louis-Philippe,
03:22le prince de Joinville.
03:23Et ensuite, tout ce petit monde va remonter sous les acclamations d'une foule
03:28à la fois, bien sûr, recueillie dans un premier temps, mais aussi très émue.
03:32Donc il y avait des acclamations qui ont accompagné ce transbordement.
03:36Et ils arrivent à Courbevoie.
03:38Et ensuite, après Courbevoie, c'est la remontée en direction des Avalides.
03:42Alors ça, c'est Napoléon Ier, Napoléon II, c'est l'Aiglon, c'est le duc de Reichstag,
03:48et c'est dans la Réunion et les Ones d'ailleurs, une séquence que beaucoup de gens ont oubliée.
03:52C'est un siècle, jour pour jour, après celui de son père.
03:54C'est le rapatriement, effectivement, alors uniquement du cœur de Napoléon II, de l'Aiglon,
04:00parce que le corps est resté dans la crypte des Capucins à Vienne,
04:04là où il était au départ inhumé auprès de sa mère, Marie-Louise,
04:07puisqu'il est mort également lui-même en exil, si l'on peut dire,
04:10puisqu'il était à Schönbrunn, alors exil doré, mais exil tout de même.
04:13Il avait quel âge ?
04:14Il avait 21 ans.
04:15Il est mort de tuberculose ?
04:17Oui, tuberculose, voilà, et il meurt sans avoir de descendant.
04:21Donc c'est son cousin, Napoléon III, qui prétend ensuite à la couronne,
04:26qui fait deux tentatives de coup d'État,
04:27et qui devient ensuite notre premier président de la République élu,
04:30on s'en souvient un peu, mais...
04:31En 1848.
04:32En 1848, le 10 décembre.
04:33C'est une question triviale poursuite.
04:35Oui, triviale poursuite toujours.
04:35Quel est le premier président de la République élu en France ?
04:39C'est Louis-Napoléon Bonaparte.
04:40Il a longtemps été d'ailleurs le plus jeune de nos présidents, avant Emmanuel Macron.
04:43Pourquoi il est en exil, et pourquoi meurt-il en exil ?
04:46Et c'est ce qui explique d'ailleurs que ses cendres sont enterrées aujourd'hui...
04:52À Farnborough.
04:53À Farnborough, qui est donc la chapelle Saint-Michel,
04:55que j'ai d'ailleurs visitée pour le 150e anniversaire de son décès.
04:58Il est mort le 9 janvier 1873.
05:01Pourquoi ? Parce qu'il est battu à Sedan.
05:04Il se constitue prisonnier vis-à-vis des Prussiens,
05:07et en particulier de Guillaume et de Bismarck,
05:09et prisonnier pendant quelques mois, il reste en Allemagne,
05:12tandis qu'en France, le régime du Second Empire tombe,
05:15et que la régent s'était occupée,
05:19était présentée au départ par l'impératrice Eugénie, son épouse.
05:23C'est donc notre dernière femme ayant gouverné la France.
05:27Alors je dis toujours moi que c'est Anne d'Autriche,
05:30quand je dis la dernière femme qui a gouverné la France,
05:33la dernière reine, c'est Anne d'Autriche.
05:35C'est Anne d'Autriche, mais la dernière impératrice, c'est Eugénie.
05:37On marque une pause, il a souvent une mauvaise réputation, Napoléon III,
05:40il a réhabilité depuis de nombreuses années quand même.
05:44Depuis Philippe Séguin.
05:45Voilà, mais il y a le célèbre mot de Victor Hugo.
05:48S'opposer à Victor Hugo, c'était s'opposer à Napoléon le Petit.
05:51Donc il l'avait baptisé Napoléon le Petit.
05:56Donc Hugo pèse beaucoup, évidemment, dans la mémoire.
05:59colleagueueux...
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