Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 minutes
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud reçoit Thierry Saussez pour parler de la campagne présidentielle.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00qui est un homme de communication.
00:02Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à un homme de droite, pas de gauche d'ailleurs,
00:05un homme de droite, à Bruno Retailleau, par exemple, si vous devez le conseiller,
00:07vous lui dites tape sur le RN ou au contraire ne tape pas sur le RN
00:12et essaye d'avoir les électeurs du centre ?
00:16D'abord je lui dirais tape pas sur tes concurrents de la droite et du centre.
00:20Ce qu'ils sont quand même plutôt en train de faire.
00:22C'est-à-dire la vérité c'est qu'ils se prennent des points entre eux
00:24mais ils ne les prennent ni à Marine Le Pen ni de l'autre côté de l'échiquier politique.
00:31Et donc ils sont coincés, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle aujourd'hui
00:34les choses n'avancent pas et que personne ne plie le match.
00:37Non, ce que je suggérais c'est de se distinguer par les projets.
00:41Oui, d'ailleurs Retailleau qui est le sérieux de la bande,
00:45qui essaie de le faire, mais qui est totalement coincé entre un électorat RN
00:50qui est très fidèle et puis la droite et le centre qui se partagent
00:53entre les deux autres a du mal.
00:56Édouard Philippe joue un peu mieux.
00:58Qu'est-ce que vous avez pensé ?
00:58Cette carte-là quand il dit maintenant le RN c'est en même temps.
01:01C'est-à-dire en gros entre Bardella et Marine Le Pen
01:05on ne sait plus très bien si on libéralise ou pas.
01:07Qu'est-ce que vous avez pensé de la sortie d'Édouard Philippe
01:09qui explique qu'il ne veut pas gouverner la France
01:10quand il est élu, il veut se reposer pendant trois mois ?
01:13Je trouve ça génial sur le fond, mais très catastrophique
01:16sur la forme de le dire.
01:18Maintenant c'est intéressant de dire
01:19pourquoi voulez-vous faire un gouvernement du jour ?
01:22Et pourquoi il dit ça ?
01:23Il dit ça parce qu'il a envie d'être singulier.
01:26Ils sont tous en train de chercher.
01:28Vous ne pensez pas qu'il dit ça parce que ça traduit
01:31sa personnalité au fond, qu'il n'a pas vraiment envie ?
01:34Le syndrome Juppé.
01:35Il n'a pas vraiment envie d'y aller.
01:36Le syndrome Juppé.
01:37Juppé, il n'avait pas envie ?
01:38Non, cette idée, on ne donne pas tout.
01:40On ne va pas jusqu'au bout.
01:43Nicolas Sarkozy disait toujours
01:45c'est celui qui en a le plus envie qui va gagner.
01:47D'ailleurs Macron a repris la formule.
01:50Et donc lui, il garde cette espèce de distance.
01:52Il en sort un peu.
01:54Je vous dis, quand il fait un meeting,
01:55il appelle ça accélérer vivement.
01:56Enfin, dans la campagne électorale,
01:58organiser un meeting, c'est quand même la moindre des choses.
02:01Et alors, comme il domine la situation,
02:04vous vous dites, aujourd'hui, sur le plan électoral,
02:07parce que Gabriel Attal est coincé,
02:10lui c'est le vrai bébé Macron,
02:12et il n'arrive pas à se sortir de cette étiquette-là.
02:15Mais par exemple, vous trouvez que c'est bien ce qu'il a fait ?
02:17Les bistrots, moi j'ai trouvé ça pas mal,
02:19l'initiative de Gabriel Attal.
02:20Écoutez, oui, mais ça n'imprime pas.
02:22Pourquoi vous dites que ça n'imprime pas ?
02:23Parce que vous n'avez pas d'air sur le plan électoral.
02:26Le problème de Gabriel Attal,
02:28c'est qu'il n'a pas de capacité de se développer.
02:30Philippe les a en prenant du LR et du Renaissance.
02:35Mais Gabriel Attal est coincé dans son image de bébé Macron,
02:39et je ne sais plus qui a dit,
02:40d'ailleurs je le cite dans le bouquin,
02:41vous connaissez ça par cœur,
02:42quand Marine Le Pen est revenue, on a dit deux morts.
02:46On a dit évidemment Bardella.
02:48C'est pas comme disait Jean-Marie Le Pen,
02:50le destin des dauphins c'est parfois de s'échouer.
02:54Et puis Attal, qui rêvait d'un combat de génération,
02:58et qui n'a pas.
03:00Et donc Édouard Philippe, lui,
03:01il gère tranquillement son avance.
03:03Est-ce qu'il peut y arriver ?
03:05Ou est-ce que ça va se terminer par la guerre ?
03:07Parce qu'Attal va chercher à aller le plus loin possible.
03:10Je n'exclus même pas que Retailleau reste candidat de toute façon.
03:13C'est ce qu'il dit Bruno Retailleau.
03:15Vous n'excluvez pas.
03:16Franchement Bruno Retailleau,
03:17je ne vois pas comment il peut se rallier avec Édouard Philippe.
03:19Un président de parti,
03:21normalement ça ne fait pas perdre son camp.
03:23Il y a quand même une attente de l'électorat de la droite et du centre,
03:27qui est d'aller vers le vote utile,
03:28pour éviter le deuxième tour,
03:30Le Pen-Mélenchon.
03:33Lui dit clairement depuis le début de la campagne
03:34que son camp précisément n'est pas celui d'Édouard Philippe.
03:37Évidemment, il ne va pas dire
03:38« je suis prêt à me retirer ».
03:40Attendez, il est en train d'essayer de créer une dynamique.
03:43En politique, me dit Catherine Nes,
03:44ce qui prime, c'est l'énergie plus que l'intelligence.
03:48Peut-être qu'Édouard Philippe ne se sent pas armé
03:50pour mener une campagne exténuante.
03:51C'est celui qui a le plus d'énergie.
03:53Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
03:55Oui, c'est la question de libérer de l'énergie, du leadership.
03:58Il y a la question de l'incarnation,
04:00il y a la question de la légitimité.
04:01Moi, j'explique ça dans mon livre.
04:04Et donc, il y a un certain nombre de critères
04:05auxquels il faut répondre.
04:07Mais le Cornu, vous trouvez qu'il a une incarnation, le Cornu ?
04:11Parce qu'il est pas...
04:13Il fait vraiment un moine-soldat, comme vous l'avez dit.
04:16Alors, vous dites, l'étonnant, M. Le Cornu,
04:17n'est évidemment pas candidat.
04:18Le moine-soldat est voué à sa mission sacrificielle,
04:21durée et endurée comme un Premier ministre sans majorité.
04:23Là où ses deux prédécesseurs ont jeté l'éponge en quelques mois,
04:26aujourd'hui, ceux qui considèrent que les candidats de socle commun
04:28vont droit à la catastrophe,
04:30chuchotent son nom dans la course
04:31avec les encouragements possibles d'Emmanuel Macron
04:33sans que l'on sache bien ce que cela coûte et rapporte.
04:36Mais quel est le scénario dans lequel Le Cornu...
04:39Alors, ça voudrait dire qu'Édouard Philippe renonce.
04:41Alors, il y a une révélation, d'abord.
04:43Il y a une révélation, c'est qu'il a créé un style.
04:45Il a créé un style ?
04:46Mais oui, il a créé un style.
04:49Le type qui bosse, qui connaît ses dossiers par cœur,
04:52qui gère les crises, qui tient la boutique...
04:54C'est vraiment de la com' que vous faites, là.
04:57Je demandais aux Français ce qu'ils pensent de Sébastien Le Cornu.
05:00Je pense qu'il peut tranquillement descendre les champs d'idées.
05:02Je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:05Non, mais je vous assure, je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:07Je vais vous dire une chose qui va vous stupéfier.
05:09Il y a eu un sondage l'année dernière dont personne n'a parlé.
05:12Et majoritairement, les Français, majoritairement, décrivent Sébastien Le Cornu comme humble, clair et sincère.
05:21Majoritairement.
05:22Un portrait, attendez, à faire rêver tout présidentiable.
05:25Et donc, ce style-là, il a installé le type, encore une fois, qui gère la boutique,
05:30qui gère les crises pendant que les autres papillotent.
05:32Or, ça n'imprime pas.
05:33Vous avez 29% des Français qui trouvent que les candidats, aujourd'hui, leur donnent de l'espoir.
05:39Maintenant, on ne classe même plus les candidats pour leur bonne opinion auprès des Français.
05:44Vous avez vu dans le Parisien, on les classe pour ceux qui inquiètent le moins.
Commentaires

Recommandations