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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur le nouvel effort demandé aux retraités.

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Transcription
00:00Bon, on va en parler, bien sûr.
00:04Entendons-nous bien...
00:04J'espère que vous allez me laisser parler.
00:06Mais évidemment, entendons-nous bien ce que je trouve formidable
00:09et tellement révélateur de notre époque.
00:11C'est pas tant qu'on demande, pourquoi pas, un effort aux retraités.
00:14C'est qu'ils sont devenus, ces pauvres retraités,
00:17le bouc émissaire, c'est les seuls, les seuls.
00:20C'est-à-dire que si M. Lescure arrivait et disait
00:23« Je demande à tous les étrangers sur le sol de France
00:26qui touchent des prestations sociales,
00:28je leur demande aussi un effort, je ne dirai pas la même chose.
00:32Je dis simplement que les seuls consibles, ce sont les retraités.
00:35Je trouve ça inadmissible. Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:38Il est tellement révélateur de ce monde politique,
00:41de communication, de faux-semblants, de médiocrité
00:44et, disons-le, de nullité.
00:47De nullité, parce que le bilan, quand même, il est apocalyptique.
00:50Après neuf ans de Macron, il est apocalyptique.
00:53Et c'est les retraités qu'on va aujourd'hui demander de faire payer.
00:56Je vous ferai écouter, d'ailleurs, ce que disait Macron,
00:58M. Macron, président de la République, en 2018.
01:00Mais avant ça, écoutons quelques retraités, précisément,
01:05qui ont été interrogés sur ce sujet.
01:08Je m'en sors, même seule.
01:10Mais c'est la façon brutale,
01:12pour une petite somme de retraite, de reversion,
01:15de massacrer comme ça.
01:17Dès qu'on a quelque chose, ils vous massacrent.
01:19Je puis sur mes réserves.
01:21Quand je n'ai pas de cours, c'est trop juste.
01:24Bon, je ne pense pas qu'on taxe des petites retraites et des petits revenus,
01:29sachant que je ne suis même pas imposable.
01:31Ce qui me choque, c'est qu'il me demande de faire un effort à nous.
01:36Non, mais attendez, il plaisante, monsieur, là.
01:39Il plaisante.
01:40C'est une menace sur notre vie au quotidien.
01:45Eh bien, quand on paye les assurances,
01:48le gaz, n'est-ce pas, n'en parlons pas,
01:50l'électricité,
01:53eh bien, franchement, il y a des mois
01:55où il ne reste vraiment pas grand-chose.
01:57Le gaz qui a multiplié par je ne sais combien
01:59depuis la guerre,
02:00mais comme, effectivement,
02:01on est entré en conflit avec la Russie,
02:04les prix de gaz ont aussi augmenté.
02:06Donc, tout ça se tient, bien sûr.
02:08Écoutez ce que disait Emmanuel Macron en 2018
02:11sur la CSG qu'il avait déjà augmenté pour les retraités
02:13et il demandait un effort, c'est il y a 8 ans, déjà.
02:16Écoutez ce qu'il disait.
02:18Bon, après, c'est vrai qu'au-dessus de 1 000 euros,
02:21on a augmenté la CSG d'1,7%.
02:23Je l'avais dit.
02:24Mais là, ce qu'on est là, vous nous avez vraiment pompés.
02:27Non, non, non, non, c'est pas vrai.
02:28Mais je vais vous expliquer.
02:29Les retraités, dites-nous que...
02:30Oui, mais je vais vous expliquer.
02:31On a travaillé toute notre vie.
02:33Je vous demande un petit effort
02:34pour m'aider à relancer
02:36l'économie et les actifs.
02:38Je vous demande un petit effort
02:39pour relancer l'économie.
02:408 ans plus tard, c'est un drame.
02:42C'est toujours pareil.
02:43Donc, c'est pour ça qu'on ne le croit pas.
02:44Je vous demande un petit effort.
02:45Et puis, je vais vous expliquer toujours la même chose.
02:47Vous êtes trop bête.
02:48Comprenez rien.
02:49Moi, Macron, je sais.
02:51Moi, Macron, je sais.
02:53Je vais vous expliquer.
02:54Il ne sait rien du tout à l'arrivée.
02:56Bruno Le Maire, écoutez ce qu'il disait en 2024.
02:59J'ai parfaitement conscience
03:00que c'est des efforts
03:01qui se sont demandés à nos compatriotes.
03:02Et moi, j'ai la conviction, contrairement à beaucoup de responsables politiques,
03:06que les retraités sont parfaitement capables d'entendre
03:09qu'eux aussi devront faire un effort
03:12pour que les jeunes qui travaillent
03:13n'aient pas à supporter un poids de la dette trop élevé.
03:15Je crois à la solidarité française
03:17et je crois à l'esprit de responsabilité des Français.
03:21Ces gens sont insupportables.
03:22Je ne peux pas vous dire autre chose.
03:23C'est insupportable
03:25d'entendre en 2018 un président de la République
03:28s'exprimer avec autant d'arrogance,
03:30avec un bilan aussi nul.
03:32Aussi nul.
03:33Je vous laisse la parole.
03:34Moi, ce que je vois,
03:36c'est que ça fait déjà plus de 10 ans
03:37qu'on dit que les retraités
03:39doivent participer à l'effort
03:41de redressement budgétaire du pays
03:42et qu'en réalité, il ne se passe rien.
03:44Parce que dès que vous voulez toucher hors retraite,
03:46vous avez un mur politique qui s'oppose à vous
03:49et vous ne pouvez rien faire.
03:50Il y a quand même deux premiers ministres
03:51qui sont tombés sur le sujet en deux ans.
03:53Michel Barnier, François Bayrou.
03:55Donc c'est irréformable politiquement les retraites.
03:57Moi, ce que je voudrais dire ce matin,
03:58en fait, c'est simple.
03:59Vous dites, vous vous en prenez aux retraités.
04:01Je n'ai rien contre les retraités.
04:02Ma maman est retraitée.
04:03Je connais plein de retraités
04:05et c'est vrai qu'ils ont travaillé toute leur vie.
04:07C'est vrai que certains d'entre eux,
04:08il y a un problème d'appauvrissement aussi
04:10de certains retraités,
04:11les petites pensions ont la vie dure
04:13et évidemment que c'est inentendable
04:15de leur point de vue
04:16alors que le pouvoir d'achat se réduit.
04:18Ça, je suis complètement d'accord avec vous.
04:20Je suis aussi d'accord quand vous dites, Pascal,
04:23il y a d'autres réformes qu'il faut mettre en route
04:25si vous voulez rendre acceptable un effort.
04:27On ne peut pas demander aux uns
04:29de faire un effort pour tous
04:31si l'État lui-même n'est pas exemplaire.
04:34Et c'est un vrai sujet.
04:36Je ne sais pas si vous avez lu la tribune
04:37d'Agnès Verdier-Molinier
04:38ce week-end dans le JDD
04:39qui disait
04:40« Mais regardez ce que font d'autres.
04:41L'Argentine, par exemple,
04:42où les hauts fonctionnaires,
04:45les ministres
04:46sont comptables
04:47sur leur rémunération
04:49de l'efficacité des politiques publiques
04:51qui sont mises en œuvre.
04:52Si vous n'avez pas de résultats,
04:54vous n'êtes pas payés. »
04:55Bon, voilà.
04:55Moi, je pense que c'est des choses,
04:56c'est de l'exemplarité.
04:57Ils ne vont pas gagner grand-chose.
04:58Mais c'est de l'exemplarité en action.
05:00Et si vous n'êtes pas intéressé...
05:01Bon, moi, je ne vais pas sur cette démagogie.
05:03Je vais sur des dépenses publiques
05:06qu'il faut diminuer.
05:07J'entends bien.
05:08Alors, justement...
05:08Il y a plein d'exemples.
05:09Je vous ai parlé de la rupture conventionnelle
05:11l'autre jour.
05:11Ça coûte 10 milliards.
05:13Ça n'a pas de sens,
05:13la rupture conventionnelle.
05:14Il faut la remettre en cause.
05:1610 milliards.
05:16Mais il y a plein.
05:17Il y a énormément.
05:18Je vous parle de l'immigration.
05:19Les étudiants qui arrivent sur le sol de France
05:21qui vont toucher de l'argent,
05:23une prestation sociale.
05:24Est-ce que vous trouvez ça normal ?
05:25Mais absolument pas.
05:26Bon, eh bien, avant d'attaquer les retraités,
05:30je demande que tout ça soit mis en place.
05:33Oui, mais pourquoi il faut parler des retraites, Pascal ?
05:35Mais des retraites, ce n'est pas...
05:36Pardonnez-moi, il y a deux choses.
05:38C'est ça.
05:38Parler des retraites, je suis d'accord avec vous.
05:40Touchez à la...
05:41Voilà, vous me parlez de parler des retraites.
05:42Je suis d'accord avec tout.
05:43Il faut que tout le monde bosse plus.
05:45Ça, il n'y a pas de souci.
05:46Moi, je parle de ce que coûtent aujourd'hui les pensions d'entraînement.
05:49Mais alors, vous voulez quoi ?
05:50C'est quoi votre solution ?
05:52Je donne deux chiffres.
05:54Pour que les gens qui nous écoutent,
05:55et notamment les retraités qui nous écoutent,
05:57j'ai eu ce débat, moi, très dur, avec ma propre mère,
05:59qui me dit, mais comment tu peux dire ça ?
06:01Non, mais que vous régliez des comptes avec votre mère,
06:03ça c'est...
06:04Je veux dire, à travers les retraites...
06:06Elle parlait, elle disait ce que disent tous les retraités
06:09quand on dit, il faut que vous contribuez.
06:10Elle a combien de retraites, votre mère ?
06:12Elle est retraitée de l'Education Nationale.
06:14Donc, elle a 2 000 euros.
06:15Elle est partie en retraite très jeune.
06:17Elle a 2 500 euros de retraite ?
06:18Quelque chose comme ça.
06:19Et vous voulez attaquer la retraite de votre mère à 2 500 euros ?
06:22Vous êtes un fils indigne.
06:23Elle a eu un taux de remplacement de son salaire,
06:26qui était de l'ordre de 80 %, ce qui est énorme.
06:29Je veux dire, nous, quand on partit en retraite,
06:30je pense à Charlotte, je pense à moi,
06:31les gens de la génération trentenaire quadra,
06:33si on a 50 %, on sera content.
06:35Ce que je veux dire par là,
06:36aujourd'hui, les retraites, c'est 380-400 milliards par an.
06:41Les cotisations, on est dans un système,
06:43soi-disant, qui fonctionne sur les cotisations.
06:46Mais nous sommes d'accord.
06:46Mais qu'est-ce que vous voulez faire concrètement ?
06:47Pascal, est-ce que vous savez combien l'État met au pot
06:49pour que chacun des retraités touche sa retraite ?
06:52Il met 100 milliards d'euros.
06:54100 milliards d'euros.
06:54Mais parce que, partenez-moi,
06:56à chaque fois qu'on touche au système,
06:59on touche aux retraites du privé,
07:00qui marche bien, on ne touche pas aux retraites du public.
07:03Pardonnez-moi.
07:03Évidemment qu'il faut le réformer, le système.
07:05On est tous d'accord.
07:06Mais il faut commencer par le public.
07:08Parce que le retraité, que je sache,
07:10le système est non seulement à l'équilibre,
07:11mais il est excédentaire.
07:12C'est pourquoi ils voulaient d'ailleurs te piquer de l'argent de l'Agir Carco.
07:15J'entends bien.
07:16Parce qu'ils sont prêts à tout.
07:16Comment sait-il que cette question, on n'en parle plus du tout,
07:19alors que dans les années 90-2000,
07:21c'était le point sur lequel une partie de la droite
07:23et Joseph Masses-Caron intervenaient en permanence ?
07:25Pourquoi est-ce qu'on n'en parle plus ?
07:27Est-ce que cette problématique a disparu ?
07:31Le système Agir Carco,
07:32c'est un système duquel le politique est tenu à l'écart.
07:35Et tant mieux, et ça marche.
07:36Et moi, je suis pour qu'on retire des mains du politique
07:39la gestion des retraites.
07:40Mais qu'est-ce que vous voulez faire concrètement ?
07:42Parce qu'il y a des gens qui nous écoutent
07:43qui ont plus de 65 ans.
07:45Qu'est-ce que vous voulez faire concrètement ?
07:47Vous voulez diminuer les pensions ?
07:49Alors, je pense que ça n'est pas souhaitable,
07:51mais je pense que ça peut arriver.
07:52Ça peut arriver concrètement.
07:53Mais attendez, Pascal...
07:54Donc Gérard Carreau, vous voulez lui...
07:56Vous dites, Pascal...
07:57Vous voulez diminuer sa pension à Gérard,
07:59qui a travaillé toute sa vie.
08:00Vous lui dites qu'il a eu déjà 50% de mes derniers salaires,
08:04comme les gens du privé, par exemple.
08:06Alors que la fonction publique,
08:07c'est de l'ordre de 80%.
08:09Vous l'avez dit vous-même, le taux de remplacement.
08:11Donc déjà, il y a une inégalité extraordinaire
08:14entre la fonction publique et le privé.
08:16Et vous voulez maintenant, en plus, faire payer...
08:19Moi, je ne suis pas le gouvernement, d'abord.
08:22Moi, je veux bien payer.
08:22Moi, je veux bien payer.
08:23Et on le regrette.
08:24Je peux payer, parce que je considère que j'ai eu une retraite convenable,
08:27très convenable.
08:28Je peux payer.
08:29Mais je suis d'accord pour payer seulement
08:31si les millions de gens qui veulent vivre sur la bête,
08:36j'appelle vivre sur la bête,
08:37tous ceux qui prennent à la France,
08:40qui touchent de la France,
08:41sans aucune contribution de leur part.
08:45Pascal a cité les étudiants.
08:47On peut citer beaucoup d'autres catégories.
08:49Donc je dis, moi, je ne suis pas d'accord.
08:51Je ne suis pas d'accord pour qu'on me prenne 50 ou 100 euros
08:55sur ma retraite,
08:56parce que ces gens ne toucheront...
08:58On ne touchera pas leur retraite.
09:00Donc la solidarité, elle ne peut pas être assentée.
09:02Gérard, je suis d'accord avec vous.
09:04Je pense que si le gouvernement voulait réellement
09:06rendre acceptable une réforme des retraites,
09:09je ne dis même pas une réforme,
09:10je dis un effort,
09:13il l'aurait présenté,
09:15comme vous le proposez,
09:16de manière un peu symétrique,
09:17en disant l'État va faire des efforts,
09:19il y a des abus...
09:20Oui, mais pardonnez-moi,
09:21il n'y a pas que ça.
09:22Ce que je pointe,
09:23la lâcheté du politique,
09:26c'est-à-dire qu'ils attaquent les retraités,
09:29mais ils n'attaquent pas le système.
09:32Monsieur Lecornu, ce qu'il doit faire,
09:33ce n'est pas attaquer les retraités,
09:35c'est attaquer le système des retraites.
09:37Mais Pascal...
09:38C'est donc la réforme structurelle.
09:40C'était la seule réforme qui a été retirée.
09:42Mais elle est là, la lâcheté.
09:44C'est ça qui nous met en colère.
09:45Pourquoi, d'après vous, Pascal,
09:48Sébastien Lecornu,
09:48jette-t-il le retraité dans l'arène du débat public ?
09:51Parce que c'est facile,
09:52parce qu'il dérapa pas dans la rue, mais si...
09:53Moi, je pense pas.
09:54Moi, je pense que...
09:55Vous savez...
09:56Mais qu'il parle aux étrangers,
09:58vous allez voir,
09:58parce qu'il va se faire traiter de raciste,
10:01immédiatement,
10:01et il a la trouille,
10:02il a la trouille de la com,
10:04bien sûr,
10:04parce que sur France Inter
10:06et chez Quotidien,
10:07on va dire que les idées d'extrême droite
10:09ont infusé dans la tête de M. Lecornu.
10:11Et comme M. Lecornu, il a peur
10:13et qu'il les lâche sur ce sujet-là,
10:15ben, il ne bouge pas.
10:16Donc, on attaque les retraités.
10:17Ben, moi, ça me met en colère.
10:18Je suis désolé de vous dire.
10:19Je pense qu'il a bien compris
10:20que c'est pas à neuf mois d'une élection présidentielle,
10:22d'abord, qu'il allait réformer quoi que ce soit.
10:23Je pense que s'il le fait, aujourd'hui...
10:25Alors qu'il s'en aille.
10:26Exactement.
10:26Ce qu'il le fait...
10:28Mais exactement.
10:28Mais vous voulez bien...
10:29Qu'il s'en aille.
10:29Je veux dire, c'est l'intérêt de la France.
10:31Qu'il s'en aille.
10:32La survie.
10:33La survie.
10:33Je vais partir, moi aussi.
10:35Non, mais parce qu'elle a raison.
10:37On perd du temps, on n'a pas de majorité.
10:39Il faut des élections tout de suite, maintenant.
10:41Il faut repartir.
10:42Et il bloque tout le système démocratique
10:44et donc le système économique.
10:46Et j'ai entendu ce matin,
10:47tout est dit, c'est catastrophique
10:48ce qu'il a dit sur notre antenne.
10:49On est, ça y est.
10:50Et là, on attend les bras croisés
10:52pour laisser M. Macron finir son dernier quart d'heure.
10:54Il faut qu'il parte, qu'il quitte le pouvoir.
10:57Il a échoué, totalement échoué.
10:59Voilà.
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