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  • il y a 13 minutes
Périscolaire : «Emmanuel Grégoire assure qu'il n'y a pas eu de défaillance», s'indigne Inès de Raguenel

Dimitri Pavlenko reçoit Inès de Raguenel, conseillère de Paris, vice-présidente du Groupe Paris Liberté au Conseil de Paris et présidente de la mission d’information et d’évaluation concernant le périscolaire.

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Transcription
00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:027h10 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin la conseillère de Paris et du 15e arrondissement,
00:08vice-présidente du groupe Paris Liberté, Inès de Ragnel.
00:11Bonjour Inès de Ragnel.
00:12Bonjour.
00:13Bienvenue sur Europe 1, vous présidez également la mission d'information et d'évaluation au Conseil de Paris
00:17concernant le dossier du périscolaire.
00:20Le Sénat va auditionner à 9h30 à Anne Hidalgo, l'ex-maire de Paris,
00:24ainsi que son ancien adjoint Patrick Bloch qui était en charge des écoles.
00:27L'audition très attendue par les familles parisiennes.
00:30Que savait la mairie de Paris ?
00:32Que savait Anne Hidalgo sur ce qui se passait dans le périscolaire ?
00:35On rappelle que plus de 200 procédures pénales sont en cours.
00:37Plus de 150 animateurs ont été suspendus rien qu'à Paris pour des faits présumés de violences et ou d
00:43'agressions sexuelles.
00:45On sait aussi que ça se passe dans tout le pays, mais les proportions à Paris sont vraiment ahurissantes.
00:49Vous êtes en pointe dans ce combat pour la vérité, Inès de Ragnel,
00:53et pas par opportunisme parce que ça fait des années que vous en parlez.
00:56Et qu'attendez-vous de cette audition, Anne Hidalgo ?
00:58Alors, déjà, je voudrais vous remercier de parler de ce sujet à l'antenne dès le matin
01:03parce que la vérité, c'est que la priorité nationale qu'aurait dû être la protection de l'enfance en
01:09France,
01:09elle n'est pas là.
01:10C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne en 2017, il faut le rappeler.
01:14Et aujourd'hui, l'enfant, c'est la dernière roue du carrosse,
01:18c'est la personne que l'on protège le moins en France.
01:21Ce qui s'est passé, pour rappeler un peu sur le fond, d'abord, le périscolaire, c'est quoi ?
01:25Ces dernières années, vous parliez d'une centaine de suspensions, c'est bien plus que ça cette année,
01:30mais c'est des suspensions qui ont été insuffisantes les années précédentes.
01:34Pourquoi ? Parce que la ville de Paris ne signalait pas toutes les remontées d'informations des parents.
01:39Pendant dix ans, toutes ces remontées, quand les parents parlaient,
01:42les parents n'étaient pas entendus par l'institution.
01:45Donc on a aujourd'hui une ouverture complète du dossier, avec plus de 200 enquêtes pénales, comme vous le disiez,
01:52et puis des familles, des centaines de familles, des centaines d'enfants victimes,
01:56qui vivent depuis des mois, des années, avec leur douleur, leur vie brisée.
02:01Et c'est ces familles-là que moi j'accompagne depuis un certain temps.
02:05Alors d'un côté, il y a donc toutes ces familles, avec le poids de la douleur,
02:11et d'un combat qui est très difficile à mener, parce que vous le savez,
02:14ça prend du temps pour pouvoir porter plainte, avoir après un système judiciaire qui fonctionne.
02:20Et puis de l'autre côté, il y a le politique.
02:21Et pour répondre à votre question, le politique, qu'est-ce qu'il doit ?
02:24Le politique, il doit la vérité.
02:26Il doit la vérité d'abord à ses familles, évidemment, parce qu'elles ont besoin de se reconstruire.
02:30Et puis le politique doit la vérité, évidemment, à toutes les autres familles
02:34qui ont besoin d'avoir confiance en l'école publique parisienne,
02:38pour déposer leur enfant tous les matins à l'école.
02:40Et pour se retrouver dans un cadre sécurisant.
02:42Et vous la voyez sortir de la bouche des responsables qui étaient en place à ce moment-là,
02:45cette fameuse vérité que vous appelez de vos voeux, Inès de Rangel ?
02:48Pas du tout, pas du tout.
02:49Comme vous le disiez, je mène une mission avec un certain nombre de membres du Conseil de Paris
02:53depuis le mois de juillet.
02:54On a commencé à faire un nombre considérable d'auditions,
02:57de membres de l'administration,
02:59de gens qui ont été porteurs de ce sujet,
03:01qui ont été compétents les dix dernières années.
03:03Oui, qui ont été les acteurs de cette politique de la petite enfance.
03:06Exactement.
03:07Et Emmanuel Grégoire, qu'on a auditionné mardi dernier.
03:09Donc l'actuel maire de Paris, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo.
03:12Exactement.
03:13Qui a été également adjoint en charge des ressources humaines
03:15pendant une période définie pendant ces dix dernières années.
03:19Donc c'était très important de la voir pour qu'il nous dise exactement
03:23qu'est-ce qui s'est passé,
03:24quel a été lui ce qu'il a reçu comme remontée d'informations.
03:28Et alors ?
03:28Et qu'a fait-il de ces remontées ?
03:30En réponse ?
03:30Je vais vous dire, en fait, il se trouve qu'en plus la mission est à huis clos,
03:34c'est la raison pour laquelle il n'y a pas de son, pas d'image qui sorte,
03:37parce que la gauche a refusé ma demande de filmer les auditions
03:41des uns et des autres, des personnes invitées.
03:44Si les parents entendaient ce que j'ai entendu,
03:47ce que nous avons entendu, c'est indicible.
03:50C'est indicible.
03:51Mais donc ils admettent avoir failli dans ce dossier du PAS scolaire ?
03:54Ah non, justement !
03:55Parce qu'en fait, ce que l'on sait, c'est public,
03:57c'est que les premières alertes sur le PAS scolaire parisien, c'est 2015.
04:01C'était il y a 11 ans.
04:03Exactement.
04:03Et ça n'a pas été qu'une seule fois.
04:05Il y en a eu en 2016, etc.
04:07Donc on savait qu'il se passait des choses dans les écoles parisiennes.
04:09Pourquoi ne s'est-il rien passé ?
04:11Pourquoi n'y a-t-il pas eu de changement de la politique de recrutement ?
04:14Mais c'est-à-dire qu'aujourd'hui, ils ne veulent rien avouer.
04:16Il y a vraiment un discours qui est en train d'en plus d'évoluer
04:19de la part de ces personnes-là qui ont été compétentes pendant 10 années.
04:24Il n'est plus capable de dire qu'il y a eu une crise dans le PAS scolaire.
04:27Il ne l'a pas dit en mission qu'on a effectuée la semaine dernière.
04:32Alors, il dit quoi ?
04:32Il nous a dit qu'il y a eu zéro défaillance.
04:34Non mais c'est hallucinant.
04:36C'est-à-dire, qui peut croire qu'il y a eu zéro défaillance sur les 10 dernières années ?
04:40Il n'y a pas eu de crise, pas de défaillance.
04:42Et la vérité, c'est que selon lui,
04:44s'il y a eu une multiplication de cas ces derniers mois,
04:46c'est parce que grâce à leur travail exemplaire,
04:50la parole des enfants s'est libérée.
04:51Mais c'est indicible, c'est insupportable à entendre pour les parents.
04:55Qu'est-ce qu'ils vous disent, justement, les parents,
04:57les familles parisiennes que vous rencontrez, Inès de Ragnel ?
05:00Parce que maintenant, on vous sollicite sur ce sujet du PAS scolaire.
05:03Bien sûr, les familles, j'en rencontre tous les jours.
05:05Il y a celles que je suis depuis des mois, depuis des années.
05:08Et puis, il y a tous les nouveaux cas, parce que ça, on en parle très peu.
05:11Mais depuis la rentrée, on a déjà des remontées d'informations
05:13dans un certain nombre d'écoles qui n'avaient pas été touchées précédemment.
05:16Depuis la rentrée ?
05:17Depuis la rentrée, bien sûr.
05:18Ça continue en cette rentrée ?
05:19Bien sûr, mais ne serait-ce que dans le 15e où je suis élue.
05:21Bien sûr, il y a des nouveaux cas depuis la rentrée.
05:24C'était il y a 10 jours seulement, il faut se rendre compte.
05:26Alors, les parents, aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils demandent ?
05:27Ils demandent qu'à cette audition, Emmanuel Grégoire, Patrick Bloch surtout,
05:31et puis Anne Hidalgo, reconnaissent.
05:34C'est-à-dire qu'en fait, là, ils ne sont même plus au stade d'une demande d'excuse.
05:36Ils voient bien qu'Anne Hidalgo, vous l'avez entendu sur France Inter la semaine dernière,
05:39elle est incapable de formuler la moindre excuse.
05:42Elle reste dans la droite ligne de son déni
05:44qu'elle formule en Conseil de Paris depuis 10 ans.
05:47S'excuser, c'est avouer, c'est ça ?
05:48En substance, vous pensez la raison pour laquelle ces excuses ne viennent pas ?
05:52Sûrement.
05:53Et donc, les familles, aujourd'hui, ce n'est même plus des excuses.
05:55Elles veulent qu'elles reconnaissent.
05:57Elles veulent qu'elles reconnaissent et elles veulent établir des responsabilités.
06:00Parce que ces familles-là ne se reconstruiront pas si elles n'entendent pas la vérité.
06:04Si je suis parent, que je vois quelque chose de bizarre dans l'école de mon enfant,
06:08ou que celui-ci me raconte des choses,
06:10je fais quoi, aujourd'hui, n'est-ce de Ragnel ?
06:11À qui je m'adresse si, comme vous nous l'avez dit,
06:15en face, j'ai affaire à un mur de la part de l'institution municipale ?
06:19Qu'est-ce que je fais ?
06:19Alors, c'est très compliqué, évidemment.
06:21Je vais vous dire qu'entendu, aujourd'hui, d'ailleurs,
06:23que la libération de la parole de l'enfant, elle est très difficile.
06:26Moi, je ne le pense pas.
06:27Je pense que les enfants ont toujours parlé.
06:29Les enfants parlent à leurs parents.
06:30Mais aujourd'hui, les parents ne sont pas entendus par l'institution.
06:32On a un corps de l'institution de la ville de Paris qui se protège.
06:37Donc, aujourd'hui, si les parents ont des doutes,
06:39s'ils ont des informations à donner dans l'école,
06:42il faut qu'ils aillent voir le responsable du périscolaire
06:45ou la directrice d'école, même si la directrice d'école,
06:48elle est de la compétence, évidemment,
06:51elle revient à l'éducation nationale,
06:53mais elle est censée pouvoir remonter l'information.
06:55Ce qui n'est pas toujours le cas encore aujourd'hui.
06:57L'exemple que j'ai de la semaine dernière dans le 15e,
06:59on a encore une directrice d'école
07:01qui n'a pas cherché à remonter l'information.
07:04Merci Inès de Ragnel d'être venue ce matin sur l'antenne d'Europe 1.
07:07Je vous rappelle que vous êtes conseillère de Paris du 15e,
07:09vice-présidente du groupe Paris Liberté.
07:11Merci d'être venue nous voir.
07:12Bonne journée à vous.
07:14Il est 7h17 sur Europe 1.
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