- il y a 1 heure
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00:09C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Médien TV pour cette nouvelle escale culture au cœur
00:15de l'Afrique.
00:17Et bien sûr, comme on a très habitué, nous ferons un tour complet de l'actualité artistique, culturelle sur notre
00:22continent,
00:23tous domaines confondus, cinéma, littérature, art contemporain. Et d'ailleurs, en parlant cinéma, place à notre invité du jour.
00:37Et aujourd'hui, nous parlons 7e art avec Hassan Gassama. On ne le présente plus, le petit gars de Montaînement
00:46ou encore Astamanyana,
00:48Fracture, un acteur qui traverse notamment son travail d'acteur avec et à travers des questions sociales,
00:57en incarnant des personnages qui le touchent profondément. On parlera justement de tout ça dans quelques instants avec lui.
01:06Il est avec nous. Bonjour Hassan.
01:08Bonjour, bonjour, bonjour.
01:10– Merci, merci d'être avec nous. Et comme je le disais, on abordera encore plus en détail votre carrière.
01:19Mais on va commencer, je pense, par le début. Vous êtes tombé dans le cinéma très jeune, adolescent.
01:30Et je voudrais savoir comment a commencé cette véritable histoire d'amour avec le cinéma.
01:38– Alors, déjà, merci pour cet échange. Je suis ravi d'être là. Merci à vous.
01:45Alors, mon aventure dans le cinéma, elle a commencé en 2010. J'étais encore au collège.
01:49J'ai accompagné un ami à un casting. C'était un casting sauvage où on est venu chercher plusieurs personnages
01:55pour le rôle principal d'un film qui s'appelait Fracture, pardon.
01:59Et j'ai accompagné mon ami et on m'a demandé si je voulais moi aussi y participer.
02:03Et j'ai fini dans le film à jouer un des personnages de silhouette, du coup.
02:10– Et ce qui m'interpelle, c'est vrai que beaucoup d'acteurs connus et reconnus
02:15arrivent parfois au cinéma par pur hasard, cinéma ou théâtre.
02:21Et c'est là que commence cette histoire d'amour qui dure jusqu'à aujourd'hui avec vous, Hassan.
02:27Et comment, à partir de ce casting sauvage, s'est déroulé la suite ?
02:31Comment vous avez compris, en fait, que c'était une véritable passion pour vous ?
02:36– Alors, c'est sur le plateau que ça m'est venu.
02:41J'ai vraiment apprécié l'envers du décor.
02:45J'avais cette envie, depuis tout petit, de découvrir aussi.
02:49J'ai toujours été curieux et c'est naturellement que c'est venu, tout simplement.
02:54J'ai, du coup, demandé à avoir des informations sur le milieu
03:00et on m'a donné des petits tips, je dirais, pour pouvoir continuer mon petit bout de chemin.
03:06On m'a donné, du coup, des contacts d'agents, par exemple.
03:09Et c'est comme ça que, de fil en aiguille, ça s'est fait.
03:13Un contact avec un agent qui a apprécié mon profil
03:16et des castings qui s'enchaînent.
03:18Et voilà, sur chacun des tournages, on se prête au jeu et ça devient une passion.
03:27– On se prête au jeu, justement, le jeu d'acteur.
03:32Et voilà, vous avez commencé, vous étiez très jeune, vous étiez adolescent.
03:36Des années plus tard, vous êtes un homme maintenant.
03:38Et c'est vrai, Hassan, comment votre regard sur le métier d'acteur a évolué ?
03:47– Alors, il a évolué.
03:50Au début, c'était plus de la curiosité.
03:53Maintenant, c'est devenu un peu plus de maturité, de recul
03:58par rapport aux différents rôles que je joue.
04:01Je pense qu'il y a beaucoup de réflexions,
04:05beaucoup plus de calculs, je dirais,
04:08dans les choix, dans les positions que je prends,
04:12dans les associations, entre guillemets, qu'on a.
04:16Quand on grandit, on a un peu plus ce recul, je dirais.
04:21On fait plus attention à tout ce dans quoi on joue.
04:25On se donne un peu plus le choix, entre guillemets.
04:29– Vous donnez le choix.
04:30Et j'aime bien poser cette question quand je suis avec un acteur ou une actrice,
04:37parce que vraiment, chacun a sa manière de faire,
04:40d'aborder les personnages qu'il choisit, qui lui sont proposés.
04:44Et je voudrais savoir comment vous, Hassan Gassama,
04:48vous abordez vos personnages, comment vous les voyez
04:52et finalement, comment vous décidez de les incarner ?
04:56– Alors, c'est une très bonne question.
04:58Moi, comment je prépare un personnage ?
05:00Ça va être déjà de beaucoup discuter avec le réalisateur, le scénariste,
05:05pour comprendre où est-ce qu'il a voulu amener le personnage,
05:09essayer de le comprendre dans sa profondeur.
05:11Quand je dis profondeur, ça va être comprendre une scène
05:15et je vais pouvoir, quand j'aurai une scène devant moi,
05:19essayer d'aller comprendre la scène avec profondeur,
05:22c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est passé avant cette scène,
05:24qu'est-ce qui s'est passé après cette scène
05:26et naturellement, essayer d'en tirer le meilleur sur l'instant présent.
05:31Et ensuite, c'est aller puiser dans ses émotions les plus fortes,
05:34aller essayer de comprendre au maximum son personnage.
05:38Moi, c'est comme ça que je prépare.
05:39Ensuite, naturellement, des exercices de respiration,
05:43la gestion du stress, des émotions,
05:45de se couper du monde quand il faut
05:48et entrer vraiment en incarnation de ce personnage.
05:53Et justement, vous êtes venu au cinéma par hasard,
05:57donc vous êtes un acteur autodidacte.
06:00Et c'est vrai que ce n'est pas forcément la même approche
06:04qu'un acteur, entre guillemets,
06:07qui a fait des études,
06:10qui a décidé d'étudier ça avant de se lancer.
06:15Et donc, vous avez cette part, je pense,
06:17très instinctive en vous, Hassan.
06:20Et à votre avis,
06:22qu'est-ce qui change entre un acteur autodidacte
06:25et un acteur qui aurait étudié l'art actoral ?
06:33Alors, à mon sens,
06:34je pense que le naturel,
06:39moi, c'est le naturel en tout cas que je mets en avant.
06:41J'essaye d'avoir cet instinct,
06:43d'avoir ce côté instinctif,
06:46de puiser dans mes émotions, comme je le disais.
06:48Et ce qui va changer, je pense,
06:50ça va être la...
06:54Je pense que la profondeur,
06:56la profondeur, ça peut jouer avec la profondeur,
06:58ça peut jouer avec le timbre qu'on apporte.
07:02Il y a des nuances.
07:04Et je pense qu'il y a beaucoup de nuances
07:05entre quelqu'un qui a étudié
07:07et quelqu'un qui joue de son naturel.
07:13C'est une très, très bonne question.
07:17Moi, de mon expérience,
07:19ce que moi, j'en retire,
07:20c'est qu'il faut...
07:24Moi, j'essaie d'éviter
07:25d'avoir un jeu qui est formaté.
07:28Du coup, j'essaie toujours d'avoir quelque chose de plus naturel.
07:31Et ça se voit directement avec les émotions.
07:35Je pense que c'est un peu comme ça que moi, je vois la chose.
07:39J'ai l'impression que c'est un peu plus formaté
07:41quand on provient d'une école.
07:45Je voudrais savoir également, Hassan,
07:47vous avez joué plusieurs personnages.
07:50Avec le recul, finalement,
07:52qu'est-ce qu'il vous a...
07:53Est-ce qu'il y a un point commun
07:55à tous ces personnages qui a fait...
07:57Vous avez dit, OK, il m'intéresse,
08:00je peux le faire et je dois le faire ?
08:04Alors, le point commun entre chacun des personnages,
08:09je ne sais pas s'il y a un point commun,
08:11mais il y a toujours une envie,
08:13une passion qui m'anime,
08:17cette envie de bien faire,
08:19de toujours retrouver un autre tournage.
08:21Le point commun, je pense que...
08:24Si je devais résumer chacun de mes tournages
08:27en citant un point commun,
08:28pour moi, c'est la rencontre.
08:30À chaque fois, c'est la rencontre
08:31d'un nouveau personnage,
08:32la rencontre d'une nouvelle vie,
08:34la possibilité d'avoir une nouvelle identité,
08:38entre guillemets.
08:39Et je pense que c'est ça,
08:40le point commun que moi,
08:41j'y retrouve en tout cas,
08:43sur chacun des rôles.
08:44C'est comme ça que je définirais
08:46ce point-là,
08:48cette continuité.
08:50Continuité, on parlait tout à l'heure
08:51des questions sociales,
08:54de cette question qui revient souvent
08:58chez vous, Hassan.
09:01Et notamment, on sait que dans le milieu
09:04du cinéma, malheureusement,
09:06beaucoup d'acteurs,
09:07qu'ils soient d'origine africaine,
09:11maghrébine, sont souvent coltinés,
09:14ou asiatiques d'ailleurs,
09:15à un certain type de rôle.
09:17Ils s'enferment dans une sorte de caricature,
09:20si on peut appeler ça comme ça,
09:22et je voudrais avoir votre avis dessus.
09:24Et vous, comment vous le vivez également ?
09:27Alors, moi, j'ai un avis assez mitigé là-dessus,
09:30puisque moi, quand je regarde mes rôles,
09:32je vois qu'ils ont tous un point commun,
09:34justement, si on parle de point commun,
09:37c'est qu'ils ont tous le même type,
09:41ce sont tous les mêmes types de rôles,
09:44des rôles qui sont plutôt stéréotypés.
09:47J'ai l'impression qu'on est souvent dans des cases
09:49et qu'on ne peut jouer qu'un seul type de rôle,
09:52donc il faut toujours faire attention,
09:54avoir du recul sur ça et avoir un réel échange,
09:57je pense, avec, par exemple, les scénaristes.
10:00Dans la manière d'écrire, je pense,
10:01il y a quelque chose à faire évoluer.
10:04Je pense que c'est en pleine évolution aussi,
10:06avec tous les nouveaux réalisateurs.
10:08Je pense qu'il y a une compréhension collective
10:10qui s'amène.
10:12Et je pense qu'il faut faire attention
10:14à ne pas bloquer les gens dans des cases.
10:17J'ai l'impression que c'est très présent,
10:20en tout cas, et c'est ancré dans nos mœurs,
10:22dans le 7e art français.
10:26Et du coup, je pense qu'il faut pouvoir
10:29avoir une vision bien plus large
10:30et plus altruiste aussi.
10:33– Et aujourd'hui, Hassan,
10:35comment vous voyez votre place
10:38dans le milieu du cinéma ?
10:41Est-ce que vous sentez,
10:43en suivant ce qu'on est en train de dire,
10:46un peu brimé, un peu en suspension
10:50par rapport à ce genre de rôle
10:52que vous ne pouvez pas jouer
10:53à cause de votre origine ethnique
10:56ou parce que certains réalisateurs,
10:58scénaristes, producteurs, bien sûr,
10:59sont bloqués dans ce schéma-là ?
11:02– Oui, alors, c'est vrai que c'est assez présent.
11:07Je vois que ces rôles sont…
11:10la manière dont les rôles sont attribués.
11:16J'ai l'impression que c'est assez choisi,
11:20entre guillemets.
11:22je pense qu'il faut une ouverture d'esprit.
11:25Et oui, moi, je le ressens, en tout cas.
11:27Je vois que les rôles ne sont pas faciles à avoir.
11:30Ce sont des rôles qui ont plus de profondeur,
11:34plus de largesse,
11:35plus des rôles sur lesquels je pourrais
11:38ouvrir ma palette de jeux.
11:41Et oui, le but, c'est ça,
11:43c'est de pouvoir ouvrir sa palette de jeux
11:45et démontrer tout ce qu'on peut apporter.
11:48C'est tout le but, en tout cas, d'un acteur.
11:50C'est d'être large,
11:52d'être force de proposition,
11:54mais surtout de pouvoir incarner
11:57des rôles aussi différents,
11:58même aux antipodes les uns des autres.
12:01– Et je voudrais savoir
12:03quel genre de rôle vous aimeriez
12:06particulièrement jouer en tant qu'acteur ?
12:09– Alors, moi, les rôles que j'aime,
12:13ce sont les rôles dramatiques,
12:15des rôles qui ont une portée sociale,
12:20sociétale,
12:24des rôles qui sont inspirants
12:27de par le parcours,
12:28de par la profondeur du jeu,
12:31de par l'histoire,
12:33de pouvoir incarner un personnage
12:37qui se transforme,
12:39qui grandit.
12:41Oui, des rôles pesants,
12:45entre guillemets,
12:46et des rôles qui transmettent une émotion,
12:50mais qui transmettent aussi des messages,
12:52des messages porteurs pour la société
12:54et qui sont inspirants
12:56pour les jeunes générations.
12:59– En tout cas, merci beaucoup Hassan Gassama
13:01d'avoir été avec nous,
13:02c'était un plaisir que de vous recevoir
13:04et merci encore d'avoir partagé avec nous
13:07votre vision du métier d'acteur,
13:10comment vous le vivez,
13:12c'était un plaisir, vraiment.
13:14– Merci, un plaisir partagé,
13:16merci à vous.
13:16– Merci, à bientôt.
13:18– À bientôt.
13:19– Et aujourd'hui, nous parlons art contemporain
13:27avec Nadrilo,
13:28qui est un artiste sénégalais,
13:29né en 61,
13:30à Tivawan,
13:31donc au Sénégal,
13:32et il s'est principalement fait connaître
13:34comme sculpteur,
13:36après des études artistiques,
13:37il développe un style très personnel,
13:39fondé notamment sur l'utilisation du métal
13:41et de matériaux de récupération.
13:43Il faut dire que son travail s'inscrit
13:45dans l'art contemporain africain,
13:46tout en étant profondément lié à la société,
13:49à la culture sénégalaise.
13:50En tout cas, l'artiste s'intéresse particulièrement
13:52au corps humain.
13:53Ces sculptures représentent souvent
13:55des personnages très grands et très minces,
13:57aussi où est l'angéline.
13:59Et ces figures d'ailleurs
14:00semblent être en mouvement,
14:01comme si elles marchaient, couraient
14:03ou cherchaient à atteindre un objectif.
14:05Et à travers elles,
14:05Nadrilo donne une présence forte
14:07à des personnes ordinaires
14:09et raconte des histoires humaines.
14:11On l'écoute tout de suite.
14:12– Merci.
14:19– C'est des choses que je récupère pourtant.
14:34– Moi, quand je vois des trucs comme ça à la mer,
14:37à la plage,
14:37je le prends comme dans une dimension symbolique.
14:43Je le considère comme les affaires ou les habits
14:46de ceux qui sont partis d'ici,
14:48qui voulaient rejoindre un meilleur devenir,
14:50l'Eldorado en Espagne.
14:53Je le prends comme des reliques de ces gens-là
14:55et j'essaie de faire des choses avec.
14:58Je commençais là,
14:59après des études au Beaux-Arts,
15:01mais c'est après avoir fait des études à l'école,
15:03d'avoir eu mon bac,
15:05j'étais très intéressé par l'apprentissage
15:08de la philosophie en classe terminale.
15:10C'est par là où j'ai commencé à ramasser
15:12des objets de gauche à droite.
15:15Donc les choses qu'on fabrique,
15:16il faut que ça soit défectueux très vite.
15:19Et donc quand ce n'est plus bon à rien,
15:20moi, l'artiste, je viens,
15:21j'essaie de les sauver,
15:22j'essaie de les donner une troisième vie.
15:24Donc ça fonctionne un peu comme ça.
15:26– Il faut dire que le corps est au centre
15:28de l'œuvre de N'Darillo.
15:29Ces personnages sont souvent représentés
15:31avec des corps étirés, fragiles,
15:33mais leur posture leur donne aussi une impression
15:35de force et de détermination.
15:37En tout cas, cette opposition entre fragilité et puissance
15:40est l'une des caractéristiques de son travail.
15:42Ces sculptures peuvent évoquer différents thèmes
15:45comme la migration, l'exil, la liberté, l'espoir
15:48ou encore les difficultés de la vie quotidienne.
15:51Et les personnages semblent parfois avancer
15:52vers un avenir incertain.
15:54Leurs longues jambes et leurs silhouettes en mouvement
15:56donnent un peu l'impression d'un voyage permanent.
15:59et en utilisant principalement le fer,
16:01les objets récupérés, N'Darillo transforme
16:03des matériaux ordinaires en œuvres d'art.
16:05Il montre ainsi qu'un matériau simple
16:07peut devenir porteur d'une histoire
16:09et surtout d'un message.
16:10Et son art associe donc esthétique,
16:12imagination et réflexion sur la condition humaine.
16:16– Moi, j'étais très lié à un forgeron
16:21quand j'étais môme.
16:22Et donc cette chaleur de la forgeron
16:24m'est restée.
16:24Donc mon matériau de prédilection reste le métal.
16:44Je récupère beaucoup de barils.
16:48Donc je les coupe en morceaux.
16:49Et donc je me propose de faire un travail comme ça,
16:53en juxtaposant, en changeant les couleurs,
16:55en changeant parfois à l'endroit, parfois à l'envers.
16:57Et puis après, faire de telle sorte que
17:00je puisse montrer ce côté sarcophage
17:05de la sculpture égyptienne.
17:07– Et puis le faire dans une grande nature
17:18où c'est comme un individu,
17:19mais en même temps il dépasse l'individu.
17:21– Parce que l'individu a du respect
17:24pour ce qu'il dépasse.
17:25Pour qu'une forme soit belle,
17:27il faut la grande réelle d'un individu
17:29plus la moitié.
17:33– Il faut dire que Ndari Lua a acquis
17:34une reconnaissance internationale
17:36grâce à son langage artistique original.
17:39D'ailleurs, ses sculptures ont été présentées
17:41dans de nombreuses expositions
17:42et manifestations consacrées
17:44à l'art contemporain africain.
17:46Et son œuvre dépasse d'ailleurs
17:47les frontières du Sénégal,
17:48car les thèmes qu'il aborde sont universels.
17:50Et à travers ses personnages en marche,
17:52l'artiste parle de l'être humain avant tout,
17:54de ses difficultés,
17:55mais aussi de son désir d'avancer.
17:57Ses sculptures peuvent être interprétées
17:59comme une représentation
18:00de l'Afrique contemporaine,
18:01confrontée aux changements,
18:03aux déplacements et aux espoirs
18:04d'un avenir meilleur.
18:06En tout cas, Ndari Lua transforme
18:07ainsi le métal en personnage vivant
18:08et silencieux.
18:09Et ses sculptures ne se contentent pas
18:12de représenter des corps.
18:13Elle raconte des parcours,
18:14des rêves et des combats.
18:15Et c'est cette capacité à faire parler
18:17la matière qui fait de lui
18:19une figure importante
18:20de l'art contemporain africain.
18:24Il y a l'idée qui naît
18:25et l'idée parfois,
18:26elle naît de n'importe quelle manière.
18:29Parfois, l'idée,
18:29elle s'impose à moi de temps à autre.
18:31Je suis là et tout d'un coup,
18:33un oiseau qui passe
18:34ou un grain de poussière
18:35qui se lève ou un bruit
18:37ou un mot que j'entends
18:38ou un visuel que je vois
18:40pour m'amener à la réalisation
18:43d'une œuvre.
18:43Tu vois, c'est comme ça
18:44que tu dois aller souder en fait.
18:46Après, tu n'es pas fatigué
18:47à remettre du marteau.
18:48Quand je finis une œuvre,
18:50je sens que j'aurais pu aller plus loin
18:51et ça aurait pu être meilleur,
18:53ça aurait pu être...
18:54Peut-être que c'est mon caractère aussi.
18:56Ça aurait pu être autre.
18:58Et chaque fois,
18:59j'hérétifie en faisant d'autres choses,
19:00en faisant d'autres choses.
19:02Moi, 24 heures,
19:03ça ne me suffit pas en une journée
19:04pour faire ce que j'ai envie de faire
19:06pendant 24 heures.
19:07Donc, je n'ai pas de temps libre.
19:09Je m'organise parce que j'ai une famille.
19:10Je dois m'occuper de mes enfants,
19:12je dois m'occuper de ma belle,
19:13de ma bien-aimée aussi.
19:14Je dois m'occuper de mes parents,
19:16je dois m'occuper de mon travail,
19:17je dois m'occuper de plein d'autres trucs.
19:21Consatérons que chez nous,
19:22on ne vaut rien du tout.
19:24Les Sénégalais qui ont mon travail,
19:25je les compte dans les doigts de la main
19:27depuis une vingtaine d'années.
19:29Ils ne font pas cinq.
19:31Alors que moi,
19:32je suis fils d'un imprimeur
19:34qui vivait à Rufisque
19:35et d'une ménagère
19:36qui prépare le repas à la maison.
19:38Et moi, je me hisse à la face du monde.
19:40Comment moi, j'ai fait pour que Jacques Chirac
19:43fasse de moi, il y a 11 ans de cela,
19:46Chevalier des Arts et des Lettres
19:47de la République française ?
19:48Je me suis bâti.
19:50J'ai résisté
19:52pour faire de l'art.
19:53Donc moi, la fierté que je peux avoir,
19:56c'est la chance que j'ai eue
19:57de me lever tous les matins
19:59et d'avoir envie de faire ce que je fais.
20:06Et nous parlons cinéma
20:07avec Rafiki Fariala,
20:09un réalisateur centafricain
20:10d'origine non-congolaise
20:11qui s'impose comme une nouvelle voie
20:13importante du cinéma africain contemporain.
20:16Après son documentaire
20:16Nous, étudiants,
20:18il réalise avec Congo Boy
20:19sa première fiction.
20:20Présenté au Festival de Cannes 2026
20:23dans la section Un certain regard,
20:24le film marque une nouvelle étape
20:26dans son parcours.
20:27Son cinéma est fortement lié
20:28à son histoire personnelle.
20:30Comme son personnage principal,
20:31Fariala a connu l'expérience de l'exil
20:33après avoir fui la guerre
20:34avec sa famille.
20:35Il transforme donc
20:36une expérience intime
20:37en une histoire universelle
20:38sur la jeunesse, la guerre
20:39et le désir de construire son avenir.
20:41On regarde tout de suite.
20:51Mes parents sont en prison.
20:54C'est pas parce que vous êtes réfugiés
20:55que vous croyez tout permis ?
20:56C'est un mot de fête,
20:57je ne sais pas si vous ne vous en priez.
20:59Allez,
21:01le mot de fête,
21:02c'est un mot de fête
21:02que vous n'y êtes pas
21:02dans ce que vous en priez.
21:03C'est un mot de fête
21:04qu'on a pu m'en prie.
21:07Sur le mot de fête,
21:07La musique, c'est pour les voyous.
21:08Tu dois inscrire
21:09tout le mot.
21:10Tu dois voir ton bac
21:11avec mon fils.
21:14C'est un mot de fête
21:14qui est d'éclat.
21:16On sent tout le temps
21:17que tu es un mot.
21:17C'est 15 000.
21:18Tu arrives normal
21:19à l'étranger
21:20un mot de 15 000.
21:21Silence, silence, vous avez trois jeunes.
21:23Yo, cesse.
21:24Arrêtez.
21:25Oui, mais je ne vais pas pour du tournoi de Jeringa.
21:29Une jeune femme a grandié mes concours dans les nouveaux espoirs de la Chambre d'Afrique.
21:32Il y a un réfugié. Il n'y a pas de réfugié.
21:37Au moins, on ne vit pas Kashi, papa.
21:40Il y a un concours de l'Unicef.
21:45S'il y a un genou.
21:46Nous savons que c'est une femme.
21:52C'est Vito Kobe.
21:54C'est le meilleur.
21:56Trois chance, les gars.
22:02Par Yala avec Congo Boy qui raconte l'histoire de Robert.
22:06Un jeune Congolais de 17 ans vivant à Bangui, en République centrafricaine,
22:10alors qu'il rêve de devenir musicien.
22:12La guerre et l'emprisonnement de ses parents bouleversent sa vie
22:15et doit alors s'occuper de ses quatre frères et sœurs,
22:17travailler, poursuivre ses études et continuer à faire de la musique.
22:21Le film montre le contraste justement entre les rêves d'un adolescent
22:25et une réalité marquée par la violence.
22:27Robert représente une génération qui souhaite simplement vivre,
22:30étudier, aimer et créer, mais qui doit grandir malheureusement
22:33trop rapidement à cause des circonstances.
22:35D'ailleurs, la musique devient bien plus qu'un loisir.
22:38Elle représente une manière de résister une arme pour garder l'espoir
22:41et de préserver son identité.
22:43En tout cas, Fariyala explique que dans sa propre vie,
22:46comme dans celle de Robert, le personnage de Congo Boy,
22:49la musique permet de respirer malgré les difficultés,
22:52malgré les gravités des thèmes abordés.
22:54Congo Boy n'est pas seulement un film sur la guerre ou les réfugiés,
22:58il met surtout en avant la capacité d'un jeune homme à continuer de rêver
23:02malgré les obstacles.
23:04En tout cas, Robert refuse d'abandonner sa passion pour la musique,
23:07même lorsque les responsabilités familiales et les difficultés sociales
23:10deviennent très lourdes.
23:12Robert n'est pas uniquement une victime,
23:14c'est un adolescent avec des ambitions, une personnalité,
23:17des amis et un talent artistique.
23:19Et cette dimension permet justement au réalisateur
23:20de montrer les réfugiés comme des individus
23:23capables de construire leur avenir.
23:25D'ailleurs, la critique a notamment souligné le caractère humain
23:28et plein d'espoir du film.
23:30Et à travers Congo Boy, Rafiki Fariyala montre donc que l'art
23:33peut devenir une forme de résistance.
23:35Son film donne une voix à une jeunesse africaine confrontée à la guerre et à l'exil,
23:39tout en affirmant que même dans les situations les plus difficiles,
23:42il est possible de continuer à rêver.
23:51Et avant de nous quitter, place à la littérature avec nos vies sauvages de Emily Boom,
23:56un roman africain francophone.
23:58Laissons donc qu'il se déroule au Cameroun.
24:00Il raconte l'histoire de Ndolo Elimbi,
24:02une jeune avocate emprisonnée après s'être opposée au pouvoir politique.
24:06D'ailleurs, le roman met en avant la résistance, la liberté et la place des femmes
24:10dans une société marquée par la répression.
24:13Et à travers ces personnages, l'autrice montre aussi les conséquences de la politique
24:17sur les relations humaines, la famille et les choix personnels.
24:21Nos vies sauvages est à la fois un roman politique et un récit profondément humain
24:24qui donne une voix à ceux qui refusent de se soumettre.
24:30Ndolo Elimbi est avocate, elle est aussi femme politique dans l'opposition camerounaise,
24:36dans ce régime qui est là depuis 40 ans.
24:38Ndolo essaie de changer les choses.
24:40Le roman s'ouvre avec Ndolo en prison parce qu'on lui a tiré dessus et elle a été arrêtée.
24:46Et le roman se referme avec Ndolo en prison dans un autre temps du livre.
24:51et tout consiste à raconter pendant les 40 années de ce pouvoir
24:57et comment Ndolo en tant que personne avocate s'est engagée,
25:02quelles sont ses raisons intimes pour s'être engagée,
25:04quels sont ses amours, d'où elle vient, sa famille et ce que ça signifie profondément
25:08pour elle de se retrouver là en prison.
25:11Parce que Ndolo, elle croit que ce pays peut changer, elle croit qu'elle peut apporter quelque chose.
25:16Elle a une foi extraordinaire en la capacité des gens à s'emparer des choses.
25:22Mais elle arrive à un moment, 40 ans plus tard, où il y a eu une dizaine de révolutions manquées.
25:27J'appelle aussi le Cameroun le pays des révolutions manquées,
25:30comme si chaque génération avait eu la leur.
25:32Donc il y a cette lourdeur, cette apesanteur dont elle ne prend pas compte,
25:36dont elle ne tient pas compte dans son engagement et qui finit par la rattraper.
25:39Sauf qu'autour de Ndolo, parce qu'elle a cette force et parce qu'elle a cette folie finalement,
25:45d'autres solidarités vont naître.
25:47Notamment vis-à-vis de Zénabou qui est dans le renseignement camerounais
25:51et qui avait précisément pour rôle de surveiller Ndolo
25:54et de ramener des informations sur elle pour lui tendre ce piège.
25:58Notamment aussi Sipora qui est la mère de Ndolo qui a 80 ans,
26:02ou Arlette qui est avocate.
26:04En fait, ces femmes qu'on va rencontrer à tous les âges de leur vie.
26:07Parce que 40 ans c'est une vie en fait.
26:09On les rencontre au début quand Ndolo naît littéralement,
26:12mais les autres ont 20-30 ans.
26:14Et à la fin du roman, elles ont 80 ans, elles ont 50 ans, elles ont 40 ans.
26:20Et c'est le temps de l'engagement.
26:22Et c'est le temps du bouleversement.
26:24Et c'est le temps peut-être de poser une autre perspective
26:29sur la nécessité de réussir des révolutions.
26:33Emelie Boum donc avec nos vies sauvages.
26:36On arrive à la fin de l'Afrique en culture.
26:37Merci d'avoir été avec nous.
26:39On se donne rendez-vous dès la semaine prochaine.
26:41D'ici là, portez-vous bien.
26:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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