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00:10Générique
00:17Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Médian TV. Voici les principaux titres de votre soir.
00:24Un temps chaud et des fortes rafales de vent sont attendus au Maroc de samedi à lundi. Un risque extrême
00:31d'incendie de forêt couvrant la période du 11 au 15 septembre, identifiée dans plusieurs provinces.
00:39Au Yémen, les outils pro-iraniens s'emparent du stratégique détroit de Bab el-Mandeb et promettent face aux inquiétudes
00:46internationales une navigation sûre, sauf pour les navires saoudiens.
00:53Et enfin, New York et Washington rendent hommage aujourd'hui aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 qui ont
00:59fait près de 3000 morts et boulefercées l'histoire des Etats-Unis il y a 25 ans, jour pour jour.
01:11A la une de l'actualité ce vendredi, un temps chaud et de fortes rafales de vent sont attendus de
01:15samedi à lundi dans plusieurs provinces du Royaume.
01:18C'est ce qu'a annoncé la Direction Générale de la Météorologie.
01:21Ainsi, un temps chaud avec des températures oscillantes entre 40 et 44 degrés concernera samedi et dimanche les provinces de
01:28Tata, Sidi Slimane, Sidi Qassam, Qnetra, Tarudan, Tchichawa, Fès, Moulaiakoub,
01:34Qal'at-Sraghna, Mrakech, Arhamnach, Missat, Sidi Ben-Nour, Yousoufiya, Benim Lalf, Qih Ben-Salah, Stad, Smara, Khribga et Asazeg.
01:43A préciser la DGM dans un bulletin d'alerte de niveau de vigilance orange.
01:47Des températures comprises entre 36 et 40 degrés seront enregistrées durant la même période dans les provinces de Safi, Mknes,
01:55Sarbat, Ben-Slimane,
01:56Barchid, Ghulmim, Agadiri, Dautanen, Shtoukait, Baha, Inzganeit, Mloul, Sidi Fni, Tiznit, Noassar, Khnefra, Soera, Mdiona, Sla, Skheret, Smara et Al
02:09-Jadida.
02:09Par ailleurs, de fortes rafales de vent de 75 à 85 km heure sont attendues samedi et dimanche dans les
02:15préfectures de Fahs-Anjara et Tangier-Assela, conclue la même source.
02:21L'Agence nationale des eaux et forêts a publié ce vendredi son bulletin de risque des incendies de forêts couvrant
02:28la période du 11 au 15 septembre.
02:30Selon ce bulletin, un risque d'extrême incendie est identifié dans les provinces de Fahs-Anjara, Tangier, Assela, Taunet, Etaza,
02:39Swera, Tarudant.
02:41De même, un risque élevé concernant les provinces de Housimash, Fchaouen, L'Araïch, Wazen, Tétouan, Mdiqfnedak, L'Hajab, Sfro, Moulayakoub,
02:51Knetra, Sidi Qassam, Sidi Slimane, Khmissat, Ghabasali, Skhirat, Timara, Azelal, Bni Mlal, Bni Slimane,
02:58Stade, Mohamedia, Nwasr, L'Houz, Agadir, Idautanen.
03:02Par ailleurs, un risque moyen est signalé au niveau des provinces de Driouche, Nador, Taurirt, Gursif, Nknaas, Ifren, Khnefra et
03:10Midelt.
03:11A cet effet, l'agence appelle l'ensemble des riverains des forêts à faire preuve de la plus grande vigilance.
03:20Un incendie s'est déclaré ce vendredi après-midi dans la zone industrielle TAC 1, située à la commune de
03:26Jouama,
03:28ravageant une usine spécialisée dans la fabrication de filtres automobiles avant de se propager sous l'effet des vents violents
03:34à des usines avoisinantes.
03:36C'est ce qu'ont indiqué les autorités locales de la province de Fahs-Anjra.
03:40Dès le déclenchement du sinistre, les autorités locales et sécuritaires, ainsi que les éléments de la protection civile,
03:47appuyés par les différents moyens d'intervention, se sont mobilisés sur place afin d'éteindre l'incendie
03:52et limiter sa propagation, précise la même source.
03:58Les élections législatives du 23 septembre approchent à grands pas et la campagne électorale a officiellement débuté hier.
04:05A cette occasion, je vous propose d'ouvrir notre page consacrée aux législatives.
04:16La course au siège de la Chambre des représentants s'annonce particulièrement disputée,
04:21Selon les données provisoires communiquées par le ministère de l'Intérieur,
04:251850 listes de candidatures ont été présentées à l'échelle nationale pour l'élection des membres de la Chambre des
04:33représentants
04:34au titre de l'ensemble des circonscriptions électorales locales et régionales au total.
04:39Ces listes représentent 7 288 candidatures, soit une moyenne nationale de plus de 18 candidatures par siège.
04:50Dans l'Oriental, les préoccupations sociales pourraient peser lourd dans le choix des électeurs
04:55lors des prochaines législatives, emploi, santé, éducation ou encore conditions de vie.
05:01Dans les zones rurales, les attentes évoluent, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
05:05Un changement qui pourrait redessiner les orientations de vote dans cette région.
05:09On voit cela en détail avec Dina Meyni.
05:11Dans les campagnes de l'Oriental, le temps du vote dicté uniquement par les appartenances familiales
05:18semble progressivement s'éloigner.
05:20A l'approche des législatives, jeunes et femmes placent désormais les préoccupations du quotidien au cœur de leur choix.
05:27Emploi, santé, éducation, désenclavement,
05:32autant de priorités qui pourraient peser dans les urnes le 23 septembre prochain.
05:36Dans le monde rural de l'Oriental, les attentes sociales prennent place croissante dans les orientations de vote.
05:44Chez les jeunes, la demande est particulièrement forte.
05:48Des emplois stables, davantage de possibilités de formation,
05:52mais aussi des infrastructures culturelles et sportives.
05:55Objectif, créer des perspectives sur place et limiter l'exode vers les centres urbains.
06:05Les attentes des jeunes en milieu rural portent essentiellement sur la création d'emplois stables
06:10et la garantie d'une vie décente,
06:12ainsi que sur la mise en place de mécanismes facilitant la poursuite des études et de la formation.
06:17La lutte contre le saumage constitue donc un choix stratégique pour remédier aux inégalités territoriales
06:22et transformer surtout les compétences des jeunes en un véritable moteur de l'économie nationale,
06:26notamment à travers le développement du secteur agricole.
06:31Les femmes rurales occupent, elles aussi, une place de plus en plus importante dans la dynamique électorale.
06:38Leur choix semble davantage guidé par la proximité des candidats,
06:42leur présence sur le terrain et leur capacité à apporter des réponses concrètes aux problèmes locaux.
06:50L'approche électorale dans le monde rural de la région de l'Oriental repose désormais sur la proximité des citoyens
06:56et une présence constante sur le terrain.
06:59La population rurale accorde sa confiance aux acteurs qui s'engagent concrètement
07:03à prendre en compte leurs préoccupations de manière proactive
07:07et à répondre à leurs aspirations en matière de développement.
07:12Pour les parties en lice, l'enjeu est donc de dépasser les promesses générales
07:17et de proposer des solutions adaptées aux réalités de chaque territoire rural.
07:28Dans l'actualité internationale, les outils pro-iraniens se sont emparés ce vendredi
07:32de la côte yéménite sur la mer Rouge, promettant, face aux inquiétudes internationales,
07:37une navigation sûre dans le stratégique détroit de Babel Mendeb,
07:41reliant l'Europe à l'Asie, sauf pour les navires saoudiens.
07:44Dans une offensive éclair, ces combattants qui y contrôlaient jusque-là
07:47une grande partie du nord du pays, dans la capitale Sanaa et Odaïda dans l'ouest,
07:52ont avancé vers la mer Rouge en quelques jours à peine.
07:55Mais les outils ont cherché à rassurer la communauté internationale.
07:58Les pétroliers et navires commerciaux empruntent cette voie pour rallier la mer Rouge,
08:03puis le canal de Suez et la Méditerranée, et en sens inverse vers l'océan Indien.
08:12Les tensions restent vives au Moyen-Orient et font craindre une nouvelle escalade,
08:16notamment au sud du Liban, où la situation reste particulièrement tendue.
08:20Israël affirme avoir détruit jeudi des infrastructures souterraines du Hezbollah
08:24dans le cadre de nouvelles opérations militaires dans la région.
08:27Le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense,
08:31Israël 4, sont par ailleurs confirmés ces destructions.
08:35De son côté, l'Agence nationale d'information libanaise fait état d'une opération de dynamitage
08:40dans le secteur de la crête d'Ali Al-Tahir, dans la région de Nabatiyé,
08:45une zone stratégique située au nord du fleuve Litani,
08:48à la lisière de la zone occupée par Israël, dans le sud du Liban.
08:55L'utilisation de phosphore blanc par Israël est une nouvelle fois dénoncée.
08:59Human Rights Watch et la Clinique internationale des droits humains de Harvard
09:03ont publié un rapport consacré à son utilisation.
09:06Les deux organisations évoquent un coup humain qu'elles jugent inacceptable
09:10et appellent la communauté internationale à réagir.
09:12On voit cela en détail avec Nassar Dinoulayn.
09:17Des brûlures chimiques extrêmes, des blessures profondes qui peuvent aller jusqu'à l'os,
09:21ce sont les effets du phosphore blanc.
09:23Dans un rapport de 45 pages, Human Rights Watch et Harvard recensent 23 utilisations
09:27l'utilisation de ce type de munitions chimiques par Israël, dans le sud du Liban,
09:31et ce, uniquement sur la période allant de mars à mai 2026.
09:35Selon les deux organisations, les munitions explosent en l'air et frappent une large zone.
09:39La distinction entre combattants et civils devient impossible.
09:42Human Rights Watch et Harvard dénoncent une violation directe du droit international
09:46et évoquent un coup humain inacceptable.
09:49Ces munitions infligent des brûlures et génèrent des traumatismes physiques,
09:53psychologiques et socio-économiques à vie.
09:56Le phosphore blanc s'enflamme au contact de l'oxygène
09:59et peut se rallumer lorsque des fragments restés dans le corps sont de nouveau exposés à l'air.
10:03Les deux organisations appellent les États à réagir.
10:05Le Conseil national de la recherche scientifique au Liban a également indiqué
10:09qu'au moins 175 hectares de terres agricoles avaient été incendiés en 2026
10:13par ce type de munitions.
10:16Direction Gaza à présent, où l'accès à l'électricité reste extrêmement limité
10:20dans les hôpitaux comme dans les camps de déplacés.
10:23Les coupures se prolongent et la pénurie pèse directement sur la vie quotidienne.
10:27On voit cela en détail avec Sarah Amny.
10:30Un couloir d'hôpital plongé dans le noir.
10:32Les patients de l'hôpital Nasser à Gaza doivent attendre le retour du courant pour certains soins.
10:37Une situation particulièrement difficile pour ceux qui dépendent de l'électricité pour respirer.
10:44Ils ont commencé à établir l'électricité un jour sur deux
10:47et les couper du matin jusqu'à l'après-midi.
10:49Nous attendons en comptant les secondes et les minutes.
10:53Par exemple, si nous devons effectuer une ébullisation, il faut attendre le retour du courant.
10:58Il n'y a de courant nulle part, sauf dans la chambre des infirmières,
11:01mais uniquement pour les cas les plus urgents.
11:05Même le système de secours de l'hôpital a été détruit à cause de la guerre.
11:08Toutes les tentatives pour le réparer ont échoué.
11:11Ces coupures ne concernent pas seulement les hôpitaux.
11:13À Gaza, le réseau électrique est hors service depuis le début de la guerre
11:17et les habitants dépendent de générateurs privés.
11:19Mais là aussi, produire de l'électricité coûte de plus en plus cher.
11:23Dans les camps de déplacés, les familles ne disposent parfois que de quelques heures d'électricité
11:28lorsqu'elles peuvent se le permettre.
11:41Chaque heure d'électricité devient précieuse.
11:43Pour se soigner, recharger son téléphone ou simplement éclairer une pièce,
11:47il faut composer avec les coupures d'électricité.
11:5125 ans plus tard, les Etats-Unis se souviennent.
11:55New York et Washington rendent hommage aujourd'hui aux victimes des attentats du 11 septembre 2001.
12:00Pour rappel, des avions de ligne détournés s'étaient écrasés sur le World Trade Center et le Pentagone,
12:06faisant 2763 morts.
12:08À New York, une cérémonie est organisée en présence des quatre anciens présidents américains encore en vie.
12:13Et c'est le vice-président J.D. Vance qui représentera l'actuelle administration.
12:18Tandis que Donald Trump, lui, sera au Pentagone, à Washington, pour une cérémonie distincte.
12:29Dans ce même contexte, le président américain Donald Trump a assuré ce vendredi à Washington
12:34que les Etats-Unis n'oublieraient jamais les attentats du 11 septembre 2001
12:37et continuaient à se battre aujourd'hui au nom des 2977 personnes tuées.
12:42Lors de la cérémonie d'hommage, Donald Trump a fait le lien entre le combat mené contre Al-Qaïda
12:48par son prédécesseur républicain George W. Bush après les attentats
12:53et la guerre qu'il mène avec Israël contre l'Iran depuis désormais sept mois.
13:02Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
13:15Et durant cet entretien, nous allons parler d'innovation architecturale.
13:19Et si elle ne consistait pas nécessairement à inventer de nouveaux matériaux,
13:23de nouvelles formes ou de nouvelles techniques,
13:25mais parfois à redécouvrir ce que nous avons déjà.
13:28L'architecte et anthropologue marocaine Salima Nagy vient de recevoir à Paris
13:33le Grand Prix du design de l'Institut du Monde Arabe pour son centre d'interprétation
13:38du patrimoine de Tiznit, un projet réalisé en terre crue au cœur des remparts historiques de la ville.
13:44Le jury a notamment salué une architecture contemporaine
13:47qui réactive les matériaux locaux et les techniques ancestrales.
13:51Avec cette idée forte, l'innovation peut aussi venir de la compréhension
13:55de ce qui existe déjà et de la capacité à lui donner un avenir.
14:00Cette distinction vient récompenser 20 ans de travail consacré à la sauvegarde
14:04et à la valorisation du patrimoine architecturel marocain.
14:09Mais au-delà du prix, une question se pose.
14:11Comment faire du patrimoine autre chose qu'un héritage à conserver ?
14:15Peut-il devenir une source d'innovation, un moteur de création
14:18et même un levier de développement pour les territoires ?
14:21Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Salima Nagy,
14:24architecte et anthropologue marocaine.
14:27Salima Nagy, bonsoir et merci d'être avec nous.
14:30Bonsoir, merci à vous.
14:33Soyez la bienvenue.
14:34Alors vous avez parlé d'une distinction qui récompense 20 ans d'efforts.
14:38Qu'avez-vous ressenti en recevant ce grand prix du design de l'Institut du Monde Arabe,
14:43sachant que vous n'êtes pas à votre première consécration internationale,
14:46mais plutôt à la sixième ?
14:50Écoutez, j'étais très émue parce que d'abord je ne m'y attendais pas.
14:53Le jury était constitué de gens qui ne connaissent pas mon travail.
14:58Et comme c'est assez complexe, je ne pensais pas être retenue.
15:02Mais nous étions tous là, nous nous connaissons,
15:06nous nous étions heureux de nous retrouver entre confrères du monde entier.
15:09J'ai retrouvé des gens qui étaient avec moi à la Biennale de Doha, au Qapar, en 2025.
15:14Donc c'était très agréable.
15:16Et là, cette nouvelle est tombée qui honore le pays et qui honore une femme
15:23et qui honore, et on m'a dit, on imagine vos combats.
15:26Et du coup, je me suis sentie extrêmement émue, extrêmement soutenue
15:30et extrêmement comprise aussi dans la spécificité de ce que je faisais.
15:37Félicitations à vous pour ce prix, ce prix justement qui vient distinguer le projet de Tiznit.
15:42Mais est-ce qu'il peut aussi être considéré comme une reconnaissance
15:45d'une certaine conception de l'architecture et de la sauvegarde du patrimoine marocain, selon vous ?
15:51En fait, on ne peut pas distinguer patrimoine et création.
15:55C'est une artificialisation qui nous vient de la colonisation.
16:00On avait l'habitude d'avoir d'un côté les Médinas et de l'autre les villes européennes,
16:05c'est-à-dire d'un côté les matériaux locaux et de l'autre le béton armé.
16:09Or, ce n'est pas tout à fait ça.
16:12Il y a un fil qui est extrêmement intéressant à déployer,
16:15qui est plutôt le fil de ce qu'on appelle le vernaculaire
16:19et qui sont toutes nos techniques ancestrales que nous avons dans le royaume.
16:23Ça va du pisé en passant par des techniques de la pierre
16:26jusqu'aux formules biosourcées des plafonds peints, etc.
16:30Donc, je pense, si vous voulez, qu'on se méprend dans les catégories.
16:33Il n'y a pas d'un côté ceci et d'un côté cela.
16:36Il y a une continuité.
16:37Et même quand vous faites du patrimoine, entre guillemets,
16:40vous n'êtes jamais tourné vers l'avenir, vers le passé.
16:43Vous êtes toujours tourné vers l'avenir parce que, de toute façon, il s'agit de préserver.
16:47Et cette notion, je pense, de préservation, conservation, je pense qu'on l'abordera ensemble.
16:53Salim Anaji, pourquoi est-ce qu'il était si important pour vous
16:56de réaliser ce projet au cœur des remparts historiques de Tisnit ?
17:02Alors, la ville de Tisnit est classée.
17:04J'ai fait l'étude architecturale, on appelle ça le PASM.
17:09J'ai fait donc le plan de protection de la ville et de la Médina
17:13il y a peut-être maintenant presque dix ans.
17:16Et ça m'avait permis, à ce moment-là, de visiter chaque ancienne demeure
17:22et de réfléchir et de créer deux secteurs sauvegardés
17:25qui correspondaient aux deux écussons historiques de la Médina.
17:30Le premier écusson où s'origine la ville est celui où se place l'Akzbar-Naj,
17:35où il y a ce fameux musée ou centre d'interprétation, appelons-nous comme on veut
17:40« living center », comme on veut, on peut l'appeler vraiment comme on veut
17:44parce qu'en vérité, il y a une spécificité à rendre hommage à la ville.
17:48Cette ville, elle est construite en Pisay, elle était le bureau des confins
17:52pendant la colonisation, elle n'a pas développé de ville coloniale
17:56parce que c'était trop dangereux.
17:58Et c'est une ville extrêmement intéressante, comme toutes nos villes faites en terre,
18:04de Tangier à Smara et au-delà, et en pierre.
18:08Et du coup, il fallait que ces spécificités soient montrées.
18:13Ça, c'est la commande qui le stipulait.
18:15Du coup, on a réutilisé le Pizé.
18:17À l'époque, quand on a eu l'autorisation, c'était en 2011,
18:23il n'y avait pas encore le fameux RPC.
18:25Et donc, il a fallu attendre que le décret de 2014 le statuifie.
18:30Et nous, nous devions déjà travailler.
18:32Donc, nous avons embrayé sur ces techniques et ça me semblait le minimum
18:36de rendre hommage à une Médina séculaire extrêmement importante,
18:41redessinée par Moulay Hassan quand il dessine ses remparts,
18:44et extrêmement intéressante dans son urbanisme.
18:46Du coup, il fallait qu'on soit en harmonie avec ça
18:49et en harmonie aussi avec l'arrière-pays.
18:52C'est pour ça que j'ai créé de toute pièce une sorte de, comment on va dire ça,
18:57d'agadir, de grenier collectif à l'intérieur,
19:02qui soit une synthèse des greniers collectifs.
19:04Et nous avons comme ça une suite de lieux qui concentrent toutes les techniques
19:09qui sont des fragments d'architecture de l'ensemble de ce qui existe dans le Grand Sud.
19:13C'est-à-dire une question d'ouvrir vers cette découverte et d'ouvrir aussi vers cette question de l
19:19'appréhension.
19:20On peut et on doit construire avec ces techniques dites traditionnelles.
19:25Alors justement, lorsqu'on intervient sur un tel site historique,
19:28comment est-ce qu'on trouve l'équilibre entre d'un côté préserver ce qui existe déjà
19:31et permettre à l'architecture contemporaine de l'autre de s'exprimer ?
19:36Écoutez, comme je vous disais, l'architecture contemporaine,
19:41elle a été à un moment donné étouffée par le modernisme.
19:44Et puis, ils sont apparus après des gens, des figures comme le Corbusier, etc.
19:50D'autres écritures, Hassan Fadhi, le premier, qui est vraiment un pionnier en Égypte,
19:56qui réfléchit à tout ce qui est vernaculaire, à tout ce qui est terre crue,
19:59qui va réinvestir des techniques ancestrales.
20:02Et puis ensuite, on a Zuntor, Peter Zuntor, plus près de nous,
20:06et tout autre, énormément de figures comme ça, jusqu'au Pritzker africain,
20:11qui est Francis Kéré.
20:13Donc, eux, qu'est-ce qu'ils décident et qu'est-ce que je décide, moi, de faire
20:16dès le début de mes études et de mon travail sur le terrain ?
20:21C'est de rendre nos techniques ancestrales pas du tout attachées au passé,
20:27mais complètement dans l'action, aujourd'hui, dans l'action,
20:31de ce qui fait notre quotidienneté.
20:35Et ce, pourquoi ? Parce que ce sont des architectures adaptées.
20:40Ce ne sont pas des architectures qui sont venues comme ça.
20:44Elles sont adaptées climatiquement, elles sont adaptées au niveau des ressources locales,
20:48et elles nécessitent aussi des réglages, elles nécessitent de connaître d'où elles viennent.
20:54Et ensuite, on innove, on innove juste en décalant, en choisissant de stabiliser,
21:00en choisissant de voir comment retravailler certains procédés, tout en gardant leur spécificité.
21:06Alors, vous défendez l'idée d'un héritage tourné vers l'avenir.
21:10En tant qu'architecte, qu'est-ce que cela signifie concrètement pour vous ?
21:15Eh bien, souvent, comme vous l'avez dit, on oppose passé, présent, etc.
21:20Et comme je vous dis, moi, je préfère me dire, on est dans le présent, on a quoi ?
21:25On a un pays magnifique, on a un héritage extraordinaire qui se meurt,
21:30et puis on a des techniques qui sont en train, elles aussi, de mourir,
21:33en même temps que certaines architectures monumentales,
21:36des ressources, des cassabates, etc.
21:37Des greniers, moi, j'en ai restauré quand même une dizaine,
21:41donc je sais de quoi je parle.
21:43Et puis, d'autres figures de proue, je vois Agadir Oufullah,
21:47que nous avons, avec M. Ahmed Heji, le précédent Wali,
21:53accompagné du mieux que nous avons pu pour en faire une mémoire,
21:57mais aussi une mémoire active.
21:59Et je crois que c'est assez subtil, en effet,
22:02de réfléchir à ce genre de façon d'aborder les choses.
22:07Mais la question de préserver n'est pas la question de conserver.
22:12Ces techniques ancestrales, elles sont extrêmement durables,
22:17elles sont des techniques qui ont été mises au point sur la très longue durée,
22:22qui parfois ont un millénaire, parfois quelques siècles,
22:26mais qui sont des adaptations et à chaque fois qui s'améliorent.
22:30Du coup, quand vous les étudiez en profondeur,
22:34vous vous rendez compte et vous découvrez certains dispositifs à l'intérieur,
22:37notamment avec le bois.
22:39Et c'est ce que j'ai fait à Timinkar pour le Haut Atlas post-séisme,
22:44une école, une école entièrement en pierre, qu'on voit à l'image,
22:49et entièrement en mesure de, comment vous le dire,
22:54de résister à un tremblement de terre,
22:55parce qu'elles s'inspirent des techniques locales
22:58qui, elles-mêmes, sont parasismiques.
23:00Et donc, à ce moment-là, on construit quelque chose
23:04qui est ancré dans ses racines,
23:08mais qui est quand même tourné vers l'avenir,
23:10dans la mesure où, quand même, nous avons fait une adaptation
23:13à des besoins actuels
23:15et des petits aménagements
23:20qui font que ce n'est pas exactement une copie de l'ancien.
23:23C'est dans ça, avec cette notion de préservation,
23:27c'est-à-dire préservation des environnements,
23:29que cette architecture est durable et est contemporaine
23:32et porteuse d'avenir, parce qu'elle est durable.
23:35Alors, lorsqu'on protège le patrimoine,
23:37est-ce que le risque n'est-il pas parfois de le transformer
23:39en décor ou en objet de musée coupé, justement, de la vie quotidienne ?
23:45C'est pour ça que ce musée de Tisnit, par exemple,
23:49n'est pas du tout tourné vers ces musées,
23:52je dirais, d'une vieille époque coloniale,
23:55mais qui est vraiment tourné vers des choses contemporaines.
24:00Lorsque j'ai fait toute la muséographie intérieure de ce musée,
24:03j'ai réfléchi, bien sûr, j'ai eu le temps depuis 2013,
24:06j'ai réfléchi à tout ce que je connaissais
24:08de cet art et architecture berbère, c'est mon premier livre,
24:13Grenier collectif, le troisième, Portes du Sud, etc.
24:18Et donc, à chaque fois, je savais que je transmettais
24:21des choses qui étaient encore actives.
24:24Au Maroc, nous n'avons pas, encore une fois,
24:26ce n'est pas l'Europe, nous n'avons pas des choses mortes
24:30qu'on va figer, mais nous avons au contraire
24:33des choses toujours actives et complètement intéressantes
24:37à montrer, une vitalité, si vous voulez,
24:41qui est notre trésor.
24:43Et c'est ça qui est important.
24:45Cette vitalité, elle est aussi dans certaines techniques,
24:48parce qu'il y a encore des maçons, des malmines,
24:51des hommes de l'art, mais aussi des malmètes pour le tapis,
24:54qui sont en mesure de continuer.
24:57Vous n'avez plus ça.
24:58Ou vous avez ça dans des secteurs très, très spécifiques,
25:03Notre-Dame de Paris, vous avez vu la restauration,
25:06ça, c'est fait avec les compagnons du devoir, etc.
25:09Nous n'avons pas cet équivalent.
25:10Il serait temps de réfléchir à nos trésors vivants que sont,
25:14ces malmines, et comprendre que nous devons les conserver,
25:19ces techniques, mais les préserver et réfléchir,
25:23non pas à les reproduire pour une esthétique,
25:27pour quelque chose qui serait un décor,
25:30justement, comme vous disiez, mais plutôt quelque chose de dynamique,
25:33qui donne du travail aux jeunes,
25:36qui soit dans une façon de retrouver ce d'où l'on vient,
25:41et qui, en même temps, résonne,
25:44résonne en nous sans être quelque chose qui vient d'ailleurs
25:47et dont on s'est approprié sans trop comprendre.
25:50Et aussi, c'est une architecture vivante
25:53qui permet de renouveler.
25:55Si vous voulez, quand vous utilisez certains matériaux non renouvelables,
25:58on sait que le béton armé, il utilise à chaque fois des sables,
26:02même le béton armé qui est recyclé,
26:04des sables, des gravières, etc.
26:06C'est extrêmement polluant.
26:08Et donc, si on peut perdre...
26:10Justement, Salim Anaji, parlons-en des matériaux.
26:13Vous avez choisi de la terre crue pour ce projet.
26:15Pourquoi avoir choisi ce matériau ?
26:17Et qu'est-ce que, justement, ce matériau permet
26:18que les autres matériaux contemporains ne permettent pas nécessairement ?
26:22Il a une inertie thermique extraordinaire.
26:26Quand on rentre à l'intérieur, il fait 27 degrés,
26:29même quand il fait 45 à l'extérieur.
26:31Et il y a un autre dispositif qui se rajoute,
26:34c'est une ventilation haute,
26:35comme dans les presses à battre,
26:37comme dans les architectures,
26:38les tagadirs,
26:40toutes ces architectures dites vernaculaires
26:41qui ont des dispositifs de refroidissement.
26:44Et puis, en même temps,
26:46elles ont une matérialité, une force, une puissance
26:49et elles nous rapprochent complètement de la matrice terre,
26:54c'est-à-dire d'où l'on vient.
26:56Donc, les gens seront toujours éblouis.
26:59Et quand on fait avec des jeunes gens comme avec des adultes,
27:02il y a toujours cette question d'être sensible,
27:05d'être touché par ce matériau.
27:07Et je me souviens d'une exposition que nous avons fait
27:10à la Villa des Arts déjà en 2002
27:12sur ces questions de patrimoine en péril.
27:14Et les enfants, notamment, étaient séduits par les senteurs,
27:19par la douceur, par la matérialité.
27:21C'est-à-dire que nous ne sommes pas des êtres
27:23qui avons besoin d'être en immersion dans des boîtes vides.
27:27Nous avons besoin de nous raccrocher
27:29à quelque chose qui nous définit.
27:31Cette architecture vivante permet ça.
27:33Vous avez également réuni la pierre, le bois,
27:36le tatawi et la terre.
27:37Est-ce que c'est une manière de remettre pour vous au centre
27:40une intelligence constructive,
27:42propre au territoire marocain ?
27:44Oui, parce que nos aïeux, avec très peu de moyens,
27:50ont su faire des miracles.
27:52Et nous ne devons pas, nous, nous détourner de ça.
27:56À l'image, vous voyez cette très belle architecture
27:59que nous avons faite dans l'autre atlas,
28:01qui a été inaugurée lundi
28:05et qui a été faite en moins d'une,
28:08enfin on va dire à peu près 12 mois, 14 mois,
28:11qui est entièrement en pierre et bois,
28:14qui est parasismique
28:15et dont vous apercevez la beauté des plafonds.
28:19Cette façon de faire
28:21permet à la fois d'avoir des espaces
28:24d'une beauté extraordinaire
28:25et comme c'est une école,
28:26ça permet vraiment d'avoir des enfants
28:28qui sont fiers de leurs origines
28:31et en même temps, on répond à ce message royal
28:34qui disait
28:35« une architecture en matériaux locaux,
28:38une architecture qui est enracinée
28:41qu'à une identité,
28:42une architecture de la dignité sociale ».
28:44Je pense personnellement
28:46que des architectures de cette qualité
28:48que nous avons réussi à faire
28:50là où on dit
28:51« c'est trop cher, c'est pas possible,
28:53c'est impossible, etc. »
28:54Mais si, c'est faisable, c'est possible,
28:56il suffit de s'y atteler,
28:58d'avoir la conviction, la force
29:00de suivre des chantiers extrêmement complexes,
29:03extrêmement difficiles,
29:04d'être outillés,
29:05d'être en mesure de comprendre ces techniques
29:07et d'accompagner.
29:09Et là, on est devant, à nouveau,
29:12quelque chose qui parle à nos sens
29:14et qui fait notre fierté.
29:16Et je pense que pour le Brutatlas
29:19ou le tourisme extrêmement important,
29:21il est important que les gens
29:23soient dans des espaces de qualité
29:25pour montrer cette dignité.
29:27Et il est important que les enfants
29:29grandissent et s'épanouissent
29:30dans des écoles de cette qualité
29:32pour ces mêmes raisons.
29:33Alors, vous dites que ce projet
29:34rend hommage aux artisans.
29:37Quelle place occupe-t-il réellement
29:38dans votre conception de l'architecture ?
29:41Vous parlez du projet de Timinka
29:45ou du projet de Tiznit ?
29:49De Tiznit.
29:50Restons sur Tiznit.
29:52Tiznit, c'est une ville
29:53que j'habite depuis 2008.
29:55C'est une ville dont je me suis occupée.
29:57C'est une ville dont je répare régulièrement
29:59un certain nombre de choses
30:01qui sont souvent abîmées.
30:04C'est une ville où nous avons refait
30:06la synagogue ancestrale
30:08de la famille Moyel,
30:10qui est une famille extrêmement importante
30:12de rabbins depuis, je crois,
30:15huit ou dix générations.
30:16C'est à la fois une ville
30:18qui fait le lien avec le Sahara,
30:21où j'ai beaucoup travaillé,
30:23et c'est une ville qui est liée aussi
30:24à tout cet arrière-pays
30:26d'une richesse infinie
30:27et qui est en train de mourir.
30:29Mourir parce que la population le quitte
30:31pour des raisons de sécheresse
30:33et mourir aussi parce que la vie
30:35y est de plus en plus difficile.
30:38En restaurant, en sauvant
30:39le minaret d'Aqa,
30:41les greniers collectifs,
30:43l'ensemble des ursaux
30:44dont je me suis occupée,
30:45tout ce patrimoine
30:46que j'ai voulu sauver
30:48de toutes mes forces
30:49pendant ces 25 ans,
30:50on va dire,
30:51eh bien, je voulais aussi
30:52que quand les gens viennent
30:53dans cette ville,
30:54ils se disent
30:55« Et si nous allions voir
30:56cette arrière-pays-ci riche ? »
30:58« Et si nous allions découvrir
31:00cette architecture
31:01qui nous est présentée
31:02en miniature, en synthèse ? »
31:04« Et si nous allions
31:07vraiment la découvrir ? »
31:08Et ça, c'est pour ouvrir
31:09des routes,
31:10pour développer le tourisme,
31:11pour montrer à tout le monde,
31:14c'est-à-dire à la fois
31:15aux Marocains d'ici,
31:16aux Marocains d'ailleurs,
31:17aux étrangers,
31:18à tous ceux qui aiment ce pays,
31:20combien la richesse
31:22qu'il a fabriquée
31:23est importante
31:25à préserver
31:26et à prolonger
31:28pour les générations de demain.
31:30C'est ça qui me motive,
31:32c'est ce qui fait
31:32toute la force de ma conviction,
31:34et ces réussites
31:35incarnent cela.
31:36Elles transportent les gens,
31:38ils se disent
31:39« Ah, mais alors c'est possible ? »
31:41J'ai eu des gens
31:41qui m'ont dit
31:41« Mais alors on peut ? »
31:42Quand on a visité,
31:43quand on a lancé
31:44à Gladi Rufla en 2022,
31:46les gens pleuraient,
31:47ils étaient émus,
31:48ils me disaient
31:48« Mais alors on peut ? »
31:49« Mais oui, on peut
31:50et on doit. »
31:51« On doit aujourd'hui
31:52faire une architecture vivante,
31:54respectueuse de notre histoire
31:56et tourner vers l'avenir
31:57par des techniques
31:59adaptées, situées
32:00et qui font sens
32:01et qui peuvent développer
32:03toutes les filières,
32:04les filières terre,
32:05les filières terre
32:06et les filières bois. »
32:08Comment est-ce qu'on peut faire
32:08alors pour que
32:09les populations locales
32:10soient pleinement
32:11partie prenante
32:12de cette préservation
32:13et ne la perçoivent pas
32:14comme une contrainte
32:15venue d'en haut,
32:16si je peux me permettre ?
32:18Alors, quand on a travaillé
32:20avec M. Ahmed Hejji
32:23sur l'UXA TESSA,
32:25nous avions cette croyance
32:28que les gens n'en voudraient pas
32:30sous prétexte que c'était
32:32considéré comme archaïque.
32:34Et puis, on s'est trompé.
32:36On a avancé,
32:37les gens ont tout de suite
32:38investi les lieux,
32:40ils m'ont dit
32:40« Mais tu as oublié les loges
32:41du théâtre de plein air,
32:42il faut que tu nous fasses
32:43une loge ici, etc. »
32:44Ils ont été partie prenante,
32:46je dirais,
32:46dans le dessin
32:47pour améliorer
32:48le travail premier.
32:50Et puis,
32:51c'est ce que j'appelle
32:51la co-écriture.
32:53Et puis ensuite,
32:54ils ont tout de suite
32:55investi les lieux
32:56et je crois
32:57qu'il ne faut pas
32:58prendre les communautés
33:00pour des gens
33:02qui s'arrêtent
33:03à des idées.
33:04Je pense que
33:05quand il y a Nia
33:06ou le Khedma
33:08et quand il y a aussi
33:09un vrai engagement
33:10sur le terrain,
33:11quand ce n'est pas juste
33:12quelque chose de,
33:14je dirais,
33:16de calpinage,
33:17une espèce de pellicule
33:18qui recouvre,
33:19alors ils comprennent
33:20leur intérêt,
33:21alors ils adhèrent.
33:22Mais c'est vrai,
33:23c'est difficile
33:24et c'est vrai,
33:25ça ne s'improvise pas.
33:27Mais en même temps,
33:28dès que ça se fait,
33:30les gens adhèrent.
33:32Salima Nagy,
33:33malheureusement,
33:33notre entretien
33:34touche à sa fin.
33:35Une dernière petite question
33:36brièvement pour terminer.
33:38Si vous deviez retenir
33:39une seule leçon
33:39de votre expérience,
33:41comment faire en sorte
33:42que le patrimoine
33:42ne soit pas seulement
33:43l'héritage du passé,
33:44mais plutôt une matière
33:46pour construire
33:46le Maroc de demain ?
33:47Et préserver.
33:49Je retiendrai
33:50ce mot de préservation,
33:51c'est-à-dire
33:51préserver le présent
33:53permet de préserver
33:55le futur
33:55tout en ayant
33:57ses racines.
34:00Et d'ailleurs,
34:01on reconnaît
34:03un arbre
34:04à ses fruits.
34:05Cette image,
34:07je pense,
34:09est à retenir
34:10pour l'avenir
34:11du royaume
34:12dans une architecture
34:14maîtrisée,
34:15assumée
34:15et donc qui fait
34:17notre fierté.
34:18Merci beaucoup,
34:19Salima Nagy,
34:19pour notre analyse
34:20et d'avoir répondu
34:21à nos questions
34:22depuis Casablanca.
34:23C'était un plaisir
34:23de vous avoir parmi nous
34:24et encore toutes nos félicitations
34:25pour votre prix.
34:26Je rappelle que vous êtes
34:28architecte et anthropologue
34:29marocaine.
34:29Merci.
34:30Merci à vous.
34:33Il est l'heure à présent
34:34de faire le tour
34:34de l'actualité économique
34:35nationale et internationale
34:36et c'est avec
34:37Dinam Rény.
34:47À la une de cette édition
34:48et parmi les grands projets
34:50qui doivent renforcer
34:51l'attractivité économique
34:52du royaume,
34:54Nador Westmed
34:54s'apprête désormais
34:56à entrer dans une nouvelle phase.
34:58Le terminal est
34:59du futur complexe portuaire
35:01se prépare à accueillir
35:02ses premières opérations
35:04commerciales.
35:05Les infrastructures
35:06sont désormais
35:07en phase de préparation
35:08opérationnelle
35:09avec l'installation
35:11progressive
35:11des équipements
35:12nécessaires à la manutention
35:14des conteneurs.
35:16Plusieurs portiques
35:17de quais
35:17ont déjà rejoint
35:18le terminal
35:19qui doit entrer
35:20en service
35:21au quatrième trimestre
35:22de cette année.
35:22A terme,
35:24ce terminal disposera
35:25d'un quai de 1520 mètres
35:27et d'un tirando
35:29de 18 mètres.
35:30Le projet doit ainsi
35:32renforcer la position
35:33de l'orientale
35:34dans les échanges
35:35maritimes internationaux
35:36et faire de Nador
35:37un nouveau hub
35:38de transbordement
35:39en Méditerranée.
35:41Et pour accompagner
35:42cette mise en service,
35:43la filiale concessionnaire
35:44du terminal
35:45a également sécurisé
35:47un financement
35:47de près de 197 millions d'euros,
35:50soit environ 2,1 milliards
35:53de dirhams
35:53auprès de trois banques
35:55marocaines.
35:56Dans l'actualité nationale
35:58également,
35:58coup d'envoi officiel
36:00de la nouvelle année
36:01de formation professionnelle.
36:02L'OFPPT annonce
36:04424 000 places pédagogiques
36:06pour l'année 2026-2027.
36:09Le dispositif
36:10s'appuie désormais
36:11sur 513 établissements
36:13avec l'ouverture
36:14de 18 nouvelles structures
36:15et le lancement
36:17de 193 nouvelles filières.
36:19Au total,
36:20l'offre compte
36:21658 filières
36:23réparties sur 19 secteurs.
36:26Objectif,
36:27mieux répondre
36:27aux besoins
36:28du marché de l'emploi
36:29et aux métiers
36:30de l'avenir.
36:31Parmi les nouveaux domaines
36:32ciblés,
36:33la cybersécurité,
36:34le gaming,
36:35l'intelligence artificielle
36:37et l'économie verte.
36:38Le déploiement
36:39des cités,
36:40des métiers
36:40et des compétences
36:41se poursuit également.
36:43Trois nouvelles cités
36:44doivent ouvrir
36:44avant la fin de l'année.
36:46Portant à 12,
36:47le nombre des cités
36:48opérationnelles
36:49dans le royaume.
36:51Et puis dans le reste
36:52de l'actualité,
36:53l'emploi a augmenté
36:54dans la zone euro
36:55de 0,1%
36:57au deuxième trimestre
36:58de cette année,
36:59selon les statistiques
37:00officielles.
37:01Même progression
37:02pour l'ensemble
37:03de l'Union européenne.
37:05Sur un an,
37:06la hausse atteint
37:070,5%
37:08dans la zone euro
37:09et 0,4%
37:11dans l'Union européenne.
37:13Au total,
37:14221,4 millions
37:16de personnes
37:17occupaient un emploi
37:18dans l'Union européenne
37:20au deuxième trimestre,
37:21dont 176,4 millions
37:24dans la zone euro.
37:25Le Portugal affiche
37:27la meilleure performance
37:28trimestrielle
37:29avec une hausse
37:30de 1%
37:31devant la République tchèque
37:33et Malte
37:33à 0,9%.
37:35A l'inverse,
37:37l'emploi recule
37:38en Finlande
37:38et en Grèce.
37:40Le marché automobile allemand
37:42affiche une nette
37:43accélération
37:44de l'électrique.
37:45Les immatriculations
37:46de voitures particulières
37:48100% électriques
37:49ont bondi
37:50de 75,1%
37:52en août
37:53sur un an.
37:54Au total,
37:55près de 69 000 véhicules
37:57électriques
37:58ont été immatriculés
38:00en Allemagne
38:00durant le mois d'août.
38:02Ils représentent
38:03désormais
38:0432,4%
38:05du marché
38:06des voitures neuves.
38:07Plus largement,
38:08le marché automobile allemand
38:10a progressé
38:11de 2,6%.
38:12Les véhicules hybrides
38:14rechargeables
38:15progressent également
38:16de 6%,
38:17avec plus de
38:1825 000 unités.
38:20En additionnant
38:21les différentes
38:22motorisations hybrides,
38:24celles-ci
38:25représentent
38:26près de 40%
38:27des nouvelles
38:27immatriculations.
38:29A l'inverse,
38:30les motorisations
38:31thermiques
38:32poursuivent
38:32leur recul.
38:33Les voitures
38:34à essence
38:34chutent
38:35de 37,9%.
38:37pour une part
38:38de marché
38:39ramenée
38:39à 16,7%.
38:41Le diesel
38:42recule lui aussi
38:43de 17,3%
38:44et ne représente
38:46plus que
38:4610,6%
38:48du marché.
38:49Volkswagen
38:49reste la première
38:51marque
38:51en Allemagne
38:52avec 15,2%
38:54de part
38:55de marché,
38:55malgré une baisse
38:56de ses
38:57immatriculations
38:58sur un an.
39:00Et enfin,
39:01on s'intéresse
39:01à cette
39:02spectaculaire
39:03progression
39:03du commerce
39:04extérieur chinois.
39:05Les exportations
39:07ont bondi
39:07de 25%
39:08sur un an
39:09en août,
39:10après 23,9%
39:12en juillet.
39:13Les véhicules,
39:15les semi-conducteurs
39:16et les produits
39:16de haute technologie
39:18tirent cette performance,
39:19notamment grâce
39:20à la forte demande
39:21mondiale
39:22liée aux investissements
39:23dans l'intelligence
39:24artificielle.
39:25Les importations
39:27accélèrent
39:27elles aussi
39:28avec une hausse
39:29de 28,2%.
39:31Résultat,
39:32l'excédent
39:33commercial chinois
39:34atteint
39:34119,1 milliards
39:36de dollars
39:36en août.
39:37Cette dynamique
39:38constitue
39:39un précieux soutien
39:40pour une économie
39:41chinoise
39:42dont la croissance
39:43a ralenti
39:44à 4,3%
39:45au deuxième trimestre.
39:47Pékin
39:47vise une croissance
39:48comprise
39:49entre 4,5%
39:50et 5%
39:51cette année.
39:52Mais cette
39:53dépendance
39:53à la demande
39:54extérieure
39:55nourrit également
39:56les tensions
39:56avec les Etats-Unis
39:58et l'Union européenne
39:59qui demandent à la Chine
40:01de stimuler davantage
40:02sa consommation intérieure.
40:04Les prochaines discussions
40:05entre Pékin
40:06et Washington
40:07porteront donc
40:08particulièrement
40:09sur les droits
40:09de douane
40:10et les technologies.
40:13Votre soir-info
40:15se poursuit
40:15avec l'invité culture.
40:16Maryam Hamlishi
40:17reçoit aujourd'hui
40:18l'écrivain
40:19et professeur universitaire
40:20Abdullah Bayda.
40:30Mesdames et messieurs
40:31bonsoir
40:32et bienvenue
40:32dans l'invité culture.
40:34Mon invité ce soir
40:35est un passionné
40:36des lettres.
40:37Dans son dernier roman
40:38intitulé
40:39Mon royaume
40:39pour un crématorium,
40:41Abdullah Bayda
40:42mène une réflexion
40:43sur la liberté
40:44de disposer
40:45de son corps.
40:46Jusqu'où
40:47s'étend
40:47notre liberté
40:48individuelle
40:49face
40:49aux pesanteurs
40:51de la société
40:51et des traditions,
40:53la mort peut-elle
40:54être le lieu ultime
40:55de l'émancipation ?
40:57Un livre
40:57qui aborde
40:58avec une sensibilité
40:59poétique
40:59et audacieuse
41:01les thèmes
41:01du corps,
41:02de la finitude,
41:03de la liberté
41:04individuelle
41:04et des tabous
41:06socio-culturels.
41:07Abdullah Bayda,
41:08vous êtes professeur,
41:08écrivain.
41:09C'est un plaisir
41:10de vous avoir avec moi
41:11ce soir.
41:12Merci pour l'invitation.
41:13On va revenir
41:14sur ce roman
41:14que j'ai entre les mains
41:15mon royaume
41:16pour un crématorium
41:17où on voit.
41:18En tout cas,
41:18elle affiche un background.
41:20Donc,
41:21un style qui change
41:23un petit peu
41:23du dernier roman
41:24dont on a discuté
41:25l'année dernière.
41:26Sacré personnage.
41:27Sacré personnage.
41:30Dites-moi un petit peu
41:31comment s'est faite
41:32l'écriture de cette histoire,
41:34comment l'idée
41:34d'abord est venue ?
41:36C'est toujours
41:37un peu délicat
41:39de déterminer
41:40exactement
41:40le moment
41:41où l'idée
41:42arrive
41:43parce que
41:44parfois
41:45elle arrive
41:46elle arrive
41:47par couche,
41:49par sédimentation,
41:50par des petites idées,
41:52des petites remarques,
41:53des petits incidents
41:54qu'on voit,
41:55qu'on observe
41:56dans la vie.
41:57Et ici,
41:59les questions
41:59d'abord
42:00du corps,
42:01voilà,
42:01du corps
42:02et après
42:02du sort
42:03qu'on donne
42:03à ce corps.
42:04Et après,
42:05quand j'ai mené
42:07cette réflexion
42:08qui apparaît
42:09déjà
42:09dans certains
42:11romans,
42:12mes précédents romans,
42:13ici,
42:14j'ai essayé
42:15de pousser
42:16un petit peu
42:17le curseur
42:18un peu plus loin
42:19et ce personnage
42:21féminin,
42:22sa pensée
42:23autour
42:23de son corps,
42:24Isa,
42:26voilà,
42:28ce personnage,
42:29sa pensée
42:29autour
42:30du corps
42:31le mène
42:32jusqu'à
42:33penser
42:34à le delà,
42:35après sa mort.
42:37Et c'est ça aussi,
42:38cette question
42:39de l'après-mort
42:41est également
42:42capitale
42:43parce que,
42:44comme vous l'avez dit
42:45dans l'introduction,
42:47il y a
42:48des ouvertures,
42:49il y a
42:49l'inconnu,
42:51il y a
42:51parfois
42:52des questions
42:53qu'on ne se pose pas
42:54et c'est
42:56le cadre
42:57romanesque
42:57et tout à fait
42:59un cadre
43:00propice
43:00pour ces
43:02interrogations
43:03qui sont
43:04parfois
43:05tu.
43:06Ce cadre
43:07qui permet
43:08cette liberté
43:08aussi
43:09et de mener
43:11une certaine
43:12réflexion
43:12de se poser
43:13des questions
43:14finalement,
43:15des questions
43:16qui restent
43:16tout de même
43:17existentielles
43:17et nécessaires.
43:19En tout cas,
43:20vous l'avez dit
43:20tout à l'heure,
43:21vous parliez du corps,
43:22ce qu'on fait subir
43:23au corps
43:23mais aussi
43:24ce corps
43:24qui nous lâche
43:25au moment
43:26où on s'y attend
43:26le moins.
43:27C'est un petit peu
43:28en tout cas
43:29l'histoire
43:29d'Isa
43:30qui tombe malade
43:31et qui se bat
43:32d'abord
43:33contre la maladie
43:34mais malheureusement
43:35elle comprend
43:36qu'elle est condamnée
43:38et là
43:38c'est à ce moment-là
43:39que la réflexion
43:40commence
43:41qu'adviendrait-il
43:42de moi
43:43la mort
43:44et l'après.
43:45Oui, tout à fait.
43:46Tout à fait,
43:47c'est après
43:47parce que déjà
43:48il se posait
43:49déjà des questions
43:50à propos
43:51de son corps
43:52dans une société
43:53un peu conservatrice
43:55etc.
43:56Ça l'a gêné
43:57comme on le voit
43:57au début du roman
43:59certains regards
44:00qui se posaient
44:00sur son corps
44:01et de là
44:03peut-être
44:03que c'est
44:04chez ce personnage
44:05féminin
44:07et c'est la première fois
44:08dans mes romans
44:09que je donne
44:09la parole
44:10à un personnage
44:13féminin
44:13Qu'est-ce que ça fait
44:14justement ?
44:15que ce n'est pas évident
44:16parce que dire
44:18je
44:18quand j'écris
44:21mais c'est
44:22de mettre
44:23tout
44:23le corps
44:25féminin
44:26toute la sensibilité
44:27féminine
44:28dans ce jeu
44:29c'est un bon jeu
44:30c'est une gageure
44:32et franchement
44:34ce n'est pas facile
44:36parce que parfois
44:36il faut refaire
44:37la même phrase
44:38plusieurs fois
44:39et parfois
44:39quand vous dites
44:43vous écrivez
44:44ou le personnage
44:44écrit
44:45je suis présent
44:46et il écrit
44:46je suis présent
44:47et non pas
44:47je suis présente
44:48donc il y a
44:49tout cet exercice
44:50tout au long
44:51de l'écriture
44:51qui a dû se faire
44:52et puis
44:54franchement
44:55j'ai beaucoup hésité
44:56parce que
44:57est-ce que c'est possible
44:59de parler
45:00au nom
45:01d'une femme
45:02quand on n'est pas femme
45:03est-ce que c'est pas possible
45:04la question se pose
45:06au niveau de la littérature
45:07donc c'est pas
45:08pour la première fois
45:09mais au niveau
45:10même international
45:11la question s'est posée
45:12est-ce qu'on peut parler
45:13au nom
45:14d'une autre
45:15d'une catégorie
45:16à laquelle on n'appartient pas
45:17en tout cas
45:18ça ne se ressent pas du tout
45:19que vous êtes un homme
45:20à l'écriture de votre roman
45:21merci
45:22exercice réussi
45:23ça je peux vous l'assurer
45:24voilà
45:25donc il y a cet effort
45:26il y a cet effort
45:27à faire
45:28de tant plus
45:29parce que j'aurais pu
45:30tout simplement
45:31écrire le roman
45:31à la troisième personne
45:33faire de ce personnage
45:34ça aurait été plus simple
45:35dans la démarche artistique
45:38dans la démarche linguistique
45:41oui
45:42ça aurait été simple
45:43mais dans la charge émotionnelle
45:47etc
45:48il y aura cette barrière
45:50entre le lecteur
45:52et le personnage
45:52et moi je voulais
45:54que ce personnage féminin
45:56qui a des choses à dire
45:57qui a une vie intérieure
45:59beaucoup plus
46:02beaucoup plus vibrante
46:04beaucoup plus riche
46:05que les événements
46:07en réalité
46:08qui se sont passés
46:09dans le roman
46:10je veux que le lecteur
46:12puisse sentir immédiatement
46:15sans barrière
46:16cette vie intérieure
46:19du personnage
46:20et de tant plus
46:21que j'ai senti
46:22qu'Isa a des choses à dire
46:24et elle voulait les dire
46:26directement
46:26presque directement
46:27au lecteur
46:28c'est pour ça
46:29que j'ai effacé
46:30la troisième personne
46:32j'ai maintenu
46:34le jeu
46:35et aussi
46:36dans cette urgence
46:38parce que
46:38la deuxième partie
46:40du roman
46:40sera encore
46:40beaucoup plus urgente
46:42et on va passer
46:44d'une narration
46:44à la première personne
46:46à un journal intime
46:47carrément
46:48parce que ça y est
46:49on est dans
46:51dans l'accélération
46:53de l'action
46:53on est dans
46:54les derniers moments
46:55et donc
46:55il faut que la parole
46:57passe directement
46:58au jour le jour
46:59un personnage féminin
47:00en tout cas
47:01affirmé
47:02percutant
47:03et puis ça
47:04on le sent
47:04dès le début
47:06à la première page
47:07première ligne
47:08on sent que la charge émotionnelle
47:10effectivement
47:10comme vous l'avez dit
47:11des mots sont assez forts
47:12et puis
47:14Isa
47:14qui veut contrôler
47:15ce qui adviendra
47:16de son corps
47:17après sa mort
47:18une réflexion
47:19donc profonde
47:20sur finalement
47:21la liberté
47:21dont on dispose
47:22aujourd'hui
47:23en tant qu'être
47:24finalement
47:25être vivant
47:26tout simplement
47:27oui tout à fait
47:28parce que ça nous concerne
47:29tous
47:30ça ne concerne pas
47:30seulement la femme
47:31mais ici
47:33ce personnage féminin
47:34est beaucoup plus sensible
47:35à la question
47:36et puis il y a cette question
47:37de partir sans laisser de traces
47:39de partir sans laisser de traces
47:41et pour dire les choses
47:42directement
47:43à la crémation
47:44donc la crémation
47:45dans une société
47:46comme la nôtre
47:47n'est pas acceptée
47:49alors qu'il y a des gens
47:51qui préfèrent
47:52la crémation
47:54qui préfèrent être incinérés
47:55au lieu d'être
47:57enterrés
47:57comme c'est
47:58dans les normes
47:59dans nos règles
48:00nos traditions
48:02pourquoi ce besoin urgent
48:03de ce personnage
48:04de ne pas laisser de traces
48:06voilà c'est la question
48:07du corps justement
48:08parce que
48:09durant son parcours
48:11durant sa vie
48:14elle a senti
48:15que son corps
48:16est à la fois
48:19objet de convoitise
48:21mais elle est également
48:22objet de haine
48:24en tout cas
48:26c'est un corps
48:27qui n'avait pas trouvé
48:28sa place
48:28dans la société
48:30et des incidents
48:32etc.
48:33montrent également
48:34que certains corps
48:35ont été profanés
48:37après leur mort
48:39et donc
48:40ce personnage
48:41comme il est un peu singulier
48:43aussi
48:44veut aller
48:45à l'encontre
48:46de sa société
48:47et chercher
48:48et chercher
48:49cette possibilité
48:50et donc
48:51le roman
48:53c'est aussi
48:54à cette occasion
48:55une interrogation
48:56sur la crémation
48:57sur les habitudes
48:58sur la question
49:00de l'enterrement
49:01et aussi
49:02la question
49:03du rapport
49:04de l'individu
49:05à la société
49:05à la vie
49:06et à la mort
49:07aussi
49:07ce déambulement
49:08entre la maladie
49:09la mort
49:10et puis
49:10tout simplement
49:11fatalement
49:12la vie
49:14vous l'avez dit
49:15un personnage singulier
49:16et je reprends
49:18le terme
49:18percutant
49:19parce que
49:19dès les premières phrases
49:21vraiment
49:21dès les premiers mots
49:22il y a cette phrase
49:23qu'elle dit
49:24puisque je perds ma vie
49:25il faut que je sauve
49:26ma mort
49:27donc on sent
49:27d'abord cette urgence
49:28mais aussi
49:29cette force
49:30cette force émotionnelle
49:33ou cette charge émotionnelle
49:34dans les mots
49:34que vous écrivez
49:35oui et c'est assez paradoxal
49:38parce que
49:39normalement
49:40quand on est condamné
49:42à mort
49:42etc
49:43ça y est
49:43c'est la fin
49:44on baisse les bras
49:45on abandonne
49:47voilà
49:47on baisse les bras
49:48c'est tout à fait
49:49le contraire
49:50avec Isa
49:50c'est là
49:52où elle commence
49:53à être pétillante
49:54à vouloir faire
49:55autre chose
49:56à découvrir
49:58à s'interroger
49:59il avait
50:01une vie
50:04très
50:05très ardente
50:06d'ailleurs
50:07l'image du feu
50:09apparaît
50:10à tout bout de champ
50:10dans ce roman
50:12et puis cette idée
50:13de purification
50:14par le feu
50:15exactement
50:15exactement
50:16donc il y a aussi ça
50:17ou bien aussi
50:19le fait que
50:20le feu va
50:21parce que le feu
50:23est également
50:25un élément
50:27naturel
50:28un élément
50:28de transfiguration
50:29donc
50:31avec le feu
50:33on peut
50:33transformer
50:34des matières
50:35etc
50:35c'est également
50:36une pensée
50:37qui a traversé
50:38le personnage
50:39et que du moment
50:40
50:42ce corps
50:43est en train
50:44de lâcher
50:45dans ce monde
50:47le feu
50:48va peut-être
50:48pas seulement
50:49le brûler
50:50pas seulement
50:51l'anéantir
50:53mais peut-être
50:54le ressusciter
50:55autrement
50:55on peut parler
50:56d'un personnage
50:57quasiment à part entière
50:58le feu
50:59qui caractérisait
51:00un petit feu
51:01tout au monde
51:01exactement
51:02parce que le feu
51:04est à la fois
51:04dans l'histoire
51:06des parents
51:07d'Isa
51:08mais il est également
51:10dans sa quête
51:12beaucoup d'événements
51:13ont été évoqués
51:15dans l'inquisition
51:18en Espagne
51:19au moment
51:20des
51:22maurisques
51:23etc
51:23parce qu'elle
51:25prétend être
51:26une descendante
51:27des maurisques
51:28ce qui pourrait
51:29être une possibilité
51:31d'aller ailleurs
51:32et de brûler
51:33comme on dit
51:34brûle
51:35vers l'autre rive
51:36et ce sera
51:37une possibilité
51:38aussi de brûler
51:39son corps
51:40et il a même
51:41vécu l'expérience
51:42puisqu'elle est partie
51:44à Tarifa
51:45et les derniers événements
51:46qui se sont déroulés
51:47à Suta
51:48sont plus ou moins
51:50relatés ici
51:50parce qu'elle a vécu
51:53le personnage d'Isa
51:54a vécu
51:55à la fois
51:55dans la traversée
51:56même si elle avait fait
51:57la traversée
51:58en toute l'égalité
52:00a vécu
52:01à vue
52:02de ses propres yeux
52:03ses conditions
52:06d'immigrés
52:08clandestins
52:09et également
52:10les conditions
52:11dans lesquelles
52:12ils vivent
52:13à Tarifa
52:15et ce qu'il a fait
52:17aussi
52:18ce qu'il a beaucoup
52:19bousculé également
52:20dans ses convictions
52:22parce qu'elle a pu
52:23rencontrer
52:24des personnages
52:25qui sont presque
52:26morts
52:27alors qu'ils sont vivants
52:28vous voyez
52:30une petite contradiction
52:31alors qu'elle
52:33elle se paie
52:34le luxe
52:34de penser
52:35à après sa mort
52:36à ce qu'elle va faire
52:37après sa mort
52:38donc
52:40un ensemble
52:41de questions
52:42se posent
52:43dans le roman
52:43à travers
52:44le regard d'Isa
52:45et ces questions
52:46on essaie
52:48de ne pas donner
52:48il n'y a pas de réponse
52:49j'allais y venir
52:50vous sauvez
52:51un certain nombre
52:52de questions
52:52mais est-ce qu'il y a
52:53des éléments
52:53de réponse
52:54qu'il faut décider
52:55en tant que lecteur
52:56personnellement
52:58je pense
52:59que les réponses
53:01les questions
53:01sont déjà
53:02très importantes
53:03à poser
53:03et à partir
53:05du moment
53:06où on pose
53:06les questions
53:07on découvre
53:08qu'il y a
53:08différentes possibilités
53:10de réponses
53:10et non pas seulement
53:11une réponse
53:12et on commence
53:14à relativiser
53:14les choses
53:16on arrive déjà
53:17au terme
53:17de cet entretien
53:18ça passe très vite
53:1913 minutes
53:20surtout quand on parle
53:20de vos romans
53:22mais est-ce que vous auriez
53:22un dernier mot
53:23à partager
53:24avec nos chers
53:24téléspectateurs
53:25avant de se quitter
53:28bon
53:29je veux dire
53:29tout simplement
53:30que ce sont là
53:31que ce soit les lectures
53:32que ce soit l'écriture
53:33ce sont des expériences
53:34qui nous marquent
53:35le fait d'avoir écrit
53:36ce roman
53:38m'a fait traverser
53:39ce parcours
53:40et j'espère
53:41que pour le lecteur
53:42également
53:43ça sera une traversée
53:45une découverte
53:46des interrogations
53:47qu'il pourrait ajouter
53:48aux interrogations
53:49des armes
53:49en tout cas
53:50on rentre tout de suite
53:50dans le vif du sujet
53:51ça c'est sûr
53:53je le montre à nouveau
53:54mon royaume
53:54pour un crématorium
53:55donc votre livre
53:57qui est sorti
53:57en 2026
53:59merci à vous
54:00chers téléspectateurs
54:01pour votre fidélité
54:02on se retrouve demain
54:03très bonne soirée
54:07c'est aussi la fin
54:08de ce journal
54:08merci à vous de nous suivre
54:09l'information revient
54:10dans un instant
54:11sur Média TV
54:11merci à vous
54:14merci à vous
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