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  • il y a 11 minutes
Tous les matins à 8h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Écoutez cette phrase, elle est glaçante.
00:01« Si t'étais un homme, je t'aurais coupé la tête. »
00:04Voilà les menaces proférées par un père de famille à l'enseignante de son fils.
00:08Il l'a non seulement dit, mais il l'a redit, re-redit.
00:11Il l'a poursuivie jusqu'à l'intérieur de l'établissement.
00:13Et il a manifesté plusieurs fois, non seulement ces propos-là,
00:17mais également l'idée que son fils pourrait revenir avec un couteau.
00:20Ça s'est passé la semaine dernière dans la région toulousaine.
00:22Thierry Pajot est avec nous, secrétaire national du syndicat des directeurs et directrices d'école.
00:27Ce père de famille, il a été jugé en comparution immédiate,
00:30condamné hier soir à de la prison ferme, six mois de prison ferme.
00:33Est-ce que vous êtes satisfait après ce verdict ?
00:36Oui, bonjour. Oui, nous sommes soulagés.
00:39Nous ne voulions pas que ce matin, ce père soit libre
00:42et puisse revenir dans cette école ou dans une autre école
00:44en attendant que d'autres mesures soient prises.
00:48Donc nous sommes soulagés.
00:49Mais je tiens à dire qu'hier, nous avons été choqués.
00:51Puisque l'information est sortie hier,
00:53toute la communauté enseignante en sortant de classe à 16h30 a appris cette nouvelle.
00:57Un choc, un effroi, avec des remontées de partout,
01:00des coups de téléphone de partout.
01:02Mais qu'est-ce que c'est que ce père d'élève aujourd'hui,
01:04après Samuel Paty, après Dominique Bernard ?
01:06Qu'est-ce que ce père d'élève a pu dire ?
01:08C'est intolérable.
01:09Effroi dans la communauté éducative.
01:11Ça veut dire qu'en permanence, vous vivez, vous les profs,
01:15sur cette ligne de crête de la peur qu'à un moment, ça revienne ?
01:20Oui, bien sûr.
01:21Les agressions physiques, les agressions verbales,
01:24envers les directeurs d'école au portail,
01:26envers les enseignants, envers le personnel de toute école,
01:29existent, non pas quotidiennement, mais très fréquemment.
01:31Mais on n'avait jamais atteint un tel niveau de parole,
01:33un tel niveau de violence verbale,
01:35depuis des années.
01:36Donc il fallait absolument que ce père d'élève soit sanctionné.
01:40Chose faite, nous sommes satisfaits ce matin.
01:42Mais on se pose des questions sur
01:44qu'est-ce qu'être enseignant en 2026 ?
01:46Qu'est-ce qu'être directeur d'école au portail le matin,
01:48au portail le soir ?
01:49Qu'est-ce qui peut nous arriver ?
01:51Parfois, nous avons peur.
01:53Oui, bonjour.
01:54Est-ce qu'il n'est pas temps, justement,
01:56de changer le regard qu'on porte sur l'école ?
01:58Parce que si l'école change dans la pratique quotidienne
02:00des professeurs, des directeurs d'établissement,
02:02des personnels d'éducation,
02:04pourquoi est-ce qu'on n'accepte pas
02:05qu'il y ait des choses fondamentales à réformer ?
02:07Puisque j'imagine que les professeurs ont le sentiment
02:11de risquer leur vie, potentiellement, non ?
02:13Est-ce qu'on n'est pas un peu en décalage
02:14avec la réalité d'aujourd'hui ?
02:16Vous avez raison, on n'est plus dans un monde de bisounours.
02:19Certains syndicats pensent que nous sommes
02:20dans un monde de bisounours, ce n'est pas du tout le cas.
02:22Nous faisons attention, nous avons des protections,
02:26on a des policiers municipaux dans les écoles
02:27quand il y en a dans certaines villes.
02:29On demande, on a des référents en gendarmerie,
02:31on a des référents en police nationale à appeler,
02:33on a des numéros d'urgence.
02:35Donc maintenant, tout directeur d'école
02:36doit avoir ses numéros en tête
02:37au cas où il se passe quelque chose.
02:39L'école est un sanctuaire,
02:41mais le portail de l'école n'est pas un sanctuaire.
02:44Ce qui s'est passé vendredi dernier à Foga le prouve encore.
02:47La professeure, elle est en arrêt maladie depuis,
02:50sous le choc, on l'imagine bien.
02:52Et cette décision, c'est le nouveau décret
02:55qui le permet désormais.
02:57Les enfants de ce père de famille,
02:58ils sont trois, vont être changés d'école.
03:01Alors le ministre de l'éducation s'en réjouit,
03:04je voudrais que vous puissiez l'écouter
03:05et réagir ensuite.
03:06Parce que, est-ce que c'est vraiment la solution ?
03:08D'abord, on écoute le ministre.
03:09Il y a des idées qu'on ne peut pas avoir,
03:11il y a des propos qu'on ne peut pas proférer.
03:13On ne touche pas un professeur,
03:15pas même un cheveu,
03:15on ne menace pas un professeur,
03:16encore moins de mort ou de décapitation,
03:18ou que sais-je.
03:19Et la conséquence, c'est donc,
03:20après ce nouveau décret,
03:21de déplacer, non seulement il y a la sanction contre le père,
03:23mais de déplacer les élèves.
03:25Est-ce que c'est la solution ?
03:27On a l'impression que désormais,
03:29quand il y aura un problème,
03:30on va déplacer l'élève.
03:32Moi, je vous avoue,
03:33y compris en tant que mère de famille,
03:34je me dis, est-ce que c'est vraiment la réponse ?
03:36C'est-à-dire déplacer cette famille ?
03:38Il s'est excusé depuis le père,
03:40et l'enfant n'a pas forcément grand-chose à voir avec le père,
03:43même si, en l'occurrence,
03:44le problème était qu'il avait un comportement,
03:46visiblement, de caïd.
03:48Je cite les deux institutrices
03:50qui, ensuite, se sont fait menacer par le père.
03:53Faut-il simplement les déplacer ?
03:54Y a-t-il d'autres solutions ?
03:56Alors, vous avez raison,
03:57ce décret du 28 juillet
03:59pose beaucoup de questions.
04:00Beaucoup de syndicats ont dit, effectivement,
04:02comme vous,
04:02que l'enfant ne pouvait pas tirer de ce décret.
04:04Nous, on a fait une petite enquête interne
04:06auprès de nos adhérents.
04:08995 adhérents ont répondu à 74%.
04:10Oui pour ce décret.
04:11Oui pour ce déplacement.
04:12D'accord, donc c'est-à-dire que les directeurs
04:13et directrices d'école,
04:13ils se disent que c'est quand même une bonne réponse.
04:16Oui, mais Thierry Pajot,
04:17on a l'impression que c'est un peu comme quelqu'un
04:19qui va être nul dans une entreprise.
04:21Pour s'en débarrasser,
04:21on lui donne une promotion
04:22et puis le problème retombe ailleurs
04:24parce que ce gamin,
04:25il va encore faire le caïd dans l'autre école.
04:27J'imagine que si vous soutenez cette idée,
04:29c'est que c'est une bonne solution.
04:30Allez-y.
04:31Voilà, c'est qu'auparavant,
04:32il y a eu un dialogue.
04:33Il y a eu un dialogue.
04:34Alors attendez,
04:35ce monsieur qui profère des menaces de décapitation,
04:38on est au summum de l'horreur.
04:39Il y a bien sûr des parents
04:40qui sont parfois agressifs,
04:41parfois verbaux,
04:42donc on va avoir un dialogue avec eux,
04:43on va avoir une construction,
04:45il va avoir une réunion,
04:46on va avoir une équipe pour travailler avec eux
04:47sur la façon dont ils se comportent
04:49et c'est seulement après
04:50que ce décret pourra être appliqué.
04:51Ce décret, il date du 28 juillet,
04:52donc on n'a pas d'antériorité.
04:54C'est la première fois qu'il est appliqué.
04:55C'est la première fois.
04:56C'est la première fois qu'il est appliqué,
04:57donc on n'a pas d'antériorité.
04:58Mais là,
04:59s'il n'est pas appliqué
05:00dans ce moment où un père d'élève
05:02promeut de décapiter un collègue,
05:03quand est-ce qu'on va l'appliquer ?
05:04Vous voyez ce que je veux dire ?
05:05Ensuite, cet élève,
05:06il sera accueilli ailleurs,
05:08il va être suivi,
05:08il va y avoir une aide à cet élève.
05:10Mais je ne conçois pas
05:11que cet enfant,
05:12que cette famille
05:14puisse la semaine prochaine
05:16être à nouveau présent,
05:17que ce père,
05:17après son temps de prison,
05:19puisse à nouveau être présent.
05:20Donc oui,
05:21ce décret a été soutenu
05:22par notre syndicat.
05:2374% de ses adhérents
05:24et seulement 8% contre.
05:26Il y avait quelques collègues
05:27qui étaient sans avis.
05:28Donc vous voyez,
05:28les syndicats qui disent
05:29qu'ils sont contre ce décret,
05:30nous on a fait une...
05:31Vous, vous êtes sur le terrain.
05:33Vous, vous êtes,
05:33comme vous dites,
05:33à l'entrée des écoles.
05:34Vous êtes au portail,
05:35à l'accueil tous les matins.
05:37Et vous, vous dites,
05:37de toute façon,
05:39il n'était pas envisageable
05:40que cette famille
05:41soit de retour
05:42sur les lieux,
05:43j'allais dire,
05:43les lieux du presque crime,
05:45de ces menaces,
05:47lundi matin.
05:48C'est donc qu'il fallait
05:49de toute façon
05:50au minimum les déplacer
05:51et ensuite accorder,
05:52j'imagine,
05:52une attention
05:53et un accompagnement particulier.
05:54Un grand merci Thierry Pajot
05:56parce qu'effectivement,
05:57vous parlez,
05:58j'allais dire,
05:58depuis l'entrée de l'école,
06:01depuis le très concret,
06:02depuis le terrain.
06:03Merci de votre réaction.
06:04Vous êtes le secrétaire national
06:06du syndicat des directeurs
06:07et directrices d'école.
06:08Merci.
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