00:0011h-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:05Avant de donner la parole à tous ceux qui sont dans la studio d'Europe 1, Jonathan est en ligne,
00:10il a 43 ans, il nous appelle du Maine-et-Loire,
00:13et il dit que les enseignants d'avant étaient meilleurs, maintenant ils ont beaucoup de moyens technologiques, mais cela ne
00:20fonctionne pas,
00:22il faut faire plus de dictées, on ne prend pas le temps avec les enfants. Quel est votre constat, effectivement,
00:28Jonathan ?
00:29– Oui, bonjour Christine, bonjour à l'équipe.
00:34Moi, mon constat, c'est finalement, ce que vous disiez, c'est que finalement, nos profs à l'école étaient
00:43100 fois meilleurs que les profs actuellement,
00:46et je ne sais pas du tout comment sont formés les profs maintenant, mais je n'ai pas envie de
00:52faire une généralité,
00:53parce qu'il y en a sans doute des très bons, mais la première personne qui apprend à nos enfants,
00:59ce sont les enseignants, donc je pense qu'ils ont une part de responsabilité,
01:03et il y a aussi une part de responsabilité des parents, le temps d'écran, la stimulation des enfants,
01:13est-ce que les enfants sont suffisamment stimulés par leurs parents,
01:16il y a des choses qui doivent être apprises à l'école, mais aussi par les parents.
01:21Et surtout, le pouvoir public, nos ministres, avant de faire un programme et de vouloir mettre en gras leur nom,
01:31une trace,
01:33ils devraient faire appel aussi à certains enseignants pour former d'autres,
01:39et surtout faire un programme qui tient la route.
01:43Moi, je me rachete les cheveux, j'en ai plus beaucoup,
01:48sur le fait que les enfants n'apprennent plus l'histoire,
01:54n'apprennent plus la géographie correctement,
01:57ne soient plus stimulés à apprendre ça.
02:00Moi, j'étais très nul, par exemple, en langue,
02:04et j'ai eu des très bons profs qui ont dû s'arracher les cheveux avec moi,
02:09et j'étais vraiment très mauvais.
02:11Mais j'étais très fort sur les matières solitéraires et historiques.
02:16Avez-vous des enfants, Jonathan ?
02:19Oui, j'ai deux enfants qui sont...
02:22Un qui vient de rentrer au CP,
02:24et un autre petit qui vient de...
02:27qui est en moyenne section.
02:29Comment vous les aidez ?
02:30Et quel est votre objectif pour vous dire, moi j'ai envie de les sauver,
02:34eux, mes enfants ?
02:37J'ai encore dit ce matin à mon fils, tu vois,
02:40hier j'ai fait les premiers devoirs avec lui,
02:43et je me retrouve à refaire les devoirs alors que j'ai déjà mon diplôme.
02:47Donc l'idée, c'est vraiment de pouvoir les aider un maximum,
02:52et surtout les faire aller peut-être un peu plus loin
02:53que ce que l'enseignant demande.
02:55Là, même mon gamin qui est en moyenne section,
02:59finalement, fait les devoirs avec son frère qui est au CP,
03:01et va pour ainsi dire aussi vite que son frère.
03:05Donc je me dis que le niveau
03:07pourrait être peut-être un peu plus élevé
03:09d'en vouloir trop les pousser.
03:13Jonathan, vous êtes en directeur européen.
03:15Dernière question,
03:16vos enfants sont dans le privé ou le public ?
03:19Dans le privé, il est hors des questions qu'ils aillent dans le public.
03:22Moi, je suis belge,
03:24j'ai tellement de mauvais échos sur le public en France
03:27que je voulais avoir un cadre qui ressemble plus
03:30au cadre des écoles que j'ai pu connaître publics en Belgique,
03:36et je m'y retrouve très bien dans le privé.
03:39On en est là.
03:40Merci infiniment pour votre témoignage, mon chien Jonathan.
03:43Vous dites premièrement la faute des enseignants,
03:46deuxièmement le devoir des parents,
03:48troisièmement le rôle des pouvoirs publics.
03:51François Piera,
03:53vous êtes fondateur de l'Observatoire de l'Hexagone.
03:57Avant de donner à parole à Gabriel Cluzel,
03:59Karim Allum et aux auditeurs d'Europe 1,
04:01plantez-nous au décor.
04:03Qu'avons-nous appris ce matin à propos du classement PISA ?
04:08Alors, les classements PISA se suivent,
04:11et parfois on peut penser qu'ils se ressemblent,
04:13le niveau en France est insuffisant,
04:15il baisse,
04:16mais ce qui vient de se passer ce matin est un séisme.
04:20Les chiffres sont cataclysmiques.
04:22Les derniers résultats PISA,
04:24c'était l'étude PISA 2022,
04:25elle avait été réalisée dans la foulée des confinements Covid.
04:28Ce qui fait qu'on pouvait relativiser les résultats
04:31qui à l'époque étaient catastrophiques.
04:32Cette fois-ci, on a PISA 2025,
04:34cinq ans après le Covid.
04:35Et là, les résultats sont absolument catastrophiques.
04:39En mathématiques,
04:40le score de la France a baissé d'une quarantaine de points,
04:42comme en compréhension de l'écrit.
04:44Et pour que vous compreniez bien
04:45ce que ça représente, une quarantaine de points,
04:47sachez que d'après l'OCDE,
04:49un élève, au cours d'une année scolaire,
04:51progresse d'une vingtaine de points.
04:53Donc, pour simplifier,
04:54depuis 2018,
04:55on a un niveau qui a baissé
04:57de l'équivalent de deux années scolaires,
04:59en mathématiques et en compréhension de l'écrit.
05:02Et on parle depuis 2018,
05:04c'est-à-dire que ce n'est même pas sur 30 ans.
05:07Donc, il y a une chute du niveau
05:08qui est absolument vertigineuse,
05:10qui dépasse l'entendement.
05:12Et on le voit aussi sur la proportion
05:14d'élèves qui ont un niveau très faible.
05:17Ce qu'on appelle le niveau
05:19qui se situe sous les compétences de base,
05:21donc des élèves qui ont d'énormes difficultés.
05:24Ces élèves-là, en mathématiques,
05:26c'était 21% des élèves en 2018.
05:28Aujourd'hui, c'est 36%.
05:30En lecture, c'était aussi 21% en 2018.
05:33C'est aujourd'hui un tiers des élèves
05:36qui n'ont pas les compétences de base en lecture,
05:38c'est-à-dire qu'ils ne peuvent même pas comprendre
05:39les grandes idées majeures d'un texte.
05:42François Pierard, fondateur de l'Hexagone,
05:44en direct sur Europe.
05:45On va continuer à en parler.
05:48On a des auditeurs qui nous appellent,
05:50qui réagissent au WhatsApp.
05:51On donne la parole à Karim Aloum
05:53et à Gabriel Cluzel.
05:55Vous dites que c'est un séisme
05:56et que les chiffres sont cataclysmiques.
05:59On marque une pause, on revient sur Europe 1.
06:01Vous réagissez au 01-80-20-39-21.
06:03Vous avez la parole au Standard Europe 1
06:05pour appeler Christine Kelly.
06:07Et vous nous envoyez vos réactions sur WhatsApp
06:0901-80-20-39-21.
06:12A tout de suite sur Europe 1.