- il y a 3 minutes
Avec Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine, rapporteur général du budget et chef du services des urgences de l'hôpital Pompidou
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
00:06Il est 8h30 sur Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique.
00:10Et aujourd'hui Jacques, vous recevez Philippe Juvin, député Les Républicains des Hauts-de-Seine,
00:15rapporteur général du budget et chef du service des urgences à l'hôpital Pompidou à Paris.
00:21Bonjour Philippe Juvin.
00:22Bonjour.
00:22Bonjour, on va voir avec vous si le budget a une chance d'être adopté dans un instant.
00:26Auparavant, j'ai évidemment envie de vous entendre sur la victoire de l'extrême droite en Allemagne.
00:31Est-ce qu'elle vous fait peur ?
00:33Non, moi la démocratie ne me fait jamais peur.
00:36Quand vous avez des adversaires qui gagnent l'élection, il faut en tirer les leçons.
00:40Donc non, non, ça ne me fait pas peur.
00:42Ça serait ridicule honnêtement qu'une victoire d'une force quelconque dans une démocratie fasse peur.
00:47Et les obligations de travail, le programme, si on regarde un petit peu en détail le programme de l'AFD,
00:52on a obligation de travail, instauration d'une obligation de travail pour les demandeurs d'asile par exemple.
00:57On se dit surtout lorsqu'on voit tout ça, mais est-ce que c'est applicable en fait ?
01:00Vous avez raison, c'est toute la question.
01:02Il faut voir d'abord ce que vont faire les gens élus de leur programme.
01:06Que la victoire de l'AFD témoigne d'une crainte de la population, c'est évident.
01:11D'une réalité économique, c'en est une également.
01:15Mais attendons de voir, oui.
01:16On voit bien en tous les cas qu'il y a un mouvement de fonds en Europe, l'Italie de
01:20Mélanie.
01:22Et évidemment, même si toutes ces droites ne sont pas comparables,
01:24et il faut évidemment faire attention, parce que quand on regarde dans les détails, c'est très complexe.
01:28Est-ce que ça annonce quand même la victoire des droites et, j'ai envie de dire, la victoire du
01:31RN ?
01:33D'abord, je ne sais pas, moi je ne sais pas lire dans l'avenir.
01:35Ça témoigne clairement d'une prise de conscience par les peuples européens
01:42que la situation n'est aujourd'hui pas satisfaisante.
01:45Et c'est vrai que ces droites-là, parce qu'il y a des droites, vous avez raison,
01:49ces droites-là ont une capacité à simplifier le débat
01:52qui fait que les gens qui les écoutent se disent, finalement c'est facile.
01:59C'est vrai qu'une des difficultés aujourd'hui que la démocratie a rencontré,
02:03c'est la victoire d'une sorte de simplicité, pour ne pas dire de simplisme.
02:07C'est plus facile, si vous voulez, de dire je vais tout changer en 10 secondes
02:11plutôt que de prendre 5 minutes pour vous dire ce qu'il faut faire.
02:14Alors, revenons en France et parlons de la politique et de la campagne pour la présidentielle.
02:21L'une des phrases marquantes du week-end, c'est Maude Bréjon qui demande à Gabriel Attal
02:26et Bruno Retailleau de se ranger derrière Édouard Philippe.
02:28Est-ce que ce n'est pas le signe d'une grande inquiétude pour les partisans d'Édouard Philippe, ça
02:32?
02:32Écoutez, d'abord, à quelques mois d'une élection présidentielle, tout peut encore arriver.
02:37On se souvient quand même, pour qui connaît l'histoire politique,
02:39on sait que 8 ou 9 mois avant une élection présidentielle, rien n'est joué.
02:44On a parlé avec la disparition d'Édouard Balladur de la campagne de 95,
02:48où Balladur, je crois, était encore donné vainqueur au mois de février.
02:51Donc, Maude Bréjon, on sait très bien ce qu'elle dit,
02:53mais il y a une campagne et chacun défonce ses intérêts.
02:57Certes, mais le fait, dès ce moment-là, à 8 mois, de demander aux autres d'abandonner,
03:03est-ce que ce n'est pas le signe qu'il y a une certaine fébrilité autour de la candidature
03:07d'Édouard Philippe ?
03:07Il faut demander à Mme Bréjon, mais je trouve que c'est surtout absurde.
03:11Si aujourd'hui, Édouard Philippe, naturellement, ne caracole pas dans les sondages,
03:16c'est que peut-être il y a des raisons.
03:19Il fait une mauvaise campagne ?
03:20Donc, en tout cas, il ne fait pas la campagne qui lui permettrait d'être largement devant.
03:24Donc, moi, je crois qu'il faut que chacun déroule sa campagne,
03:27et puis on verra probablement en décembre ou janvier où en sont les uns et les autres.
03:31À ce moment-là, il faudra certainement prendre une décision
03:34pour qu'il n'y ait qu'un candidat du Bloc central, sinon, effectivement, on n'y arrivera pas.
03:38On sait que vous êtes précisément pour cette primaire du centre et de la droite,
03:42mais soyons francs, tout le monde la demande, personne ne la veut en réalité, ça ne se fera pas ?
03:47Alors, moi, j'ai été un de ceux, d'ailleurs, un des premiers députés à dire qu'il fallait une
03:51grande primaire,
03:52mais une grande primaire, pas une primaire comme il y a cinq ans où seuls les militants votaient,
03:55c'était absurde, une primaire de type 2017, plusieurs millions de personnes qui viennent désigner leur champion,
04:01ça n'a pas été accepté, donc je suis membre des Républicains, je soutiens Retailleau.
04:06C'est vrai qu'aujourd'hui, les gens n'en veulent pas.
04:08Écoutez, on verra au mois de novembre, décembre ou janvier,
04:10si on est toujours dans une situation imprécise où tout le monde se tient à quelques pourcentages,
04:15peut-être qu'il faudra la faire.
04:16Mais pour l'instant, chacun joue cradement sa chance et c'est très bien.
04:19Vous pensez, par exemple, que s'il y a un resserrement entre Gabriel Attal et Édouard Philippe,
04:22Édouard Philippe se dira, finalement, que ce n'est peut-être pas une mauvaise idée pour se départager ?
04:26C'est-à-dire qu'est-ce qu'ils auront le choix ?
04:28Je veux dire, si vous en avez un qui est à 13% et l'autre à 12,5%,
04:33il faut m'expliquer au nom de quoi celui qui est à 12,5% dira,
04:37bah oui, évidemment, je vais me retirer.
04:38On sait très bien que la nature humaine ne conduira pas à cela.
04:41Donc, il y a deux possibilités.
04:43Soit, d'ici là, entre Bruno Retailleau, Attal et Philippe,
04:47on arrive à montrer qu'un des trois est largement devant,
04:50avec des arguments qui sont les bons quand même.
04:52On ne vote pas pour quelqu'un, on ne vote pas un projet.
04:55Eh bien, dans ces cas-là, l'affaire sera réglée.
04:57Si ce n'est pas le cas, il faudra se poser des questions de méthode.
04:59Et c'est vrai qu'on ne l'a pas encore.
05:00On vous a vu accompagner le candidat Bruno Retailleau à la rentrée du MEDEF.
05:03Il est candidat à Les Républicains.
05:04Doit-il le rester jusqu'au bout ?
05:06Il plafonne entre 8 et 10% aujourd'hui ?
05:08Bah, écoutez, c'est notre candidat, encore une fois.
05:10Donc, on fait campagne crânement.
05:12Il défend ses thèses.
05:15C'est vrai que c'est difficile.
05:16Ce serait idiot de dire que c'est facile.
05:17Non, c'est très difficile.
05:19Eh bien, on va tout faire pour que ça décolle, oui.
05:22Alors, Philippe Juvin, je le disais,
05:24vous êtes rapporteur général du budget.
05:26Et beaucoup sont pessimistes sur l'adoption du budget 2027.
05:30Est-ce que vous aussi, vous êtes pessimiste ?
05:33D'abord, je pense qu'on aura un budget
05:34parce que la Ve République est en béton armé.
05:38Et on a un outil qui s'appelle les ordonnances.
05:41C'est-à-dire que même si le gouvernement...
05:42En pratique, comment ça marche, les ordonnances ?
05:44Le gouvernement dépose un projet de loi de finances qu'on va discuter.
05:47Et si au bout des 70 jours de discussion budgétaire,
05:50il n'a pas été adopté, le gouvernement peut dire stop.
05:52On arrête de discuter.
05:53Et notre budget est adopté sans vote.
05:57Ça s'appelle les ordonnances.
05:58Au moins, nous aurions un budget.
05:59C'est quand même pas mal.
06:00Donc, est-ce qu'on aura un budget ?
06:01Oui, probablement.
06:02Mais vous y êtes favorable à cette voie de...
06:04Par défaut.
06:05C'est-à-dire que ça serait vraiment la situation
06:07qui ferait qu'il faudrait...
06:10Enfin, c'est le truc par défaut.
06:11Moi, je préférais, évidemment, une procédure normale.
06:13Mais il n'y a pas de majorité.
06:14Donc, je ne crois pas non plus au miracle.
06:16Et donc, je ne vois pas aujourd'hui une coalition avec le Bloc Central,
06:21plus un peu de socialistes, plus un peu, je ne sais pas, de RN.
06:25Les gens ne vont pas se mettre d'accord.
06:26Et quand on s'est mis d'accord avec les socialistes l'année dernière,
06:28ça nous a coûté tellement cher qu'on ne va pas s'amuser de nouveau cette année.
06:30Ça, c'est sûr.
06:31Je ne vois pas.
06:32Honnêtement, les socialistes...
06:34On ne va pas raser gratis.
06:35On ne va pas faire plaisir aux socialistes.
06:37Je veux rappeler quand même qu'on est dans une situation financière très importante,
06:41très grave, où il faut baisser le déficit.
06:44Et pour baisser le déficit, il y a deux manières.
06:46Soit vous augmentez vos recettes, c'est-à-dire augmenter les impôts,
06:48mais on n'a plus de marge de manœuvre, il ne faut surtout pas le faire.
06:52Soit vous baissez les dépenses.
06:53Sauf que les socialistes ne veulent pas baisser la dépense, en réalité.
06:55Pas significativement.
06:57Donc, je ne vois pas aujourd'hui une majorité se dégager.
06:59Je vais d'ailleurs, même moi, déposer un amendement au projet de loi de finances
07:05pour suspendre la suspension de la réforme des retraites.
07:08Vous savez que la réforme des retraites a été suspendue l'année dernière.
07:11Exigence des socialistes, c'est une erreur économique, politique.
07:15Et je vais proposer de reprendre la progression de l'augmentation de l'âge de la retraite.
07:19Mais avec ça, évidemment, on n'aura pas de majorité.
07:21Donc, on risque d'aboutir avec un budget qui sera celui des ordonnances.
07:28C'est probablement.
07:29Philippe Juvin, rapporteur général du budget, est notre invité ce matin.
07:34Vous semblez penser que, finalement, les ordonnances, ce sera la meilleure voie.
07:38Est-ce que ce n'est pas l'occasion ?
07:40Et est-ce que vous ne dites pas à Sébastien Lecornu,
07:43finalement, puisqu'on va passer par les ordonnances,
07:46autant vraiment faire le travail ?
07:48Exactement.
07:48Moi, je lui ai tenu ce discours.
07:50Et je pense qu'il m'a écouté.
07:52Maintenant, je ne sais pas ce qu'il en fera.
07:55La raison est la suivante.
07:56Si le gouvernement est censuré,
07:58et une notion de censure, en fait, il sera censuré pour des raisons politiques.
08:01C'est-à-dire qu'une force politique, je ne sais pas laquelle,
08:04décidera qu'elle a intérêt, avant l'élection présidentielle, à le censurer.
08:07Ça ne sera pas pour les raisons du budget.
08:08En fait, le budget peut être, à mon avis, me semble-t-il,
08:11bleu, blanc, rouge, vert, pomme, ocre foncée.
08:15Ce n'est pas la nature du budget qui fera que le gouvernement sera censuré ou pas.
08:18Donc, le cornu, me semble-t-il, est très libre.
08:21Et donc, il doit mettre sur la table un budget très vertueux.
08:25C'est quoi un budget vertueux ?
08:26C'est un budget qui diminue le déficit.
08:28Pourquoi faut-il diminuer le déficit ?
08:30Parce que ce déficit nourrit une dette.
08:31Et cette dette nous étouffe.
08:34Quel est le problème de la dette, aujourd'hui, en France ?
08:36La dette, chaque année, nous devons payer de plus en plus d'intérêts.
08:39Ce qui fait qu'on doit augmenter vos impôts pour payer cette dette.
08:42La dette, elle augmente les impôts des Français.
08:45Cette dette, elle fait que l'argent que nous devrions mettre dans les hôpitaux ou les écoles,
08:49nous la mettons en remboursement des intérêts.
08:52Ce qui est quand même absurde.
08:53Et puis, enfin, la dette, elle pose un problème de souveraineté.
08:56Parce que, dès lors que vous demandez, vous bouclez votre budget avec des prêts faits par des gens qui sont
09:02des étrangers,
09:03plus de la moitié de la dette est détenue par des étrangers, vous n'êtes pas totalement souverain.
09:08Pour ces trois raisons-là, il faut nous désendetter.
09:10Comment on se désendette ?
09:12Dépenser moins, travailler plus, simplifier.
09:15C'est comme ça qu'on désendette le pays.
09:16Et que le cornu fasse un budget qui fasse qu'on dépense moins.
09:19Il faut baisser la dépense publique.
09:21Et il pourrait aller plus loin qu'on ne le pense aujourd'hui dans le débat ?
09:25Précisément parce qu'il y a peut-être ces ordonnances ?
09:29Il me semble que les ordonnances donnent une liberté.
09:32Qu'ils déposent un budget, un projet de budget, qui pourra finir en ordonnance,
09:36qui soit un budget qui baisse la dépense publique.
09:38Je le répète, si vous ne baissez pas la dépense publique, on ne peut pas y arriver.
09:43Et un des drames aujourd'hui, voyez-vous, c'est que deux tiers des Français touchent plus de l'État
09:51qu'ils ne participent.
09:52Et donc, en réalité, tout le monde dit qu'il faut baisser la dépense publique.
09:55Mais personne n'y a vraiment intérêt.
09:57Tout le monde est dopé et addict à la dette.
09:59Il faut qu'il y ait un gouvernement avec un peu de courage qui dise
10:04la fête est finie, nous allons vraiment baisser la dépense publique.
10:07La fête est finie, la France est au bord du gouffre ?
10:10On demandait à Hemingway pourquoi il était fauché.
10:13Il disait, c'est bien simple, ça m'est arrivé de deux manières.
10:15D'abord, peu à peu, comme un peu nous, peu à peu, puis brutalement, a-t-il dit.
10:19Eh bien, le risque, c'est que nous sommes actuellement fauchés, effectivement, peu à peu,
10:23et que brutalement, un certain nombre de gens qui nous prêtent se disent
10:28« Oh, c'est très dangereux de prêter à la France ».
10:30Par exemple, j'ai entendu M. Mélenchon qui voulait annuler la dette.
10:33Ça ne donne pas envie de continuer à vous prêter.
10:34Quand le gars à qui vous prêtez dit « Vous savez, je ne vais peut-être pas vous rembourser ».
10:38Et donc, on est à risque.
10:40Vous savez, les taux d'intérêt montent.
10:41Ça signifie quoi ?
10:42C'est que la signature de la France est plus compliquée.
10:47Moi, tous les gens qui nous écoutent aujourd'hui, je leur conseille d'aller lire un discours.
10:51C'est le discours du 1er juin 1958 de De Gaulle,
10:54quand il est nommé Premier ministre, on dit Président du Conseil à l'époque.
10:57C'est son discours de politique générale.
10:59Le discours, il a deux caractéristiques.
11:00D'abord, c'est une page et demie.
11:02Aujourd'hui, quand un Premier ministre fait un discours de politique générale,
11:05ça dure deux heures et à la fin, on ne sait pas ce qu'ils ont dit.
11:06Une page est dit.
11:07En une page et demie, il a concentré l'effort et il a dit ce qu'il fallait faire.
11:10Et il dit une deuxième chose.
11:12Il y a une phrase.
11:13« La cause profonde de nos épreuves, dit-il, c'est l'impuissance des pouvoirs. »
11:18C'est-à-dire qu'en fait, on a l'impression que les pouvoirs publics ne peuvent jamais agir.
11:21Il faut que le cornu enfin montre que la puissance publique peut agir et a la capacité d'agir.
11:29Les hommes politiques ne font que du commentaire.
11:31Je vous dis qu'il faut agir.
11:33Comme on agit, on agit avec une politique qui diminue la dépense publique.
11:37Alors Philippe Juin, vous, vous avez agi puisque vous avez adressé un courrier à l'ensemble des candidats déclarés à
11:42l'élection présidentielle.
11:43Vous leur avez demandé quelles étaient leurs intentions en matière de redressement des finances publiques.
11:47Est-ce que vous avez déjà eu des réponses ?
11:50Absolument.
11:50En quelques jours, j'ai envoyé la semaine dernière.
11:53J'ai plusieurs candidats qui ne m'ont pas donné de réponse, mais qui m'ont dit qu'ils allaient
11:57me répondre.
11:57Ils vont le faire sérieusement.
11:58Donc je ne suis pas à trois jours près, bien entendu.
12:00Pourquoi j'ai fait ça ?
12:01C'est parce qu'à la prochaine élection présidentielle, il y a des gars qui vont vous dire
12:05« Moi, je veux ça pour l'école, je veux ça pour l'hôpital, je veux ça pour la sécurité.
12:08»
12:08Très bien.
12:09Sauf qu'on ne peut pas le payer.
12:10Et donc la vraie question qui se pose aujourd'hui, c'est comment vous financez tout ça ?
12:14Vous allez publier tout ça après ?
12:15Alors je vais communiquer.
12:17Je me suis engagé à la chose suivante vis-à-vis des candidats,
12:19parce que je veux le faire d'une manière très transparente et très loyale à leur égard.
12:23Ils vont me donner leur programme.
12:24Je vais le transmettre aux membres de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
12:28Ceux qui le souhaitent et qui sont d'accord, je le communiquerai ensuite à la presse, bien entendu.
12:32J'aimerais qu'on ait un débat sur la question des finances publiques,
12:35parce qu'encore une fois, je dis aux Français,
12:37ceux qui vont vous faire des promesses sans vous dire comment ils rétablissent les comptes publics,
12:40en fait, vous mentent, parce que si vous ne rétablissez pas les comptes publics,
12:44vous ne pouvez rien financer en France.
12:46C'est ça vraiment qui va nous arriver.
12:47Je ne veux pas que les candidats, en réalité, se planquent sur la question de la dépense publique.
12:52Pour éviter qu'ils se planquent, je leur demande leur copie.
12:55C'est assez simple.
12:56Et c'est très louable. Merci.
12:58Et vous innovez, d'ailleurs.
12:59Vous innovez une première.
13:00C'est la première fois que ça se fait.
13:02Mais dans les semaines qui viennent, j'aurai d'autres propositions à faire
13:06et qui auront toutes pour but de diminuer l'endettement du pays
13:11pour redonner la souveraineté au pays.
13:13Vous avez bien compris.
13:13La question de la dette est désormais une question de souveraineté.
13:16Philippe Juvin, vous restez avec nous.
13:17Vous demandez aux candidats qu'ils ne se planquent pas.
13:21On poursuit la discussion dans un instant.
13:23Il y aura vos trois minutes pour convaincre, votre carte blanche,
13:27la question d'un auditeur et le hashtag de Benjamin Gleize dans un instant.
13:31Restez avec nous.
13:32Il est 8h44 sur Sud Radio.
13:33Au 7h10, Jacques Cardoz.
13:36Philippe Juvin, député Les Républicains et rapporteur général du budget
13:41et notre invité sur Sud Radio.
13:43Nous parlions de ces candidats qui pourraient se planquer derrière certaines promesses.
13:53Vous ne voulez pas qu'ils se planquent.
13:55C'est votre terme à l'instant même.
13:57Et j'ai envie de poursuivre juste quelques minutes avant votre carte blanche sur ce point.
14:01qui parmi les candidats vous paraît être le plus à même
14:05et le mieux adapté à ce que vous savez de la réalité économique du pays aujourd'hui ?
14:10Je vais tricher.
14:11Ne croyez pas que je triche parce que c'est mon candidat.
14:13Mais Retailleau a une colonne vertébrale.
14:15En fait, ce que j'attends d'un homme politique,
14:17ce n'est pas qu'il me dise je vais faire plus 1% sur ça ou 2% sur
14:21ça.
14:22J'attends d'un homme politique qui veut être président de la République,
14:25c'est quand même pas rien, une vision du pays.
14:27Quelle est sa vision du pays ?
14:30Qui a la meilleure vision aujourd'hui ?
14:31Je pense que Retailleau a cette vision.
14:34Il a une vision d'une France qui est souveraine et prospère
14:39et qui donne envie.
14:41Cette tristesse que l'on nous cultive en permanence est folle.
14:45Je regardais récemment, un type a publié une sorte de CAC 40.
14:50Vous savez, le CAC 40, c'est la liste des grandes entreprises françaises à la bourse.
14:53Et bien, quelqu'un s'est amusé à dire, tiens, je vais faire la même liste
14:56avec toutes les entreprises cotées à l'étranger, créées par des Français.
15:00Et bien en fait, nous avons cette capacité extraordinaire à créer des pépites économiques
15:05qui créent de la richesse que l'on peut redistribuer,
15:07qui peut créer de la prospérité pour le pays,
15:09sauf qu'elles sont parties à l'étranger.
15:11Donc, encore une fois, je dis à tous les candidats à l'élection présidentielle,
15:15la France mérite une vision.
15:17Ayez une vision du pays avant d'en avoir une mesure technique.
15:23Je veux savoir ce que les gens imaginent de la France dans 10, 20 ou 30 ans.
15:28Par exemple, sur des sujets comme l'industrie, on a le sentiment,
15:31c'est ce qui a été dit notamment pendant le débat du MEDEF,
15:34qu'on a tendance aujourd'hui à saupoudrer, à donner un petit peu à tout le monde.
15:37Vous attendez des grandes directions ?
15:39Bien sûr. Moi, j'attends, par exemple, qu'on tire les leçons
15:44du fait que nous avons encore un système éducatif qui ne va pas bien,
15:49mais qui dégage, c'est un miracle, quelques mathématiciens de haut niveau.
15:54Ces gens-là créent de la richesse.
15:56Ils créent des start-up, et ces start-up, une fois créées,
15:58elles filent à l'étranger. Pourquoi ?
16:00Et elles appauvrissent le pays, donc.
16:02Faisons en sorte que notre pays redevienne accueillant.
16:05Alors, Philippe Juvin, dans cette deuxième partie,
16:07si nous proposons à nos invités une carte blanche,
16:10vous avez choisi de parler de la dissuasion nucléaire.
16:13Je donne le contexte.
16:14On parle beaucoup de dissuasion avancée aujourd'hui.
16:17C'est le fait de proposer aux pays de s'associer à notre posture française.
16:21Et, en échange, ils bénéficient de notre dissuasion nucléaire.
16:24D'une certaine façon, on leur vend un service.
16:27Qu'en pensez-vous ?
16:28Dix pays ont déjà manifesté leur intérêt.
16:29Pourquoi j'ai choisi la dissuasion nucléaire ?
16:31Pour deux raisons.
16:32D'abord, que les gens qui nous écoutent sachent de quoi on parle.
16:35La dissuasion nucléaire, c'est cet outil de défense
16:38qui repose à la fois sur des sous-marins nucléaires,
16:40lanceurs d'engin,
16:41et sur une force aérienne stratégique
16:43et une force aéronavale nucléaire
16:45qui nous permet de dire à celui qui nous agresserait
16:50« Eh bien, nous avons la possibilité de vous causer des dégâts tellement importants
16:54que vous ne pouvez pas nous pousser à la capitulation
16:57ou à l'atteinte à nos intérêts vitaux. »
16:59C'est notre assurance vie, la dissuasion.
17:01Et pourquoi j'ai voulu en parler ?
17:03Pour deux raisons principales.
17:04La première, c'est que la dissuasion nucléaire
17:06dont nous bénéficions aujourd'hui,
17:08elle est le fruit de décisions prises il y a 10, 20, 30 ou 40 ans.
17:12Autrement dit, la décision que nous prenons aujourd'hui,
17:14y compris budgétairement,
17:16de financer ou non tel ou tel outil de défense,
17:18eh bien, aura des effets sur l'indépendance du pays,
17:21la souveraineté.
17:21Mais ça veut dire quoi ?
17:22Dans 20, 30 ou 40 ans.
17:24On ne voulait pas qu'on loue nos services ?
17:25Non, je dis simplement qu'il faut qu'on se donne les moyens
17:29de développer une défense
17:30qui sera valable dans 10, 20 ou 30 ans.
17:32À l'heure où la politique ne prend que des décisions à 6 mois,
17:35là, nous avons des décisions à prendre à 20, 30 ou 40 ans.
17:37C'est la première raison.
17:38La deuxième raison, elle est un peu psychologique.
17:42C'est-à-dire que la dissuasion nucléaire,
17:44elle repose sur, évidemment, de la recherche,
17:49une industrie de défense souveraine.
17:51Il faut qu'on puisse construire des sous-marins, par exemple,
17:53en toute indépendance.
17:54Mais à la fin du fin, la mise en œuvre ne dépend que d'un seul homme
17:57qui décide de sa mise en œuvre, le président de la République.
17:59C'est lui qui prend seul la décision d'appuyer sur le bouton.
18:03Et donc, je dis aux Français qui nous écoutent,
18:05le jour où vous mettrez un bulletin dans l'urne
18:07pour tel ou tel candidat.
18:09Évidemment, vous le mettrez pour les mesures qu'il propose,
18:12pour la vision qu'il incarne.
18:13Je vous ai parlé de la nécessité d'avoir une vision.
18:15Mais aussi, en ayant en tête que cet homme ou cette femme
18:19aura un pouvoir immense,
18:21c'est celui d'appuyer sur le bouton nucléaire.
18:23Et donc, cette question-là, elle n'est pas petite
18:25et elle est peu dans le débat.
18:27Nous devons l'avoir en tête.
18:28Avez-vous confiance dans la personne pour laquelle vous allez mettre un bulletin ?
18:33Vous avez entendu le gong, Philippe Juvin.
18:35On va passer à un autre sujet défendu et présenté par Benjamin Gleize
18:40dans ce deuxième quart d'heure,
18:42qui regarde et scrute l'actualité des réseaux.
18:45Depuis hier, Benjamin, l'une des séquences les plus commentées
18:48concerne l'une des promesses précisément de Bruno Retailleau.
18:51Ben oui, justement, votre candidat pour cette élection présidentielle,
18:54il souhaite inscrire dans la Constitution que la France,
18:56et je cite, un pays de tradition judéo-chrétienne,
18:59ça fait débat sur les réseaux sociaux.
19:00Cette mention, elle ferait partie intégrante de sa charte de l'ordre républicain.
19:04Il s'en est expliqué hier sur BFM.
19:06Sur le plan culturel, il faut assumer nos racines judéo-chrétiennes.
19:10Et ce sera dans la Constitution ?
19:11C'est d'une charte.
19:12Vous savez qu'il y a une charte de l'environnement
19:13qui est adossée à la Constitution.
19:16Et c'est important parce que les juges doivent en tenir compte.
19:18Eh bien, je veux que là encore, ce soit les gens qui définissent les règles
19:22et non pas les juges.
19:23Et donc, vous, président, la tradition judéo-chrétienne de la France
19:25sera inscrite dans la Constitution ?
19:26Absolument, parce que je pense qu'on souffre aujourd'hui
19:29d'une forme de mea culpa constante,
19:31cette espèce de culpabilité éternelle.
19:34Et je veux dire aux Français qu'il faut être fier de nos racines,
19:36fier de ce que l'on est, ça n'exclut personne.
19:39Simplement, au contraire, quand on veut s'ouvrir,
19:41il faut être sûr de ses racines.
19:44Être sûr et fier de ses racines,
19:45sans pour autant mettre à mêle, dit-il, le principe de laïcité,
19:49un jeu, en tout cas, d'équilibriste pour Bruno Retailleau.
19:53Philippe Jubin, qu'est-ce que ça apporterait concrètement
19:55de mettre cette tradition judéo-chrétienne dans la Constitution ?
20:01C'est purement symbolique ou pas ?
20:03Alors non, mais juste avant de vous répondre,
20:05c'est un vieux débat, puisque vous vous souvenez peut-être
20:07que, enfin, vous êtes jeune, donc vous ne vous souvenez peut-être pas,
20:10qu'au moment du référendum sur l'Union Européenne,
20:13il y a une vingtaine d'années, ça avait été une question.
20:16Et ça avait été écrit dans le projet initial de Constitution Européenne,
20:20avant d'être retiré à la demande des uns et des autres.
20:25Pourquoi faire cela ?
20:28En fait, la vraie question, c'est quel est notre modèle de civilisation ?
20:33Moi, je crois que nous avons un modèle de civilisation
20:34qui est effectivement appuyé sur des racines judéo-chrétiennes,
20:39mais aussi Rome et Athènes,
20:40qui définissent un certain type d'homme.
20:42L'homme libre, l'homme libre.
20:45C'est très intéressant de regarder la culture chrétienne.
20:49La culture chrétienne, c'est la seule qui est donnée à l'homme
20:53le droit de croire à un dieu,
20:55et ce dieu vous donne la liberté.
20:58Chez les chrétiens, on entre dans le fond, c'est intéressant,
21:01chez les chrétiens, vous avez le libre arbitre,
21:03vous êtes libre de croire ou de ne pas croire.
21:05A tel point, d'ailleurs, qu'avoir un dieu qui vous dit
21:08mais vous avez le droit de ne pas me croire
21:10est quand même assez extraordinaire.
21:12Et cette liberté ultime,
21:14elle exprime la liberté dans son acceptation la plus grande.
21:17Donc, c'est ça, je crois, que Retailleau veut mettre en avant.
21:20Et elle est en danger ?
21:22Je crois que nous devons...
21:24Par exemple, l'idée qu'un certain nombre de gens disent
21:26il faut qu'on crée un délit de sacrilège.
21:32Vous savez, on entend ça dans le débat.
21:33C'est absurde.
21:34Il faut que nous soyons totalement libres.
21:35En fait, paradoxalement, les racines judéo-chrétiennes
21:38nous donnent une très grande liberté vis-à-vis des religions.
21:40C'est ça qu'il faut comprendre.
21:40Est-ce que ce n'est pas, d'une certaine façon,
21:42un peu la même approche,
21:44mais totalement différente et repensée
21:46que le RN qui veut interdire le voile
21:50dans l'espace public en mettant des amendes ?
21:53Est-ce que ce n'est pas, finalement, le même combat
21:55avec des moyens très différents ?
21:57Non, je crois que c'est de nature différente.
22:00Notre modèle de civilisation,
22:02je vais peut-être vous surprendre,
22:04mais je le crois supérieur à d'autres modèles de civilisation.
22:06C'est la liberté, c'est l'égalité entre l'homme et la femme,
22:09la liberté de croire ou de ne pas croire.
22:10Ce n'est pas le cas dans toutes les civilisations du monde.
22:13Je crois que nous avons un modèle de civilisation
22:15qui, en cela, est supérieur.
22:17Non pas que cette supériorité puisse être utilisée,
22:19doit être utilisée pour faire la guerre aux autres.
22:21Pas du tout.
22:22Mais je crois qu'il y a une certaine forme de supériorité.
22:26Et à partir du moment où vous n'êtes pas certain
22:29que votre modèle de civilisation est bon,
22:31c'est difficile de le défendre.
22:32Et donc, la proposition de Rotaillot,
22:33c'est simplement dire que nous ne sommes pas une page blanche,
22:36nous venons de loin.
22:38Et venant de loin,
22:39il est intéressant de noter que c'est dans la Constitution.
22:43Merci infiniment, Philippe Juvin,
22:45d'avoir été notre invité ce matin.
22:47Vous êtes le rapporteur du budget,
22:48député Les Républicains.
22:51Et bien sûr,
22:52on suivra avec beaucoup d'attention la suite.
22:56Et j'espère que vous reviendrez pour nous parler
22:58et nous donner les bons et les mauvais points
23:00à propos de la lettre dont vous avez parlé.
23:02Non, il n'y aura pas de bons et mauvais points.
23:03Non, non, pas du tout.
23:04Le but, c'est que les Français sachent
23:06à quoi ils doivent s'attendre
23:07s'ils élisent M. X ou Mme Y.
23:10Merci infiniment.
23:11Dans la prochaine heure,
23:12ce sera...
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