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00:00C'est l'invité d'ici matin, un milliard d'euros, mais déjà beaucoup de critiques.
00:04Vendredi, la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar, a dévoilé un plan d'aide pour les agriculteurs touchés par la
00:09sécheresse et les canicules.
00:11On en parle Simon avec votre invité.
00:13Bonjour Bruno Villain.
00:14Bonjour.
00:15Président de la FDSEA 66, c'est le syndicat majoritaire dans le département.
00:19Ça ne suffit pas, un milliard d'euros ?
00:22Alors, déjà il faut regarder le contexte.
00:24Globalement, la perte de la ferme France cette année est estimée à 8 ou 10 milliards d'euros.
00:28Je dis estimée parce que certains n'ont pas encore terminé leur récolte.
00:31Donc globalement, on nous propose un milliard d'euros pour compenser 8 à 10 milliards d'euros de pertes liées
00:35à l'impact des canicules, sécheresses et des incendies.
00:39Donc après, la question c'est que vont toucher les agriculteurs sur ces aides-là et va-t-on avoir
00:43accès dans le département aux dispositifs divers qui sont proposés ?
00:47Est-ce que vous savez sur le milliard d'euros promis par le gouvernement, combien justement vont toucher les agriculteurs
00:52du pays catalan ?
00:53Alors, globalement, pas grand-chose sur certains volets.
00:56La moitié de l'enveloppe est dédiée à une indemnité solidarité nationale à laquelle on va pouvoir peu prétendre, parce
01:03qu'il faut avoir perdu pour certaines productions, plus de 50% des volumes de production.
01:08Ce qui n'est pas le cas dans le département, avec des références de production impactées par les aides climatiques
01:13depuis plusieurs années qui sont compliquées.
01:15C'est-à-dire que chez nous, les rendements sont tellement faibles depuis ces dernières années qu'on ne rentre
01:19pas dans les critères ?
01:19Exactement, en fait. Et surtout, les pertes, à partir du moment qu'elles ne sont prises en compte qu'à
01:25partir de 50%, globalement, ça ne représente rien et beaucoup de producteurs ne rentrent pas dans les critères.
01:31Il pourrait y avoir les prairies pour la production de fourrage qui pourraient y rentrer, puisque les pertes sont prises
01:36en compte qu'à partir de 30%,
01:37sauf qu'en fait, on dépend d'un indice Airbus qui mesure la pousse de l'herbe et qui ne
01:42fonctionne pas.
01:42On l'a vécu il y a trois ans pendant les sécheresses à le département, donc là aussi, on est
01:46inquiet par rapport à l'accès à ces aides-là.
01:49Effectivement, ce système de mesure d'Airbus, on en avait parlé d'ailleurs sur ICIR aussi, on l'est très
01:52contesté par les agriculteurs et les éleveurs, notamment de Cerdagne et de Cap-Cyr.
01:58Il y a une partie quand même de ce plan qui est consacré, on l'a dit, à cette indemnisation.
02:03Vous l'avez dit, les dégâts sont moins importants quand même chez nous qu'ailleurs, proportionnellement parlant, par rapport aux
02:08années passées.
02:09Ça veut donc dire que nous, on va voir le train des aides passer, mais on ne va pas monter
02:13dedans ?
02:14Globalement, oui, c'est à peu près ça, le diagnostic.
02:16L'idée, c'est de savoir, voilà, c'est les producteurs et les agriculteurs qui en ont le plus besoin,
02:21comment on va pouvoir les accompagner ?
02:23Et clairement, ce dispositif aujourd'hui, il n'est pas adapté à ce que l'on vit et ce que
02:27les gens traversent aujourd'hui.
02:28Est-ce que ce qui ne vous va pas aussi, c'est ce dégrèvement des taxes sur le foncier non
02:33bâti, ce fonds de réarmement agricole ?
02:35Ça, ça ne va pas quand même dans le bon sens, justement, pour l'achat de fourrage, par exemple ?
02:38Le dégrèvement des taxes, ça fait cinq ans qu'on y a droit.
02:42Et là, globalement, cette année, on est en train de discuter avec l'administration locale pour aussi y avoir droit.
02:46Donc en fait, pour nous, il n'y a rien de nouveau sur ce volet-là, qui est aussi un
02:49tiers du budget de l'enveloppe.
02:51Sur le fonds de réarmement, 235 millions pour l'intégralité de la France, ce qui fait à peu près 2
02:56,3 millions par département.
02:58Nous, on a été touchés durement par un incendie au début de l'été. On a estimé les pertes à
03:0230 millions d'euros.
03:0330 millions d'euros, les dégâts pour le monde agricole à Tréviac, IE et Rodette notamment.
03:08Voilà, ce fonds de réarmement aussi est un dispositif qui permettra d'indemniser les victimes des incendies.
03:14Et avec une moyenne de 2,3 millions d'euros dans le département, avec les problématiques agricoles qu'on a
03:20à côté,
03:21clairement, on se dit qu'on ne va pas être dans les comptes qu'on attend pour aider ceux qui
03:25en ont le plus besoin.
03:26Ce que vous dites, c'est que les agriculteurs qui ont perdu tout ou partie de leur exploitation, de leur
03:31matériel lors du feu de Tréviac,
03:33ne vont pas être indemnisés ou très peu par l'État ?
03:35En tout cas, tant qu'on n'a pas l'enveloppe, puisqu'en fait, on ne connaît pas encore le
03:39montant qui va être attribué aux Pérénées-Orientales,
03:41puisque chaque département va bénéficier d'une enveloppe spécifique.
03:45Aujourd'hui, on ne connaît pas le montant qui va être attribué à l'Occitanie et aux Pérénées-Orientales.
03:50Ils n'ont pas d'assurance, les agriculteurs, qui ont été touchés dans le secteur de Tréviac ?
03:53Non, parce qu'en fait, on a été touchés par des incendies qui, même pour ceux qui sont assurés,
03:58sont très loin en termes d'indemnité de ceux qu'ils ont perdus,
04:00parce que les dispositifs ne sont pas adaptés aux sinistres liés aux incendies.
04:05Ce qui est assez nouveau pour nous, sur les exploitages agricoles,
04:08de perdre des vergers entiers, des vignes entières liées aux incendies.
04:12Et c'est quelque chose sur lequel il nous faudra un dispositif assurantiel
04:15qui soit adapté à l'avenir pour que les gens puissent être indemnisés correctement
04:18lorsqu'on a des gros sinistres.
04:20Du coup, la colère monte.
04:22C'est ce que nous disait tout à l'heure le président d'un autre syndicat agricole,
04:25la Coordination Rurale, Philippe Meïda.
04:27Est-ce que vous aussi, en tant que président de la FDSEA,
04:29vous sentez cette colère qui monte sur le terrain ?
04:31Bien sûr, parce que les gens ont l'impression d'être abandonnés,
04:34ont l'impression de ne pas être pris en considération.
04:37Nous, on est là pour travailler sur des solutions constructives
04:40et trouver des solutions pour ceux qui en ont le plus besoin.
04:43Et surtout, donner des perspectives à l'avenir
04:45parce que c'est ce dont on a besoin aussi
04:47pour se dire que demain, on a encore moyen de travailler
04:50et de vivre de ce métier dignement.
04:52Et là, oui, la colère monte.
04:54Alors, on espère qu'on va réussir à faire bouger les lignes
04:56pour obtenir des dispositifs mieux adaptés,
04:58notamment pour aider la trésorerie des exploitations.
05:00Sinon ?
05:01Sinon, effectivement, on va agir comme on l'a fait.
05:04Mais vous voyez que tous les six mois, on est dehors
05:06pour se plaindre de ce qui se passe.
05:08Donc, quelque part, il faut que les choses bougent réellement
05:10et qu'on nous écoute et qu'on mette des dispositifs en place
05:14qui aident réellement les agriculteurs.
05:16C'est la campagne présidentielle, là,
05:18que ça ne vous a pas échappé, qui a démarré.
05:19Est-ce qu'on parle d'agriculture assez, selon vous ?
05:22Est-ce qu'il y a des candidats où vous dites déjà
05:24« Voilà, c'est un discours, ça qui me plaît ? »
05:26Moi, je pense qu'au vu de la situation que traversent l'agriculture française
05:30et l'agriculture méditerranéenne,
05:32il est clair qu'il faut vraiment un choc au niveau de la politique agricole demain.
05:37Il faut que les candidats, qui sont le futur président ou présidente demain,
05:43prennent en compte l'enjeu que l'on a au niveau agriculture
05:46et soudaineté alimentaire.
05:47Vous entendez assez parler d'agriculture pour l'instant ?
05:49On en parle, peut-être pas suffisamment,
05:51mais il y a des enjeux globaux économiques sur tous nos secteurs d'activité.
05:56Mais clairement, c'est un enjeu majeur pour nous.
05:58Demain, sécuriser notre alimentation de qualité avec des produits français,
06:02c'est majeur.
06:03Et on voit bien quand même la problématique de la déprise agricole aujourd'hui,
06:06partout sur le territoire, et la faible installation.
06:09Donc clairement, il faut des perspectives et il faut que les choses évoluent.
06:11Merci beaucoup Bruno Villa, vous êtes le président de la FDSEA 66.
06:15Bonne journée.
06:15Merci.
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